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vendredi 9 mars 2012

Bribes

Un quotidien comme anesthésié; le froid, la fatigue, la monotonie des jours. Des trains gelés, supprimés, vidés par les vacances. Etrange impression de vivre à reculons. Fin d’hiver.


Quelques pauses cependant, il en faut.

Une invitation surprise à déjeuner chez Hélène Darroze, dans un salon calme et sobre aux coussins de cuir moelleux. L’assiette de tapas était belle comme une palette de peintre, sans préciosité. Soupe au pain grillé, porc basque pané et mayonnaise à l’encre de seiche, daube de joue de bœuf aromatique surmontée d’une mousseline de carottes aux agrumes, mousse de foie gras et gelée de vin doux (Maydie), parfaitement accordées au pain au levain rustique et odorant. Surtout deux très subtiles compositions de poisson, filet de maquereau fondant sur une purée de chou fleur onctueuse et légère, petite pomme de terre confite et noisettes du Piémont et saumon sauvage confit, billes de mangue, grains de passion et mousse de haddock, le tout à la fois typé et doux.

De belles bribes de cuisine, accompagnées d’un verre de Jurançon sec. Un délicieux moment de repos.

Un autre moment amical partagé avec Hélène chez Toraya, une de mes lieux préférés, déco 70s, terres cuites d’une beauté brute et service charmant immuables. Saumon cru, crevettes et anguilles laquée, œufs de saumon, pois gourmands pour l’amertume et lanières d’omelette japonaise, servis sur un riz blanc au sésame à la cuisson parfaite, une saveur de noisette.

Wagashi tout doux, ce jour là un inédit dont je n’ai pas noté le nom pour célébrer la fête des petites filles. Une fois encore je fonds pour ces textures moelleuses, pour la finesse de la pâte d’azuki, petits plaisirs sucrés qui s’accordent si bien à l’amertume du thé vert mousseux à l’odeur de prairie.

(mes photos téléphonées ne font pas honneur à la beauté graphique de ces plats. Je n’en prends pas d’habitude, mais cette fois-ci je n’ai pas résisté. Toutes mes excuses aux cuisiniers…)


Petit détour. Metro Lamarck ou Riquet, je ne suis pas venue dans ce coin du 19ème depuis des années.  Un autre Paris, populaire, coloré, gris mais vivant. Le pont désert au dessus de la tranchée ferroviaire de Paris Nord me semble interminable, encore des rails, décidément.

Au bout du Pont, le 104, ancien établissement de pompes funèbres, architecture de la fin du 19ème, magnifiquement rénové, lumineux, transformé en un lieu de culture. Le salon du livre culinaire s’y tient ces jours-ci. J’ai survolé, un peu, je n’étais pas venue pour ça. Des livres chinois aux reliures étonnantes, une démonstration qui sentait bon la vanille de Christophe Felder, une autre, aux aromes puissants de poisson,  d’un chef chinois étrangement habillé d’une veste moulante de satin blanc à brandebourgs dorés. L’Almanach des gourmands de Grimod de la Reynière auquel j’ai résisté sur le stand des éditions Menu Fretin (qui font par ailleurs de très jolis livres délicieusement illustrés). A la Table du Rêve dans le pavillon Rouge, que je convoitais depuis longtemps et auquel je n’ai pas su résister et un nouveau livre de Véronique Chapacou, Les outils du fromager, parce que c’est une amie, que j’aime les outils et que les illustrations de Frédérique Decré sont belles. Un bel objet, un livre de l’Epure.

mardi 7 septembre 2010

Le petit livre vert

petit livre vert


J'aime bien ces petits livres des éditions de l'Épure - le nom à lui seul me plait, il va à l'essentiel. J'aime être la première à me les approprier, à en couper les pages, ce côté reliure à l'ancienne mais sans ostentation. De jolis objets. Mais pas seulement. Il y a là, faute d'illustration, un appel à l'imagination du lecteur qui m'attire particulièrement. Il est rare qu'il n'y ait pas dans ces livres une ou deux recettes qui me parlent, par leurs ingrédients, leur originalité, ou leur évidente simplicité. L'habileté des auteurs à faire naitre dans l'esprit du lecteur des images gourmandes au travers de quelques lignes sobres me surprend à chaque fois. Il faut de bons auteurs.

