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mercredi 31 mai 2017

Les ados ; pancakes au levain et lait ribot


Mes ados rêvent d'ailleurs, les ados rêvent, toujours.
La Chine, l'Inde, l'Amérique du sud, l'Afrique, elles la laissent à leurs aînés. 
Leur ailleurs est le plus souvent outre-Atlantique, tout rempli de soleil, de chaleur écrasante, d'élèves en toges, de sirènes de police, de festivals de pop bariolés, de bagels au cream cheese, de toasts à l’avocat et de petits déjeuners parfaits, abondants, des assiettes de pancakes ruisselantes de sirop d'érable. 
Le quotidien fantasmé d'autres ados, là-bas, de l'autre coté de l'eau. Qui rêvent peut-être, espérons le, de séjours romantiques à l'ombre de la Tour Eiffel.

Alors voilà une recette simple (pour peu qu'on héberge un levain chez soi), parfaite de surcroit pour réveiller le levain de temps en temps entre deux fournées. Je l'ai trouvée ici, et j'ai juste remplacé le lait par du lait ribot. On obtient des pancakes incroyablement gonflés et moelleux, qui se gardent sans problème plusieurs jours.

Pancakes au levain
  • 180 g de levain actif (rafraîchi la veille)
  • 155 g de farine T45
  • 240 ml de lait ribot
  • 1 cs d'huile
  • 1 œuf
  • 1/2 cc de sel
  • 2 cs de sucre
  • 1 cc de bicarbonate de soude
  • 1 cc d'extrait de vanille (optionnel)
La veille: rafraîchir 2 CS de levain de 100g de farine T65 et 100g d’eau.

Le lendemain matin: dans un grand bol, mélanger le lait à température ambiante, la farine et 180g de levain.
Laisser reposer pendant environ 30 minutes.
Ajouter l'huile, l’œuf battu, le sel, le sucre et le bicarbonate. Mélanger sans trop insister. Il n'est pas nécessaire de faire un mélange parfait.
Faire chauffer une poêle antiadhésive et la graisser légèrement.
Verser quelques louchées dans la poêle, à bonne distance les unes des autres, et laisser cuire à feu moyen environ 2 minutes. Retourner délicatement chaque pancake et laisser cuire environ 1 minute sur l'autre face.
Servir avec du sirop d’érable ou du Golden Syrup, des fruits frais, ou pourquoi pas des œufs et du bacon.


mercredi 10 décembre 2014

Les équations boulangères de Jean-Michel

Ça peut paraitre incroyable, mais il y a régulièrement des gens qui me contactent pour me proposer du «contenu éditorial» pour mon blog. En d’autres termes ils proposent d’écrire mon blog à ma place contre rémunération…AH AH !

Figurez-vous que j’ai trouvé encore mieux, un lecteur qui me fournit du « contenu éditorial » gratuitement. Et pas n’importe quel contenu. A la question : « comment faites-vous le calcul pour convertir les proportions d’un pain à la levure en pain au levain ? » Jean-Michel m’a fait une réponse tellement longue et détaillée que je n’ai pas réussi  à la publier dans mes commentaires. Et puis, elle mérite mieux que les commentaires, elle peut intéresser pas mal d’afficionados du levain (pas trop hermétiques aux mathématiques – enfin pas comme moi quoi…) Donc la voici, avec ses remarques et conseils sur la cuisson en prime – si vous êtes fan de boulange, vous savez comme moi qu’on n’a jamais trop de conseils éclairés. Merci Jean-Michel.

Comment je fais le calcul pour convertir les proportions d’un pain à la levure en pain au levain ?
C'est tout simple. Il faut un peu de logique et ne pas être trop fâché avec l'algèbre.

Je vais tenter de vous expliquer ma démarche, de façon suffisamment claire, sans être, je l'espère, trop rébarbatif.

Tout part d'un constat : le pain, à l'origine, c'est quoi ? C'est de la farine, de l'eau et du levain. Et le levain, c'est aussi de la farine et de l'eau.
L'équation est donc simple : Pâte à pain = Farine + Eau.
Bon, d'accord, il y a bien aussi quelques notions de biologie, de physique ou de chimie. Il y a des bactéries, des bulles de gaz, de la fermentation... Mais, Ouh là là, je laisse à Dame Nature le soin de gérer tous ces mystères. Il me suffira amplement de regarder la pendule et régler le thermostat...

Précision : le TH de mon levain (THL) est de 70%. Mais c'est un pur hasard par rapport à la recette de notre pain tordu. J'ai utilisé très longtemps un levain hydraté à 100%. À mon avis et il n'engage que moi, la farine a le rôle principal dans le levain. Ainsi, à quantités égales, le levain hydraté à 70% est plus riche en farine donc plus actif que celui hydraté à 100%. Autre hasard, la farine qu'il contient est composée à parts égales de farine de blé T65 et  de farine de seigle T110.

Déroulement du calcul pour la réalisation du pain tordu du Gers avec un levain.

Posons quelques définitions, soit :
FA la farine et ES l'eau de source mises en œuvre,
LE le levain,
FAL  la farine et ESL l'eau du levain.
TH et THL les taux d'hydratation de la pâte et du levain.

Dans mes pratiques usuelles, j'utilise un levain hydraté à 70% et j'en ajoute 40% du poids de farine mise en œuvre.

TH utilisé dans la recette : ES = 500 g FA = 610 + 100 = 710 g TH = 500 / 710 = 0.704

Raisonnement avec le même poids de farine mise en œuvre :

Le poids de farine s'écrit : 710 = FA + FAL

Du taux d'hydratation du levain : THL = ESL / FAL = 0.70, on déduit que : ESL = 0.7 FAL

L'équation de composition du levain : LE = FAL + ESL devient : LE = 1.7 FAL

Il faut ajouter 40% du poids de farine en levain : LE = 0.4 FA. On en déduit 0.4 FA = 1.7 FAL.

