vendredi 8 juin 2012

La Ruche qui dit Oui!


Bon, faut que je vous parle de ma ruche quand même. Ca fait un peu plus d’un mois que je suis une abeille. La reine, c’est Catherine, une de mes voisines, qui a pris l’initiative d’ouvrir une antenne locale de La Ruche qui dit oui! Le principe est simple, il suffisait d’y penser. Il s’agit de mettre en relation producteurs et consommateurs locaux, via des antennes locales et un site web sur lequel on peut commander et payer directement. Les producteurs déposent une fois par semaine ou tous les quinze jours les commandes chez un particulier, qui reçoit les clients et joue à la marchande (ou au marchand) le temps d’une soirée.

J’ai aimé le principe, encore plus la mise en application qui permet de se fournir en produits locaux, bio ou agriculture raisonnée, sans passer par la case supermarché ou magasin bio. C’est sans obligation de commande et on choisit d’avance les produits, donc pas de chou ou de navets obligatoires tout l’hiver, comme c’est souvent le cas avec les paniers bio. Le sourire de la «marchande» et le contact avec les producteurs sont un plus, évidemment. Quel plaisir de pouvoir leur dire personnellement que leur pâté de lapin était délicieux et leurs petits épinards tendres et croquants.
Photo Catherine  

Et surtout, les produits sont beaux et très frais. Je n’ai eu jusqu’ici que de bonnes surprises. Charcuterie délicieuse et belle viande de porc de Picardie, jolies volailles bien élevées et œufs d’Auvers sur Oise, légumes bio hyper frais de Cergy, champignons bien fermes de Mery sur Oise. Bien sûr, on ne trouve pas tout, c’est en fonction de la saison, les légumes ne sont pas calibrés et il faut bien nettoyer les champignons. Mais quel plaisir de pouvoir passer le soir en rentrant du boulot avec son panier, saluer des gens venus de tous les villages alentour, serrer la main des producteurs, et repartir avec une belle récolte de produits locaux.

Merci donc à Catherine, et à ces producteurs qui aiment ce qu’ils font : La ferme des Vallées à Auvers, les Plaisirs du jardin de Cergy, Saveurs de prairies à Villers et tous les autres. En espérant que cette nouvelle ruche continuera à fonctionner longtemps.

Lors de ma dernière commande, la pintade était magnifique, les champignons et les côtes de bette très frais. Il faisait frisquet, j’avais envie d’un plat réconfortant. On a bien aimé la légère suavité de la sauce de cette pintade, qui s’accordait très bien avec la pointe d’amertume des côtes de bette.

Pintade au porto et champignons / côtes de bette
  • 1 belle pintade
  • 3 échalotes
  • 500g de champignons de Paris rosés
  • Quelques tomates confites à l’huile d’olive
  • 1 gousse d’ail frais
  • 1 feuille de laurier fraiche
  • Thym et romarin frais
  • 1 cs de farine
  • ½ verre de porto
  • 25cl de bouillon de volaille maison
  • 500g de côtes de bette Poirée
  • Huile d’olive
  • Beurre ½ sel

Couper la pintade en morceau. Dans une grosse cocotte, faire mousser un peu d’huile d’olive et de beurre. Faire revenir les morceaux de pintade sur toutes leurs faces, ainsi que les échalotes. Saler et poivrer, égoutter et réserver.
Saupoudrer un peu de farine sur le fond de graisse de cuisson. Baisser le feu et laisser cuire 1 minute puis déglacer avec le porto. Faire un roux en ajoutant progressivement le bouillon de volaille. Bien mélanger pour que la sauce soit homogène et sans grumeaux (on peut se servir d’un mixer si elle est trop épaisse, j’ai utilisé mon presse-purée manuel, ça marche tout aussi bien). Remettre les morceaux de pintade et les échalotes dans la sauce, avec l’ail coupé en morceaux, le laurier, le thym et le romarin. Couper quelques tomates confites et les ajouter à la sauce. Ajuster l’assaisonnement en sel et poivre. Ajouter éventuellement un peu de bouillon pour que la sauce soit à mi-hauteur de la viande.

Nettoyer les pieds des champignons et les couper en morceaux. Les faire revenir quelques minutes dans un fond d’huile et beurre jusqu’à ce qu’ils soient dorés (mais pas desséchés). Les ajouter à la sauce.
Couvrir et laisser cuire à feu doux environ une heure, jusqu’à ce que la volaille soit tendre.

