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dimanche 11 janvier 2015

Le Vexin aussi est Charlie

Constitution de 1958

Article premier.

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.


jeudi 31 octobre 2013

Made in ici

Pour découvrir les acteurs de la production locale du Vexin, qui font un travail formidable. Notre Ruche, malheureusement, vient de fermer ses portes, mais d’autres se créent dans les environs. Il reste qu’elle nous a permis de découvrir quelques excellents producteurs locaux. Merci à Catherine, notre « reine », pour ces découvertes gourmandes.

Quant à la bière du Vexin, couverte de médailles agricoles, on ne la présente plus dans la région. N’hésitez pas à leur rendre visite le weekend pour déguster et découvrir la Ferme brasserie - ou à l'utiliser dans vos recettes, comme dans ce délicieux poulet à la bière. C'est le bon moment, la bière de Noël vient juste d’être mise en bouteille.


vendredi 26 octobre 2012

Banh Mi du Vexin


Depuis le matin, une envie grandissante de nourriture asiatique me trottait dans un coin de la tête. Ca me prend de temps en temps, c’est cyclique. Plus les heures passaient, plus cette envie prenait la forme d’une soupe chinoise aux nouilles et au porc laqué, fumante, parfumée.
Mais pas de porc laqué et pas le temps de faire des nouilles fraiches. Hummm.

Je me fais cuire une côte de porc agrémentée en fin de cuisson d'un mélange sauce d'huitre, sauce soja, miel, vin de Shaoxing et 5 parfums pour la laquer un peu. La côte de porc est locale, de Villers sur Auchy, avec un bord de lard assez sympa. Le résultat n'est pas mal du tout, ça remplacera le char siu. J'ai des shiitake frais de Méry sur Oise et des épinards de Cergy qui iront bien avec, plus mon bouillon de volaille. Bref, je trouve mes nouilles chinoises, je mets l'eau à bouillir, je les plonge dedans et là ça ne sent pas très bon. Je regarde de plus près et je vois des petits trucs noirs suspects dans l'eau bouillante. Je jette.

Bon, pas de nouilles chinoises donc, Je repêche un paquet de vermicelles de soja quelque part, je regarde de près et je vois des insectes dedans. Je jette.

Je réfléchis un moment, de plus en plus affamée. J'ai des petits pains au tang zhong super bons dans le congélo, j’envisage donc un mini sandwich avec mon pseudo porc laqué, de la carotte jaune et de la salade de Cergy, de la tomate du jardin (il en reste quelques-unes), de la menthe et de la coriandre du jardin. Je pars chercher les herbes dans le jardin, je regarde dans le congélo pour prendre un petit pain, et là, horreur, il n'y en a plus, les enfants ont tout mangé.

Donc, je prends deux tranches de pain à l'épeautre, d’Espaubourg, et je me fais mon sandwich, parfumé d’une petite vinaigrette yuzu, sauce soja, nuoc nam et huile d'olive.

C'était pas mal. Et très locavore finalement (si on omet le jus de yuzu, la sauce soja, le nuoc nam, la sauce d’huitre, les 5 parfums…) Merci aux fournisseurs locaux de la Ruche qui dit Oui.

Il va falloir que j’apprenne à faire des nouilles chinoises ou des ramen je crois.

vendredi 8 juin 2012

La Ruche qui dit Oui!


Bon, faut que je vous parle de ma ruche quand même. Ca fait un peu plus d’un mois que je suis une abeille. La reine, c’est Catherine, une de mes voisines, qui a pris l’initiative d’ouvrir une antenne locale de La Ruche qui dit oui! Le principe est simple, il suffisait d’y penser. Il s’agit de mettre en relation producteurs et consommateurs locaux, via des antennes locales et un site web sur lequel on peut commander et payer directement. Les producteurs déposent une fois par semaine ou tous les quinze jours les commandes chez un particulier, qui reçoit les clients et joue à la marchande (ou au marchand) le temps d’une soirée.

