jeudi 8 mars 2007

Panna cotta Basquaise

Il y a quelques temps, Véronique, dont j’aimais tant le blog, Saveurs Sucrées Salées, décidait de fermer boutique et de nous abandonner à notre triste sort. Depuis, elle a ouvert une autre boutique et sorti ce joli livre, Vous les connaissiez sucrés? Les voici en version salée…et vice versa, aux éditions Tana.

Une fois n’est pas coutume, je vais faire un peu de pub sur ce blog. Non seulement parce que Véro est une amie, mais parce que ce livre est très inventif, plein d’humour, pas prétentieux pour un sou et très agréable à lire.
J’ai eu envie de cuisiner beaucoup de ses recettes, des churros aux épices orientaux, au Brest-Paris au homard, en passant par la glace aux oignons de Trébon, le sabayon aux tomates confites et les sels et sucres aromatisés maison. Mais je me devais de tester d’abord cette panna cotta Basquaise, dont j’ai été très émue de découvrir, en ouvrant pour la première fois le livre, qu’elle m’en avait dédicacé la recette.



Comme elle m’a gentiment permis de reproduire la recette, la voici:

Panna cotta Basquaise (pour 4 personnes)
30 cl de crème liquide
4 feuilles de gélatine
1 belle tomate
1 poivron rouge
1 cc de concentré de tomate
1 oignon
1 gousse d’ail
8 tranches fines de poitrine de porc fumée
½ poivron vert
1 cs de vinaigre balsamique blanc
huile d’olive
piment d’espelette en poudre
sel

A faire la veille. Eplucher et émincer ail et oignon. Laver, épépiner et couper en petits morceaux le poivron rouge et la tomate. Faire revenir les légumes avec un peu d’huile d’olive, saler, ajouter le concentré de tomate et du piment d’espelette, laisser cuire à feu doux et à couvert pendant 15 minutes. Passer ensuite au blender afin d’obtenir une purée puis au chinois pour une texture plus fine. Faire tremper les feuilles de gélatine dans l’eau froide pour les faire ramollir. Faire chauffer doucement la crème liquide dans une casserole. A ébullition, retirer la casserole du feu et incorporer la gélatine égouttée. Ajouter le coulis de légumes et bien mélanger. Verser dans des ramequins ou des moules en silicone. Laisser refroidir puis couvrir de film alimentaire et laisser au réfrigérateur pendant 6h au minimum. Le jour même, préchauffer le four à 150ºC. Poser les tranches de poitrine sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et les cuire pendant 20 minutes pour les faire sécher. Réserver ensuite sur du papier absorbant.
Préparer le coulis: laver et épépiner le demi poivron vert puis le couper en morceaux et le faire cuire à la vapeur pendant une dizaine de minutes. Mixer finement dans le blender en ajoutant 3 cs d’huile d’olive, le vinaigre, du sel et du piment d’espelette. Démouler les panna cotta, poser dessus les tranches de poitrine croustillante et servir avec le coulis.

C’est drôle, c’est bon, la légère acidité de la sauce contre-balance le gras de la panna cotta et le lard relève bien le tout. Je pense que c’est une entrée à réserver au plein été, quand ce type de plat rafraichit. Je la ferais aussi en plus petites portions, après une entrée de ce type, je n’ai plus faim.
Pour découvrir d’autres recettes de ce livre, allez voir le cheesecake menteur abricot-curry chez Cathy, la crème brûlée au goût de Provence chez Dorian, le flan parisien aux rillons chez Mijo, la blanquette de fruits à la réglisse chez Choupette et la confiture de betteraves au carvi chez Gloria.

Oups, Dorian me signale que sa recette de crème brûlée n'était pas de Véro. Pourtant, elle était bien dans l'esprit du livre, allez donc la lire quand même.

mardi 6 mars 2007

Suis-je ce que je mange?

Voilà que Lolie, en plus de me faire envie avec ses pains, ses gâteaux et sa crème façon Danette (si, si, allez voir), se met à m’envoyer des questionnaires. C’est la saison on dirait, j’en ai trois en attente. Alors voilà, on s’y met:

Si vous étiez coincés sur une île pour le reste de votre vie et que vous ne pouviez choisir qu'une seule cuisine (française, italienne...), laquelle adopteriez-vous ? Pourquoi ?
Je refuse de choisir, j’aime trop tout. A chaque fois que j’ai vécu ailleurs, les autres cuisines m’ont manquées. A Taiwan, j’ai appris à faire de la béchamel. A Rome, j’ai fait des rillettes et je me suis acheté un wok chez Castroni. Dans le Vexin, je cuisine italien.
Je crois que j’emporterais une sac de survie bourré d’épices et de graines pour démarrer un jardin d’herbes. Et puis ma famille, sinon pour qui cuisiner?