Véro Chapacou, en plus d'être une amie, est de ceux là. Après un excellent petit livre sur les joies du St Nectaire fermier, elle nous offre un nouvel opus sur la menthe, à la fois simple et subtil. Menthe pouliot, Nanah, menthe poivrée, menthe citron ou menthe chocolat, elle nous donne envie de les cuisiner toutes. Elvira a mis des images sur le blondie menthe blanc et l'Aigre doux de melon mentholé. Je fais de même pour le poulet mariné à la menthe citron. On va peut-être s'arrêter là, il ne faudrait pas divulguer toutes les recettes du livre. Quoique, les billes de lentilles corail à la menthe douce...



Poulet mariné à la menthe citron
  • 10g de feuilles de menthe citron*
  • 4 cuisses de poulet fermier
  • 2 gousses d'ail
  • 7 cl d'huile d'olive
  • 1 cc de graines d'aneth**
  • 2 cs de jus de citron vert
  • sel, piment d'Espelette
Faire tiédir l'huile d'olive avec les graines d'aneth et laissez infuser 10 mn hors du feu. Verser le tout dans un blender, ajouter la menthe, les gousses d'ail épluchées, le jus de citron, un pointe de sel et de piment d'Espelette.
Mixer finement pour obtenir une marinade. Réserver quelques cuillères à soupe de cette préparation et verser le reste dans un grand plat creux.
Enrober les cuisses (j'ai pris un poulet entier découpé en morceaux) de marinade, couvrir avec un film alimentaire et réserver au frais 2 heures.
Au moment de cuire, égoutter légèrement les cuisses pour retirer l'excédent de marinade, puis les faire griller au four ou au barbecue. Assaisonner durant la cuisson.
Servir le poulet grillé accompagné d'une salade verte ou d'une salade de pommes de terre tièdes, assaisonnées avec la marinade réservée.

* je n'ai pas de menthe citron, j'ai pris la menthe du jardin - mais promis, au printemps prochain je me mets à la recherche de ces menthes parfumées.
** j'ai utilisé des graines de fenouil, que j'avais sous la main, j'imagine que le goût doit être assez proche.

Publier la recette.

jeudi 11 mars 2010

Diamants au São Jorge

biscuits Sao Jorge


Ciel bleu. Froid.

Très froid. Le vent est au nord, les pieds glacés par le sol gelé. Le printemps encore impalpable.
Une envie, que dis-je, un besoin impérieux de soleil, de sud.

Dès lors, des solutions d’urgence s’imposent. Le São Jorge envoyé par Elvira des Açores est allé s’allier au doux Pimentón espagnol dans ces biscuits apéritifs que Véro dans son livre avait proposés à l’Etivaz et aux herbes aromatiques.
Piquant du fromage, poivron fumé, des saveurs franches, encore affinées par le petit verre de Tio Pepe muy seco. Ca réchauffe.

Je ne sais pas pourquoi, ces jours-ci, ça parle castillan dans ma tête :

Desde allí se veía
el rostro seco de Castilla
como un océano de cuero

La recette originale vient du très joli bouquin de mon amie Véronique Chapacou, Variations inventives autour des fromages au lait cru. Elle me pardonnera mes digressions.


biscuits Sao Jorge 2


Diamants au São Jorge

160g de São Jorge
245g de farine
1 cs de semoule fine, ou polenta
160g de beurre ½ sel au lait cru
2 jaunes d’œufs
1 cs de pimentón doux
Poivre

pimentonRâper le fromage. Mettre la farine et le beurre coupé en petits morceaux dans le bol d’un robot. Poivrer et donner quelques impulsions pour incorporer le beurre à la farine. Ajouter le fromage râpé, mixer quelques secondes puis ajouter les jaunes d’œufs. Mixer de nouveau pour obtenir une boule de pâte. Sortir la pâte du robot, la pétrir rapidement, puis former deux boudins et les envelopper dans du film alimentaire. Réserver au frais pendant 1 heure. Préchauffer le four à 180°C. verser le pimentón dans une grande assiette plate. Oter le film alimentaire et rouler les boudins de pâte dans les épices de façon à les enrober complètement. Découper des tranches de 5 mm d’épaisseur et les déposer sur un plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Faire cuire au four pendant une quinzaine de minutes. Laisser reposer les diamants pendant quelques minutes sur la plaque à la sortie du four avant de les laisser refroidir sur une grille.

