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mercredi 14 mars 2018

Bœuf sauté aux oignons, recette locale


Mes premiers plats chinois, bien maladroits, je les ai cuisinés d’après mes souvenirs, sans technique et sans subtilité. Mon premier livre de recettes fut un livre de Pearl Buck traduit en italien – La cucina orientale. Le livre, je l’ai toujours quelque part, de même que le wok en acier noirci acheté chez Castroni, Via Cola di Rienzo.

Je n’ai que très peu de livres de cuisine chinoise, mais je m’en sers depuis des années. Ce sont de vieux amis. Et je sais que le dernier en date, A la table d’une famille chinoise de Mingou, fera toujours partie de ceux-là. C’est dans ce livre que j’ai finalement retrouvé les goûts que je préfère, les parfums qui me font jubiler au-dessus de mon wok, comme autant d’évocations fugitives de lieux, de moments partagés…
Je ne sais pas exactement pourquoi.

Et puis, à force de piocher dans les livres et les blogs – notamment celui de Margot Zhang – j’ai fini par me faire la main, certaines recettes viennent toutes seules. 

Celle-ci n’est peut-être pas complètement orthodoxe, mais c’est comme ça que je l’aime.


Bœuf sauté aux oignons 
(pour 2-3 personnes ou plus si servi avec un autre plat)
  • 300g de bœuf (bavette, hampe, entrecôte, faux-filet)
  • 3 oignons moyens
  • 2 gousses d’ail émincées en fins bâtonnets
  • 1 cm de gingembre frais, émincé en fins bâtonnets
Marinade
  • 2 cs de sauce soja claire
  • 1 cs de vin de Shaoxing
  • 3 pincées de bicarbonate
  • 1 pincée de sucre
  • 1 cs d’huile
  • 1 petite gousse d’ail émincée
Sauce
  • 2 cs de sauce de soja claire
  • 1 cs de sauce de soja foncée
  • 1 cs de vin de Shaoxing
  • 1 cc de fécule de pommes de terre (ou maïzena)
  • ½ cc d’huile de sésame grillé (optionnel)
  • 5 tours de moulin à poivre (noir)

Mettre la viande à raffermir au congélateur pendant une heure ou deux. La découper en très fines lamelles dans le sens contraire des fibres (important, sinon la viande durcit à la cuisson).
 
Dans un petit saladier, mélanger les lamelles de viande avec la sauce de soja, le vin de Shaoxing, l’ail, le sucre, la maïzena et le bicarbonate. Couvrir et laisser mariner une bonne heure au réfrigérateur. Environ ½ heure avant l’utilisation, sortir la viande du réfrigérateur et ajouter un filet d’huile. Bien mélanger.

Eplucher et émincer les oignons. 

Mélanger les éléments de la sauce.

Faire cuire le riz pour accompagner.

Faire chauffer le wok à feu vif, et à vide, environ 1 minute, jusqu’à ce qu’il commence à fumer (mes instructions valent pour un wok classique, en fer, pour un wok anti-adhérent, ne pas laisser trop chauffer à vide). Ajouter 1 cs d’huile. Bien répartir.

Ajouter dans l’huile la moitié de l’ail et du gingembre puis saisir la moitié de la viande (c'est important, si elle est cuite en trop grande quantité, elle ne grille pas et se met à bouillir), pendant environ 1 minute, jusqu’à ce qu’elle change juste de couleur. Réserver en gardant l’huile au fond du wok. Rajouter 1 cs d’huile si besoin et recommencer avec le reste de la viande.

Remettre le wok à chauffer. Ajouter un fond d’huile. Faire sauter les oignons à feu moyen jusqu’à ce qu’ils soient translucides et un peu dorés (à votre goût). Ajouter la viande réservée. Mélanger rapidement. Ajouter la sauce, laisser épaissir 1 minute. Poivrer. Débarrasser sur un plat et servir sans attendre avec du riz blanc.

mardi 29 novembre 2016

A la table d’une famille chinoise - Travers de porc aux haricots noirs et courge


Le plus difficile c’est de couper les travers de porc en petits morceaux en fait. Il faut bien positionner la planche, enlever tout ce qui gêne autour, affuter le tranchoir, positionner les travers, bien viser et… BAM ! Encore à coté…

Ensuite c’est tout simple. Un peu d’assemblage, 30 minutes à la vapeur et c’est prêt. Les travers sont parfaitement cuits et juteux, la sauce aux haricots noirs a parfumé les morceaux de courge, c’est délicieux et infiniment réconfortant. 

Après ça j’arrête – je ne vais pas vous divulguer le contenu entier du livre de Mingou quand même. 

Enfin, s’il ne tenait qu’à moi, je les ferais toutes les recettes. J’ai une certaine addiction à la cuisine chinoise (aux travers de porc aussi d’ailleurs), surtout en hiver. Mais ma famille va finir par se lasser. Je n’ai plus qu’à me faire adopter par la famille Cheung, qui fait la cuisine chinoise que j’aime.


Travers de porc aux haricots noirs et courge
  • 500g de travers de porc *
  • 400g de courge (potiron ou kabocha)
  • 3 gousses d’ail hachées
  • 2 cs de sauce aux haricots noirs (Black bean garlic sauce de Lee Kum Kee)
  • 2 cs de vin de Shaoxing
  • 2 cs de sauce de soja claire
  • 1 cc de sauce de soja foncée
  • 1 cc de sucre en poudre
  • 2 cc de fécule de pomme de terre
  • 1 pincée de poivre

Couper les travers de porc et la courge en morceaux. 
Disposer les morceaux de courge dans un grand plat creux et les travers de porc dans un grand saladier.
Faire chauffer de l’huile dans une petite poêle, y faire revenir l’ail haché avec la sauce aux haricots noirs pendant 1 minute et verser le mélange sur la viande.  Ajouter le vin de Shaoxing, les sauces soja, le sucre, le poivre ainsi que la fécule et bien mélanger.
Laisser reposer 10 minutes.
Recouvrir les morceaux de courge avec les travers de porc assaisonnés.
Mettre le plat dans un panier vapeur et cuire 30 minutes.
Servir de suite avec du riz blanc (c’est un plat qui se réchauffe mal, la viande devient dure, la courge change de texture).

* Attention, prendre les travers avec os uniquement. J’avais ajouté un morceau de pointe et ces morceaux-là étaient trop coriaces. 


mercredi 2 novembre 2016

A la table d’une famille chinoise ; Aubergines au porc haché


Elle écrit comme elle dessine, pudiquement. L’histoire de sa famille, du déracinement, de l’adaptation à un nouveau pays, elle la dit simplement. Et c’est passionnant, touchant, plein de rebondissements. On a envie de savoir la suite.

La suite c’est elle, Eliane Cheung aka Mingoumango, une gourmande entre deux mondes, passionnée de nourritures terrestres. Elle a pris ses crayons de couleur pour dessiner en 40 recettes l’histoire familiale. Encore une fois il y a là une simplicité, une douceur, confondantes. Le grain de riz se détache, le poisson a l’œil vif, le wok de beaux reflets gris. On a envie d’aller s’acheter un rice cooker de suite tant son dessin est réussi.