Quel est l'aliment ou le plat le plus inhabituel que vous ayez mangé ?
Des pouce-pieds, ces petits arthropodes étranges accrochés aux rochers, qu’on ramasse à ses risques et périls à Belle-Ile et au Portugal. Certains en raffolent…
Quel est l'aliment ou le plat le plus inhabituel que vous ayez mangé et aimé ?
A Taiwan, on pouvait acheter dans la rue des cornets de pattes de poulet grillées. Qu’est-ce que j’aimais ça!

Quels aliments évitez-vous de manger (que ce soit à cause d'allergies, d'un régime alimentaire précis ou juste parce que vous n'aimez pas) ?
J’ai un peu de mal avec tout ce qui est mou et gluant: la cervelle, les tripes, les holothuries, ne me tentent pas vraiment. Et, si j’ai mis des années à apprécier les choux, je ne mange toujours pas de choux de Bruxelles. J’ai le même problème avec la betterave.

Est-ce-que vous cuisinez ?
Visiblement, ce questionnaire vient d’une autre partie de la blogosphère.

Quel est le plat favori que vous préparez lorsque vous souhaitez impressionner ?
Je n’ai jamais cherché à cuisiner pour impressionner, sinon pour m’impressionner moi-même peut-être, mais à faire plaisir. Et pour ça, rien de tel qu’un bon plat de lasagne al forno, une pièce de viande rôtie dans son jus, ou un cassoulet. Ca me donne envie tiens!

Lorsque vous allez au restaurant, quels plats préférez-vous choisir ?
Si c’est un petit resto, je prendrai le plat du jour. Sinon, il n’y a pas de règles, c’est selon les envies du moment.

Avez-vous déjà retourné un plat ou vin au restaurant ? Si oui, pourquoi ?
Surement une ou deux bouteilles bouchonnées, je ne me souviens pas vraiment. Sinon, des travers de porc avariés dans un restaurant chinois de Paris. Ca m’a sérieusement coupé l’appétit.

Combien de livres de cuisine possédez-vous ?
J’ai compté hier soir, environ 47. C’est difficile à dire, ils sont un peu disséminés chez moi. Mais ça reste raisonnable non?

Quel est l'aliment dont vous ne pourriez vous passer ?
Un seul? Le pain, évidemment le pain! Et puis l’huile d’olive, l’ail, le piment et les pâtes…


Je passe à Sandra, si elle en veut bien.

dimanche 4 mars 2007

On dirait le sud...

Importer un peu de l'art de vivre du sud vers le nord, pourquoi ne pas tenter? Même si les produits d'ici n'auront jamais le goût ensoleillé d'un plat dégusté sur les bords de la Méditerranée ou au sud du Portugal.

Bien sur il faudra attendre la saison, partir à la chasse des bons légumes, regarder patiemment les tomates mûrir.

En attendant, je n'ai pas pu résister à ces tout petits artichauts poivrade, trouvés sur le marché de Cannes. Effeuillés, coupés, citronnés pour éviter qu'ils ne noircissent, je les ai mélangés à de la feta, des tomates et des olives noires. Huile d'olive, citron et basilic pour le goût. Cru, c'est un peu particulier les artichauts, je les préfère sott'olio, à l'italienne. Mais si ça vous tente...

Après ça, une poêlée de petits calmars simplement farinés, revenus dans l'huile d'olive. Du sel, du poivre, du citron. Du vin blanc pour aller avec. Tout va bien.

mercredi 28 février 2007

Fritto misto a San Remo

900 bornes plus au sud, il pleuvait. Mais qui donc nous avait certifié, photos à l'appui, qu'il fait toujours beau dans le sud-est?
Grosse pluie à Vidauban, quelques gouttes à Cannes, nuageux sur Mandelieu, trombes d'eau sur San Remo. Des éclaircies sur Grasse, Tourettes sur Loup et l'Estérel.
Tant pis, on aura vu du pays, et puis la mer, c'est essentiel d'aller voir la mer de temps en temps.