J’ai aimé le principe, encore plus la mise en application qui permet de se fournir en produits locaux, bio ou agriculture raisonnée, sans passer par la case supermarché ou magasin bio. C’est sans obligation de commande et on choisit d’avance les produits, donc pas de chou ou de navets obligatoires tout l’hiver, comme c’est souvent le cas avec les paniers bio. Le sourire de la «marchande» et le contact avec les producteurs sont un plus, évidemment. Quel plaisir de pouvoir leur dire personnellement que leur pâté de lapin était délicieux et leurs petits épinards tendres et croquants.
Photo Catherine  

Et surtout, les produits sont beaux et très frais. Je n’ai eu jusqu’ici que de bonnes surprises. Charcuterie délicieuse et belle viande de porc de Picardie, jolies volailles bien élevées et œufs d’Auvers sur Oise, légumes bio hyper frais de Cergy, champignons bien fermes de Mery sur Oise. Bien sûr, on ne trouve pas tout, c’est en fonction de la saison, les légumes ne sont pas calibrés et il faut bien nettoyer les champignons. Mais quel plaisir de pouvoir passer le soir en rentrant du boulot avec son panier, saluer des gens venus de tous les villages alentour, serrer la main des producteurs, et repartir avec une belle récolte de produits locaux.

Merci donc à Catherine, et à ces producteurs qui aiment ce qu’ils font : La ferme des Vallées à Auvers, les Plaisirs du jardin de Cergy, Saveurs de prairies à Villers et tous les autres. En espérant que cette nouvelle ruche continuera à fonctionner longtemps.

Lors de ma dernière commande, la pintade était magnifique, les champignons et les côtes de bette très frais. Il faisait frisquet, j’avais envie d’un plat réconfortant. On a bien aimé la légère suavité de la sauce de cette pintade, qui s’accordait très bien avec la pointe d’amertume des côtes de bette.

Pintade au porto et champignons / côtes de bette
  • 1 belle pintade
  • 3 échalotes
  • 500g de champignons de Paris rosés
  • Quelques tomates confites à l’huile d’olive
  • 1 gousse d’ail frais
  • 1 feuille de laurier fraiche
  • Thym et romarin frais
  • 1 cs de farine
  • ½ verre de porto
  • 25cl de bouillon de volaille maison
  • 500g de côtes de bette Poirée
  • Huile d’olive
  • Beurre ½ sel

Couper la pintade en morceau. Dans une grosse cocotte, faire mousser un peu d’huile d’olive et de beurre. Faire revenir les morceaux de pintade sur toutes leurs faces, ainsi que les échalotes. Saler et poivrer, égoutter et réserver.
Saupoudrer un peu de farine sur le fond de graisse de cuisson. Baisser le feu et laisser cuire 1 minute puis déglacer avec le porto. Faire un roux en ajoutant progressivement le bouillon de volaille. Bien mélanger pour que la sauce soit homogène et sans grumeaux (on peut se servir d’un mixer si elle est trop épaisse, j’ai utilisé mon presse-purée manuel, ça marche tout aussi bien). Remettre les morceaux de pintade et les échalotes dans la sauce, avec l’ail coupé en morceaux, le laurier, le thym et le romarin. Couper quelques tomates confites et les ajouter à la sauce. Ajuster l’assaisonnement en sel et poivre. Ajouter éventuellement un peu de bouillon pour que la sauce soit à mi-hauteur de la viande.

Nettoyer les pieds des champignons et les couper en morceaux. Les faire revenir quelques minutes dans un fond d’huile et beurre jusqu’à ce qu’ils soient dorés (mais pas desséchés). Les ajouter à la sauce.
Couvrir et laisser cuire à feu doux environ une heure, jusqu’à ce que la volaille soit tendre.

