jeudi 28 décembre 2006

Extraits d'agapes

Vous la connaissez celle qui croit avoir tout sous contrôle cette fois-ci pour le réveillon de Noël et le repas du lendemain? Qui commence les préparatifs super motivée une semaine avant la date fatidique, après avoir collecté une tonne de recettes sur le Net? Qui se prend pour Fred et Mercotte et entreprend des recettes de dessert de pro? Et qui, au final, rate son foie gras parce que décidément le nouveau four ne fonctionne pas comme l'ancien, sert un poulet au vin jaune avec une sauce trop liquide, foire lamentablement le glaçage du dessert et fait manger ses convives à des heures indues, pendant que les enfants font la gueule dans un coin en attendant désespérement le passage du Père Noël?
Ben c'est moi...

Heureusement, sur les deux repas, il n'y avait pas que des ratés. Le poulet au vin jaune et aux morilles façon Patrick Chazallet était très bon quand même (surtout le lendemain).
Les coquilles St Jacques au lard et aux cèpes façon Estèbe étaient délicieuses (désolée, pas de photos, on a tout mangé).

Les petits pains très tendres et craquants de Sandra étaient particulièrement réussis. Sur le plateau de fromage trônait la belle part de Taleggio envoyée par la poste par l'adorable Kat de Cuochi di Carta.

Et toute la tablée repue a quand même fait un sort au Mystère glacé d'Hélène, j'aurais au moins réussi un dessert.

Quant aux massepains, orangettes et truffes au malt whisky (Aberlour), s'il en reste c'est que nous n'avions vraiment plus faim.

C'est promis, l'an prochain je fais simple. Ou alors je fais un stage intensif d'organisation chez Mercotte.
Et pour le Nouvel An, une tartiflette, ça vous dit?

lundi 25 décembre 2006

Les lumières de la Ville

Avenue Gabriel

Place de la Concorde

Rue du Faubourg St Honoré - Hermès

Rue Royale - Ladurée

Place de la Madeleine - Fauchon

Place de la Madeleine - Hédiard

Joyeux Noël et Bonne Année à tous!

jeudi 21 décembre 2006

Jamais trop tard pour des massepains

massepains

Vous aimez la pâte d'amande? Alors laissez vous tenter par ces petites douceurs faciles à faire, et encore plus faciles à manger. Si je ne cours pas après les desserts, j'ai toujours aimé tout ce qui contient des amandes, des noix, des pignons, du miel. J'ai du naitre entre le Maghreb et l'Espagne dans une vie antérieure. J'aime les nougats, les turrons Basques et Espagnols, les cigares aux amandes, la pâte d'amande blanche si fine d'Espagne, et les massepains Belges.

Ah les étalages de sujets en pâte d'amande des confiseries de Bruges, les petits fruits et légumes colorés, les oeufs au plat en pâte d'amande...Comment ça, c'est pour les enfants? Mais je m'égare...

J'ai pris la recette dans le magazine Régal de décembre, comme Veronica, qui en a fait des merveilles. Je l'ai agrémentée de zestes d'orange confits. On laisse reposer, on façonne, on trempe dans du bon chocolat bien corsé. Et on les range au frais loin des yeux, pour ne pas succomber à la tentation.

Massepains (pour 30 pièces environ)
  • 200g d'amandes en poudre
  • 200g de sucre glace
  • 1 blanc d'oeuf battu
  • 1 cs d'eau de fleur d'oranger
  • 2 cs de zestes d'orange confits émincés finement
  • 200g de chocolat de couverture (ici Gran Couva de Valrhona)
  • pignons
  • écorces d'orange confites
Tamiser la poudre d'amande et le sucre. Mélanger avec le blanc d'oeuf, l'eau de fleur d'oranger et le zeste d'orange confit jusqu'à obtenir une pâte collante et bien compacte. Emballer dans du film alimentaire et laisser reposer une nuit au frais.
Le lendemain, façonner des petits cubes avec la moitié de la pâte, des petites boules avec l'autre moitié. Faire fondre le chocolat au bain-marie.
Tremper chaque cube de pâte d'amande dans le chocolat pour le recouvrir uniformément. Le sortir avec deux fourchettes, l'égouter et le déposer sur un plateau recouvert de papier sulfurisé. Disposer un petit morceau de zeste d'orange sur chaque bouchée avant que le chocolat ne durcisse.
Tremper le fond de chaque petite boule de pâte dans le chocolat et la déposer sur un plateau. Décorer avec les pignons. Mettre à refroidir au frais, puis conserver dans une boite hermétique. Se conserve au frais environ une semaine.