Pendant ce temps, nettoyer les côtes de bette et les couper en morceaux (celles-ci étaient petites et tendres, j’ai cuit ensemble les côtes et le vert). Les faire tomber dans un fond d’huile d’olive. Saler et poivrer. Ajouter une louche (ou deux) de sauce prélevée dans la cocotte. Couvrir et laisser étuver sur feu doux jusqu’à ce que les légumes soient tendres (environ 15 minutes).

30 comments:

Rosa's Yummy Yums a dit…

Wahou, super! Que de beaux produits. J'ai essayé de faire de même ici, mais ils ne livrent pas en campagne... Pas vraiment logique vu que les fruits et légumes sont cultivés hors de la ville. :-$

Ce plat est merveilleux! Vraiment alléchant.

Bises et bon WE,

Rosa

Choupette a dit…

Sympa comme principe surtout le fait de ne pas avoir de produits imposés. Et tu as bien mis en valeur la pintade avec ta recette.

Marielle a dit…

En voilà une belle initiative, il faut que je vois si il y a une association comme ça par ici.
J'aime bien les côtes blettes !!
As tu regardé l'emmission sur france 5 hier soir ? "200 km à la ronde" ou comment 5 familles essaient de de venir locavores, amusant mais aussi instructif.
bises et bon week end

Helene Picken a dit…

C'est une belle initiative. Suis-je trop loin pour en profiter ? J'ai hésité avec certaines associations à cause justement des produits imposés.
Des bises.

mayacook a dit…

c'est aussi le chou et le navet qui m'ont éloignée des paniers bio...voilà une très belle formule!

Gracianne a dit…

Rosa, oui, c’est ridicule de penser que les produits partent en ville pour la commercialisation et ne sont pas distribués localement. Je ne sais pas si ce système existe en Suisse, mais essaie de te renseigner, tu peux peut-être monter ta propre ruche.

Choupette, oui, c’est ce que je n’aime pas dans le principe du panier. J’aime bien les surprises, mais du chou et des navets toutes les semaines, ce n’est pas mon truc.

Marielle, il y en a surement une près de chez toi, il s’en monte de plus en plus. En fait, ce que je disais à Rosa vaut pour toi aussi. Si on a l’envie et le temps de s’y consacrer, et un espace suffisant pour accueillir les « clients », on peut monter sa propre ruche. Ca peut même devenir un revenu complémentaire, puisque l’animateur de la ruche touche un petit pourcentage sur les ventes.

Hélène, c’est un peu loin de chez toi, pas vraiment sur ton chemin, je ne sais pas si ça vaut le coup. Rien ne t’empêche de t’inscrire pour essayer remarque. Mais cherche plutôt s’il n’y en a pas une de ton cote. Ca ne sert à rien de dépenser de l’essence pour acheter des produits locaux.

Maya, tu n’es pas la seule si j’en juge par quelques collègues parisiennes qui ont essayé de me refiler des choux l’hiver dernier ;)

CoinCoin a dit…

Une ruche proche de chez moi vient d'ouvrir et j'ai récupéré mardi ma première commande.
J'adore ce principe beaucoup moins contraignant et plus varié que les AMAP.

MM a dit…

Quelle chance ! Moi aussi, j'aimerais devenir une petite abeille :-)

Morning g a dit…

J'adhère totalement (abeille depuis 2 semaines, prochaine livraison demain...:-))
J'étais dans une AMAP il y a longtemps pendant 6 mois et depuis, je ne peux plus voir les blettes en peinture tellement elles étaient souvent dans le panier.

Edda a dit…

Très belle initiative qui fait envie, surtout quand je vois la fraîcheur des légumes...
Ton plat me met l'eau à la bouche :-)

Catherine a dit…

Bonjour, merci pour votre blog, en effet, la ruche qui dit oui est une très bonne idée, je souhaite également remercier les responsables des ruches qui ouvrent leurs portes chaque semaine ou tout les 15 jours car sans elles, pas de ruche, et les adhérents qui à chaque distribution arrivent avec le sourire impatients de récupérer leurs produits de qualité en direct des fermes de la région. La réunion des différents acteurs de la ruche fait que cette activité peu continuer que s'il y a suffisamment de produits différents à chaque distribution, pour cela plus de producteurs mais il faut suffisamment de commandes pour chaque producteur afin que celui-ci puisse rentabiliser le temps passé sur place, à la préparation et au déplacement. C'est pourquoi, il est important que chaque personne satisfaite communique pour grossir le nombre d'adhérents clients, mais aussi faire remonter l'info lorsqu’un produit pose problème pour que le producteur améliore son produit ou simplement pour ajouter des produits qui manquent dans la liste des produits proposés. Bonne journée. Saveurs des prairies.