Et ainsi donc : FAL = (0.4 / 1.7) FA = 0.2353 FA

Le poids de farine s'écrit alors : 710 = FA + 0.2353 FA = 1.2353 FA

Il faudra mettre en œuvre : FA = 710 / 1.2353 = 575 g de farine.

Et ajouter 40% de levain : LE = 575 * 0.4 = 230 g

dont FAL = 230 / 1.7 = 135 g et ESL = 135 * 0.7 = 95 g

FAL = ½ T65 + ½ T110 soit 68 g T65 et 67 g T110

Ingrédients à mettre en œuvre :

Farine de blé T65 : 610 – 68 = 542 g OU 510 – 68 = 442 g
Farine de seigle T110 : 100 – 67 =  33 g OU 200 – 67 = 133 g

&

Eau de source : 500 – 95 = 405 g
Levain à TH 70%: 230 g

Quant à la teneur en sel, j'applique depuis longtemps une proportion de 1.5 à 1.8% du poids de farine mise en œuvre, soit ici entre 8.6 et 10.3 g. J'ai opté pour 10.

Précision :

Le taux d'hydratation est le rapport entre les quantités d'eau et de farine : TH = ES / FA.
Dans la recette qui nous intéresse, il est indiqué 500 g d'eau pour 710 g de farine, donc TH = 500 / 710 = 0.70.
Ce rapport 0.70 se dit 70% en langage boulanger en ce sens qu'il indique qu'il faut ajouter 70 litres d'eau pour 100 kg de farine. En aucun cas il ne s'agit du pourcentage d'eau dans le "mélange" final qui vaut :
500 / (500 + 710) = 70 / (70 + 100) = 41% environ.
Nota : peu importe les unités du moment qu'elles se correspondent : cl  g ; l  kg.

Petit aparté pour calculer les proportions d'un levain :

THL = ESL / FAL = 0.7 donc : ESL = 0.7 FAL comme LE= FAL + ESL, il résulte : LE = FAL + 0.7 FAL = 1.7 FAL
De tout çà, on déduit :
FAL = LE / 1.7    et    ESL = FAL x 0.7. Ainsi pour créer un levain (ou faire un rafraichi) de 200 g à TH = 70% = 0.7
Il faut : 200 / 1.7 = 117.6 g de farine et 117.6 x 0.7 = 82.3 g d'eau, arrondis à 118 et 82 grammes.
Pour un TH = 60% = 0.6 : 200 / 1.6 = 125 g de farine et 125 x 0.6 = 75 g d'eau
Pour un TH = 100% =1 : 200 / 2 = 100 g de farine et 100 x 1 = 100 g d'eau
Trop facile...

Apprêt :

Lorsque je fais des miches, je les laisse, comme vous, apprêter dans des bannetons que je renverse ensuite sur une plaque à four (genre plaque pour gâteau roulé) non systématiquement préchauffée en même temps que le four (par oubli).
Pour les pains (je devrais plutôt dire bâtards, à cause de la longueur) ou baguettes, je n'ai pas, comme Marie-Claire Frédéric de toile à couche (cf. son billet sur le pain de méteil).
Je les mets en forme et les fais apprêter dans des plaques à pains ou baguettes ("moule" métallique en tôle noire ou galva pour 2 pièces ressemblant à une double gouttière peu haute).
Pour être franc, ces "gouttières" m'affranchissent du risque de voir les pâtons (surtout à fort TH) s'étaler.

Temps :

Après rafraichi, mon levain met entre 4 et 5 heures pour atteindre sa pleine forme.

Généralement, je pétris mon pain vers 22 – 23 heures. Mise dans un saladier en grès recouvert d'un film, la pâte passe la nuit dans le four du fourneau (four que je "préchauffe", par acquis de conscience, 1 grosse minute)

Le lendemain matin, après mise en forme et dépose dans les moules (ou bannetons), retour au four du fourneau, préchauffé un minute, le temps de recommencer à lever (soit pendant ½ à ¾ heure) plus le temps de préchauffage (15 à 20 minutes) du four de cuisson (four dédié, indépendant du fourneau).

Cuisson :

Je n'ai pas de pierre à pain... peut-être un jour...
J'enfourne mon pain à 240°C et je verse un grand verre (à bière, 25 cl) d'eau sur la sole.
Je laisse la chaleur tournante pendant une dizaine de minutes.
La cuisson dure en tout entre 20 et 30 minutes, fonction de la charge ou la taille de la fournée.
Suit le refroidissement sur grille.


Une grande réponse à trois petites questions. J'espère qu'elle satisfera la curiosité qu'elles exprimaient.

Je vous rassure, ce n'est pas tous les jours que je me torture l'esprit avec des élucubrations algébriques. D'ailleurs, pour les éviter, j'ai écrit un utilitaire de calculs que Marie-Claire Frédéric a mis en forme et diffusé sur son blog "Ni cru ni cuit".

mardi 31 juillet 2012

Du Pain et des vidéos


Pour répondre à la question d’Amélie, qui me demandait de lui conseiller quelques vidéos de boulange, voici quelques liens que j’avais trouvés personnellement assez utiles. Je ne les ai pas beaucoup utilisées au début, mais je dois reconnaitre que c’est un outil d’apprentissage très utile quand on n’a pas un professeur de boulange sous les yeux.