mardi 19 décembre 2006

Les rescapés du Paris Gisors

Ca y est, ils ont terminé leur grève, nos cheminots préférés. Une semaine qu'on se galérait entre Paris et Gisors. C'est pas qu'on soit contre le droit de grève, remarquez. C'est juste que c'était un peu long, un peu avant Noël aussi. Et puis on est déjà fatigués par nos 3 heures de trajet quotidien, nous les Franciliens.

Des années que je le prends ce train, toujours dans le même wagon, à peu près toujours à la même place. Alors on finit par connaître les gens. Ceux qui dorment, et ceux qui jouent au tarot. Les dames qui brodent, là-bas dans le coin. Le ptit gars qui révise avant son contrôle. La dame qui emmène son bébé à la garderie du boulot. On se raconte nos vacances, les travaux de la maison, les soucis à l'école, on se montre des photos de gens qu'on ne verra sans doute jamais en vrai.

Et puis, il y a les galères. Les innombrables fois où on se retrouve abandonnés en rase campagne "suite à une avarie matériel". Le train supprimé à cause d'un "accident de voyageur": là, ça peut être long. Les arbres sur la voie, le catainer fauché par le vent, le sanglier sur la voie...Les heures passées à se geler les pieds dans les gares de campagne. Et les grèves...

Tout ça, ça rapproche. Drôlement même, on est bien serrés dans les trains en cas de grève. Alors, quand les copains m'ont gardé une place assise, bien que j'aie toujours refusé de jouer au tarot (je fais quand même les mots fléchés non?), et qu'en plus ce soir là on sort le vin, le pâté, le saucisson et la bonne baguette fraiche, ça fait chaud au coeur. Le trajet a été très court cette fois là.

Les photos ont été prises en temps réel, par Jojo sur son téléphone. Vous excuserez la qualité, mais les trains, ça bouge. Et puis fallait tenir la bouteille.
Merci Jojo, pour les photos, et merci à tous pour ce bon moment. A refaire, à la prochaine grève. Bonnes fêtes à tous, si je ne vous revois pas d'ici là.


lundi 18 décembre 2006

Ti'Punch Pavlova pour KKVKVK 15



Dorian tu exagères! Encore un thème sucré pour le jeu de Manue. Vous ne vous nourrissez donc que de desserts?
Mais finalement j’étais plutôt contente. J’adore les meringues. Les pavlovas de Marion et Delphine m’avaient fait rêver récemment. Et puis j’ai enfin un four qui tient la route. J’ai emprunté la recette de Delphine, j’ai enfourné mes petites meringues dans la Rolls, et je suis restée devant à les regarder cuire doucement, un peu comme devant la télé. Mes premières meringues, réussies! Craquantes à l’extèrieur, moelleuses dedans, un rêve de meringue.
La chantilly, je l’ai déclinée à la mode des îles, rhum, sucre de canne, gingembre, histoire de lutter contre la grisaille ambiante. Ma première chantilly, réussie!
Décoration: pulpe de fruit de la passion et zestes de citron vert caramélisés.
Dégustation: délicieux, vraiment, on m’en redemande pour Noël.
La photo n’est pas très parlante, la faute au manque de lumière, à l’hiver. Mais je vous recommande vraiment de plonger votre cuillère dans cette douceur mousseuse et craquante, que du plaisir!

