lundi 29 mai 2006

Un départ



O. était parti depuis deux mois. Deux longs mois d'hiver Parisien, gris, lugubres. Je m'étais perdue dans les couloirs gris-jaunes fissurés de la Salpêtrière, à attendre des nouvelles de mon père. J'avais rencontré un prêtre à la recherche d'âmes en peine. Je m'étais enfuie.
Mais c'était fini, mon père allait mieux.

Souvent j'appelais O.
"Alors, c'est comment?"
"C'est beau ici, lumineux, tu verras. Tiens, on a fait un plat qui te plairait: des pâtes aux artichauts, à l'ail, huile d'olive et piments. Avec ça on boit un petit vin blanc des Castelli Romani, c'est bon."
"Tu mets de l'ail? Je croyais que tu n'aimais pas l'ail?"
"Oui, mais ici c'est bon."

Des artichauts, de l'ail, de l'huile d'olive, du piment et du vin blanc...il était temps que je le rejoigne à Rome.


Spaghetti aux artichauts (pour 2/3 personnes)

  • 1 botte d' artichauts poivrades (5-6 environ)
  • 300 g de spaghetti
  • 3 piments de cayenne séchés
  • 3 gousses d'ail pelées, dégermées
  • 1 dl d'huile d'olive
  • sel, poivre
  • 1 petit verre de vin blanc sec

Préparer un grand bol d'eau citronnée. Oter les feuilles extérieures les plus dures des artichauts, et couper la queue à 3 cm. Peler la queue. Couper la pointe des artichauts et les couper en deux. Oter le foin et les plonger dans l'eau citronnée pour éviter qu'ils ne noircissent.
Mettre un grande casserole d'eau à bouillir.
Mettre à chauffer l'huile d'olive dans une sauteuse. Eponger et émincer les artichauts un à un ( toujours pour éviter qu'ils ne noircissent) et les mettre à revenir dans l'huile, à feu moyen, avec l'ail coupé en morceaux et les piments entiers.
Une fois les artichauts un peu dorés et attendris, au bout de 10 minutes environ, saler, poivrer et ajouter le vin blanc. Baisser le feu et laisser mijoter environ 6 minutes, le temps de cuire les spaghetti (al dente, j'insiste). Ajouter si besoin un peu d'eau de cuisson des pâtes.
Appeler tout le monde à table.
Egoutter les pâtes, mélanger à la sauce aux artichauts et servir subito. Ne pas oublier le parmesan.

lundi 22 mai 2006

Top du kitch chez Katoche


Voici ma contribution à la brocante virtuelle de Katy. Allez y faire un tour, on y trouve des merveilles.

Ils ont bien kitch non, mes petits dieux Chinois? Mais ils protègent la maison. D'ailleurs il faut que je pense à leur remettre de l'encens pour attirer leurs bonnes grâces.

vendredi 19 mai 2006

Où Leeloo voulait nous faire manger des fleurs


Leeloo aime bien organiser des jeux. Je ne suis pas très joueuse, mais j’aimais bien l’idée d’expérimenter avec des fleurs. Et puis “L’imagination culinaire au pouvoir” c’est un joli nom de jeu, et en plus j’aime bien Leeloo. Je ne suis pas la seule, ce jeu a suscité de nombreuses jolies créations.

Bien sûr j’avais déjà mangé et cuisiné les fleurs de courgette, et mis des capucines dans la salade, mais pour les autres j’étais assez ignorante de leurs qualités gustatives. Je me suis donc mise à goûter les fleurs, pour voir. Les fleurs d’ajonc sur la lande en Bretagne, bof, pas terribles, les glycines, ça sent bon mais ce n’est pas bon, les fleurs d’acacia, j’ai cherché, mais il n’y en avait pas autour de moi. Je n’ai pas pensé à goûter les tulipes avant qu’elles ne fanent, pourtant Tarzile dit que c’est comestible. Les iris, les bleuets, non!

Et puis, un jour, j’ai goûté une fleur de romarin. Et qu’est-ce que c’était bon, piquant, poivré, un goût décidément puissant et très différent de celui des feuilles de romarin. A force de me creuser la tête, l’idée a fini par venir: j’allais les mettre dans une crème brûlée, que j’allais caraméliser au sucre d’érable. Si ce n’est pas une idée géniale ça! Sauf que, j’aurais dû réfléchir un peu, la création en desserts et moi, ça fait deux…

Je me mets donc à cueillir des fleurs de romarin, sous l’oeil amusé de mon homme, il en faut beaucoup, c’est long. “Tu comprends, c’est pour Leeloo, elle a organisé un jeu…”
A partir de là, plantage total: j’ai bien suivi la recette des crèmes et fait infuser le romarin au moins 15 minutes, mais j’en ai renversé une partie dans le liquide du bain-marie. Elles ont pris sans problème, mais le chalumeau que j’avais acheté pour caraméliser le sucre (là aussi, sourire goguenard de mon homme “mais je pouvais t’en prêter un de chalumeau!”) n’a jamais voulu fonctionner. Bon, j’ai fait autrement et on a goûté: ce n’était pas bon, trop gras, trop sucré et surtout aucune trace du goût des fleurs de romarin. Ca m’apprendra à vouloir faire la créative en cuisine!