J’ai commencé avec les vidéos de Julia Child, conseillées par Sandra, Baking with Julia, qui sont adorablement désuètes, et très intéressantes pour débuter. Voir en particulier celle-ci, pour les pains à la levure (on traite la pâte au levain d’une manière beaucoup moins brutale). C’est en anglais mais les images parlent d’elles-mêmes.

The back home bakery, site conseillé par Clotilde de Chocolate & Zucchini est aussi très bien fait.

J’ai beaucoup aimé aussi les vidéos faites par le CETAB - Centre d'Etude et Terre d'Accueil des Blés – sur le travail des boulangers-paysans. Passionnant.

Enfin les quelques vidéos publiées par Marie-Claire, notamment lors de sa dernière série de billets sur le pain du XVIIIème m’ont aussi beaucoup appris.

Si vous avez d’autres suggestions de vidéos bien faites, je les rajouterai avec plaisir à cette liste.

vendredi 6 juillet 2012

Le pain du XVIIIème et l’expérience raisonnée


L’expérience raisonnée, jolie expression d’Antoine Parmentier qui enseigne aux « Bonnes ménagères des villes et des campagnes » la meilleure manière de faire leur pain.

Je n’en écrirai pas des tartines, sur celui-ci. Marie-Claire a mis en pratique et en images ce texte du 18ème siècle et c’est paffionant, comme on l’écrivait à l’époque.

J’ai juste suivi, respectueusement. Pétri à la main, alors que j’ai un super robot qui le fait très bien, mais il fallait rester dans l’esprit de ce pain, pour comprendre. Traité ma pâte avec douceur, comme les fesses d’un bébé comme le dit Marie-Claire, en essayant de saisir ce qui en fait la texture, le moelleux, l’élasticité, le point de rupture.


J’ai patienté, façonné attentivement, patienté encore, incisé, enfourné tranquillement.
Et regardé à travers la vitre du four le pain gonfler.
Miracle.




Et puis on l’a mangé.

Il n’est pas encore aussi développé que celui de Marie-Claire, j’avais un peu surestimé la durée de l’apprêt. Mais il est bon, la croûte fine et craquante, la mie élastique et pas trop acide. Il me plait bien à moi.

Essayez, si vous avez le temps, c’est un excellent exercice pour comprendre un peu mieux le processus de panification. L’expérience raisonnée, il n’y a que ça de vrai.



jeudi 12 avril 2012

Colomba di Pasqua


C’était un défi qui me tentait depuis des années : réussir la Colomba, la mythique brioche que l’on trouve partout en Italie à l’approche des fêtes de Pâques. Moins connue en France que ses cousins Panettone et Pandoro, elle est au moins aussi importante dans la tradition italienne que la buche de Noël l’est chez nous. Brioche au levain à double fermentation, cuite dans un moule en forme de colombe, elle est enrichie d’écorces d’orange confite et glacée d’un mélange d’amandes, de noisettes et de pignons liés au blanc d’œuf puis recouverte de sucre perlée et de sucre glace avant cuisson.

Il me fallait les moules, Cathy et Réquia me les ont trouvés, une commande spéciale sur My Sweet Boutique, merci les filles !

Il me fallait la recette, je l’ai trouvée en Italie, naturellement, chez Martina qui suivait elle-même celle de Papum, un pâtissier professionnel qui a eu la générosité de mettre sa recette à la disposition du public (j’ai vu depuis que Rosa avait utilisé la même recette en 2009, j’aurais pu chercher moins loin).

Et puis il me fallait du temps, beaucoup de temps, devant moi. La colomba se mérite mais le résultat est à la hauteur de la technicité et de l’attente. La mie est alvéolée, douce, odorante, le glaçage est une gourmandise à lui seul et je ne vous raconte pas l’odeur qui se répand lors de la cuisson…Insomma, comme l’écrit Martina, è da provare!

La legatura, l’incordatura, la mandorlatura, elle est bien plus belle, plus parlante écrite en italien cette recette. Je vais essayer de vous la traduire à ma façon. C’est long, ça peut sembler rébarbatif et technique, peut-être que ça n’intéresse que moi, mais allons-y quand même.

La farine : la recette italienne préconise d’utiliser de la farine manitoba (et encore pas n’importe quelle marque, il y a des discussions sur les blogs italiens à ce sujet) qui a un taux plus élevé de protéines et supporte mieux les longs temps de levée et l’ajout d’ingrédients tels les écorces d’orange confite. En France, on trouve la manitoba dans certains magasins bios (voir le joli billet d’Estérelle à ce sujet), mais je n’en avais plus. Marie-Claire utilise de la T65 pour ce type de recette, mais celle que j’utilise pour le pain est un peu trop corsée pour les brioches. J’ai donc opté pour de la T55 bio, additionnée d’un peu de gluten (en magasin bio) pour la renforcer. Au choix, si vous tentez cette recette, préférez une bonne T65 ou de la manitoba si vous en trouvez, vous obtiendrez de meilleurs résultats.

Le levain : pour réussir cette recette, il faut d’abord préparer un levain très actif et rafraichi de nombreuses fois à intervalles courts pour lui ôter son acidité. Le levain transalpin est plus solide que le levain humide que nous utilisons pour le pain, presque une pâte à pain. J’ai totalement raté mon premier essai et recommencé à zéro en suivant les indications de Marie-Claire pour sa recette de panettone, qui se sont avérées (sans surprise) efficaces.
Au passage, le levain chef se traduit en italien par « pasta madre », pâte mère, ce que je trouve bien plus parlant.

Colomba di Pasqua
(pour 4 moules de 300g)

Jour 1
18 :00 Rafraichir 50g de levain chef de 20g d’eau et 40g de farine (ici T55 additionnée d’1/4 cc de gluten), couvrir et laisser tripler de volume dans un endroit tiède.