Et l'accueil familial valait le voyage. Comme des princes on a été traités, ma balance l'atteste! Les pieds-noirs savent recevoir. Merci!

Un petit tour par l'Italie, aussi essentiel que de voir la mer. Ah les antipasti di mare, les pâtes aux coquillages, le fritto misto et le petit blanc frizzante du coin - frisé, mousseux, c'est beau l'italien! Un petit moment de bonheur.

Le plus beau du voyage pour moi, le marché couvert de Cannes. Quelle profusion de verdure, de fruits, de fleurs de toutes sortes. Une explosion de fraicheur, des envies de salades, de petits légumes croquants. Je me retrouvais en Italie.
Mais pourquoi n'avons nous pas au nord de tels marchés, vivants, bruissants, foisonnants, ouverts tous les jours?
Pourquoi rester au nord, écrivait l'autre jour jp, fuyez ces climats ingrats, venez vivre au sud. Pourquoi pas? J'ai toujours rêvé de retourner vivre en Italie.
Mais pourquoi aussi ne pas importer au nord un peu de cet art de vivre méridional?

samedi 17 février 2007

Bonne année du cochon!

Hong Bao

Imaginez comment ça doit pétarader ce soir, là-bas, de l'autre côté du monde. Vous les voyez ces grandes villes, Hong-Kong, Canton, Shanghai, illuminées de leurs milliers de néons clignotants? Là-bas les dragons dansent et les scooters klaxonnent, les longues bandes de pétards rouges explosent. Les familles attablées autour de grandes tables rondes portent des toasts au Chivas. Les enfants ouvrent leurs petites enveloppes rouges, leurs hong bao ornées de dragons, remplies de billets. Les woks fument dans les cuisines, ça sent si bon dans les rues.
C'est la nouvelle année, elle sera bonne et prospère, cochon oblige. Xin Nian Kuai Le! Gong Xi Fa Cai!

Pour les accompagner un peu ce soir, je vous propose quelques plats simples, moins compliqués qu'un repas traditionnel de nouvel an, mais néanmoins authentiques. Du cochon bien sûr, mais aussi des crevettes, et quelques légumes pour accompagner. Je n'ai pas eu le temps de cuisiner un poisson, qui en chinois se prononce Yu, comme la richesse, et serait nécessaire sur cette table de fête. Demain peut-être. En attendant, à vos woks!

Crevettes emmaillotées frites
Cette recette vient de chez Rasa Malaysia
  • 20 grosses crevettes
  • 20 galettes de riz triangulaires
marinade
  • 1 cs de jus de gingembre*
  • 1/8 cc de sel
  • 1/4 cc de sucre
  • 1/4 cc de citron vert
  • 1/4 cc d'huile de sésame
  • 1/4 cc de graines de sésame
  • 1/4 cc de maïzena
  • poivre
  • 1 piment rouge, épépiné, émincé
  • 1 oignon vert émincé
* s'obtient en éminçant puis en pilant de la racine de gingembre. Presser ensuite la pâte obtenue dans une gaze pour exprimer le jus. J'ai utilisé ma décoction de gingembre habituelle.

Décortiquer les crevettes en gardant la queue et ôter la veine noire sur le dessus. Préparer la marinade en mélangeant tous les éléments. Faire mariner les crevettes une bonne heure. Faire tremper les feuilles de riz une à une dans de l'eau tiède. Les sécher sur un linge propre. Emmailloter chaque crevette et coller au blanc d'oeuf (pour le pliage voir ). Faire frire les crevettes dans un bain d'huile. Egoutter sur du papier absorbant. Servir avec de la sauce piquante.

Travers de porc poivre et sel
  • 700 g de travers de porc, coupé en morceaux
  • 1, 1/2 cs de maïzena
  • 1 cs de sel épicé
marinade
  • 3/4 cc de sel épicé
  • 1 1/2 cs de sauce soja claire
  • 1 cc de sucre
  • 8 tours de moulin à poivre
  • 2 cc de vin de Shaohsing ou Xeres
Sel épicé
  • 2 cs de sel
  • 3/4 cc de poivre du Sichuan moulu
  • 1/2 cc de mélange 5 parfums
Préparer le sel épicé. Faire chauffer le sel à sec dans un wok pendant environ 4 minutes ou jusqu'à ce qu'il colore. Le mélanger aux autres épices et laisser refroidir. Ce sel se conserve pendant des mois dans un flacon hermétique.