Cet hommage poétique à la gourmandise familiale est une vraie réussite. A la fois un bel objet et un trésor de recettes chinoises délicieuses et justement dosées, délicates et domestiques. Des dessins qui se mangent.



Quand je l’ai feuilleté, rapidement, la première fois, j’ai eu envie de faire toute les recettes – ou presque – tant elles me rappelaient de souvenirs, de goûts, d’odeurs de Chine. Certaines de ces recettes, les travers de porc à la cantonaise, les ailes de poulet caramélisées au gingembre et citron, je les avais déjà faites. J’avais même eu le privilège un jour de goûter aux boulettes têtes de lion de Papa Mango. Je savais que ce serait bon, quelle que soit la recette choisie. 

Je n’ai jamais su résister aux aubergines au porc haché, à la texture onctueuse que prend l’aubergine baignée de sauce. Je me souviens encore avec précision du petit restaurant de Taipei ou je les ai mangées pour la première fois. C’était un restaurant Sichuanais, c’était un peu gras, ça piquait pas mal, et c’était délicieux. J’ai tenté maintes fois s’en reproduire la recette, sans succès. Il manquait toujours quelque chose.

Maintenant je sais ce que c’est.

Cette version-ci est plus douce, mais la texture que je cherchais est là. Le parfum aussi, ce parfum de Chine, quej’ai retrouvé dans ma cuisine.

Aubergines au porc haché
  • 2 gousses d’ail
  • 2 aubergines chinois (environ 440g) *
  • 180g de poitrine de porc hachée
  • 20ml de sauce de soja clair
  • 2 cc de sauce de soja foncée
  • 150ml d’eau
  • ½ cs de sucre en poudre
  • ½ cc de fécule de pomme de terre
  • 2 cc d’eau
  • 35 ml d’huile neutre
  • 1 cs d’huile de sésame

Hacher l’ail et tailler les aubergines de façon oblique en les pivotant d’un quart de tour à chaque coup de couteau (technique appelée « roll cutting » ou « oblique cutting »).

Chauffer une poêle à feu vif avec l’huile neutre. Y faire revenir le porc haché et l’ail pendant 1 minute tout en remuant.

Ajouter les aubergines, mélanger, puis incorporer les sauces soja, l’eau, le sucre et laser cuire 5 minutes. 

Couvrir et laisser mijoter 5 minutes à feu modéré.

Dans un petit bol mélanger la fécule avec 2 cc d’eau.

Remettre la poêle à feu vif et incorporer le mélange eau-fécule en remuant tout de suite pour qu’il ne fige pas. La sauce doit épaissir sous l’effet de la fécule.

Pour finir, ajouter l’huile de sésame.

Servir chaud avec du riz blanc.

* Il faut prendre impérativement les longues aubergines chinoises pour réussir ce plat. Elles sont plus douces, leur chair est différente, plus fine. La coupe en oblique a aussi son importance, elles se tiennent mieux après cuisson. J’ai essayé avec des aubergines courantes, ça ne marche pas.




lundi 11 janvier 2016

Porc au caramel - 红烧肉


Bon d’accord, c’est à la fois trop gras, trop sucré et trop salé. Sûrement un petit peu trop carné aussi pour certains. Et puis c’est du porc (que l’on appelle désormais cochon, pour l’anoblir un peu peut-être). Mais c’est sans gluten…

Et surtout, qu’est-ce que c’est bon ! La viande si tendre, moelleuse, enrobée de sauce onctueuse, comme laquée. Sur un riz blanc nature, avec un peu de légumes croquants, c’est une véritable gourmandise.

Sur une recette très simple de Margot Zhang, avec des morceaux d’échine bien persillés (mais oui, c’est bon le gras).

Porc au caramel – Hong Shao Rou

  • 600 g d'échine ou de poitrine de porc
  • 1 cs d'huile végétale
  • 40 g de sucre candi chinois (ou pas)
  • 15 g de gingembre
  • 2 ciboules chinoises
  • 3 cs de vin de riz shaoxing
  • 3 cs de sauce soja claire
  • 1 cc de sauce soja noire
  • un peu de sel 

Couper la viande en grands morceaux. Les faire dorer sur toutes les faces dans une cocotte dans un fond d’huile. Réserver les morceaux et baisser le feu.
Ajouter le sucre candi, faire fondre à feu moyen. Quand le sucre est bien fondu et devenu de couleur ambrée, remettre la viande dans la cocotte, augmenter le feu au plus fort et bien mélanger vigoureusement pour que chaque morceau soit enrobé de caramel.
Ajouter le vin de riz et la sauce soja, mélanger de nouveau.
Couper le gingembre en gros morceaux sans le peler, couper les ciboules en gros tronçons. Ajouter les ciboules et le gingembre dans la cocotte.
Couvrir la viande à hauteur avec de l'eau bien chaude.
Faire mijoter à couvert à feu doux pendant 1 heure environ. Mettre un peu de sel au bout d'une heure de cuisson.
Augmenter le feu au plus fort, faire réduire la sauce sans couvercle en touillant délicatement de temps en temps (et en surveillant). Quand il n'y a presque plus de sauce, arrêter tout de suite la cuisson et déguster chaud avec du riz blanc nature.

jeudi 22 octobre 2015

Tang Zhong Buns fourrés à la crème de noix de coco


C’est le matin, encore tièdes, qu’il faudrait les manger. Quand ils dégagent encore cette odeur sucrée si particulière. Que le bun est tout moelleux et la crème fondante, une frangipane de coco. Avec un thé au lait servi dans un grand verre, comme dans les cafés de Hong-Kong. Dans la chaleur étouffante et le bruit incessant, la frénésie, de la cité chinoise. Là-bas, ils tiennent la vedette avec les pinapple buns, autre brioche chinoise extra moelleuse et tous les bao divers et variés, au four ou à la vapeur, fourrés de viandes rôties ou de pâtes de taro ou de lotus et les dan dat. 

J’ai toujours voulu reproduire le moelleux de ces pains asiatiques. C’est encore chez Christine que j’ai trouvé mon bonheur. Le Tang Zhong fait toute la différence, rendant les brioches extra moelleuses et les conservant fraiches plus longtemps. Ceux-ci n’ont pas la forme des cocktail buns de Hong-Kong, mais le goût et la texture sont là, sans conteste.


J’ai adapté cette recette en utilisant la garniture des cocktail buns, que je trouve plus réussie.