22 :00 Rafraichir 50g du levain obtenu de 50g de farine et 23g d’eau (ma farine absorbant beaucoup l’eau, j’en ai mis un peu moins, environ 40g, il ne faut pas que le levain soit trop ferme).
Ensuite, et c’est là que ça devient fun, emballer le levain dans un sac en plastique type congélation, puis dans un linge et lier le tout (legatura) comme un saucisson pour éviter que le levain ne s’échappe. Il semble que ce procédé lui donne plus de force et moins d’acidité (voir la technique chez Marie-Claire et la vidéo de Martina). Laisser le levain emmailloté à température ambiante toute la nuit.


Jour 2
9 :00 Ouvrir le petit paquet, qui devrait être normalement tout rebondi et contenir un levain très aéré (surprise…). Prélever 25g au cœur de ce levain.
Faire le 1er rafraichi comme suit :
  • 25g de levain chef
  • 50g de farine *
  • 25g d’eau minérale
* Là encore j’ai utilisé la T55 additionnée d’1/2 cc de gluten et j’en ai mis environ 45g, il faut que la pâte s’agrège en boule autour de la cuillère, mais elle ne doit pas être trop dure pour autant.
Pétrir cette pâte au laminoir (degré 0) ou au rouleau, comme pour les pâtes fraiches, une dizaine de fois, jusqu’à obtenir une pâte souple et homogène. Former une boule, la déposer dans un saladier, l’inciser en croix, couvrir et laisser lever environ 4 heures au chaud, jusqu’à ce qu’elle double de volume.
13 :00 (environ) procéder de la même façon pour le 2ème rafraichi en utilisant les proportions suivantes :
  • 50g de levain chef
  • 75g de farine *
  • 37,5g d’eau
* Là encore, adapter les proportions et enrichir éventuellement de gluten.

Laisser doubler de volume environ 4 heures.

17 :00 (environ) Procéder au 3ème rafraichi en utilisant les proportions suivantes :
  • 100g de levain chef
  • 100g de farine (pour moi environ 85g)
  • 45/50g d’eau
Laisser doubler de volume au chaud.

Vers 21-22h00 (enfin !)
Premier pétrissage
  • 135g de levain chef
  • 390g de farine (additionnée d’11 cc de gluten pour moi)
  • 155g de beurre mou
  • 105g de sucre
  • 3 jaunes d’œuf
  • 150g d’eau minérale
  • 50g d’eau minérale pour la finition
Faire dissoudre les 105g de sucre dans 150g d’eau.
Mélanger le levain chef avec les jaunes d’œufs et pétrir pendant 5 minutes. Ajouter l’eau sucrée et mélanger, puis ajouter la farine. Pétrir jusqu’à obtenir un mélange homogène. Ajouter le beurre mou et pétrir longuement jusqu’à ce que la pâte se détache des parois du bol, devienne brillante et très élastique et s’étire jusqu’à transparence sans se déchirer. C’est ce que les italiens nomment l’incordatura, la pâte forme une corde et s’enroule autour du crochet. Le test de la transparence, ou de la vitre, est illustré ici par Marie-Claire.

En pratique, j’ai pétri à vitesse 1 pendant environ 30 minutes (je ne sais pas ce que ça donne à la main, je n’ai pas l’intention d’essayer, d’autant plus que cette pâte est très collante).
A ce stade, ajouter petit à petit les 50g d’eau restante, mais seulement si la pâte les absorbe. Arrêter dès que la pâte ne semble plus absorber l’eau.
Verser la pâte dans un grand saladier, couvrir d’un linge et laisser lever toute la nuit (environ 12 heures) dans un endroit tiède (par exemple contre un radiateur et bien à l’abri des courants d’air). La pâte devrait tripler de volume.

Jour 3

2ème pétrissage.
  • Pâte obtenue du 1er pétrissage
  • 85g de farine
  • 15g de miel
  • 4g de sel
  • 30g de sucre
  • 3 jaunes d’œufs
  • 30g de beurre fondu
  • 2cc d’extrait de vanille
  • zeste d’une orange (au goût)
  • 300g d’écorces d’oranges confites coupées en dés *
* je n’en avais que 150g, orange et citron mélangés et je trouve que c’est suffisant. A vous de voir.

Pétrir le premier pâton avec le sucre le miel et le sel à vitesse minimum jusqu’à ce que la pâte forme une boule et que les ingrédients soient bien incorporés. Ajouter ensuite la farine et bien l’incorporer. Ajouter ensuite les jaunes d’œuf légèrement battus, 2 cc à la fois en mélangeant bien entre chaque ajout. Puis ajouter le beurre fondu (mais pas chaud) en trois fois, le zeste d’orange et la vanille et pétrir de nouveau jusqu’à ce que la pâte fasse la corde (environ 20-25 minutes). A ce stade, ajouter les dés d’orange confite et mélanger brièvement jusqu’à ce qu’ils soient bien incorporés.
Couvrir la pâte et laisser reposer une heure.