Pendant ce temps, nettoyer les côtes de bette et les couper en morceaux (celles-ci étaient petites et tendres, j’ai cuit ensemble les côtes et le vert). Les faire tomber dans un fond d’huile d’olive. Saler et poivrer. Ajouter une louche (ou deux) de sauce prélevée dans la cocotte. Couvrir et laisser étuver sur feu doux jusqu’à ce que les légumes soient tendres (environ 15 minutes).

mardi 12 octobre 2010

Un jazzman dans le Vexin


Publicité locale encore une fois, mais on ne sait jamais, j’ai peut-être quelques lecteurs dans la région.

Et puis on n’a pas si souvent des musiciens de cette qualité dans la région. Merci Hervé !

dimanche 26 septembre 2010

Un regard

Micro publicité pour un photographe local, qui, en dehors de ses instantanés de manifs parisiennes, fait aussi de très belles photos de l'architecture et des paysages du Vexin.

Si vous êtes dans la région...

vendredi 22 juin 2007

Saveurs de nos Terroirs...Lapin en compote


Je vis dans un coin de campagne un peu trop proche de Paris – 30 kms à vol d’oiseau – pour avoir de véritables traditions culinaires. Depuis fort longtemps cette région est un des greniers à blé autour de la capitale. On y faisait du vin aussi, un peu partout, et notamment du côté d’Argenteuil. Des légumes et des fruits, produits par les vergers des grands monastères, alimentaient Paris.

Aujourd’hui champs de blé, orge, maïs, colza et betteraves s’étalent à perte de vue dans la plaine, et ces petites productions locales ont pratiquement disparu au profit de régions plus ensoleillées. Quelques producteurs locaux néanmoins relancent ou réinventent des produits du terroir. J’ai déjà parlé de l’excellente bière du Vexin, et du pain du Vexin lancé l’année dernière, mais il existe aussi des vergers et des élevages, comme la ferme du Lapin Compote à Commeny, qui commercialise de délicieux pâtés et rillettes élaborés à partir de lapins et volailles élevés sur place.



J’ai choisi de faire la seule et unique recette locale que je connaisse pour représenter le Vexin dans la collection de recettes du Terroir d’Elvira: le lapin en compote. Cuit longuement dans du vin blanc et des aromates, désossé, émietté, et recouvert de son bouillon pris en gelée, il se déguste froid, en tranches, accompagné de frites et de salade. C’est simple, délicat, léger (on peut se passer des frites…). Une recette parfaite pour l’été.



Lapin en compote
(pour 1 grande terrine)

1 lapin d’environ 1kg 300
5 échalottes pelées
3 carottes pelées
2 gousses d’ail
100g de lardons fumés
1 branche de thym
1 branche de romarin
sel, poivre
30 cl de vin blanc sec
4 feuilles de gélatine

Couper le lapin en morceaux. Le faire colorer dans un mélange de beurre et d’huile d’olive. Ajouter les lardons, les échalottes, les carottes coupées en rondelles. Laisser colorer quelques instants. Ajouter le vin, les herbes aromatiques et l’ail.
Baisser le feu et laisser mijoter deux heures à feu très doux.
Au bout de ce temps, égoutter les morceaux de lapin et désosser soigneusement la viande. Emietter un peu les morceaux. Les disposer dans une terrine, ainsi que les rondelles de carotte. Filtrer le jus, y ajouter la gélatine préalablement ramollie dans un fond d’eau. Verser le jus sur la viande et laisser prendre au réfrigérateur jusqu’au lendemain.

Je me suis inspirée d’une recette Marmiton (que je n’arrive pas à retrouver) dans laquelle il fallait 10 cl de vin blanc. J’en ai mis 15, mais à mon avis il en faut au moins le double pour avoir suffisamment de gelée pour recouvrir la viande.

dimanche 3 juin 2007

Manoir de Villarceaux et brochettes d'agneau


Ce dimanche, c'était la fête du Parc du Vexin au Manoir de Villarceaux.



Je vous avais déjà dit que j'habite une région magnifique?




Ca se confirme.




Mitrons Vexinois en pleine action.