Tang Zhong Buns fourrés à la crème de noix de coco
(pour un moule de 20 cm de diamètre)

Tang zhong:

  • 25 g de farine T55
  • 125 g d’eau de source

Pâte

  • 350 g de farine T55 ou T65 *
  • 55 g de sucre en poudre
  • 5 g de sel
  • 56 g d’oeuf battu
  • 7 g de lait en poudre (facultatif)
  • 125 g de lait
  • 120 g de tangzhong 
  • 10 g de levure fraiche 
  • 30 g de beurre (à température ambiante, coupé en petits morceaux)

Garniture

  • 90 g de beurre mou
  • 40 g de sucre
  • 25 g de farine T45
  • 30 g de lait en poudre
  • 45 g de noix de coco en déshydratée en poudre

*je n’avais presque plus de T55 et j’ai mélangé avec de la T45 cette fois-ci. Le niveau d’absorption des liquides n’est pas du tout le même et j’ai dû pétrir très longtemps, puis rajouter un peu de farine pour que la pâte se tienne. Le résultat était tout à fait honorable, mais il vaut mieux éviter quand même.

Préparation du Tang Zhong
Mélanger dans une casserole, au fouet, 25g de farine et 125g d’eau. Laisser chauffer à feu moyen en fouettant constamment jusqu’à obtenir un mélange de la consistance d’un roux. En principe, il faut le faire chauffer jusqu’à 65ºC – en pratique, dès que le mélange épaissit (2-3 minutes), devient homogène, et que le fouet y laisse un sillage, il est prêt. Verser le Tang Zhong dans un bol, laisser tiédir, filmer au contact pour éviter la formation d’une peau. Laisser refroidir complètement avant de l’utiliser. On peut aussi le faire la veille et le réfrigérer jusqu’à utilisation (remettre le Tang Zhong au moins une demi-heure à température ambiante avant de l’utiliser).

Préparation de la garniture
Mélanger ensemble les ingrédients de la garniture, pour former une pâte. Former un long rouleau, emballer de papier film et réfrigérer. Une demi-heure avant utilisation, couper le rouleau en 6 parts, bouler et laisser en attente à température ambiante.

Dans un grand bol, fouetter ensemble le lait, le Tang Zhong et l’œuf.

Dans le bol du robot ou de la machine à pain, mélanger la farine, le sucre et le lait en poudre. Disposer au-dessus la levure fraîche émiettée. Faire un puits, ajouter le mélange liquide et commencer à pétrir. Au bout de quelques minutes, ajouter le sel.

Pétrir longuement, pendant environ 15 minutes, jusqu’à ce que la pâte soit bien élastique et homogène. Ajouter ensuite le beurre mou et pétrir de nouveau jusqu’à ce que la pâte prenne du corps et se détache des parois du bol. C’est une pâte humide, très collante, il faut la pétrir longtemps pour parvenir à la consistance désirée. Chez moi, le pétrissage a duré en tout environ 30 minutes.

Former une boule, la déposer dans un saladier, le recouvrir d’un torchon et laisser la pâte doubler de volume (environ 1 heure).

Reprendre la pâte, la verser sur un plan de travail légèrement fariné et la diviser en 6 parts égales. Bouler chaque morceau et laisser reposer environ 10 minutes sous un torchon.

Beurrer les parois du moule.

Etaler chaque pâton au rouleau à pâtisserie pour former un ovale. Placer au centre la garniture. Replier les bords en portefeuille pour enfermer la garniture. Etaler à nouveau au rouleau puis rouler la pâte sur elle-même en partant du bord le plus étroit. Former une boule.

Garnir le moule beurré des 6 boules ainsi formées, une au centre, les cinq autres autour. Couvrir d’un linge et laisser reposer une heure environ, le temps que la pâte double de volume.

Préchauffer le four à 180°C. 

Glacer les buns à l’œuf battu et parsemer de graines de sésame.

Enfourner pour 30 minutes environs ou jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.


mardi 13 octobre 2015

Le riz frit du lundi

Le riz frit, fried rice, chao fan. En Asie, il est de tous les coins de rue, des gros woks fumants parfumant les gargotes, fast-food de base pour mangeurs modestes, disponible à toute heure. Jamais le même, à chacun sa recette, bien loin de la version standardisée et pâlichonne qu’on nomme ici « riz cantonais ». 

A la maison, c’est le plat de recyclage par excellence, on y met tous les restes, même le riz est meilleur cuit de la veille. Quand le weekend a été abondant, riche en viande rôties (un petit bout de magret, un morceau de côte de bœuf, une carcasse de poulet rôti, rien ne se perd, et surtout pas le jus de cuisson), en légumes verts dont il reste une poignée, il est temps de sortir le wok. 

Plat complet, reposant après les agapes, il est toujours différent, mais savoureux, odorant, rassurant. Familial.

Je vous donne la recette du dernier en date.

Riz frit
  • 4 tasses de riz (cuit et refroidi)
  • 1 oeuf
  • 1 tasse de viande rôtie coupée en petits morceaux
  • ½ tasse de talon de jambon coupé en petit morceaux
  • 1 oignon émincé
  • 2 gousses d’ail en lamelle
  • 2 tranches de gingembre, en lamelle
  • 2 tasses de champignons de Paris émincés
  • 1 grosse poignée de haricots verts cuits, coupés en morceaux
  • 2-3 ciboules
  • 2 bonnes giclées de sauce soja claire
  • 2 pincées de 5 parfums
  • 2 pincées de piment d’Espelette
  • poivre

Battre l’œuf en omelette. Dans le wok, ou une grande poêle, le faire cuire rapidement en le détachant en petits morceaux. Réserver. Dans la même poêle, faire revenir dans un fond d’huile (pas trop) les oignons, qu’ils fondent un peu. Ajouter l’ail, le gingembre et les morceaux de viande, laisser dorer un peu, ajouter les champignons, les laisser dorer, puis les haricots verts et enfin les morceaux d’omelette. Assaisonner de 5 parfums, piment, poivre, saler de quelques giclées de sauce soja. 
Ajouter le riz, bien mélanger, laisser revenir quelques minutes en mélangeant, pour bien enrober les grains de riz de sauce.
Parsemer de ciboules émincées au dernier moment et servir fumant.

Pour une recette un peu plus orthodoxe, voir la version de Margot Zhang. 


mardi 3 mars 2015

Biscuits chinois aux amandes


Ils sont ronds comme les Bretons (les gâteaux, s’entend), dorés comme de petits soleils, tout croustillants à gros grains sous la dent, encore un peu tendres à l’intérieur, légèrement salés pour éveiller l’intérêt. 

Ils pourraient être italiens, espagnols ou encore marocains. 

Mais non, ils sont tout à fait chinois, même si je soupçonne (sans preuve) les portugais de les avoir introduits là-bas via Macao. Et ils se mangent sans faim (je vous aurai prévenus).

Biscuits sablés chinois aux amandes
  • 125g de beurre doux en pommade
  • 185g de cassonade
  • 1 œuf légèrement battu
  • 200g de farine
  • ½ cc de levure
  • ½ cc de sel
  • 150g d’amandes en poudre
  • 1cc d’extrait d’amande amère
  • Amandes mondées
  • 1 œuf battu pour le décor

Préchauffer le four à 180°C. Chemiser une plaque de papier sulfurisé.