Catherine a dit…

Pour les parisiennes il n'y a que l'embarras du choix:
12e rue G.Lamé
13e rue Dr Magnan
17e rue Lebon
18e passage Perrel
19e c'est la plus célébre villa Bellevue
20e Rue Boyer
A Dijon malheureusement rien
En Suisse idem mais il y a une ruche dans l'agglo d'Annemasse Genève à Cranses Sales
Voilà le lien pour rechercher votre ruche avant inscription:
http://www.laruchequiditoui.fr/homepage/map
Cordialement

Gracianne a dit…

CoinCoin, welcome back. Je n'ai jamais essayé l'AMAP, mqi ça semble un bon système aussi, même si c'est plus contraignant et moins adapté à nos vies de travailleurs débordés.

MM, devient donc une abeille, il y en a de plus en plus à Paris.

Morning glory, j'ai vu sur ton blog que tu étais ravie de l'initiative toi aussi (et ton joli magret). Les côtes de bette, c'est délicieux, mais c'est comme tout, il ne faut pas en abuser.

Edda, oui, c'était vraiment frais, des légumes jeunes comme on trouve en Italie. Et qui n'ont pas voyagé, c'est ce qui fait toute la différence.

Catherine, merci à vous pour le commentaire et les adresses, c'est super d'avoir l'avis d'une productrice sur ce système. J'aime l’idée que le dialogue s'instaure entre producteurs et consommateurs et que nous ne soyons plus à la merci de la grande distribution. C'est bien de voir le visage du producteur, sa fierté du bon légume. J'espère que de cette façon votre travail est payé à un juste prix.
Bravo en tout cas pour la qualité et le goût de vos légumes.
Bonne soirée.

Sophie a dit…

Je viens de m'inscrire et il y a une ruche tout près de chez moi. Je trouve l'initiative vraiment extra. Elle est forte Catherine ! Et toi toujours aussi douée pour mettre l'eau à la bouche.
Et le petit dej dans le train, grandiose :-))) Bisous.

La cuisine des 3 soeurs a dit…

Et une ruche sur Lyon ? J'ai essayé Potager City et avec des bananes vertes et un ananas pas mûr, ( pas vraiment des environs) j'ai été déçue.

MM a dit…

C'est fait, je me suis inscrite :-)
Je vais passer ma première commande la semaine prochaine...

Hélène (Cannes) a dit…

C'est marrant que tu parles de ça ... juste au moment où je viens de m'inscrire ici dans une de ces ruches ... qui pour l'instant ne dit pas grand-chose. Elle vient d'ouvrir et le choix est donc quasi-nul. ;o) Espérons que cela viendra parce que le système est extra ...
Bisous
Hélène

Ingrid(Le Jour où) a dit…

Je suis contente de décopuvrir cette belle recette pour un bec salé comme moi.
Et je trouve l'idée de ta voisine absolument géniale!

martine horovitz silber a dit…

Je suis dans une ruche toute nouvelle qui a mis longtemps à ouvrir et qui a en plus joué de malchance (impossible de commander il y a deux semaines pour un souci sur le site si j'ai bien compris).
La plupart des produits sont excellents mais attention, c'est aussi cher qu'au marché. Plus destiné à ceux et celles qui veulent bien manger qu'à celles et ceux qui veulent faire des économies.
Nous on apprécie surtout la fraîcheur des produits (sauge cueillie du matin, fraises délicieuses avec un vrai goût, oeufs non marqués certes, mais sans le moindre germe, pommes de terre à nettoyer mais juteuses etc

Gracianne a dit…

Sophie, MM, vous êtes des rapides! J’espère que vous serez aussi contente des produits proposés que moi.