Imprimer la recette

vendredi 27 novembre 2009

Une tuerie jurassienne


Il y a des personnes discrètes et modestes qui recèlent des trésors d’inventivité. Véronique Chapacou est de ceux là, qui crée sans feux d’artifices. Qui passe avant tout le monde du dessert bleu azur à la panna cotta salée tout en jurant ses grands dieux – et avec l’accent de Bigorre – qu’elle n’a jamais rien inventé.

Militante depuis des années du mouvement Slow Food, elle s’est plongée cette fois-ci à corps perdu dans les fromages au lait cru, les pâtes molles ou filées, les croûtes lavées ou fleuries, les fromages frais et les «monastiques ».

De cette immersion dans le monde des fromages sont nés ses deux derniers livres, un petit bijou sur le St Nectaire aux Editions de l’Epure, et ces Variations inventives autour des fromages au lait cru chez Tana, qui nous emmènent avec brio et humour de l’apéritif au dessert. Par petites touches discrètes, elle nous invite à cuisiner et inventer autour de ces fromages au lait cru de France et d’Europe, mais aussi à les goûter et à les préserver, sans baisser les bras devant l’invasion de la monotonie pasteurisée.

Des cromesquis de banane au roquefort, à la glace à la figue et fourme d’Ambert, en passant par le sauté de porc à la bière du Gâtinais et au brie de Provins, il y en a pour tous les goûts et toutes les envies. Vous l’avez compris, Véro est une amie. Je suis très fière de ses deux nouveaux bébés.




J’avais envie de tout essayer. Je me serais bien lancée dans le Hoummous de tarbais aux mouillettes de Barousse, ou le flan de Gaztanbera et caramel de Sagarnoa, par affinité régionale, mais je n’avais pas les ingrédients sous la main.

Le Mont d’Or par contre, rentre dans ma cuisine en automne et y reste tout l’hiver. On a du mal à se passer chez nous de ce fromage moelleux et fondant au goût de forêt. Terminer un repas sur ce fromage là est toujours une fête. J’ai donc choisi la recette la moins raisonnable qui soit pour inaugurer ce livre. Allez faire une grande randonnée en forêt avant, prévoyez une sieste digestive, mais essayez donc ça un jour…
J’ai juste modifié un peu la recette en remplaçant les champignons de Paris que je n’avais pas, par des morilles (en souvenir d’une glorieuse entrecôte aux morilles dévorée autrefois en Franche-Comté).



Côtes de veau en portefeuille jurassien(pour 4 personnes)

2 côtes de veau (de 3 cm d’épaisseur et chacune de 600g)
2 tranches de jambon fumé du jura
2 tranches de mont-d’or
1 noix de beurre
Huile d’olive
Sel, poivre

Pour la béchamel
20g de farine
20g de beurre + 1 noix
25 cl de lait
1 bouquet garni
150g de champignons de Paris
1 jaune d’œuf
50g de mont-d’or

Emincer les champignons et les faire cuire avec une noix de beurre. Porter le lait à ébullition avec le bouquet garni. Laisser infuser. Faire fondre les 20g de beurre sur feu doux dans une casserole, verser la farine et faire cuire 30 secondes en remuant. Hors du feu, ajouter le lait refroidi et fouetter vigoureusement jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Poursuivre la cuisson à feu doux pour faire épaissir, sans cesser de remuer avec un fouet. Hors du feu, incorporer le jaune d’œuf, le fromage et les champignons. Rectifier l’assaisonnement et réserver au chaud. Fendre les côtes en deux dans l’épaisseur pour former une poche. Fourrer l’intérieur avec les tranches de fromage enroulées dans le jambon et refermer la poche avec des piques en bois. Faire dorer les côtes dan une poêle avec une noix de beurre et un filet d’huile d’olive. Poursuivre la cuisson de la viande pendant une douzaine de minutes a feu moyen, saler et poivrer. Préchauffer le four à 200°C. Poser les côtes dans un plat à gratin. Recouvrir de béchamel aux champignons et faire gratiner au four. Servir aussitôt avec des légumes cuits à la vapeur.

jeudi 13 décembre 2007

Muffins en Kit


Véronique Chapacou, fille du Sud-Ouest, et Sylviane Beauregard, dite Tarzile, la Québécoise, ont en commun, au delà de leur complicité, une certaine idée ludique de l’organisation de la fête. Le livre qu’elles ont écrit a quatre mains, Quinze bonnes raisons de faire la fête de Pâques a la Saint Glinglin, Ed. Tana, est bourré d’idées de menus, de déco et de cadeaux gourmands.