Battre ensemble pendant 5 minutes le beurre pommade et la cassonade. Ajouter l’œuf. Bien l’incorporer. Tamiser ensemble la farine, le sel et la levure. Les ajouter à la préparation précédente, bien mélanger. Ajouter enfin les amandes en poudre et l’extrait d’amande. Mélanger.

Former des boules de la grosseur d’une noix et les poser sur la plaque de cuisson en les espaçant (ils vont gonfler). Former un creux dans chaque boule avec le pouce. Dorer au pinceau. Poser une amande mondée au centre de chaque sablé.

Enfourner pour 10  12 minutes. Il faut qu’ils soient un peu dorés mais pas trop cuits.

Recette tirée de Chine, Saveurs du bout du monde, aux éditions Lafon

jeudi 19 février 2015

Du poulet caramélisé au gingembre et citron pour l’année du mouton


恭喜发财! Gong Xi Fa Cai ! Soyez Heureux et prospères ! Nous sommes entrés dans l’année du yang, qui est mouton et chèvre à la fois.  Ne me demandez pas le pourquoi du comment, c’est un concept parait-il. Et quelle qu’en soit la traduction, le yang est symbole de chance et de bonne fortune. Tout va bien donc. J’espère que vous avez pensé à porter vos plus beaux sous-vêtements rouges.

Bonne année à tous et régalez-vous. Par exemple de ces délicieuses ailes de poulet caramélisées au gingembre et citron, encore une recette de Mingou (et de sa maman) bonne à s’en lécher les doigts. Désolée pour la mauvaise qualité de la photo, encore une fois prise à la va-vite, mais c’est si bon que je n’ai pas résisté à la publier).



Ailes de poulet caramélisées au gingembre et citron 
  • 12 ailes de poulet
  • 185 g de gingembre (environ), coupé en tranches
  • 2 citrons non traités, coupés en tranches épaisses (entre 0,5 et 1 cm)
  • 65 g de sucre de canne en tablette (pian tang) (i.e. 1 tablette) (en vente dans les supermarchés asiatiques, notamment dans la marque Pearl River Bridge : "Brown sugar in pieces")

Dans une grande poêle ou sauteuse (antiadhésive si possible), faire dorer les tranches de gingembre à sec.
Déposer les ailes de poulet dans la poêle en écartant un peu le gingembre, et les faire dorer sur tous les côtés.
Poser les rondelles de citron et le sucre, cassé en plusieurs morceaux, sur le poulet, baisser le feu et couvrir.
Laisser cuire environ 1h à feu doux, en surveillant régulièrement pour que la viande n'attache pas à la poêle, et en retournant les morceaux pour qu'ils cuisent sur tous les côtés.
Au bout d'une heure, retirer le couvercle.
Normalement, le sucre a entièrement fondu et est en train de caraméliser. Retourner à nouveau les ailes de poulet pour qu'elles soient bien enrobées de caramel.
Déguster avec les doigts.

Notes : 
- N’ayant pas de sucre de canne en tablette, je l’ai fait cette fois-ci avec de la cassonade, et le résultat était parfait.
- Attention à la cuisson, il vaut mieux surveiller de près. Cinq minutes d’éloignement pour cause de dégustation d’une coupe de champagne ont failli être fatales à mon poulet : le caramel brule très vite.
- Contrairement à Mingou, je sale un peu les ailes de poulet en début de cuisson – personnellement je préfère.

mardi 17 février 2015

Deux idées pour un Nouvel An chinois : crêpes aux ciboules et toasts porc-crevettes


Suite d’un buffet asiatique (non, je ne me laisserai pas déstabiliser par l’atmosphère délétère du moment, aussi écœurante et terrifiante soit-elle. Ne pas avoir peur, rester debout. Mort aux cons !)

Continuons donc nos petits recettes pour un Nouvel An ni hallal, ni cachère, mais tout à fait étranger.

Pour ces crêpes aux ciboules, que j’aime tant, j’ai pris cette fois-ci la recette de Mingou, en remplaçant l’huile neutre de la garniture par de l’huile de sésame grillé. La principale différence avec la recette déjà publiée sur ce blog (en 2006 !) c’est l’ajout d’un peu de levure, ce qui les fait lever plus. On utilise ici seulement de l’eau bouillante alors que ma recette (ainsi que celle de Margot Zhang) préconise d’utiliser de l’eau bouillante, puis de l’eau froide. Il me semble que le résultat était une pâte plus facile à travailler – il faudrait que je panache les deux recettes.
En tout cas, celles-ci sont excellentes. Parfaites pour un accompagnement, un apéro (ou un petit déjeuner). Je les ai faites fines, je préfère ainsi,  bien grillées et un peu croustillantes.

Crêpes  chinoises aux ciboules – Cong you bing
pour 12 crêpes

pâte

  • 200 g de farine (T55)
  • 23 cl d'eau bouillante
  • 1/4 c.c. de sel fin
  • 1/4 c.c. de levure chimique
  • 2 c.c. d'huile neutre

garniture

  • 5-6 tiges de ciboule émincées
  • huile de sésame grillé
  • sel

Dans un grand bol, mélanger la farine, le sel, la levure et l'huile.
Verser l'eau bouillante et mélanger avec une cuillère en bois.
Rassembler en une boule, couvrir et laisser reposer pendant 1 heure.

Fariner le plan de travail.
Former un boudin avec la pâte et diviser en 12 morceaux. Former une boule de chaque morceau. Sur un plan de travail fariné, abaisser en un disque fin.  Huiler la surface d’huile de sésame au pinceau. Parsemer de sel fin et de ciboule émincée.  Enrouler la crêpe sur elle-même puis la rouler en escargot (Voir les images chez Mingou). Abaisser plus ou moins finement. 
Chauffer de l'huile dans une grande poêle.
Faire cuire les crêpes jusqu'à ce qu'elles soient bien dorées. Déguster chaudes.


Autre idée apéritive, Thaï cette fois-ci, ces toasts au porc et aux crevettes délicieusement parfumés de coriandre et ail. De ces petites choses qui prennent un temps fou à préparer et son dévorées à peine servies. Leur recette est déjà sur ce blog, je la remets ici. Ils sont toujours aussi bons.

Toasts au porc et crevettes
  • 75 g de crevettes crues hachée fin
  • 100 g de porc haché
  • 1 cs de coriandre fraiche hachée fin
  • 1 cs de ciboule hachée fin
  • 1 cs de pâte d'ail *
  • 1 cs de nam pla (sauce de poisson)
  • 1 oeuf battu
  • tranches de pain de mie sans la croûte
* Pâte d'ail: piler dans le mortier deux cs d'ail haché et deux cs de racines de coriandre (ou tiges de coriandre) et 1/4 de cc de poivre moulu.

Mélanger tous les ingrédients. Couper chaque tranche de pain en deux triangles. Tartiner du mélange. Faire frire à la poêle à feu moyen, face tartinée au-dessous, puis retourner. Attention ça cuit très vite. Egoutter sur un papier absorbant et servir chaud.

jeudi 12 février 2015

Les travers de porc (grillés au gingembre et ciboule) de Maman Mango


Ça ne vous a pas échappé j’imagine, on approche du Nouvel An Chinois, 春节, la fête du printemps. Lequel m’inspire nettement plus que les cœurs en sucre de la St Valentin. Et qui coïncide aussi pour moi, chaque année, allez savoir pourquoi, avec une envie hivernale de plats asiatiques. 