Un peu d’humilité ne me faisant pas de mal, je nous ai préparé cette salade de feuilles d’épinards ET fleurs de ciboulette:

Vinaigrette:
  • moutarde
  • vinaigre balsamique
  • huile d’olive
  • huile de noisette

Tartines:
  • Pain aux céréales maison légèrement toasté
  • fromage blanc battu
  • 1 cs d’huile d’olive
  • 2 cs de ciboulette ciselée
  • sel
  • poivre
  • tranches fines de Bresaola

Les fleurs de ciboulette se mangent, elles ont une saveur beaucoup plus piquante que la ciboulette elle-même, vous pouvez les émietter sur la salade, c’est délicieux. A consommer avec modération quand même, c’est fort.

dimanche 14 mai 2006

Essaouira - Novembre 2005



Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Je ne sais pas à quoi je m’attendais d’ailleurs. Quand je visite un nouveau pays, j’évite de lire beaucoup avant, j’aime les surprises. Donc là, la surprise était totale.

C’était un weekend de fin novembre, il faisait froid déjà sur Paris, menaces d’averses de neige sur la France. Et là, en descendant de l’avion, c’était une après-midi de fin d’été, une douceur de l’air bienfaisante, un léger vent dans les palmiers. Le café de l’aéroport était délicieux, c’était bon signe.

Et puis la route, Marrakech-Essaouira, toute droite vers le couchant au milieu d’un désert de cailloux et de poussière. Peu de voitures, des petits camions surchargés, quelques mobylettes, et des charrettes à âne, transportant des familles, des marchandises. Au bord de la route des gosses, partout, les petites filles avec leurs nattes et leurs gros cartables, les petits garçons avec leurs maillots de foot, qui revenaient de l’école. Mais où était l’école, où était la maison ? Mystère, rien que du désert aride.

Traversée de petites villes poussiéreuses, au coucher du soleil. Quelques ampoules électriques jaunâtres éclairaient les boutiques. Mais de quoi vivent les gens par ici ?

Nous sommes arrivés de nuit. La petite ville était calme. Ca sentait les épices, la mer, l’humidité et la pisse de chat. Derrière la massive porte en bois de l’hôtel, le calme total. Une grande maison ouverte sur sa cour intérieure, une fontaine au centre, le bruit de l’eau, une odeur de cire, de térébenthine.


Au port, c’était l’heure de l’arrivée des chalutiers. Du monde partout, des gosses, plein, qui aidaient au déchargement, odeurs d’essence et de poisson, cris des mouettes. C’était familier, mais je me suis soudain sentie très étrangère au milieu de toutes les femmes voilées.


La nuit fût calme, hors du monde. Le matin, réveillée par le chant des oiseaux dans la cour intérieure, j’ai gravi l’escalier jusqu’à la terrasse. La petite ville fortifiée s’étalait tout autour, la luminosité était insoutenable, au loin la mer scintillait. Le bonheur…



Après ? Rien que du plaisir. L’impression de se sentir chez soi dans ces rues si actives, l’envie d’acheter de ce poisson si frais au souk. Les vendeurs de pâtisseries qui passaient avec leurs plateaux remplis de douceurs. Toutes les odeurs des boutiques d’épices, le thé pris dans la boutique et les discussions avec les jeunes du coin. Tellement de jeunes gens…Les pieds nus dans la mer, en novembre ! Le poisson grillé au bord de la mer. Le massage à l’huile d’argan, un vrai délice.

Et puis, surtout, la végétation du sud mêlée à l’air, aux odeurs de l’atlantique, comme si la Bretagne s’était transportée plus au sud et qu’il y faisait soudain chaud.
Vous l’avez compris, nous retournerons au Maroc.