Ti‘ Punch pavlovas (pour 6 portions individuelles)

Meringue
4 blancs d’oeuf
1 pincée de sel
225g de sucre
1 cs de maïzena
jus d’1/2 citron vert

Chantilly
15cl de crème fraiche entière liquide
2 cs de sucre de canne liquide (type Canadou)
1 cs de decoction de gingembre
1 cs de rhum blanc

Décor
3-4 fruits de la passion
zeste d’un citron vert
3 cs de sucre de canne liquide

Peler le citron, détailler le zeste en rubans. Le blanchir puis le confire dans 3 cs de sucre de canne pendant 15-20 minutes (j’ai un peu oublié les miens sur le feu, ils ont caramélisé, c’était finalement assez joli).
Préchauffer le four à 100º. Battre les blancs avec la pincée de sel jusqu’à ce qu’ils commencent à mousser. Puis continuer à battre en ajoutant le sucre cuillerée par cuillerée jusqu’à épuisement. Terminer par la maïzena et le jus de citron. Déposer avec deux cuillères à soupe 6 tas de meringue sur la plaque recouverte de papier sulfurisé. Faire un creux au milieu avec le dos d’une cuillère. Cuire à 100º pendant 1h30. Faire refroidir sur une grille.
Mettre tous les ingrédients très froids de la chantilly dans un saladier posé sur des glaçons. Monter au batteur.
Déposer la chantilly dans le creux de chaque meringue. Décorer de pulpe de fruit de la passion, de quartiers de citron vert et de zestes confits.

vendredi 15 décembre 2006

Ma Po Tofu

Crédit Photo Yann Layma

Novembre 1983.
Kunming-Chengdu-Chongqing, un jour et une nuit de train. Dans la vallée, loin en contrebas des rizières qui s'étagent sur les collines. Un train de luxe cette fois, des rideaux aux fenêtres, des napperons sur les sièges et des fleurs en plastique dans un vase. Mais lent. Arrivée à Chongqing vers 4 heures du matin. Pourquoi, je ne sais pas. En Chine les trains semblent toujours arriver à destination juste avant l'aube.
Il fait froid, il pleut. La ville est sombre, les ruelles qui grimpent les collines à peine éclairées. L'ancienne capitale du Kuomintang semble avoir été abandonnée par l'histoire. L'hotel est soviétique, une enfilade de longs couloirs sinistres.
Dehors le jour se lève sur les collines, gris-ocre. La ville est déjà éveillée depuis longtemps. S'est-elle même endormie? Le long des rues qui grimpent, sous des auvents de toile, les marchands de nouilles étirent la pâte en longs rubans. Des vieux attendent en fumant, assis sur leurs talons, habillés de bleu Mao.
Les marches émoussées mènent jusqu'au fleuve, le Grand Fleuve, le Fleuve Bleu. De là les bateaux partent vers les gorges, vers l'immense port de Shanghai, à 4 jours de navigation. Je prendrai le bateau.

*La photo des collines du Yunnan n’est pas de moi (j’aimerais pouvoir en faire de si belles) mais de Yann Layma. Quand je l’ai croisé il y a vingt ans, il voyait déjà la Chine au travers de son objectif. Son livre, publié il y a trois ans, est absolument magnifique.

La cuisine Chinoise est multiple, aussi vaste que le pays lui-même. Nous n'en connaissons ici qu'un pâle reflet, des bribes de cuisine Cantonnaise ou Pékinoise passées au tamis occidental. Celle que je préfère, c'est celle du Sichuan dont Chongqing est une des grandes villes, une région immense et fertile, le grenier à blé de la Chine. C'est pimenté et acide, subtil et violent, ça réveille. Le Ma Po Tofu est un des plats les plus connus du Sichuan. Il faut aimer le tofu. Je dois avouer que je ne cours pas après, n’aimant pas du tout le lait de soja. Je ne l’apprécie que dans les soupes japonaises au miso, et dans ce plat riche en ail, piment et poivre du Sichuan, agrémenté d’un peu de viande. S’il vous prend envie de cuisiner pour la première fois du tofu, au choix prenez du tofu japonais, plus fin, plus doux au goût.