Ca faisait longtemps, finalement, que je ne m’étais pas lancée dans un festival de plats chinois. Ma famille est un peu réticente face à mes lubies parfois. Evidemment, je me suis lancée dans trop de préparations en même temps, l’objectif étant un buffet asiatique pour 14 personnes plus deux gâteaux d’anniversaire pour deux demoiselles de 14 ans. Je suis d’une inorganisation proverbiale.

Mais j’avais pris la précaution, quand même, d’aller chercher des recettes inratables chez MM, qui les tient elle-même de ses parents (elle a une lourde hérédité) Il est donc sorti de mon bordel ambiant ce jour-là quelques délices, dont le plus réussi (je vous infligerai les autres dans les jours qui viennent) était certainement ce plat de travers de porc grillés au gingembre et aux ciboules. 

J’ai beau être accro aux travers de porc, et en avoir réalisé un certain nombre de recettes, je n’en avais jamais réussi d’aussi bon, tendres, fondants, d’aussi gourmands. Tout est dans la marinade, la plus longue possible, et dans la cuisson lente, en retournant les morceaux très régulièrement tout en les arrosant de marinade. Un grand merci à MM, et  Maman Mango donc, pour cette recette gagnante (et désolée pour les photos floues, prises dans le feu de l’action)

Travers de porc grillés au gingembre et ciboule
(pour 2-3 personnes)

  • 700 g de travers de porc
  • une dizaine de rondelles de gingembre
  • 2 tiges de ciboule, fendues en deux puis coupées en 2-3 tronçons
  • 2 CS de miel

Marinade

  • 1 CS de sauce soja
  • 2-3 CS de sauce d'huître
  • 2-3 CS de sauce hoisin
  • 1 CS de vin de riz (Shao Hsing Hua Tiao Chiew)

La veille pour le lendemain (ou le matin pour le soir) :
Dans un grand plat allant au four, mélanger les ingrédients pour la marinade.
Ajouter les travers de porc, découpés en 4-5 morceaux, les enrober de la marinade, filmer et mettre au frais.

Le lendemain (ou le soir même) :
Préchauffer le four à 200 °C (environ).
Ajouter le gingembre et la ciboule au fond du plat.
Enfourner pendant 2 heures environ, en retournant régulièrement les morceaux et en les recouvrant de marinade.
Une fois que les morceaux sont cuits, les badigeonner de miel, et laisser cuire encore 5-10 minutes.

Couper entre chaque os, et servir avec du riz blanc.

Notes :
- J’ai doublé, sinon triplé, les proportions
- Mon four est relativement doux, donc les 200°C convenaient, mais attention, ce genre de marinade peut caraméliser rapidement, il vaut mieux surveiller, retourner très souvent les morceaux et baisser en fonction.
- Au dernier moment, évidemment, je ne trouvais plus ma sauce hoisin. J’ai donc utilisé de la sauce bbq char siu  la place, et je n’ai pas badigeonné la viande de miel à la fin puisqu’elle en contient déjà.
- Il vaut mieux, mais est-ce la peine de le dire, prendre chez le boucher des morceaux de bonne qualité et un peu entrelardés pour cette recette. En deux heures de cuisson, le gras aura le temps de fondre et la viande sera d’autant plus savoureuse.
- Je ne suis toujours pas végétarienne.

jeudi 22 janvier 2015

Boeuf sauté aux oignons de printemps

Il ne fallait pas écrire trop vite, vivre l’émotion première et la laisser passer. Laisser l’analyse aux innombrables spécialistes. Tout a été dit, et son contraire, jusqu’à la confusion.

Passé l’effroi, les larmes, reste une immense tristesse. Des débats infinis, à tous les niveaux de la société. Des discussions enflammées dans la sphère privée, une envie de transmettre à nos jeunes autre chose que la peur de l’autre, de leur faire comprendre l’émotion au-delà de concepts pour eux très abstraits (que nous pensions pourtant acquis). 

Au centre de Paris partout les uniformes, les gilets pare-balles, les armes en évidence, le ballet continuel des sirènes, stressant.

Que va-t-il sortir de tout ce chaos ?

A la campagne rien ne bouge, tout semble figé de froid. Il faut un bol fumant pour réchauffer le corps et l’âme.  


C’est une recette comme je les aime, simple, réconfortante. La viande est juteuse, moelleuse, attendrie par la marinade. La combinaison de parfums robustes – ail, oignons verts, sésame grillé – et du goût particulier de la cuisine au wok transporte instantanément quelque part au nord de la Chine, ou en Corée. On pourrait rajouter du gingembre, cette recette n’en contenait pas mais j’essaierai une prochaine fois. Celle-ci est tirée d’un livre que j’aime beaucoup, Chine, Saveurs du bout du monde, aux éditions Lafon. J’ai juste modifié un peu les proportions et rajouté trois pincées de bicarbonate. Dans le même esprit j’avais préparé l’autre jour le bœuf sauté aux oignons et au poivre de Margot Zhang, très bon aussi.

Bœuf sauté aux oignons de printemps
(pour 2-3 personnes ou plus si servi avec un autre plat)
  • 300g de bœuf (ici hampe)
  • 2 gousses d’ail hachées fin
  • 2 cs de sauce soja claire
  • 1 cs de vin de Shaoxing
  • 1 cc de sucre
  • 1 cs de maïzena (petite)
  • 3 pincées de bicarbonate
  • 3 cs d’huile
  • 5 oignons verts (la partie verte uniquement)
Sauce
  • 3 cs de sauce de soja claire
  • 1 cs de vin de Shaoxing
  • 1cc de sucre
  • ½ cc d’huile de sésame grillé
  • 5 tours de moulin à poivre (noir)

Mettre la viande à raffermir au congélateur pendant une bonne heure. La découper en fines lamelles dans le sens contraire des fibres. 
Dans un petit saladier, mélanger les lamelles de viande avec la sauce de soja, le vin de Shaoxing, l’ail, le sucre, la maïzena et le bicarbonate. Couvrir et laisser mariner deux bonnes heures au réfrigérateur. Environ ½ heure avant l’utilisation, sortir la viande du réfrigérateur et ajouter un filet d’huile. Bien mélanger.

Laver et sécher la partie verte des oignons. La couper en lamelles (j’ai conservé toute la longueur, mais ça peut être un peu difficile à manger, donc on peut les recouper en deux).

Mélanger les éléments de la sauce.

Faire cuire le riz pour accompagner.