Dont ce Kit a muffins, accompagné de la recette, à offrir à vos invités de Noël, pour qu’ils emportent un peu de l’esprit de la fête avec eux.



Comme je suis curieuse, je m’en suis offert un a moi-même. Facile à faire, joli à voir, bon à manger. Les enfants se sont regalés de ces muffins bien chocolatés, parfumés de bleuets séchés (rapportés du Québec par une amie – merci Zab) et pas trop sucrés.

Merci les filles et vive l’amitié transatlantique.


jeudi 8 mars 2007

Panna cotta Basquaise

Il y a quelques temps, Véronique, dont j’aimais tant le blog, Saveurs Sucrées Salées, décidait de fermer boutique et de nous abandonner à notre triste sort. Depuis, elle a ouvert une autre boutique et sorti ce joli livre, Vous les connaissiez sucrés? Les voici en version salée…et vice versa, aux éditions Tana.

Une fois n’est pas coutume, je vais faire un peu de pub sur ce blog. Non seulement parce que Véro est une amie, mais parce que ce livre est très inventif, plein d’humour, pas prétentieux pour un sou et très agréable à lire.
J’ai eu envie de cuisiner beaucoup de ses recettes, des churros aux épices orientaux, au Brest-Paris au homard, en passant par la glace aux oignons de Trébon, le sabayon aux tomates confites et les sels et sucres aromatisés maison. Mais je me devais de tester d’abord cette panna cotta Basquaise, dont j’ai été très émue de découvrir, en ouvrant pour la première fois le livre, qu’elle m’en avait dédicacé la recette.



Comme elle m’a gentiment permis de reproduire la recette, la voici:

Panna cotta Basquaise (pour 4 personnes)
30 cl de crème liquide
4 feuilles de gélatine
1 belle tomate
1 poivron rouge
1 cc de concentré de tomate
1 oignon
1 gousse d’ail
8 tranches fines de poitrine de porc fumée
½ poivron vert
1 cs de vinaigre balsamique blanc
huile d’olive
piment d’espelette en poudre
sel

A faire la veille. Eplucher et émincer ail et oignon. Laver, épépiner et couper en petits morceaux le poivron rouge et la tomate. Faire revenir les légumes avec un peu d’huile d’olive, saler, ajouter le concentré de tomate et du piment d’espelette, laisser cuire à feu doux et à couvert pendant 15 minutes. Passer ensuite au blender afin d’obtenir une purée puis au chinois pour une texture plus fine. Faire tremper les feuilles de gélatine dans l’eau froide pour les faire ramollir. Faire chauffer doucement la crème liquide dans une casserole. A ébullition, retirer la casserole du feu et incorporer la gélatine égouttée. Ajouter le coulis de légumes et bien mélanger. Verser dans des ramequins ou des moules en silicone. Laisser refroidir puis couvrir de film alimentaire et laisser au réfrigérateur pendant 6h au minimum. Le jour même, préchauffer le four à 150ºC. Poser les tranches de poitrine sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et les cuire pendant 20 minutes pour les faire sécher. Réserver ensuite sur du papier absorbant.
Préparer le coulis: laver et épépiner le demi poivron vert puis le couper en morceaux et le faire cuire à la vapeur pendant une dizaine de minutes. Mixer finement dans le blender en ajoutant 3 cs d’huile d’olive, le vinaigre, du sel et du piment d’espelette. Démouler les panna cotta, poser dessus les tranches de poitrine croustillante et servir avec le coulis.

C’est drôle, c’est bon, la légère acidité de la sauce contre-balance le gras de la panna cotta et le lard relève bien le tout. Je pense que c’est une entrée à réserver au plein été, quand ce type de plat rafraichit. Je la ferais aussi en plus petites portions, après une entrée de ce type, je n’ai plus faim.
Pour découvrir d’autres recettes de ce livre, allez voir le cheesecake menteur abricot-curry chez Cathy, la crème brûlée au goût de Provence chez Dorian, le flan parisien aux rillons chez Mijo, la blanquette de fruits à la réglisse chez Choupette et la confiture de betteraves au carvi chez Gloria.

Oups, Dorian me signale que sa recette de crème brûlée n'était pas de Véro. Pourtant, elle était bien dans l'esprit du livre, allez donc la lire quand même.