Ma Po Tofu

Ingrédients
100g de filet de porc
15-20g de légumes en saumure du Sichuan, rincés, séchés
2 morceaux de tofu, égouttés
1 cc de fécule de pomme de terre
1 cs d’eau
4 cs d’huile
3 gousses d’ail pelées émincées finement
1 cs de pâte de soja pimentée (ou plus selon goût)
1 cc de sauce de soja claire
1 cc de sucre
150 ml de bouillon
1 cc d’huile pimentée
1 cc d’huile de sésame
½ cc de poivre du Sichuan moulu
la partie verte de 2 oignons nouveaux, émincée en rondelle

Marinade
1/8 de cc de sel
¼ de cc de sucre
1 cc de sauce de soja claire
1 cc de sauce de soja épaisse
1, ½ cc de vin de Shaohsing ou Xeres
1 cc d’huile de sésame

Hacher la viande au couteau, la mélanger dans un bol avec la marinade. Laisser reposer 15-30 minutes.
Hacher les légumes en fine brunoise. Couper les pains de tofu en cubes de 1 cm, les réserver dans une passoire.
Mélanger l’eau et la fécule de pomme de terre dans un bol.
Faire chauffer le wok à feu vif jusqu’à ce qu’il commence à fumer. Ajouter l’huile et faire tourner pour la répartir. Ajouter la viande et l’ail et faire sauter rapidement 1-2 minutes jusqu’à ce que la viande soit presque cuite. Ajouter les légumes en saumure, la pâte de soja, la sauce soja et le sucre, en continuant à mélanger de manière à bien imprégner la viande. Verser le bouillon et porter lentement à ébullition sur feu modéré.
Ajouter le tofu et mélanger soigneusement pour ne pas l’écraser. Laisser cuire environ deux minutes afin qu’il absorbe les parfums de la viande et de la sauce. Incorporer le mélange d’eau et de fécule. Verser dans un plat de service pré-chauffé.
Ajouter l’huile pimentée, l’huile de sésame, le poivre du Sichuan et les oignons. Ces ingrédients ajoutent du contraste rouge et vert en même temps que de la saveur. Servir très chaud.

dimanche 10 décembre 2006

Champagne!

On a une nouvelle nièce! Ca se fête non?
Un nouveau petit bout, toute fine, toute mignonne, qui dort encore sans faire de bruit, épuisée de tant d'efforts pour arriver dans ce monde. Nous te souhaitons d'y être heureuse, petite Lily-Eve. Bienvenue à toi! Et félicitations aux parents, amusez vous bien...

Pour accompagner le champagne, j'ai refait les petits gâteaux apéritif super bons de ma maman (trouvés dans une revue du supermarché local). Très simples à faire, légers d'apparence, délicieux au goût, je crois que les marchands de sablés apéritifs industriels ont du souci à se faire.

Sablés de parmesan
  • 200g de parmesan rapé
  • 150g de farine fluide
  • 100g de beurre demi-sel
  • 3 jaunes d'oeuf à température ambiante
  • Poivre noir du moulin
Malaxer tous les ingrédients ensemble pour constituer une pâte. Laisser reposer au réfrigérateur pendant une heure. Faire des boules de pâte de la taille d'une petite noix en les roulant dans vos mains farinées. Aplatir les boules de pâte entre les paumes. Les placer sur une plaque tapissée d'un papier sulfurisé, ou d'un silpat. Faire cuire dans un four préchauffé à 170° pendant 10 à 12 minutes. Les soulever délicatement et les faire refroidir sur une grille.