Faire chauffer le wok à feu vif, et à vide, environ 1 minute, jusqu’à ce qu’il commence à fumer (mes instructions valent pour un wok classique, en fer, je ne sais pas du tout comment les woks électriques ou anti-adhérents fonctionnent). Ajouter les 3 cs d’huile. Bien répartir.
Saisir la viande en deux fois (c'est important, si elle est cuite en trop grande quantité, elle ne grille pas et se met à bouillir), pendant environ 1 minute, jusqu’à ce qu’elle change juste de couleur. Réserver en gardant l’huile au fond du wok.
Remettre le wok à chauffer. Saisir rapidement les oignons verts (environ 1 minute). Ajouter la viande réservée. Mélanger rapidement. Ajouter la sauce, laisser épaissir 1 minute. Débarrasser sur un plat et servir sans attendre avec le riz.


mardi 15 octobre 2013

A la chinoise : porc sauté aux oignons de printemps


En général, ça me vient quand je déjeune seule. Cette envie immédiate d’un plat chinois. De viande moelleuse et de légumes croquants juste laqués de sauce, de la saveur prenante de l’huile de sésame grillé, du piquant du piment rouge et de la touche de poivre du Sichuan qui engourdit tout juste les papilles.

En général, je n’ai rien prévu de tel et les ingrédients me manquent pour satisfaire mes envies. Ce jour-là j’aurais aimé un plat de porc cuit deux fois, mais après avoir retourné mes placards, il a bien fallu accepter l’évidence : pas la plus petite trace du moindre petit bocal de pâte de soja fermentée.

Alors improvisons gaiement, à la chinoise, free style. Ce n’est pas une recette authentique, mais l’avantage c’est que celle-là, vous pouvez la reproduire sans toute une liste d’ingrédients introuvables au fin fond de la campagne. Enfin, un peu quand même, le vin de Shaoxing lui, est essentiel, et rien ne peut s’y substituer.


Porc sauté aux oignons de printemps
(pour 1 personne)

  • 2 tranches de rôti de porc cuit (si possible dans l’échine, un peu gras)
  • 4 oignons de printemps
  • 1 gousse d’ail
  • 1 dé de racine de gingembre
Marinade
  • 1 cs de sauce de soja
  • 1 cc de vin de Shaoxing
  • 1 cc d’huile de sésame grillé
  • ½ cc de maïzena
  • 1 cc de poivre du Sichuan pilé
  • 1 piment rouge frais épépiné et découpé en rondelles
Sauce
  • 1 cs de sauce de soja
  • 1 cs d’eau
  • 1 cc de vin de Shaoxing
  • ½ cc de sucre
  • ½ cc de maïzena



Couper les tranches de rôti de porc en tranches fines. Mélanger tous les ingrédients de la marinade dans un bol et ajouter les morceaux de porc. Laisser mariner pendant 1 heure.

Nettoyer les oignons de printemps. Couper la partie blanche en bâtonnets et les ajouter à la viande marinée. Emincer la partie verte et réserver dans un bol. Eplucher l’ail et le gingembre, les détailler en fins bâtonnets.

Mélanger les ingrédients de la sauce dans un bol.

Faire chauffer le wok sur feu vif pendant 1 minute jusqu’à ce qu’une légère fumée se dégage. Ajouter un fond d’huile et bien répartir. Faire sauter rapidement le gingembre et l’ail, sans les laisser colorer. Ajouter le mélange viande oignons et faire sauter 1 minute le temps que la viande soit dorée. Ajouter la sauce, bien mélanger et laisser épaissir 1 minute. Ajouter le vert des oignons au dernier moment.

Servir de suite avec du riz blanc.

vendredi 11 janvier 2013

Tangzhong cheddar bacon buns

A Taipei autrefois, quand la ville moderne était encore en devenir, les gratte-ciels pas encore construits, la grisaille et la boue envahissant les rues, j’ai aimé passionnément la cuisine chinoise. L’histoire politique de l’ile ayant donné lieu à une diversité culinaire extraordinaire, toutes les provinces de Chine étaient représentées. Le colonisateur japonais y avait lui aussi laissé des traces.

J’aimais le petit resto miteux derrière la gare, son poulet grillé savoureux et ses jus de fruits exotiques frais qu’on n’appelait pas encore smoothies. Les jiaozi des échoppes de rue, frits au wok et gorgés de farce juteuse, les cornets de pattes de poulet frites, les crêpes chinoises aux oignons tartinées de sauce pimentée étaient un régal quotidien. A l’étage, sur les tables graisseuses du petit resto à l’angle de la rue, je me délectais de niu rou mian, la soupe de nouilles au bœuf pimenté, robuste et si parfumée. De temps en temps, je cédais à l’attraction des aubergines pimentées, des haricots verts sautés et du ma po tofu du restaurant Sichuanais. On trouvait dans les food halls des étals proposant de tout, du teppanyaki japonais aux brochettes satay indonésiennes.

De tout oui, à profusion, à part des nourritures occidentales. Et il arrive que la banalité, la réassurance des goûts de l’enfance viennent à manquer.

Alors je me régalais de pain de mie, ce pain si moelleux et élastique qu’on trouve en Asie, de beurre de cacahouètes et d’œufs à la coque. Et quelquefois je m’offrais un petit délice à la pâtisserie, rutilante et impeccablement propre, qui proposait des viennoiseries et des gâteaux à la crème dans le style occidental. Mon préféré, c’était ce petit pain, tout doré et moelleux, légèrement sucré, qui renfermait une garniture fondante de bacon et de cheddar. Du fromage !

Je le dégustais lentement.

J’ai utilisé ma recette habituelle de pain de mie au Tang Zhong, mais pour 16 petits pains cette fois. J’en ai fait 6 au cheddar et bacon, le reste nature. Ces pains se conservent parfaitement bien au congélateur, ils sont extra pour le petit déjeuner ou le goûter.

Petits pains au cheddar et bacon, méthode tangzhong

Tang zhong :
  • 25 g de farine T55
  • 125 g d’eau de source

Pâte:
  • 350 gr de farine T55
  • 50 gr de sucre
  • 1 cuillère à café de sel
  • 1 cuillère à soupe de lait en poudre
  • 15 gr de levure fraiche de boulanger
  • 1 oeuf
  • 125 g (12,5 cl) de lait
  • 100 gr de Tang Zhong
  • 30 gr de beurre mou
  • 1 œuf pour le glaçage

Bacon à l’anglaise
1 morceau de cheddar

Préparation du Tang Zhong
Mélanger dans une casserole, au fouet, 25g de farine et 125g d’eau. Laisser chauffer à feu moyen en fouettant constamment jusqu’à obtenir un mélange de la consistance d’un roux. En principe, il faut le faire chauffer jusqu’à 65ºC – en pratique, dès que le mélange épaissit (2-3 minutes), devient homogène, et que le fouet y laisse un sillage, il est prêt. Verser le Tang Zhong dans un bol, laisser un peu refroidir et filmer au contact pour éviter la formation d’une peau. Laisser refroidir complétement à température ambiante avant de l’utiliser. On peut le préparer la veille, il se conserve jusqu’à 3 jours au réfrigérateur semble-t-il (mais je n’ai pas testé plus d’une journée). Dans ce cas laisser revenir à température ambiante avant de l’utiliser.