Verser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné et diviser en 4 morceaux du même poids (j’avais un peu plus de 300g pour chaque moule). Diviser chaque pâton en deux et former les ailes et le corps de la colombe (voir le billet de Papum pour le façonnage en photos). Disposer dans les moules et laisser reposer, couvert d’un linge dans un endroit chaud, jusqu’à ce que la pâte arrive à 1 cm du haut du moule.
En théorie, ça devrait prendre environ 4 heures. En pratique, il ne faisait pas chaud ce jour là, ma pâte ne levait pas, je les ai finalement mis à lever dans le four thermostat minimum (40ºC fonction levée – on peut aussi préchauffer le four au mini et éteindre de suite, pour qu’il fasse fonction d’étuve). Je n’y croyais plus, mais ma pâte a levé très doucement pour arriver presque en haut du moule vers 21:00. Donc chez moi environ 8 heures de levée (Je suppose que ça tient autant à la chaleur qu’à la qualité de la farine).
Préchauffer le four à 180ºC

Préparer le glaçage (mandorlatura):
  • 30g d’amandes amères*
  • 30g de noisettes grillées
  • 55g d’amandes (avec la peau)
  • 10g de pignons
  • 225g de sucre
  • blancs d’œufs (environ 3)
  • Amandes mondées coupées en deux, sucre perlé et sucre glace pour la finition

* je n’en ai pas trouvé, je les ai remplacées par des amandes mondées.
Réduire en poudre les fruits secs. Bien mélanger avec le sucre. Ajouter petit à petit suffisamment de blanc d’œufs pour former une crème.

Répartir cette crème sur les colombes avec le dos d’une cuillère. Parsemer d’amandes mondées. Couvrir abondamment de sucre perlé puis de sucre glace.

Enfourner pour environ 30-35 minutes – la recette indique un temps de cuisson de 50 minutes pour les moules de 1kg et de 40 minutes pour les moules de 500g.

Normalement, si tout se passe comme prévu et que vous avez bien suivi la recette, vous devriez obtenir 4 colombes bien gonflées et couvertes d’une croûte délicieusement craquante et odorante. Elles se conservent en principe longtemps bien emballées. Dévorez-les, offrez-les, faites en ce que vous voulez.

vendredi 16 mars 2012

Pain au sésame


On l’appelait Momo. Je ne sais pas d’où il venait, du Maroc, de Tunisie ou d’Algérie, en tout cas ce n’était pas un bellilois (c’est dur d’être un bellilois, il faut pas mal de générations avant d’y parvenir).

L’époque était encore au mauvais pain blanc bien mou, et c’était une fête en arrivant à Belle-Ile d’aller acheter du pain bio chez Momo, du vrai pain, bien rustique, avec un bon goût de four à bois, que l’on tartinait de vrai beurre et qui disparaissait avant même l’heure du repas.

Le matin, on guettait par la fenêtre la camionnette un peu déglinguée, qui n’arrivait jamais au marché de Palais à la même heure. Le pain c’est capricieux, on ne sait jamais quand il va sortir du four (le boulanger avait peut-être aussi un peu de mal à sortir du lit quelquefois). Son arrivée était le signal de la sortie, c’était l’heure du marché, des poissons frais, des petits chèvres locaux, de l’agitation de fin de matinée juste avant le kir au bar du port.

Un jour, Momo est parti, emporté par la vague en allant à la pêche aux pouces-pieds. Le bon pain est parti avec lui.

Mon préféré, c’était le pain au sésame.

Pain au levain au sésame
  • 75g de levain mûr
  • 250 g de farine de blé T65 bio
  • 160 g d'eau
  • 6 g de sel gris de mer
  • 2 cs de graines de sésame blond
La veille de la pétrissée, le soir, rafraichir le levain de 50g de farine T65 et de 50g d’eau. Le lendemain matin, faire un nouveau rafraichi de 50g de farine T65 et de 50g d’eau, et de nouveau la même quantité 5 heures après. Le levain rafraichi ainsi à intervalles rapprochés est beaucoup moins acide et plus actif.

Le lendemain soir : dans le bol du robot ou de la machine à pain, verser l’eau puis la farine. Pétrir une à deux minutes pour constituer une pâte. Laisser reposer pendant 30 minutes pour permettre à la farine de bien absorber l’eau (phase d’autolyse).

Ajouter ensuite le sel et le levain. Pétrir 10 minutes à vitesse 1. Pendant ce temps faire torréfier pendant 1 à 2 minutes les graines de sésame dans une poêle, sans matière grasse.  Les ajouter à la pate, puis pétrir environ 5 minutes à vitesse 2, jusqu’â ce que la pâte se détache complètement de la cuve. 

Renverser la pâte sur le plan de travail très peu fariné. Avec les mains farinées, aplatir légèrement la pâte en carré et la replier sur elle-même en étirant les coins et en les ramenant vers le centre, de manière à enfermer de l'air à l'intérieur. Faire cela 2 ou 3 fois, la pâte devient plus élastique et a plus de corps.

Le pointage : former une boule et la déposer dans un bol, soudure vers le bas. Couvrir de film culianire au contact et laisser reposer au frais toute la nuit.

Le lendemain matin, le façonnage : renverser de nouveau la pâte sur le plan de travail, faire une boule et laisser la pâte se détendre 10 minutes avant de la façonner en boule ou allongée, selon la forme souhaitée.

L’apprêt : Déposer le pâton, soudure vers le haut, dans un banneton recouvert d’un torchon bien fariné. Recouvrir d’un linge propre et laisser reposer pendant quatre heures dans un endroit tiède et à l’abri des courants d’air. S’il fait froid, un four légèrement préchauffé puis éteint convient très bien.

La cuisson : 45 minutes à 1 heure avant la fin de la levée, préchauffer le four à 250ºC sans la chaleur tournante, la lèchefrite sur le gradin le plus bas du four et plaque de cuisson juste au dessus. J’utilise une pierre à pizza qui permet de créer un choc thermique plus important, ce qui facilite la levée, mais si vous n’en avez pas, une plaque de cuisson convient très bien.