Je ne serais pas étonnée que des fées habitent cette fontaine.


Et pour suivre, barbecue.



Les brochettes, franchement, faites les vous-mêmes. Vous avez déjà goûté ces tristes brochettes bien régulières vendues dans les supermarchés? Elles sont bien jolies, carrées, vert-blanc-rouge pour faire Italien, ou Basque, joyeux, sautillant. Mais les brochettes, on ne leur demande pas d'être sautillantes, justes bonnes.

Pour celles-ci, il faut de beaux morceaux de gigot, coupés bien épais pour qu'ils restent juteux. Des oignons rouges, doux. Du poivron rouge. Et puis quelques rondelles de chorizo, qui donnent un bon goût de fumée à la viande, et des feuilles de laurier frais.

Nous avons la chance d'avoir au jardin un romarin prolifique, aux branches suffisamment solides pour en faire de bonnes brochettes (on peux aussi choisir des branches de laurier). Il s'agit d'alterner tous les ingrédients en plaçant la rondelle de chorizo à côté du morceau d'agneau pour qu'elle le parfume en cuisant. Vous assemblez les brochettes, vous les arrosez d'un peu d'huile d'olive, de poivre, sel, thym et piment d'espelette. Vous laissez mariner tout ça le temps que le feu arrive à maturité. C'est l'heure de l'apéro.

Après, il faut un bon Chef barbecue et l'affaire est faite.

lundi 7 mai 2007

Ferme de la Vauzelle

Complètement séduite par la beauté brute des lieux.

Et par la table généreuse de nos hôtes. Le houmous avait une fraicheur authentique.


Le tabouleh persillé réveillait les papilles.

Le marbré très chocolaté était aussi moelleux que le suggérait ses rondeurs.

E. est français, né au Liban. J. est une citoyenne du monde de nationalité allemande. Leurs enfants sont des gamins du Vexin. Il faisait beau ce dimanche là sur la campagne.

mercredi 14 février 2007

Pain-surprise du Vexin - KKVKVK no. 17

C’est l’heure du Kikiveutvivienkuisiner n. 17. L’idée de départ de ce jeu était de Manue. C’est Fidji qui a remporté la précédente édition avec une brioche des rois somptueuse. Elle nous propose aujourd’hui de jouer avec la pâte à pain pour créer des pains surprise.

Suite à mon précédent billet, j’ai choisi de façonner mon pain en forme de croix pattée. C’est un peu facile direz vous, mais une fois que j’ai eu cette idée là en tête, elle n’en sortait plus. Ne voyez pas là une quelconque intention religieuse, je n’ai pas de religion. Mais tout comme les clochers des églises, ces croix font partie du paysage de ma campagne, et de la mémoire collective des gens du coin, depuis le 11ème siècle.

Marielle, qui nous disait que ces croix ornaient aussi les chemins de son coin de Jura, autour de Dole, se posait la question de leur origine. Je ne suis pas spécialiste, j’ai relu un article de mon ancien instituteur: “La croix pattée à branches égales, que l’on rencontre avec toutes ses variantes sur les sarcophages francs, est très répandue à l’époque romane et au début de l’époque gothique.” Apparues entre le 11ème et le 13ème siècle, on pense qu’elles servaient essentiellement à marquer les limites des terres de tel ou tel fief ou juridiction. “La sacralisation du monument, affirmée par la forme, rendait encore plus respectables les limites établies”.