Mélanger les éléments de la marinade. Ajouter les travers de porc et bien mélanger. Laisser mariner environ deux heures en retournant la viande plusieurs fois.

Enrober les morceaux de viande de mïzena. Dans une friteuse, faire frire dans de l'huile neutre pendant environ 4 minutes, jusqu'à ce que les morceaux remontent en surface. Egouter, chauffer l'huile à nouveau, puis faire un deuxième bain. Egouter sur du papier absorbant et assaisonner de sel épicé. Servir immediatement avec du riz blanc.



Poêlée de haricots verts
  • 500g de haricots verts frais ou surgelés
  • 2 gousses d'ail émincées
  • 1 oignon de printemps émincé
  • 1 cm de racine de gingembre émincé
Sauce
  • 1 cs de sauce d'huitre
  • 1 cs de sauce soja douce (épaisse)
  • 1 cc de maïzena
  • 5 cs d'eau
Nettoyer et laver les haricots verts. Faire chauffer le wok, rajouter 2 cs d'huile et faire tourner pour bien huiler les parois. Faire frire en succession rapide l'ail, le gingembre et l'oignon. Ajouter les haricots verts et les faire sauter 1 minute. Saler, poivre. Ajouter la sauce et mélanger. Baisser le feu et couvrir. Laisser cuire jusqu'à la consistance désirée, selon que vous préférez les haricots croquants ou tendres. Rajouter de l'eau si besoin.

Bon appétit et bonne année!

mercredi 14 février 2007

Pain-surprise du Vexin - KKVKVK no. 17

C’est l’heure du Kikiveutvivienkuisiner n. 17. L’idée de départ de ce jeu était de Manue. C’est Fidji qui a remporté la précédente édition avec une brioche des rois somptueuse. Elle nous propose aujourd’hui de jouer avec la pâte à pain pour créer des pains surprise.

Suite à mon précédent billet, j’ai choisi de façonner mon pain en forme de croix pattée. C’est un peu facile direz vous, mais une fois que j’ai eu cette idée là en tête, elle n’en sortait plus. Ne voyez pas là une quelconque intention religieuse, je n’ai pas de religion. Mais tout comme les clochers des églises, ces croix font partie du paysage de ma campagne, et de la mémoire collective des gens du coin, depuis le 11ème siècle.

Marielle, qui nous disait que ces croix ornaient aussi les chemins de son coin de Jura, autour de Dole, se posait la question de leur origine. Je ne suis pas spécialiste, j’ai relu un article de mon ancien instituteur: “La croix pattée à branches égales, que l’on rencontre avec toutes ses variantes sur les sarcophages francs, est très répandue à l’époque romane et au début de l’époque gothique.” Apparues entre le 11ème et le 13ème siècle, on pense qu’elles servaient essentiellement à marquer les limites des terres de tel ou tel fief ou juridiction. “La sacralisation du monument, affirmée par la forme, rendait encore plus respectables les limites établies”.

J’ai repris la recette de la pâte à navette de Fidji, en machine à pain
500 g de farine T45
7 g de levure sèche de boulanger (ou 20 g de levure fraîche)
300 g de lait
40 g de sucre
9 g de sel

Mélanger tous ces ingrédients et dès que la pâte est bien lisse incorporer 80 g de beurre coupé en dés et mélanger jusqu'à ce qu’il soit bien incorporé.
Laisser lever la pâte dans un récipient couvert jusqu’à ce qu’elle ait doublé de volume (environ 1 heure pour moi ) .
Déposer la pâte sur un plan de travail légèrement fariné. Laisser détendre (reposer) quelques minutes .
Façonner en forme de croix puis laisser lever environ 45 min (suivant la température de votre pièce ).
Badigeonner d’un œuf battu et décorer de graines de pavot (du jardin de mes parent).
Faire cuire dans four préchauffé à 180°C pendant environ 20 minutes.
Dans le même temps, préparer une deuxième pâte. Après levée, déposer le pâton dans un moule à cake et laisser de nouveau doubler de volume. Enfourner à 180 pour environ 30 minutes.

Les deux pains étaient superbes. Je les ai laissés reposer jusqu’au lendemain pour qu’ils se découpent facilement. J’ai garni mon pain croix de quatres séries de sandwichs, taillés dans le deuxième pain:
- rillettes de lapin, délicieuses, faites par maman en suivant cette recette.
- béarnaise, mimolette, jambon blanc, tranches de tomates cerise
- feuilles d’épinard, thon mayonnaise
- St Moret, feuilles d’épinard, jambon blanc, tomates cerise.