Au moment d’enfourner, saupoudrer le pâton de farine et de semoule fine et le renverser sur une planche lisse. Faire des incisions avec une lame de rasoir ou une lame de couteau très aiguisée, pour permettre au pain de bien se développer à la cuisson. Préparer un grand bol d’eau à côté du four. Ouvrir le four et faire glisser rapidement le pâton sur la plaque, verser l’eau dans la lèchefrite et refermer immédiatement (attention aux brulures, et à la vapeur chaude, il vaut mieux utiliser des gants). La vapeur dégagée va aider à la formation d’une belle croûte.

Laisser cuire à 250ºC environ 15 minutes, puis baisser la température à 230ºC et laisser encore cuire environ 25-30 minutes. Tout dépend des fours, vous trouverez vous-même votre temps de cuisson. Il faut que le pain sonne creux quand on tape sur le dessous.  Une fois cuit, le débarrasser sur une grille et le laisser refroidir.


Edit: pour Gab, la pêche des pouces-pieds a Belle-Ile.






lundi 5 mars 2012

Un pain au saindoux et un anniversaire


J’ai oublié son anniversaire. Enfin non, pas vraiment oublié. C’est de la coquetterie plutôt, plus on vieillit et plus on oublie de dire son âge. Enfin pour les blogs, c’est pas pareil. Ce serait même un peu tout le contraire, comme les enfants qui revendiquent fièrement leurs 3ans 3/4.
Donc, c’était en janvier, il a eu 6 ans. C’est en voyant ce pain que j’y repense, c’est un beau pain d’anniversaire.
Je regarde en arrière, je me souviens de mon émerveillement devant les pains de Sandra, ceux d’Anne, de Fidji, de Murielle. De mes premiers essais de levain liquide, encouragés par Anne, avant même la naissance de ce blog.
Il m’aura fallu 6 ans finalement, et les leçons de Marie-Claire, avant de parvenir à un résultat qui me plaise.
C’est long, 6 ans. Mais c’est sans regret.

Ce pain là est au saindoux. Je n’ai rien contre, bien au contraire. Marie-Claire l’avait agrémenté de noix et de raisins, ce qui devait bien aller avec son côté brioché. J’ai préféré la version oignons/lardons, mon saindoux étant déjà très parfumé par le confit de porc qu’il avait contenu. Je ne sais pas si c’est dû au lait ou au saindoux, mais il a de la douceur ce pain, du moelleux, une jolie croustillance. Un pain délicieux pour accompagner des charcuteries, évidemment, pour un jeudi du train par exemple.

Pain au levain, saindoux, lardons et oignons
  • 160 g de levain mûr
  • 400 g de farine de blé T 65
  • 10 g de sel
  • 250 g moitié eau, moitié lait
  • 80 g de saindoux à température ambiante
  • 100 g de lardons fumés
  • 1 oignon
La veille
Rafraichir le levain chef de 60g d’eau et 100g de farine, et le placer dans un endroit tiède environ 4 heures avant le pétrissage de la pâte.

4 heures plus tard, fin d’après-midi : Verser le liquide dans le bol du robot, ajouter le sel, la farine et le levain. Pétrir environ 10 minutes jusqu’à l’obtention d’une pâte lisse qui se détache des parois du bol.
Pendant ce temps faire dorer les lardons et les oignons émincés à la poêle dans une cuillérée de saindoux. Égoutter et réserver.
Les ajouter les à la pâte, ainsi que le saindoux et pétrir encore 5 minutes pour bien les incorporer.
Renverser la pâte sur le plan de travail fariné, faire un ou deux rabats pour incorporer de l’air, bouler et déposer dans un saladier. Couvrir d’un linge propre et laisser reposer 4 heures à température ambiante.

4 heures plus tard, le soir : renverser de nouveau la pâte sur le plan de travail fariné, faire un ou deux rabats pour incorporer de l’air, faire une jolie boule et déposer dans un banneton couvert d’un linge bien fariné. Couvrir d’un autre linge et laisser à température ambiante toute la nuit.

Le lendemain : préchauffer le four à 250ºC, lèchefrite posée au sur la sole du four et grille avec pierre à pizza ou plaque au dessus. Renverser le pain sur une planche farinée (farine + semoule fine, ça glisse mieux). Garder un grand récipient d’eau à portée de main.
Inciser le pain à la lame de rasoir, ou avec une lame de couteau bien affutée. Enfourner en faisant glisser le pain de la planche sur la plaque chaude. Verser l’eau dans la lèchefrite pour embuer le four. Baisser le thermostat à 200 ºC et laisser cuire environ 45 minutes.

mardi 17 janvier 2012

Le premier pain de l’année


Faire et refaire, au fil des semaines, ce pain, toujours le même, sans lassitude, comme le peintre chinois peignant mille fois le même bambou, jusqu’à en saisir la structure.

Toujours la même recette, celle de Marie-Claire, sans en changer une virgule.

Il est pourtant à chaque fois différent, plus léger ou plus dense, plus aéré ou plus élastique, sa croûte plus ou moins caramélisée. Selon la farine, la température, l’humidité ambiante, le four, l’humeur du levain…ou de la boulangère.

Jamais parfait, mais toujours très bon, le plaisir demeure intact de le sortir du four et de l’écouter chanter.

J’avais besoin de noter cette recette ici pour la retrouver facilement. N’hésitez pas à aller consulter la recette originale chez Marie-Claire, c’est une mine de conseils précieux. Ses proportions sont pour un gros pain ou deux petits. Je préfère en faire un seul plus petit, je n’aime pas gâcher le pain. Même s’il se conserve très bien, le gros pain d’un kilo est trop gros pour notre consommation familiale.