Voilà, facile non? La quantité de pâte est importante. Je n'en ai utilisé que le tiers. Je vais la congeler pour une utilisation ultérieure.

jeudi 7 décembre 2006

La tarte au citron qui venait d'Australie

Il était une fois...Ca y est, elle va encore nous raconter des histoires! Mais non, cette fois je vais faire simple. Il était une fois donc un blog de l'Ouest Australien qui s'appelait Spiceblog. Un blog plein d'humour, de superbes recettes, et de gens sympas dans les commentaires. Ce blog je l'ai lu pendant très longtemps, plus d'un an, avant de me manifester. Ce n'était pas ma langue, je ne comprenais pas tout, et puis je n'avais pas de blog. Et puis un jour j'ai osé. Et j'ai été accueillie chaleureusement, comme la commentatrice française attitrée - position périlleuse... Son auteur, Anthony, est de ceux qui m'ont incitée à me lancer.

J'aime toujours autant passer par là, voyager un peu dans l'autre hémisphère, découvrir ses recettes d'été quand chez nous c'est le plein hiver, regarder les photos prises sur la plage au Jour de l'An. Des gens qui savent vivre ces Australiens!

Je fais une de ses recettes de temps en temps, j'aime sa façon de cuisiner. Je suis tombée l'autre jour sur sa recette de tarte au citron meringuée, et je n'ai pas pu résister, il en parlait si bien. Et puis il y avait parmi les ingrédients de la pâte du saindoux, et j'en avais justement un paquet au frigo, acheté pour un autre projet. Je sais, le saindoux ce n'est pas particulièrement diététique, ni même très politiquement correct. C'est comme la graisse de boeuf pour faire les frites, un produit un peu honteusement caché dans les rayons frais des supermarchés. Mais qu'est-ce que vous voulez, quand on est carnivore on ne se refait pas. Et cette pâte à tarte est une des meilleures que j'ai jamais goûtées. Alors osez le saindoux!

Anthony, you see, lard is not the most popular product here either. It seems to have been forgotten by packaging designers, humble product almost hidden in the farthest corner of the grocery store.


Allez, j'avais dit que je ferais court. Je vous traduis la recette. Dans ma version, il n'y avais pas de fruits de la passion, je n'en avais pas trouvé, mais je la referai.

Tarte meringuée au citron et aux fruits de la passion

Pâte
  • 210g de farine
  • 1 pincée de sel
  • 60g de beurre doux
  • 60g de saindoux
  • 1 jaune d'oeuf légèrement battu
  • 1 cs d'eau froide
Tamiser la farine et le sel. Faire un creux, y mélanger l'oeuf et le sucre, puis incorporer graduellement la farine. Incorporer petit à petit le beurre et le saindoux coupés en petits morceaux en sablant avec les doigts, puis ramasser en boule. Terminer en ajoutant l'eau pour obtenir une pâte lisse. Ne pas trop la travailler. Emballer la pâte dans du papier alimentaire et la laisser reposer au frigo une heure.
Etaler la pâte et la déposer dans un moule à tarte. La couvrir de papier cuisson lesté de riz et la faire cuire à blanc à four préchauffé à 210 pendant 10 minutes, puis ôter le papier cuisson et la remettre au four jusqu'à ce qu'elle soit dorée.

Crème au citron et au fruits de la passion
  • Jus et zeste de deux citrons
  • 2 jaunes d'oeuf + 1 oeuf entier
  • 3/4 de tasse de sucre
  • 60g de beurre doux
  • Pulpe d'un fruit de la passion
Mettre le jus, les oeufs et le sucre dans un cul de poule. Le placer sur une casserole d'eau bouillante et fouetter, puis mélanger continuellement jusqu'à ce que la crème ait la consistance d'une sauce hollandaise, environ 8 minutes. Ajouter le beurre en petits morceaux et fouetter pour mélanger. Ajouter le zeste et la pulpe de fruit de la passion.

