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mercredi 7 avril 2010

J’aurais dû faire charcutière

lomo 2


Si, si. J’aurais adoré passer ma vie à patouiller les viandes et les épices pour en tirer jambons, saucisses, pâtés en croûte et terrines.
Mon petit côté Ragueneau sans doute (en toute humilité, cela va sans dire)

CYRANO
Bercés par ta voix,
Ne vois-tu pas comme ils s'empiffrent ?
RAGUENEAU, plus bas, avec un sourire
Je le vois...
Sans regarder, de peur que cela ne les trouble ;
Et dire ainsi mes vers me donne un plaisir double,
Puisque je satisfais un doux faible que j'ai
Tout en laissant manger ceux qui n'ont pas mangé !

Ou bien la frustration de ne jamais avoir participé a un pèle-porc

Non que je regrette mes années de fac, éclatantes et joyeuses, au cours desquelles j’ai appris nombre de choses parfaitement inutiles et infiniment passionnantes. Si c’était à refaire, je recommencerais je crois.
Cela dit, rien n’empêche de jouer à la charcutière. Donc, après un atelier saucisses assez hilarant en compagnie de Marion et Hélène, des confits maison et les essais pas mal réussis des magrets séchés de ma maman – pour lesquels Ariane m’a fabriqué un de ses jolis sacs cadeaux – je me sentais prête pour le lomo maison. Le lomo embuchado, cette saucisse faite de filet de porc séché, qui accompagne à la perfection les apéritifs espagnols.

lomo

Celui-ci a été dument enfoui dans le gros sel pendant une douzaine d’heures, puis lavé, séché et aromatisé de pimentón de la Vera, piment d’Espelette et thym frais, avant d’être mis a sécher dans un torchon pendant trois semaines au bas du frigo. Espoir. Croisons les doigts.
Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas totalement satisfaite du résultat. C’est pas mal, la texture y est, mais le goût n’est pas à la hauteur de l’original. Sans doute aurait-il fallu choisir un filet de porc de plus noble extraction, éviter d’utiliser un torchon encore parfumé d’adoucissant, et peut-être suspendre le lomo pour le faire sécher a l’air libre a l’instar d'Eric.




lomo 3 
Suspendons le donc, on verra bien ce qu’il devient.



Un essai, on recommencera. Ne s’improvise pas charcutier qui veut. D’ailleurs si un membre de cette honorable profession passait pas ici, tout conseil serait bienvenu. Ne vous inquiétez pas, on ne veut pas piquer votre boulot, c’est juste pour jouer, ou au cas où on se retrouverait perdus dans le désert, à mille milles de toute charcuterie habitée.

jeudi 11 mars 2010

Diamants au São Jorge

biscuits Sao Jorge


Ciel bleu. Froid.

Très froid. Le vent est au nord, les pieds glacés par le sol gelé. Le printemps encore impalpable.
Une envie, que dis-je, un besoin impérieux de soleil, de sud.

Dès lors, des solutions d’urgence s’imposent. Le São Jorge envoyé par Elvira des Açores est allé s’allier au doux Pimentón espagnol dans ces biscuits apéritifs que Véro dans son livre avait proposés à l’Etivaz et aux herbes aromatiques.
Piquant du fromage, poivron fumé, des saveurs franches, encore affinées par le petit verre de Tio Pepe muy seco. Ca réchauffe.

Je ne sais pas pourquoi, ces jours-ci, ça parle castillan dans ma tête :

Desde allí se veía
el rostro seco de Castilla
como un océano de cuero

La recette originale vient du très joli bouquin de mon amie Véronique Chapacou, Variations inventives autour des fromages au lait cru. Elle me pardonnera mes digressions.


biscuits Sao Jorge 2


Diamants au São Jorge

160g de São Jorge
245g de farine
1 cs de semoule fine, ou polenta
160g de beurre ½ sel au lait cru
2 jaunes d’œufs
1 cs de pimentón doux
Poivre

pimentonRâper le fromage. Mettre la farine et le beurre coupé en petits morceaux dans le bol d’un robot. Poivrer et donner quelques impulsions pour incorporer le beurre à la farine. Ajouter le fromage râpé, mixer quelques secondes puis ajouter les jaunes d’œufs. Mixer de nouveau pour obtenir une boule de pâte. Sortir la pâte du robot, la pétrir rapidement, puis former deux boudins et les envelopper dans du film alimentaire. Réserver au frais pendant 1 heure. Préchauffer le four à 180°C. verser le pimentón dans une grande assiette plate. Oter le film alimentaire et rouler les boudins de pâte dans les épices de façon à les enrober complètement. Découper des tranches de 5 mm d’épaisseur et les déposer sur un plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Faire cuire au four pendant une quinzaine de minutes. Laisser reposer les diamants pendant quelques minutes sur la plaque à la sortie du four avant de les laisser refroidir sur une grille.

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