La pâte :
Dans un grand bol, fouetter ensemble le lait, 100g de Tang Zhong et l’œuf.
Dans le bol du robot ou de la machine à pain, mélanger la farine, le sucre et le lait en poudre. Disposer au-dessus la levure fraîche émiettée. Faire un puits, ajouter le mélange liquide et commencer à pétrir. Au bout de quelques minutes, ajouter le sel.
Pétrir longuement, pendant environ 15 minutes, jusqu’à ce que la pâte soit bien élastique et homogène. Ajouter ensuite le beurre mou et pétrir de nouveau jusqu’à ce que la pâte prenne du corps et se détache des parois du bol. C’est une pâte humide, très collante, il faut la pétrir longtemps pour parvenir à la consistance désirée. Chez moi, le pétrissage a duré en tout environ 30 minutes.

Former une boule (si c’est possible, quelquefois elle est trop humide, je la laisse simplement lever dans le bol du robot, placé dans un endroit tiède), la déposer dans un saladier, recouvrir d’un torchon et laisser la pâte doubler de volume (environ 1 heure).

Reprendre la pâte, la verser sur un plan de travail légèrement fariné et la diviser en 16 parts égales. Bouler chaque morceau et laisser reposer environ 10 minutes.

Reprendre les pâtons que vous voulez farcir et les étaler chaque pâton au rouleau à pâtisserie pour former un ovale. Disposer au centre quelques petits morceaux de cheddar roulés dans une tranche de bacon. Replier les deux bords en portefeuille. Fermer chaque extrémité. Sceller en pinçant la pâte et former un petit pain allongé.

Déposer les pains au cheddar bacon sur une plaque recouverte d’une feuille de papier sulfurisé, ainsi que les petits pains nature. Couvrir d’un linge et laisser reposer une heure environ, le temps que la pâte double de volume.

Préchauffer le four à 180°C, lèchefrite posée au bas du four.
Glacer les pains à l’œuf battu avec un peu de lait.
Enfourner. Verser une tasse d’eau dans la lèchefrite pour embuer le four. Laisser cuire environ 15-20 minutes jusqu’à ce que les pains soient bien dorés. Laisser refroidir sur une grille.

lundi 23 janvier 2012

Poulet aux trois tasses


Des pétards et des explosions pour effrayer le dragon, du rouge pour la chance, de l’encens pour les ancêtres. Des tables chargées de mets symbolisant la richesse, l’abondance, la croissance. Des enveloppes rouges pour les enfants.
Toute une partie de l’Asie prise par les célébrations du Nouvel An lunaire.

Nous sommes loin de ce monde mais j’avais la nostalgie, comme ça me prend parfois, du parfum du gingembre mêlé au sésame, à l’ail et à la ciboule, de viande fondante et caramélisée, de sauce parfumée de badiane. Des envies moi aussi de fêter le dragon. Pour la chance. Parce que c’est mon année, notre année.

Le poulet aux trois tasses (San Bei Ji  三杯雞), n’est pas un plat traditionnel de Nouvel An. C’est un plat originaire du Jiangxi devenu une des spécialités de la cuisine Taïwanaise. Cette cuisine, avec ses influences de tout le continent venues en 1949 se mêler à la cuisine locale et aux influences japonaises, a la réputation d’être une des meilleures de Chine. C’est là que j’ai appris à l’aimer.


Le nom du plat viendrait de la quantité des ingrédients utilisés pour la sauce. Une tasse de vin de riz, une tasse de sauce de soja, une tasse d’huile de sésame (ou une tasse de saindoux, selon les sources), le tout mijotant longuement avec la viande dans un plat en terre. J’ai trouvé une telle quantité de versions différentes de cette recette, dans les livres et sur la toile, que je n’ai eu aucun scrupule à bricoler la mienne. J’en suis plutôt contente, pour tout vous dire.

Poulet aux trois tasses
(pour 4 personnes)
  • 4 cuisses de poulet
  • 1 ½ cs de maïzena
  • 4 fines tranches de gingembre
  • 2 gousses d’ail émincées
  • 4 ciboules coupées en longs morceaux
  • 3 cs de sauce soja claire
  • 1 cs de sauce soja sucrée
  • 3 cs de vin de Shaoxing
  • 100 ml de bouillon de volaille maison
  • ½ cc d’huile de sésame noir
  • 1 étoile de badiane
  • ¼ cc de 5 parfums
  • Quelques fleurettes de brocoli
  • 1 poignée de feuilles de basilic thaï
Désosser les cuisses de poulet et les tailler en morceaux de la taille d’une bouchée – j’ai demandé au boucher de me trancher chaque cuisse en larges morceaux, avec les os, et j’ai retaillé les morceaux en plus petites dimensions, de façon à conserver quelques morceaux avec os, pour le goût.
Dans un saladier, faire une pâte avec la maïzena et un peu d’eau. En enduire les morceaux de poulet et laisser reposer 10 minutes.
Dans une cocotte avec un fond d’huile, mettre à revenir le gingembre, l’ail et la ciboule. Ajouter les morceaux de poulet et les laisser dorer. Verser le vin de riz, la sauce soja et un peu du bouillon chaud. Déglacer et  baisser le feu. Assaisonner d’un peu de poivre, de 5 parfums et de l’étoile de badiane. Rajouter éventuellement un peu de bouillon si la sauce parait trop dense. Couvrir et laisser mijoter doucement environ 25 minutes, jusqu’à ce que le poulet soit tendre. Cinq minutes avant de servir, ajouter les fleurettes de brocoli. Au moment de servir, hors du feu, incorporer l’huile de sésame et les feuilles de basilic. Servir immédiatement avec du riz blanc.

Imprimer la recette.

P.S.: on trouve une version de ce plat (très bonne d’ailleurs) à Paris chez Zenzoo, sous le nom de Poulet sauté aux trois parfums.

mercredi 19 janvier 2011

J’aurais pu lui faire un gâteau d’anniversaire…

Echine laquée et Bok Choi

…à ce blog.
5 ans. Cinq, oui, vous avez bien lu.
Quelques rides et quelques cheveux blancs en plus. Des illusions. Des désillusions. Quelques bouts d’écriture. La lassitude et l’envie de continuer quand même. Des voyages en gourmandise et en train de banlieue. Des copains et des rires. Des larmes aussi parfois. De la musique. Et puis quand même quelques lecteurs, fidèles ou infidèles, mais qui comptent beaucoup, et un bon paquet de recettes, quelquefois voyageuses. Bref, il vit sa vie.

J’aurais pu lui faire un gâteau d’anniversaire, un gros, avec plein de couches de chocolat et des bougies. Je lui ai fait un rôti de porc, je crois qu’il aime mieux. Laqué. Avec une sauce un peu métissée aux étoiles de badiane, soja, piment d’Espelette et Muscadet. Et des légumes encore croquants, au gingembre, comme il les préfère. Je crois que c’était pas mal.