J’ai repris la recette de la pâte à navette de Fidji, en machine à pain
500 g de farine T45
7 g de levure sèche de boulanger (ou 20 g de levure fraîche)
300 g de lait
40 g de sucre
9 g de sel

Mélanger tous ces ingrédients et dès que la pâte est bien lisse incorporer 80 g de beurre coupé en dés et mélanger jusqu'à ce qu’il soit bien incorporé.
Laisser lever la pâte dans un récipient couvert jusqu’à ce qu’elle ait doublé de volume (environ 1 heure pour moi ) .
Déposer la pâte sur un plan de travail légèrement fariné. Laisser détendre (reposer) quelques minutes .
Façonner en forme de croix puis laisser lever environ 45 min (suivant la température de votre pièce ).
Badigeonner d’un œuf battu et décorer de graines de pavot (du jardin de mes parent).
Faire cuire dans four préchauffé à 180°C pendant environ 20 minutes.
Dans le même temps, préparer une deuxième pâte. Après levée, déposer le pâton dans un moule à cake et laisser de nouveau doubler de volume. Enfourner à 180 pour environ 30 minutes.

Les deux pains étaient superbes. Je les ai laissés reposer jusqu’au lendemain pour qu’ils se découpent facilement. J’ai garni mon pain croix de quatres séries de sandwichs, taillés dans le deuxième pain:
- rillettes de lapin, délicieuses, faites par maman en suivant cette recette.
- béarnaise, mimolette, jambon blanc, tranches de tomates cerise
- feuilles d’épinard, thon mayonnaise
- St Moret, feuilles d’épinard, jambon blanc, tomates cerise.

J’aime autant vous dire qu’on s’est fait un pique-nique du dimanche soir de luxe! Ce pain est délicieux en sanwichs. Et maintenant je sais quoi apporter pour un buffet à thème régional.
Merci Fidji, c’était encore une fois une très bonne idée.

vendredi 9 février 2007

Pain du Vexin

Croix de l'Ormeteau-Marie - Théméricourt - XIIème siècle

Mon instituteur était un personnage. A l'ancienne, avec une blouse grise et un air sévère. Il s'appelait Roland Vasseur. Nous on l'appelait "M'sieur".
Arrivée de la ville, je savais écrire au stylo 4-couleurs. Il a fallu apprendre à écrire à la plume, à remplir les encriers avec la grande bouteille à bec. S'habituer à cette odeur particulière de l'encre, du buvard, mélangée à celles de la craie et de la colle au parfum d'amande amère.

C'était une toute autre façon d'enseigner. Il nous faisait apprendre par coeur Apollinaire,
Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

ou étudier des extraits du Quart Livre de Rabelais
...un faquin mangeoit son pain à la fumée du roust, et le trouvoist ainsi perfumé grandement savoureux.

Un enseignement élitiste pour une classe unique de village. Mais il ne fallait pas décrocher, on se retrouvait vite au piquet.


Lui, c'était un collectionneur de patrimoine. Les murs de sa maison étaient couverts de ses objets, des crémaillères, des clefs, des serrures, des outils anciens, des crucifix, des plats de faïence, des vistemboires...et des livres. Il avait construit sa maison autour de ses objets.
A force de collectionner tous ces objets du patrimoine rural, il était passé au stade supérieur, Conservateur des antiquités et objets d'art du Val d'Oise. Ca, c'est de la collection!
Loin de s'arrêter là dans sa passion de la conservation, il a été à l'origine, parmi d'autres, de la création du Parc Naturel Régional du Vexin Français.




C'est dans cette région que nous vivons, dans sa maison, vidée de ses objets, mais pas encore tout à fait de ses fantômes. Au coeur d'une poche de campagne accolée aux grandes banlieues grises, d'une région autrefois essentiellement rurale, maintenant habitée par des semi-citadins. Tellement protégée qu'elle est en quelque sorte muséifiée.
Et voilà que cette région, trop proche de Paris pour avoir conservé de véritables traditions populaires, autres qu'architecturales, cherche à s'en créer de nouvelles. Après la bière du Vexin, voilà le pain du Vexin, fait de grain et de farine locale et décoré d'une Croix pattée, ces croix bornales du 11-13ème siècle devenues l'emblème de notre petit coin de terre.
Ségolène, à la suite de plusieurs articles sur le pain, nous a demandé de lui envoyer une photo de nos pains régionaux. Voilà le notre, fruit d'une tradition recréée.
Je me demande ce que mon instituteur aurait pensé de cette invention. M'est avis qu'il en aurait souri.

jeudi 28 septembre 2006

Un étonnant repas d'herbes

ortie dïoïque

En général je dors du sommeil du juste le dimanche matin. Mais dimanche dernier, je ne sais pas ce qui m'a pris, je me suis levée aux aurores pour un sortie "exploration, cueillette et utilisation des plantes du Vexin", tout un programme...