J’aime autant vous dire qu’on s’est fait un pique-nique du dimanche soir de luxe! Ce pain est délicieux en sanwichs. Et maintenant je sais quoi apporter pour un buffet à thème régional.
Merci Fidji, c’était encore une fois une très bonne idée.

vendredi 9 février 2007

Pain du Vexin

Croix de l'Ormeteau-Marie - Théméricourt - XIIème siècle

Mon instituteur était un personnage. A l'ancienne, avec une blouse grise et un air sévère. Il s'appelait Roland Vasseur. Nous on l'appelait "M'sieur".
Arrivée de la ville, je savais écrire au stylo 4-couleurs. Il a fallu apprendre à écrire à la plume, à remplir les encriers avec la grande bouteille à bec. S'habituer à cette odeur particulière de l'encre, du buvard, mélangée à celles de la craie et de la colle au parfum d'amande amère.

C'était une toute autre façon d'enseigner. Il nous faisait apprendre par coeur Apollinaire,
Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

ou étudier des extraits du Quart Livre de Rabelais
...un faquin mangeoit son pain à la fumée du roust, et le trouvoist ainsi perfumé grandement savoureux.

Un enseignement élitiste pour une classe unique de village. Mais il ne fallait pas décrocher, on se retrouvait vite au piquet.


Lui, c'était un collectionneur de patrimoine. Les murs de sa maison étaient couverts de ses objets, des crémaillères, des clefs, des serrures, des outils anciens, des crucifix, des plats de faïence, des vistemboires...et des livres. Il avait construit sa maison autour de ses objets.
A force de collectionner tous ces objets du patrimoine rural, il était passé au stade supérieur, Conservateur des antiquités et objets d'art du Val d'Oise. Ca, c'est de la collection!
Loin de s'arrêter là dans sa passion de la conservation, il a été à l'origine, parmi d'autres, de la création du Parc Naturel Régional du Vexin Français.




C'est dans cette région que nous vivons, dans sa maison, vidée de ses objets, mais pas encore tout à fait de ses fantômes. Au coeur d'une poche de campagne accolée aux grandes banlieues grises, d'une région autrefois essentiellement rurale, maintenant habitée par des semi-citadins. Tellement protégée qu'elle est en quelque sorte muséifiée.
Et voilà que cette région, trop proche de Paris pour avoir conservé de véritables traditions populaires, autres qu'architecturales, cherche à s'en créer de nouvelles. Après la bière du Vexin, voilà le pain du Vexin, fait de grain et de farine locale et décoré d'une Croix pattée, ces croix bornales du 11-13ème siècle devenues l'emblème de notre petit coin de terre.
Ségolène, à la suite de plusieurs articles sur le pain, nous a demandé de lui envoyer une photo de nos pains régionaux. Voilà le notre, fruit d'une tradition recréée.
Je me demande ce que mon instituteur aurait pensé de cette invention. M'est avis qu'il en aurait souri.

lundi 5 février 2007

Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch

Crédit photo Wikipedia

Perdus au milieu de nulle part. Rien à faire. La vieille Ami 8 verte garée au bord de la route, la carte à la main, le soir qui tombait sur ce paysage de brumes.
Je n’avais pas voulu rester à Manchester, trop noire, trop sinistre. J’avais dit « Continuons jusqu’au Pays de Galles ». Et voilà, on y était, au bord d’une route pas très loin de ce patelin au nom imprononçable : Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch.
Et pas un terrain de camping en vue.
Et puis miracle, une voiture qui s’arrête. «Vous êtes français ?». Y’a pas, ça devait être voyant. «Vous cherchez un camping ? Je vous emmène, suivez moi».
Et on est partis loin, très loin dans la campagne toute verte. Que des champs. Et des moutons.
Le terrain de camping était réservé aux camping-cars, mais ils ont fait une petite place aux deux frenchies égarés. La tente, c’est pas facile à monter la nuit, sans lampe de poche. La rosée tombait déjà, dieu que ce pays était humide, mais quelle idée d’aller camper en Angleterre ?
Un tout petit village, l’unique rue éclairée par les fenêtres du Pub, comme une invitation. A notre entrée, la conversation a baissé, pour reprendre de plus belle très vite, un bourdonnement incompréhensible, le bruit de fond d’un pub au parquet de bois, l’étrange résonnance du Gallois.
On était bien, au chaud, enfin, légèrement assoupis par la Whitbread Gold Label.
Et là, j’ai mangé la meilleure côte d’agneau du monde, joliment nichée au coeur de la grande assiette, avec ses petites patates nouvelles aux herbes et la touche de salade pour faire joli. De l’agneau du coin sans doute, de ceux qui broutent l’herbe arrosée d’embruns.
On est restés longtemps, je crois même qu’à la fin du repas on comprenait presque le Gallois.