Echine laquée

Echine de porc laquée

Marinade
  • 3 cs de sauce soja
  • 1 cs d’huile d’olive
  • jus d’une demi orange
  • 1 cs de miel doux
  • 2 gousses d’ail émincées finement
  • 1 cm de gingembre frais râpé
  • 2 étoiles de badiane
  • Sel, poivre, piment d’Espelette
Bien mélanger les éléments de la marinade et laisser la viande mariner pendant une heure à température ambiante en la retournant régulièrement. Préchauffer le four à 200ºC. Enfourner avec la marinade. Laisser cuire pendant environ 1h30 en arrosant régulièrement avec la sauce, et en ajoutant un peu de Muscadet de temps en temps, des que la sauce épaissit, pour éviter qu’elle ne caramélise. Une fois bien doré, sortir du four, couvrir et laisser la viande reposer et s’attendrir 10 minutes avant de découper.
Dégraisser la sauce.

Bok choi

Bok choi au gingembre

  • 6 petits bok choi (baby bok choi)
  • 2 gousses d’ail coupées en lamelles
  • 1 cm de gingembre frais coupé en lamelles
Sauce
  • 1 cs de sauce de soja douce
  • 1 cs d’eau
  • 1 cc de fécule de pomme de terre
  • 1 cc de mirin
Faire chauffer une grande casserole d’eau jusqu'à ébullition. Laver les bok choi et les faire blanchir 1 minute. Bien les égoutter.
Mélanger les éléments de la sauce.
 Faire chauffer un fond d’huile neutre dans un wok. Ajouter l’ail et le gingembre, laisser revenir 1 minute. Ajouter les bok choi bien égouttés, les laisser revenir 30 secondes. Ajouter la sauce. La laisser épaissir 1 minute. Disposer dans un plat, arroser de sauce et servir immédiatement.

mardi 8 juin 2010

Niu Rou Mian

Les pates vivantes


Ce jour là, Paris a des airs de plein été.

Elles sont trois, attablées dans cette gargote chinoise du 9ème, presque vide encore à cette heure.
Elles ne se connaissent pas vraiment, ou si peu. Les relations épistolaires ne peuvent donner de l’autre qu’une idée imparfaite, il leur manque de la chair, forcément, un sourire, une voix, l’éclat des yeux. Entre chacune d’elles, dix ans d’écart, un monde de vies différentes. Alors elles se racontent, par petites touches indirectes, en observant la salle qui se remplit peu à peu. Beaucoup de chinois. Des gens du quartier aussi.

Derrière la vitre étrangement emballée de plastique transparent, le grand cuistot étire de longs fils de nouilles, dans les vapeurs de bouillon odorant.


Pates vivantes


Devant les bols de nouilles au bœuf pimenté (niu rou mian / 牛肉麵), la conversation se ponctue de silences, de grands slurps et de rires. La plus âgée retrouve des gestes anciens pour attraper les longues pâtes glissantes et chewy de ses baguettes maladroites. Sa cadette, née les baguettes à la main, les enroule élégamment dans sa cuillère. La plus jeune a l’air perplexe.

En plus ça pique.


Niu rou mian


Mais c’est bon, chaleureux, le bouillon délicatement parfumé de badiane et de gingembre, le feu du piment rouge, les longues nouilles élastiques, le bœuf parfaitement cuit et la petite touche croquante de l’oignon nouveau et de la coriandre fraiche. Harmonieux.

L’heure a passé trop vite, pas le temps de se découvrir. Juste un bol de bouillon et quelques bribes de vie partagées. Des rires aussi. Une pause buissonnière dans des vies trop rapides.

Ce jour là, elles ont aussi parlé de Tampopo.

samedi 28 février 2009

Baozi


SMS Mingoumango: Je peux t'apporter des baozi entre 12:00 et 12:30 si tu veux.

SMS Gracianne: Mais qui saurait résister à une proposition pareille?

Des baozi maison, le dîner livré au boulot. Il y a des jours où on ne regrette pas d'avoir un blog culinaire! 

Résultat: "Je pourrais encore avoir du pain chinois, Maman?"

La recette des dou sha bao, les brioches aux haricots rouges, est chez La Bouche Pleine. Nous on attend celle des délicieux baozi à la viande pour en refaire. Merci encore Mingoumango, et joyeux blogversaire à l'un des plus jolis blogs que je connaisse!



vendredi 13 février 2009

Déjeuner seule un jour de neige


Il a neigé. Encore. Sur la route en montant la colline, la voiture glisse vers le fossé, difficilement contrôlable. Plus loin, des voitures bloquées sous le tunnel. Demi-tour, tans pis. Paris semble si loin quelquefois.

Jour de vacances inattendu. Que faire? Ranger un peu la maison, rentrer du bois, faire un feu.
Et faire chauffer le wok.



Wok de boeuf à la sauce d'huitres et haricots croquants

(pour 1 personne, un jour de neige)

100g de bavette
200g de haricots verts
1 oignon de printemps
2 cm de racine de gingembre
1 grosse gousse d'ail

Marinade

1cs de sauce de soja douce*
1cs d'eau
1/2 cc de maïzena
1/2 cc de vin de Shaohsing
1 pincée de sucre
1 cc d'huile
4-5 tours de moulin à poivre

Sauce

1 cs de sauce d'huitre
1 cs de sauce de soja douce*
1 pincée de sel
1 pincée de sucre
1/2 cc de maïzena
1 cs d'eau

Trancher la viande le plus finement possible - l'idéal étant de le faire quand elle est encore à moitié congelée. Mélanger les éléments de la marinade, sauf l'huile et mettre la viande à mariner une bonne heure.
Couper l'oignon de printemps en fines rondelles, vert et blanc séparés. Peler le gingembre, en couper 3 fines tranches, hacher le reste. Peler l'ail, en couper 3 fines tranches, hacher le reste.
Préparer la sauce. Réserver.
Laver et effiler les haricots verts. Les couper en diagonale.

Faire chauffer le wok sur feu vif. Quand il commence à fumer, y faire tomber un peu d'huile, faire tourner. Ajouter les tranches de gingembre et d'ail, laisser chauffer 30 secondes, puis les haricots verts. Laisser frire 1 minute en les retournant. Ajouter environ 4 cs d'eau, 1 pincée de sel et de sucre, baisser le feu et couvrir. Laisser cuire 4-5 minutes, il faut qu'ils restent croquants. Réserver dans un plat chaud.

Mélanger la cuillerée d'huile au bœuf mariné. Sécher le wok et remettre sur feu vif. Quand il fume, laisser tomber un peu d'huile et faire tourner. Ajouter, en rapide succession, le blanc de l'oignon de printemps, le gingembre et l'ail, puis le bœuf, et faire sauter 1 minute. Ajouter les haricots, la sauce préparée et le vert de l'oignon. Faire chauffer 1 à 2 minutes le temps que la sauce épaississe et servir de suite, avec du riz blanc.

* sauce de soja épaisse et sucrée. On la trouve facilement en supermarché.


C'est l'heure de la sieste. L'hiver est décidément trop long.