Hélène, évidemment toi aussi. Et pourtant tu ne manques pas de produits frais avec le marché Forville à côté. Oui, c’est un peu long à démarrer, il faut que les gens s’habituent, ça passe pas mal par le bouche à oreille et l’énergie de la personne responsable de la ruche. J’imagine que sur la région cannoise, avec tous les producteurs que vous avez, l’offre va rapidement se diversifier.

Ingrid merci, et bienvenue.

Martine oui, vous avez raison de le souligner, il ne s’agit pas de faire des économies (ici, même sans faire d’excès, on a toujours privilégié la qualité au prix). Il s’agit de beaux produits, frais, et ils sont vendus au prix du marché. L’avantage c’est la proximité, le local, et j’imagine une rémunération plus intéressante pour le producteur.

misa a dit…

Merci pour ce bon plan, j'ai repéré une ruche en construction près de chez moi... Inscription faite, j'attends la suite !

gabriella a dit…

Je n'ai pas de Ruche près de chez moi, mais sur le marché de plein vent, deux fois par semaine je trouve des producteurs
de la région et je me sers chez eux depuis
des années, en priorité. Leur succés est
grandissant (fraicheur, qualité) et il faut arriver tôt pour être sûr d'avoir le
choix.

Lefrancbuveur a dit…

Meme en Italie cette forme de distribution va etre de plus en plus fréquente :)

Camille a dit…

...donc j'ai cédé et me suis inscrite :) Après tout, Joël Thiébault ne vend ni champignons ni miel :)

Et bien entendu, j'adore ta recette.

(Catherine, c'est aussi celle qui prépare les autres brioches du Gisors-Paris ?)

Gracianne a dit…

Misa, j’espère que le plan sera bon pour toi aussi. C’est une idée qui va faire des petits rapidement je crois.

Gab, si je le pouvais, si j’avais le temps, j’irais bien au marché moi aussi. Mais souvent c’est en semaine quand je ne suis pas chez moi. C’est loin, dans nos petits villages il n’y a plus de marchés. Et puis les produits, achetés à Rungis, ne sont guère différents de ce que je peux trouver chez mon maraicher. C’est une chance d’avoir un marché proche de chez soi.

Enrico, ça ne m’étonne pas. Et pourtant vous avez quelques beaux marchés à Rome, des produits locaux souvent. Mais tout le monde n’a pas le temps de faire le marché.

Camille, bon, j'espère que tu ne seras pas déçue par ta commande.
La recette est pas mal, j'ai beaucoup aimé l'ajout de porto (ce n'est pas du bon Porto, juste du porto de cuisine acheté a la frontière espagnole, mais ça le fait).

Et non, ce n'est pas la même Catherine des brioches et des brownies du train. Catherine du train habite Gisors et même si elle montait une ruche ce serait bien trop loin pour moi.

Au gré du marché a dit…

Je me souviens du goût du poulet en France (je ne parle pas de la pintade ici, il était tellement bon!). Au Québec, malheureusement nos volailles sont moins goûteuses que chez vous, car ce qui compte en Amérique, c'est la quantité (le rendement) et non la qualité. Alors, j'imagine très bien le goût sublime que cette pintade a dû avoir!
On a au Québec, le panier tout prêt, mais il est aussi possible, si on se rend chez certains agriculteurs de monter soi-même son propre panier.
Lou

Gracianne a dit…

Lou, chez nous aussi tu sais on privilégie en général le rendement sur la qualité. Mais je crois que certains sont en train de comprendre qu’il vaut mieux manger moins de viande et insister sur la qualité. Evidemment, on n’en a pas tous les moyens, je suis bien consciente que c’est un privilège.

Bolli's Kitchen a dit…

superbe! Je trouve qu'on devrait subventionner plus ce réseau directos du producteur au cosommateur en nous groupant! Qui a besoin des supermarchés???

Claire a dit…

Super initiative cette Ruche qui dit oui, il faut que je me renseigne ! Merci pour ce partage d'expérience.

Requia a dit…

Ici aussi une copine a mis en place une antenne La Ruche qui dit oui. Mais comme j'ai toujours mon panier dans le potager du coin (qui fait de la réinsertion, etc) je ne suis pas encore allée voir ce qu'ils faisaient à la Ruche. Il faudrait, au moins pour les oeufs, les fruits.

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