Pain au levain
  • 75g de levain mûr
  • 250 g de farine de blé T65 bio
  • 160 g d'eau
  • 6 g de sel gris de mer
2 jours avant : il vous faudra un levain bien actif et rafraichi plusieurs fois à 12 heures d’intervalle pour éviter une trop grande acidité. En pratique, pour une pétrissée le dimanche, je commence le vendredi soir par le rafraichir de 50g de farine T65 et de 50g d’eau, le lendemain matin je lui donne de nouveau 50g de farine T65 et de 50g d’eau, et de nouveau la même quantité le lendemain soir. Pour le dernier rafraichi avant la pétrissée, Marie-Claire préconisait un rafraichi de 100g de farine et 50g d’eau, mais j’ai trouvé que ces proportions convenaient mieux à la farine que j’utilise en général. Bien sûr si vous voulez faire deux pains ou un pain de 1 kg, vous devrez adapter les proportions de levain en conséquence.

Dans le bol du robot ou de la machine à pain, verser l’eau puis la farine. Pétrir une à deux minutes pour constituer une pâte. Laisser reposer pendant 30 minutes pour permettre à la farine de bien absorber l’eau (phase d’autolyse).

Ajouter ensuite le sel et le levain. Pétrir 10 minutes à vitesse 1 puis environ 5 minutes à vitesse 2, jusqu’â ce que la pâte se détache complètement de la cuve.  

Renverser la pâte sur le plan de travail très peu fariné. Avec les mains farinées, aplatir légèrement la pâte en carré et la replier sur elle-même en étirant les coins et en les ramenant vers le centre, de manière à enfermer de l'air à l'intérieur. Faire cela 2 ou 3 fois, la pâte devient plus élastique et a plus de corps.

Le pointage : former une boule et la déposer dans le bol ayant servi au pétrissage, soudure vers le bas. Couvrir d’un linge propre et laisser reposer deux heures.

Le façonnage : renverser de nouveau la pâte sur le plan de travail, faire une boule et laisser la pâte se détendre 10 minutes avant de la façonner en boule ou allongée, selon la forme souhaitée.

L’apprêt : Déposer le pâton, soudure vers le haut, dans un banneton recouvert d’un torchon bien fariné. Recouvrir d’un linge propre et laisser reposer pendant quatre heures dans un endroit tiède et à l’abri des courants d’air. S’il fait froid, un four légèrement préchauffé puis éteint convient très bien.

La cuisson : 45 minutes à 1 heure avant la fin de la levée, préchauffer le four à 250ºC sans la chaleur tournante, la lèchefrite sur le gradin le plus bas du four et plaque de cuisson juste au dessus. J’utilise une pierre à pizza qui permet de créer un choc thermique plus important, ce qui facilite la levée, mais si vous n’en avez pas, une plaque de cuisson convient très bien.
Au moment d’enfourner, saupoudrer le pâton de farine et de semoule fine et le renverser sur une planche lisse. Faire des incisions avec une lame de rasoir ou une lame de couteau très aiguisée, pour permettre au pain de bien se développer à la cuisson. Préparer un grand bol d’eau à côté du four. Ouvrir le four et faire glisser rapidement le pâton sur la plaque, verser l’eau dans la lèchefrite et refermer immédiatement (attention aux brulures, et à la vapeur chaude, il vaut mieux utiliser des gants). La vapeur dégagée va aider à la formation d’une belle croûte. Laisser cuire à 250ºC environ 15 minutes, puis baisser la température à 230ºC et laisser encore cuire environ 25-30 minutes. Tout dépend des fours, vous trouverez vous-même votre temps de cuisson. Il faut que le pain sonne creux quand on tape sur le dessous.  Une fois cuit, le débarrasser sur une grille et le laisser refroidir.

Et comme dit Marie-Claire si joliment, écoutez le chanter.

lundi 17 octobre 2011

La boulange du dimanche : baguettes au levain.


La baguette est un pain extrêmement frustrant. Jusqu’ici, j’avais raté tous mes essais. Pas assez cuites, pas assez levées, pas de jolies grignes, une pâte qui s’étale lamentablement à la cuisson. Pas mauvaises, disons. Mais rien qui puisse concurrencer une bonne baguette de boulanger. Je dis bonne, parce que dans mon coin ça ne court pas les chemins de campagne. Ce qui explique ma motivation à réussir quelque chose qui se tienne, qui nous plaise à tous, qui nous évite de faire des kilomètres pour trouver LA baguette qui va bien.

Donc dimanche matin, je fêtais à ma façon le World Bread Day de Zorra (que j’ai complètement oublié cette fois-ci), en façonnant des baguettes au levain. J’avais laissé la pâte lever toute la nuit, elle était belle et facile à travailler. Concentrée, je m’appliquais à reproduire les gestes trouvés sur les vidéos de boulange. Plutôt contente de moi cette fois-ci, ça commence à rentrer. Hop on roule, on dépose sur la « couche » farinée, on laisse lever encore un peu et on enfourne adroitement (tu parles…) sur la pierre à pizza en croisant les doigts pour que ça marche.

Ca a marché…


Bon, ce n’est pas encore le succès total, il faut chercher encore, tout le monde chez moi n’aime pas le goût d’une baguette au levain. Elles sont bonnes pourtant ces baguettes, croustillantes, et assez aérées. Mais encore un peu denses et avec l’acidité du levain en arrière goût. Elles seraient parfaites avec du poisson fumé. Ceci dit, je crois que j’ai compris la technique, il y aura d’autres essais.

J’ai utilisé la technique et les proportions de Clotilde, dont le billet est très bien fait (voir notamment les liens vers les vidéos de façonnage). Par contre, j’avais rafraichi mon levain à 50% (j’aurais du relire la recette avant), alors que Clotilde partait d’un levain a 100% (rafraichi avec la même quantité d’eau que de farine). Ma pâte était moins hydratée, donc plus dense au final, mais beaucoup plus facile à travailler. Une baguette de débutant quoi.