On était quelques uns comme ça à s'être levés tôt, et nous voilà partis à la file indienne sur les sentiers forestiers, tels une troupe de hobbitts dans les bois de la Comté.

The road goes ever on and on


Down from the door where it began...




Cirses maraichers


Mais il n'était pas ici question de cueillir des champignons, non, nous avions des instructions claires: il s'agissait bien de ramasser les sommités tendres des orties, les plus tendres feuilles des plantins, de cueillir des cirses maraichers, et d'identifier reine des prés, menthe d'eau, cornouille et marjolaine.
La balade dans les sous bois était agréable, et nous avons remplis avec application nos sacs, tout en devisant de la fin des ressources pétrolières, du purin d'ortie et des propriétés médicinales de la marjolaine.


Puis après avoir bu une bonne tasse de tisane d'ortie revigorante, nous sommes rentrés trier et préparer notre cueillette. Subitement c'était un peu moins poétique. Essayez donc de trier et de nettoyer des brassées d'ortie sans vous piquer pour voir...






Menthe aquatique

Il fallait aussi nettoyer les feuilles de plantin, enlever les cotes des feuilles de cirse, bien laver et blanchir cirses et orties, dans le but de concocter un repas pour 12 personnes. Les plantes sauvages c'est intéressant, mais ce n'est pas de tout repos.

Finalement, au bout de deux heures de nettoyage et de préparation, nous nous sommes installés pour déguster un surprenant déjeuner, arrosé de tisanes de menthe, de marjolaine et de plantin - et d'un peu de vin blanc ausi, pour faire passer.

Les orties ont été transformées en soupe, mixées avec des pommes de terre, et agrémentées d'un peu de crème fraiche. Je dois avouer que si j'aime assez le goût, je ne suis pas fan de la texture de cette soupe. J'imagine qu'il vaut mieux la faire au printemps, quand les jeunes pousses d'orties sont plus tendres.

La soupe a été suivie d'une salade de tomates mélangée à des pousses de plantin ciselées. Là encore, c'était un peu trop dur et amer pour mon goût.


Venait ensuite une tarte salée, preparée avec les feuilles de ciste blanchies dans de l'eau assez salée, pour qu'elles ne perdent pas leurs qualités gustatives, egouttées et mélangées à du fromage blanc, des lardons et des oeufs. C'était assez étonnant, un goût indéfinissable, beaucoup plus doux que de l'épinard ou des blettes, et très bon.




Enfin, le plus surprenant, le dessert, était composé de cubes de gelée sucrée d'orties et de gelée de sureau dans un bain de crème anglaise. La gelée était faite de feuilles d'orties blanchies et mixées avec un peu de leur eau de cuisson, additionnées du même poids de sucre et de gélatine. C'était là encore très particulier, au début comme un goût de marron, puis un arrière goût d'orties. Le tout adouci par la crème anglaise et la gelée de sureau. Etrange dessert.

En conclusion, si les plantes sauvages peuvent nous apporter des goûts nouveaux et intéressants, je n'irai pas en ramasser pour faire la cuisine tous les jours. Ca demande un peu trop de manipulation. Mais j'ai appris beaucoup, et si jamais on se retrouvait à court d'autre chose, je saurais où trouver quoi mettre dans ma marmite.