Devilled Lamb Cutlets (Côtelettes d'agneau endiablées?)

4 jolies côtes d'agneau
3 cc de Golden Syrup
3 cs de Worcestershire Sauce
sel
poivre
2 cs d'herbes fraiches ciselées

Préparer une marinade en mélangeant le Golden Syrup, la Worcestershire Sauce, sel, poivre et herbes. Enduire les côtelettes de cette sauce et laisser mariner une bonne heure.
Dans un four préchauffé à 200°C, faire cuire les côtelettes un dizaine de minutes en les arrosant et terminer au grill de manière à les dorer.
Servir avec des petites pommes de terre nouvelles cuites à l'eau dans leur peau et une salade d'épinard (vinaigrette: vinaigre de framboise, moutarde, huile de tournesol et huile d'olive).

jeudi 1 février 2007

Rillettes Power


Basta con les gâteaux! Moi qui en faisait si peu, j'ai réalisé avec stupeur au cours des dernières semaines combien de plaques de beurre et de kilos de sucre passaient dans la réalisation de ces délices sucrés...du délire. Repassons donc aux choses sérieuses.

Cathy - et c'est entièrement de sa faute - m'a donné envie de faire des rillettes. Donc, pendant qu'elle était partie chez Mercotte étudier l'art des macarons, j'ai repris ce joli livre Une souris dans le potage... à la page 122, celle des rillettes de lapin de Madame Saveurs Sucrées Salées. On vous a déjà tout dit de ce livre, je ne rajouterai donc pas grand-chose, si ce n'est un grand merci à nos souris de nous avoir proposé des recettes fiables autant qu'originales et savoureuses.

Les rillettes de lapin proposées par Véro en l'occurrence, n'ont rien à voir avec celles que je vous livre aujourd'hui. Il manquait dans mes placards quelques uns des ingrédients de la recette, je me suis donc cantonnée à un assaisonnement plus classique, mais la base est la même. Si vous voulez sa recette, allez donc consulter le livre.



Rillettes de lapin (façon Véro, assaisonnées à ma façon)

4 morceaux de râble de lapin (environ 350g)
50 cl d'eau
130g de graisse d'oie
1 cc bombée de sel de guérande
8 grains de poivre noir
8 grains de coriandre
2 gousses d'ail dégermées
1 feuille de laurier fraiche
1 branche de thym frais
1 branche de romarin frais
1 branche de sarriette séchée*
2 cc de garam massala**

* celle-là même qui me venait du jardin de Kat, des Scribacchini
** mélange d'épice indien, utilisé dans les curry (coriandre, cumin, piment, muscade, poivre, cardamome, clous de girofle, fenouil, feuilles de laurier)

La veille, mettre les morceaux de lapin dans une cocotte avec l'eau et tous les épices et aromates. Porter à ébullition puis laisser cuire à couvert et à feu doux (en gardant un léger bouillonnement) pendant 1h30. Ajouter ensuite la graisse d'oie et continuer la cuisson, toujours à couvert, pendant 1h30 supplémentaire (ça commence à prendre une odeur fort agréable, non mais vous sentez comme ça sent bon dans la cuisine?). Sortir du feu et laisser tiédir. Détacher la viande des os et réserver. Passer au chinois le bouillon de cuisson, puis le reverser dans la cocotte. Ajouter la viande de lapin effilochée avec les doigts, porter le tout à ébullition et la maintenir pendant 15 minutes (le temps que le reste de bouillon s'évapore). Verser ensuite dans une terrine et laisser refroidir à température ambiante. Couvrir éventuellement de graisse d'oie fondue si vous voulez la conserver plusieurs jours, ou bien de film alimentaire et réserver au réfrigérateur pendant 24 heures. Servir avec un bon pain de campagne grillé.

Qu'est-ce qu'elles étaient bonnes, du confit de lapin. Merci à toi Véro et à ton papa "docteur es pâtés et rillettes"! La prochaine fois je les assaisonne à ta façon.