Baguettes au levain
(pour 4 petites baguettes)
  • 200 g de levain à "50%" (rafraichi avec 50g d’eau pour 100g de farine)
  • 600 g de farine T65
  • 400 g d'eau filtrée
  • 1 c.s. de gluten de blé en poudre
  • 10 g (2 cc) de sel gris de Guérande
La veille :
Mélanger rapidement la farine, le gluten, l’eau et le levain, dans le bol du robot ou à la cuillère en bois jusqu'à ce que toute la farine soit incorporée. Couvrir et laisser reposer 30 minutes. Ajouter le sel et pétrir 5 minutes.
Laisser reposer une heure et « plier » la pâte une douzaine de fois (voir cette vidéo). Recouvrir d’un torchon et laisser reposer une heure. Recommencer l’opération de pliage. Filmer la pâte au contact et laisser reposer dans un endroit frais toute la nuit.

Le lendemain :
Laisser la pâte revenir à température ambiante pendant une heure. La verser sur un plan de travail fariné et diviser en 4 parts égales.
Préchauffer le four à 250ºC avec la pierre à pizza posée sur la grille en bas du four – le four doit préchauffer au moins ½ heure pour permettre à la pierre d’emmagasiner suffisamment de chaleur.
Façonner la pâte en baguettes et les déposer sur un torchon bien fariné et replié entre chaque pâton (là encore, allez voir le billet de Clotilde pour les explications, le pas à pas est très bien fait). Couvrir et laisser reposer jusqu’à ce que le four soit bien chaud (environ ¾ d’heure chez moi).
10 minutes avant d’enfourner placer la lèchefrite au bas du four, sous la grille. Saupoudrer une planche de farine mêlée de semoule (les pains glissent mieux). Y déposer le premier pâton, inciser et enfourner en faisant glisse la baguette rapidement de la planche sur la pierre à pizza. Faire de même avec le deuxième. Verser ½ d’eau rapidement dans la lèchefrite pour embuer le four. Cuire environ 20 minutes.
Recommencer l’opération pour la deuxième fournée.

mardi 4 octobre 2011

Elle voit des brioches partout


Au vu de la multitude de brioches sur la blogomiam en ce moment, je me demande si elles ne sont pas en passe de supplanter les macarons, verrines, cupcakes, whoopy pies et autres choux à la crème comme it-food de cette fin d’année.
De la brioche à effeuiller qui fait le tour du monde, aux étonnantes brioches fourrées d’art abstrait, en passant par la Torta delle Rose, les brioches salées, les tresses, la brioche sans pétrissage, les kouglopfs, il y en a pour tous les goûts. Même le Figaro s’y met avec un test des meilleures brioches de Paris.
Il faut croire que le monde a besoin de douceur et de rondeurs en ce début d’automne.
Quant à moi, je puise dans les classiques avec cette brioche au levain et pépites de chocolat empruntées à Manue. J’ai l’ai faite deux fois, la première en utilisant les proportions de Manue, mais elle était trop acide à mon goût (Aristote avait peut-être des aigreurs ce jour là). Je l’ai donc refaite en utilisant la technique du levain tout-point qui avait si bien fonctionné pour la fouace de Marie-Claire. Ca donne une très belle brioche, moelleuse, qui gonfle magnifiquement, avec un goût de levain beaucoup moins prononcé que dans la première version et une belle mie filante. J’aime bien. Merci à mes inspiratrices.

Brioche au levain, pépites de chocolat et sucre perlé

Levain tout point
  • 60 g de "chef"
  • 130 g de farine T 65
  • 80 g de lait
Pâte
  • 250 g de farine
  • 3 oeufs / 150 g environ
  • 30 g de sucre
  • 5 g de sel
  • 125 g de levain tout point
  • 125 g de beurre mou
Garniture
  • 30 g de pépites de chocolat noir
  • 30 g de sucre perlé
  • 1 jaune d'oeuf battu avec un peu d'eau
Il vous faut au départ un levain bien actif, rafraichi régulièrement dans les jours précédents. Tôt le matin du premier jour, rafraichir le levain de 35g d’eau et 50g de farine. Après 8 heures de fermentation, prélever 60g de levain et le mélanger avec la farine et le lait pour obtenir ce que Marie-Claire appelle le levain « tout point ». Laisser fermenter ce levain de 6 à 8 heures à 24ºC jusqu’à ce qu’il ait doublé de volume.

Le soir, pétrir ensemble la farine, les oeufs, le sucre, le sel et le levain jusqu'à ce que la pâte forme une boule et se détache des parois du bol (j’utilise ma MAP).
Ajouter ensuite le beurre mou et continuer à pétrir jusqu'à ce que la pâte se décolle des parois et forme une boule. En tout environ 25 minutes.
Puis verser la pâte sur le plan de travail fariné et faire deux ou trois rabats, comme pour le pain, pour la raffermir et y incorporer de l’air. La mettre en boule dans un grand saladier, couvrir et laisser reposer environ 12 heures à température ambiante.
Le lendemain matin, verser la pâte sur le plan de travail (elle doit avoir au moins doublé de volume) et la séparer en 4 pâtons. Etaler les pâtons doucement, sans les écraser. Mélanger le sucre et les pépites de chocolat puis saupoudrer les pâtons de ce mélange. Roules les pâtons sur eux-mêmes en forme d’escargots et les déposer dans un moule à cake chemisé de papier sulfurisé. Laisser doubler de volume sous un linge dans un endroit tiède, pendant environ 2h chez moi.

Préchauffer le four à 180°C.

Badigeonner avec le jaune d'oeuf, parsemer de sucre puis enfourner pour 20 minutes.