Une dernière chose: avant de vous aventurer à cueillir des plantes sauvages pour faire la cuisine ou des tisanes, documentez vous et si possible allez y avec un cueilleur expérimenté, il est facile de se tromper en matière de plantes. Lisez aussi l’excellent billet de Lilo de Cuisine Campagne, à ce sujet.

mardi 15 août 2006

Le Vexin vu du ciel

Ce soir sur France 3, à 20h50, l'émission La Carte aux Trésors survole ma région. On pense ce qu'on veut de ce programme, d'ordinaire ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Mais pour ce que j'ai pu en voir cet été, les prises de vues sont belles, et les intervenants sur l'histoire des régions filmées quelquefois intéressants.

Comme ils sont passés en hélicoptère plusieurs fois au dessus de ma maison, et que je leur ai fait coucou - et oui, quelquefois ça m'arrive de dire bonjour aux hélicos - je vais regarder. Vous, vous faites ce que vous voulez, c'était juste pour dire.


Dans l'attente de l'émission, et juste pour vous faire profiter du rayon de soleil de ce midi, dégustez donc avec nous ces brochettes du Vexin.

Du Vexin elles n'ont que le nom, elles sont faites ici, avec les tomates, le thym, le laurier et le romarin du jardin, mais sont fortement inspirées des recettes d'Elvira, mon inspiratice attitrée en recettes pour barbecue.

Pour 2 personnes (gourmandes, sans enfants)
  • 500 g de boeuf (ici, de la tranche)
  • 1 oignon coupé en quartiers et blanchi 2 minutes
  • tomates cerises du jardin
  • feuilles de laurier
  • tranches de chorizo
Marinade
  • jus d'1/2 citron
  • 2 cs de sauce soja Kikkoman (moins salée)
  • 1 cs d'huile d'olive
  • piment en poudre
  • ail en poudre
  • poivre
  • thym frais, effeuillé
Légumes
  • 1 courgette
  • 1 poivron rouge
  • 2 gousses d'ail
  • 1 tranche de gingembre émincée
  • thym, romarin
  • sel, poivre, piment d'espelette
  • riz blanc
Préparer la marinade. Couper le boeuf en gros cubes et faire mariner 1 heure. Puis préparer les brochettes en alternant oignon, tranche de chorizo, tomate cerise, feuille de laurier et morceau de boeuf.

Couper la courgette et le poivron en lamelles. Faire revenir dans 1 cs d'huile d'olive avec thym, romarin, gingembre et ail, jusqu'à ce que les légumes soient dorés mais encore croquants.

Faire cuire le riz blanc sans sel (les légumes et la viande sont assez salés).

Faire cuire les brochettes au barbecue par le Chef et servir accompagné de riz blanc et du mélange de légume.

Se régaler!

samedi 25 mars 2006

Poulet à la bière du Vexin



Sur une idée originale de Laurent l’Epicurien, interprêtée à la bière locale.

Il est bien le blog de Laurent! Pas beaucoup de photos, c’est sûr, mais c’est une vraie bible, très bien organisé aussi. Même sans illustrations, quelquefois les recettes parlent d’elles mêmes. Et cette recette de poulet à la Chimay m’avait interpellée. Rien qu’à lire la liste des ingrédients, j’imaginais déjà l’odeur. Et bien je ne me trompais pas….

Ma région est un peu un désert culinaire. C’est une grande région de culture céréalière, mais il y a peu d’élevage ou de production de légumes. La proximité de Paris transforme peu à peu nos villages en dortoirs. La population change, les grands-mères qui élevaient des poules, des lapins, et cultivaient leurs potagers, laissent peu à peu la place à de grands-banlieusards qui n’ont pas de temps pour tout ça.

Pourtant, certains agriculteurs réagissent. Depuis quelques années, certaines fermes produisent, et vendent directement aux consommateurs, légumes, fruits, volailles et laitages et leurs produits dérivés. Dans mon village, Denis Sargeret, un jeune agriculteur, lui même fils d’agriculteurs (j’allais chercher le lait à la ferme de ses parents quand j’étais petite), a créé une brasserie artisanale dans sa ferme. Il produit lui-même son orge et la transforme sur place. Ses bières, blondes et ambrées, sont tellement bonnes qu’elles ont obtenu une médaille d’or pour la bière blonde en 2004, une médaille de bronze pour l'ambrée en 2005, ainsi qu’une médaille d’argent cette année, au Concours Général Agricole.

