Affichage des articles dont le libellé est Bookcrossing. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bookcrossing. Afficher tous les articles

jeudi 1 juin 2006

Bookcrossing - Festins gascons



Il y a quelques temps Ségolène publiait une critique d’un livre de Christian Coulon, intitulé Festins gascons. La critique, le titre et la photo de couverture m’ayant attirés, je laissai un commentaire. Je reçus par la suite un message de l’auteur, qui se proposait de m’envoyer le livre. J’hésitai mais…on ne refuse pas un livre.

Je l’ai lu et il m’a plu. Je n’en referai pas la critique, que Ségolène a très bien faite. Je me contenterai de dire qu’il m’a fait sourire, souvent. Qu’il m’a poussée à réviser un peu l’histoire de l’Aquitaine, qui n’avait été qu'effleurée au lycée – je suis en train de terminer une “Histoire des aquitains” d’Antoine Lebegue. Qu’il m’a donné envie de lire Montaigne, dont je n’avais lu que quelques extraits (j’ai reçu en cadeau Les Essais, j’ai du pain sur la planche). C’est bien les livres qui donnent envie d’en lire d’autres, non?

Ce livre me paraissant être un parfait candidat pour notre bookcrossing gourmand, j’en ai commandé un autre exemplaire. Je veux garder le mien, gentiment dédicacé et qui comporte quelques recettes intéressantes à tester. Mais j’enverrai celui-ci au premier qui se manifeste. Il me semble que, bien que son propos soit universel, il parlera plus à un lecteur du sud-ouest, de par les nourritures et les lieux évoqués.

Je vous en reproduis un extrait, un exemple des festins évoqués par le livre. Ne croyez pas à cette lecture que ce soit un livre anticlérical, j’aurais tout aussi bien pu prendre le passage sur le repas de vendanges ou celui sur le pique-nique pèlerinage de St Raphael. Celui-ci m’a plu à cause des sarments de vigne…

“C’est dans cet état d’esprit que fut prise la décision d’organiser une fois l’an, le Vendredi saint, jour symbolique s’il en est, un repas gras qui réunirait les bouffeurs de curés les plus affamés du village. Mais ce repas de résistance devait, pour montrer la détermination de nos valeureux guerriers de l’anticléricalisme et instruire les foules aliénées, se dérouler dans l’espace public, sur les lieux mêmes où régnaient l’ignorance et l’oppression. La place de l’église était l’endroit idéal pour de telles agapes. Ils la connaissaient bien la place de l’église ces pourfendeurs de curés car, refusant d’entrer dans ce qui était pour eux le temple de l’obscurantisme, ils s’y réunissaient lors des enterrements, mariages ou baptêmes. Une manière à eux de participer à ces rites sociaux sans compromettre leur foi laïque.
Ce festin gras prit, comme cela se passe souvent en Médoc, la forme de ce que nous appelons une roste, c’est à dire une sorte de pique-nique de grillades où chacun apporte un morceau de viande que l’on cuit évidemment sur une braise de sarments de vignes – sarments de cabernet sauvignon bien entendu car le bois de ce cépage se consume plus lentement que d’autres et est donc particulièrement approprié à ce mode culinaire rustique. En outre, pour mettre le feu à ces sarments, nos braves ripailleurs faisaient brûler les feuilles cléricales que leurs pieuses épouses achetaient le dimanche à la sortie de la messe, celles du quotidien régional – à l’époque La Petite Gironde – étant consciencieusement réservées pour les grillades quotidiennes ou à des usages plus intimes. Autodafé symbolique qui donnait lieu à toutes sortes de réflexions et de cris belliqueux mettant en appétit ces gourmands impénitents.
Ces belles entrecôtes saignantes, parsemées d’échalotes finement hachées, étaient lentement dégustées, accompagnées de bouteilles des meilleures années, occasion de porter tous les toasts que l’on peut aisément imaginer à la gloire des défenseurs de la “cause”. Souvent les entrecôtes étaient précédées de toutes sortes de charcuteries sorties des placards familiaux.”

In Festins gascons – Christian Coulon – éditions confluences

lundi 3 avril 2006

Book Crossing – Délices de Pommes de Terre


Leeloo, qui a toujours de bonnes idées, m’a envoyé il y a déjà quelques temps un petit fascicule d’Elle à Table intitulé “Délices de Pommes de Terre – 30 Recettes Savoureuses”.

Tout mignon ce livre petit format, plein de très alléchantes recettes et de belles photos. Très utile en fait, moi je l’aurais gardé. Mais non, figurez vous que Leeloo, elle, voulait le relâcher dans la nature, pour qu’il profite à d’autres, et s’en aille de part le monde, de cuisines en cuisines.

C’est une idée formidable le Book Crossing. Figurez vous qu’il y a des gens pour laisser gratuitement et anonymement leurs livres à la disposition de parfaits inconnus, juste parce qu’ils ont aimé le livre, ou parce qu’ils veulent en faire profiter les autres, ou parce qu’ils ont envie de jouer. Le lecteur suivant lit le livre, fait un petit tour sur le site pour enregistrer sa lecture, et le relâche ensuite dans la nature. Il est possible ainsi de suivre le livre a la trace, de lecteur en lecteur.

Donc j’ai lu. Je l’aurais bien gardé. A la place je l’ai photocopié en plusieurs exemplaires, mes voisines aussi en voulaient, et je suis prête à le libérer.

En attendant, j’ai fait ça avec:

Galettes de pommes de terre à la tomate et au chèvre
(6 personnes)
Préparation: 20 mn/ cuisson: 15 mn

  • 15 pommes de terre moyennes pour rissoler (11-12 auraient suffi)
  • 3 tomates moyennes
  • 3 petits fromages de chèvre ronds mi-frais (j’ai pris une bûche)
  • 8 cs d’huile d’olive
  • 6 branches de romarin
  • poivre noir du moulin
  • fleur de sel de Guérande

1. Epluchez les pommes de terre et râpez-les. Salez, poivrez et laisser dégorger 10 mn dans une passoire (il faut bien les presser pour faire sortir tout le jus et éponger avec du papier absorbant). Coupez fromages et tomates en rondelles, saupoudrez-les de romarin haché. Gardez les têtes de romarin pour le décor. Poivrez. Préchauffez le four th. 7/210º.
2. Dans une grande poêle (ou deux), faites chauffer l’huile d’olive et déposez 6 grandes cuillérées (ou tas) de pommes de terre râpées, que vous aplatirez avec une cuillère pour leur donner la forme d’une galette. Faites-les cuire de chaque côté, jusqu’à ce qu’elles soient bien croustillantes.
3. Egouttez les sur du papier absorbant et disposez-les sur la plaque huilée du four (j’ai mis du papier sulfurisé).
4. recouvrez de rondelles de tomate et de chèvre, arrosez les d’huile d’olive (un filet), salez, poivrez et faites cuire 5 mn. Décorez d’une tête de romarin et saupoudrez de fleur de sel.

Je les ai servies en accompagnement d’un carré d’agneau rôti au four, et d’une salade de batavia et de feuilles d’épinards assaisonnée de vinaigre balsamique et d’huile de noix. Tout ça allait bien ensemble.

Maintenant, je vais relâcher le bouquin. Qui en veut? C’est le premier qui dit qui l’a..