(Note: si la crème est encore chaude quand on y étale la meringue, elle ne se détache pas par la suite)

Meringue
  • 3 blancs d'oeuf
  • 1/2 tasse de sucre (j'ai pris du sucre glace)
(doubler la quantité pour un gâteau plus impressionnant - c'est ce que je ferai la prochaine fois)
Battre jusqu'à ce que les blancs forment un bec sur le batteur.
Etaler uniformément la crème au citron sur le fond de tarte, puis la meringue. Enfoncer le dos d'une cuillère dans la meringue puis le relever soucement pour former des pics.
Cuire dans un four préchauffé à 170 environ 10 minutes, jusqu'à ce que les pics de meringue soient dorés.

P.S: surtout méfiez vous des chats, la mienne a consciencieusement léché la moitié de la meringue. La tarte a eu un goût de trop peu...
PPS: pour la photo d'un paquet de saindoux australien, allez voir .

mardi 5 décembre 2006

KKVKV Boulanger des Manneles


Dimanche après-midi, atelier création à 6 mains. Celles de ma fille, presque 6 ans, du petit T., 5 ans et demi, et les miennes (beaucoup plus).
“Les enfants, vous voulez faire de la pâte à modeler?”
“C’est pas de la pâte à sel?”
Ah non, ça suffit la pâte à sel! L’autre jour, il y en avait plein la cuisine, plein l’évier, plein les mains, mélange raté, un truc gluant, malencontreusement coloré en vert.
“Non, c’est de la pâte à brioche. On va faire un bonhomme avec, un Mannele de la St Nicolas.”
“C’est quoi un St Nicolas?”
“C’est comme un Père Noël. Dans l’Est de la France et aussi en allemagne, en Hollande, on fête la St Nicolas avant Noël.”
“Et on a des cadeaux aussi? Et pourquoi ils ont deux fois des cadeaux?”
Et pourquoi?

Bon, trêve de plaisanterie. On lave les mains, on remonte les manches, on farine un peu et on s’y met. La pâte est souple, élastique, bien plus agréable à travailler que la pâte à sel. On forme, on fait des boudins pour la ceinture, les bottes, on met des canneberges séchées pour faire les yeux, les boutons.
“Je peux prendre un raisin sec?” demande le grand qui passe par là.
“Vas-y, goûte, ce sont des canneberges.”
“Canneberges, canneberges” chantonne t’il en en prenant une, puis deux, puis trois.
“C’est bon ça!”
Voilà, ils sont modelés nos bonhommes, plus qu’à les faire reposer un peu avant de les enfourner.
Ils sont sortis du four tout dorés, on les a décoré d’un glaçage au blanc d’oeuf coloré, puis remis au four 2 minutes pour fixer le glaçage. Et voilà, T. peut repartir chez lui avec son Mannele.
Je ne sais pas qui s’est le plus amusé, les petits ou la grande. J’ai idée qu’il m’ont trouvée un peu directive…
Au final, ils n’étaient pas super esthétiques nos Manneles, mais absolument moelleux et délicieux, surtout avec la petite croûte de glaçage au dessus.
Une bien bonne idée, on en refera. Merci Fidji, et bonne St Nicolas!

La recette vient de chez Fidji, j’ai juste remplacé la levure fraiche (que j’ai du mal à trouver dans ma campagne) par de la levure déshydratée. Et puis j’ai triché, j’ai pétri la pâte en machine à pain…

Manneles (pour 2 bonhommes moyens)
  • 250g de farine T45
  • 40g de sucre semoule
  • 5g de sel fin
  • 1 oeuf
  • 1,5 cc de levure de boulanger déshydratée
  • 80g de lait
  • 60g de beurre
  • dorure: oeuf battu
Mélanger la farine, le sucre, le sel, la levure, l'oeuf et le lait. Pétrir la pâte jusqu'à ce qu'elle soit bien lisse puis y ajouter le beurre tempéré. Lorsque la pâte est homogène, la couvrir et laisser doubler de volume.
Détailler en deux pâtons. Former des boudins en forme de carotte , avec la partie la plus large former la tête et à l'aide de ciseau les bras puis les jambes. Badigeonner d'oeuf battu, décorer et laisser lever.Badigeonner à nouveau et enfourner dans un four préchauffé à 180°C. Cuisson environ 10 à 15 min.