Son travail méritait d’être salué: vous vous imaginez vous, décider du jour au lendemain de vous transformer en brasseur? Apprendre un nouveau métier, réaliser les investissements, assurer la commercialisation du produit, et réussir…




J’ai donc utilisé une bouteille de sa bière ambrée pour interpréter la recette de Laurent. Et bien m’en a pris…Je ne vous raconte pas l’odeur dans la cuisine, après deux heures de lent mijotage. Ca sentait comme dans une bonne auberge Belge, une odeur douce et comfortable, qui invite à la sieste en suivant. Comme c’était une recette Belge, j’ai servi ça avec des frites. Et à la première bouchée, je me suis mise à sourire.

Pour 4 personnes:
  • 1 gros poulet fermier
  • 75 cl de bière Chimay bleue (ou équivalent)
  • 250 g de champignons de Paris
  • 250 g de poitrine de porc fumée ou de la ventrêche
  • 2 gros oignons
  • 15 oignons grelots
  • 2 gousses d’ail
  • 2 grosses carottes
  • 1 branche de céleri
  • 50 g de beurre
  • 4 clous de girofle
  • Quelques grains de poivre de la Jamaïque
  • Sel, poivre
  • 1 branche de thym
  • 1 branche de romarin
  • 2 feuilles de laurier


Préparation de la marinade

Découper le poulet en morceaux (cuisses, ailes, etc…)
Eplucher l’ail, les carottes et les gros oignons
Couper les carottes et la branche de céleri en petits cubes (brunoise)
Hacher l’ail et les oignons finement.
Couper la poitrine de porc en lardons.
Placer le poulet dans un saladier avec le céleri, l’ail, les carottes, les oignons et les lardons
Recouvrir avec la bière
Ajouter les clous de girofle, le thym, le romarin, les feuilles de laurier, le poivre de la Jamaïque et saler à votre convenance
Recouvrir d’un film plastique et laisser mariner 12 h au frigo.

Cuisson

Eplucher les oignons grelots
Nettoyer les champignons, les couper en quartiers, faire revenir dans une poêle avec un peu de beurre. Réserver.
Retirer les morceaux de poulets de la marinade et les laisser égoutter
Retirer les clous de girofle de la marinade.
Passer la marinade dans une passoire de manière à séparer les légumes de la bière. Conserver la bière.
Faire fondre le beurre dans une cocotte à feu moyen
Ajouter les morceaux de poulet et les laisser blondir pendant 10 minutes
Ajouter les oignons grelots, les légumes et lardons de la marinade
Laisser suer 5 minutes.
Ajouter les champignons.
Verser la bière sur le tout, porter a ébullition. Couvrir et placer la cocotte au four à 180° pendant environ 1h30.
Retirer le poulet et le réserver bien au chaud
Retirer les oignons grelots, les champignons et les lardons et les mettre de côté
Passer le jus de cuisson au chinois et récupérer le liquide. Bien presser les légumes pour en extraire tout le jus
Remettre le jus de cuisson dans la cocotte à feu vif et laisser réduire jusqu’à obtenir une consistance nappante.
Ajouter 25 g de beurre mou et mélanger à la sauce
Remettre les lardons, oignons grelots et champignons 1 minute dans la sauce
Saler et poivrer à votre convenance.

Servir avec des frites!

Pour les conseils sur la bière, retournez chez Laurent.

Si vous êtes tentés par notre bière locale, la brasserie se visite tous les week-ends et jours fériés de 10H30 à 12H30 et de 14H30 à 18H00.

Ferme brasserie du Vexin
3, rue de la Croix des Ruelles
95450 THEMERICOURT
Tél./ fax : 01 30 39 24 43

située à proximité de la Maison du Parc du Vexin