Pour faire un peu comme là-bas :

Tajine de poulet au citron confit et aux olives

  • Un poulet de 1,5kg
  • 1 citron confit
  • 2 oignons émincés
  • 150g d’olives violettes
  • 2 /3 gousses d’ail écrasées
  • 3 carottes
  • 2 pommes de terre moyennes
  • 3 cs d’huile d’olive
  • 2 cs de Ras el Hanout*
  • 1 cs de cumin
  • Poivre
  • Huile d’argan
  • coriandre fraiche
Dans un plat à tajine, posé sur un diffuseur, faire revenir à l’huile d’olive le poulet. Ajouter les épices et le poivre. Ajouter ensuite les oignons et l’ail, faire revenir. Ajouter le citron confit coupé en morceaux et les olives. Mouiller à hauteur d’eau ou de bouillon de volaille. Couvrir et laisser cuire à feu doux environ 45 minutes. Ajouter les carottes et les pommes de terre coupées en morceaux et laisser cuire encore 30 minutes. Au bout de ce temps, le poulet doit être tendre et les légumes cuits mais encore fermes, la sauce dense. Sinon, laisser cuire un peu plus. Avant de servir, arroser d’un filet d’huile d’argan. Parsemer de coriandre. Servir directement dans le plat de cuisson.
Surtout, ne pas saler, les citrons confits et les olives étant en principe assez chargés en sel.
*J’ai utilisé un mélange d’épices pour poulet acheté à Essaouira, qui s’était un peu éventé je crois. C’est pour ça que j’ai rajouté du cumin. Alors attention en dosant le Ras el Hanout, il en faudra sûrement un peu moins que dans ma version.

Recette adaptée de "Le grand livre de la cuisine Marocaine" de Fatéma Hal, Ed. Hachette Pratique. La recette originale comportait du fenouil à la place des carottes et des pommes de terre, mais je n’en avais pas. Le mélange d’épices aussi était différent. J’ai rajouté de la coriandre.

vendredi 12 mai 2006

Pas de brouillard au Pont de Tolbiac


Zaza & Gracianne




Penglobe & Colette

Les photos sont de Penglobe avec l'appareil de Zaza, ou le contraire...
Rue du Chevaleret, Paris XIIIe. C’etait une journée magnifique et lumineuse, une de ces journée si rares de printemps où les Parisiens sourient. Une longue rue presque vide. La Grande Bibliothèque de l’autre côté de la Seine, et un petit restaurant sans prétention avec deux tables en terrasse. Des photos de Claudettes partout en devanture et un serveur au chaud sourire. Un resto de quartier, les voisins saluent les convives au passage.

Nous nous sommes retrouvées à quatre. Un déjeuner de filles, en terrasse, comme on en voit beaucoup au printemps à Paris. Nous aurions pu être des collègues, des copines. En fait, nous ne nous connaissions pas. Enfin…au début du repas.

Le repas s’est éternisé. Nous avons été raisonnables, si, je vous assure, pas de dessert, juste un seul apéro. Pas mal le rhum gingembre. Je ne vous détaillerai pas le menu, il est en photo chez Penglobe. Je ne vous raconterai pas non plus le plaisir de cette rencontre, Zaza et Colette l’ont fait avant moi. Je rajouterai juste: “On refait ça quand vous voulez les filles!”

Bonjour à Gigi du 20ème au passage.

dimanche 7 mai 2006

Chroniques du jardin Mai 2006


Ce billet est spécialement dédié à Tarzile, jardinière au Québec, et à jp, extraordinaire jardinier de l'Alentejo.

J'ai un cousin adorable, et adoré, jardinier des montagnes Basques, qui aime noter tous les jours, sur son carnet, les événements quotidiens: température, pluviométrie, nombre de palombes attrapées ou de truites pêchées, combien de kilos de cèpes récoltés, et toutes autres choses fort utiles à la mémoire collective. Ca ne sert à rien, mais tout jardinier, même les jardiniers amateurs que nous sommes, sait qu'il est passionnant de savoir si les fleurs de poirier sont ou non en retard par rapport à l'année précédente. Pour cela, j'ouvre ces chroniques de jardin, en souhaitant être encore ici l'année prochaine, pour comparer avec cette année l'état d'avancement de la végétation à la même époque. Salut Jeannot!

Aujourd'hui:
température minimale: 13,2 C
température maximale: 23,9 C
soleil voilé, averses passagères le matin
pas de truites, pas de palombes


Le romarin est en fleurs

Les abeilles commencent à s'intéresser à la glycine


Les tulipes sont sur un glorieux déclin


le thym a repris


l'estragon aussi


les bleuets sont en fleur


ainsi que les pervenches


les pissenlits en graines. Soufflez pour voir!


les encolies commencent tout juste à s'épanouir


les fraises des bois ne sont que futures


et la gerbe d'or flamboie

vendredi 5 mai 2006

Cat Blogging Friday!


Gala et nous sommes fiers de vous annoncer la naissance de nos derniers bébés. Ils sont cinq frères et soeurs nés hier, toute la famille se porte bien.

Si j'ai des lecteurs dans la région qui ont envie d'adopter des chatons, n'hésitez pas....

Madame l. and JMo, this one is for you.