samedi 2 décembre 2006

La garbure

S'il est un plat qui symbolise pour moi la gastronomie du Sud-Ouest, c'est bien la garbure, cette soupe épaisse, garnie de viande, à la fois rustique et généreuse. J'en ai déjà parlé, bien des repas, dans le Sud-Ouest, commencent par une soupe. Je l'aime épaisse, il faut que la cuillère y tienne presque debout. On peut faire son dîner d'une assiette de garbure.

Ces jours-ci, en pensant à la garbure, ces vers de Cyrano de Bergerac me tournaient dans la tête:

Ce sont les cadets de Gascogne
de Carbon De Castel-jaloux ;
bretteurs et menteurs sans vergogne,
ce sont les cadets de Gascogne !
Parlant blason, lambel, bastogne,
tous plus nobles que des filous,
ce sont les cadets de Gascogne
de Carbon De Castel-jaloux :
oeil d' aigle, jambe de cigogne,
moustache de chat, dents de loups,
fendant la canaille qui grogne,
oeil d' aigle, jambe de cigogne,
ils vont, -coiffés d' un vieux vigogne
dont la plume cache les trous ! -
oeil d' aigle, jambe de cigogne,
moustache de chat, dents de loups !
Perce-bedaine et casse-trogne
sont leurs sobriquets les plus doux ;
de gloire, leur âme est ivrogne !
Perce-bedaine et casse-trogne,
dans tous les endroits où l' on cogne
ils se donnent des rendez-vous...
perce-bedaine et casse-trogne
sont leurs sobriquets les plus doux!

Imaginez les ces gars là, attablés. Ils devaient bien manger une garbure en entrée.

Anne Papilles en a publié une version il y a quelques temps. La sienne est plus authentique peut-être. La mienne a l'avantage d'être plus rapide à faire. Je ne doute pas qu'entre les deux vous trouverez votre bonheur.

Garbure (pour 4 belles assiettes)
  • 2 poireaux
  • 1/4 de chou vert
  • 4 pommes de terre moyennes
  • 3 carottes
  • 2 navets
  • 1/4 de boite de haricots cuisinés à la graisse d'oie *
  • 2 morceaux de confit de canard
  • 2 gousses d'ail
  • sel, poivre, piment d'espelette
  • thym, laurier
* L'idéal serait un reste des haricots du cassoulet. Vous avez compris, un jour le cassoulet, le lendemain la garbure.

Faire blanchir le chou 5 minutes dans de l'eau bouillante. Egoutter et réserver. (on peut faire blanchir le chou entier et congeler le reste pour une utilisation future). Eplucher et laver les légumes. Couper les pommes de terre, les carottes et les navets en petits morceaux. Emincer les poireaux en fines rondelles. Emincer le chou. Dégraisser les morceaux de confit.
Dans une casserole à fond epais, faire chauffer 1 cs de graisse d'oie. Ajouter les poireaux émincés et faire suer dans coloration 3 minutes. Ajouter les pommes de terre, poireaux et navets, bien mélanger. Verser dans la casserole 1 1/2 litre d'eau. Porter à ébullition. Ajouter les haricots, les morceaux de confit, le chou, l'ail haché, thym, romarin, un peu de sel (attention, le confit est déjà salé).
Couvrire et laisser bouillonner à feu moyen environ 1h30. Il faut que la soupe soit bien épaisse et que la chair des morceaux de confit se détache. Poivrer en fin de cuisson, rectifier l'assaisonnement en sel. Sortir les morceaux de confit, désosser, ôter la peau. Détailler en petits morceaux et remettre dans la soupe.
Servir avec du bon pain et du piment d'Espelette à part.