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mardi 9 septembre 2014

Le rôti du dimanche : épaule d’agneau roulée au pesto d’herbes fraiches


Ce dimanche là, je m’étais levée tôt. Il faisait frais encore, brumeux. Les filles étaient parties vendre à la brocante leurs souvenirs d’enfance. Le reste de la maisonnée dormait. J’avais le temps.

Le temps de préparer une sauce de tomates fraiches, d’écosser les premiers Paimpol de la saison, de les mettre à cuire dans un bouillon parfumé de sauge. D’imaginer ce que j’allais faire de l’épaule d’agneau désossée achetée la veille.

Des herbes, envie d’herbes. De la sauge, du romarin, du thym, frais cueillis. Un peu d’huile d’olive. Et puis des pignons. Un peu d’ail. Comme un pesto mais sans le fromage. Et puis un filet d’anchois tiens, essayons. Epaule enduite de pesto, roulée, ficelée et mise à rôtir au four tranquillement. Le temps que la maison se réveille.

Ce dimanche là, ils n’ont pas déjeuné là. Les ados, ça vaque. Avec un sentiment de liberté qu’on leur envie parfois. Ils ne savent pas ce qu’ils ont loupé…


Epaule d’agneau roulée au pesto d’herbes
  • 1 belle épaule d’agneau désossée
  • 10 feuilles de sauge
  • 1 cc de romarin frais, ciselé
  • 1 cc de thym frais, effeuillé
  • 1 gousse d’ail écrasée
  • 1 cs de pignons
  • 2/3 cs d’huile d’olive
  • Sel, poivre
  • 1 filet d’anchois à l’huile
  • Quelques gousses d’ail en chemise
  • 3 échalotes
  • 25cl de Muscadet
Préchauffer le four à 210°C.

Mixer ensemble les ingrédients du pesto.
Etaler l’épaule sur une planche, coté peau au-dessous. Tartiner la face interne de pesto. Rouler la viande sur elle-même et ficeler.
Dans un plat à peine plus grand que la taille du rôti, disposer la viande entourée de gousses d’ail en chemise et d’échalotes.  Saler et poivrer la viande.
Enfourner pour environ 1 :30. Quand la viande commence à bien dorer sur le dessus, ajouter 1 verre de Muscadet. Retourner la viande de temps en temps et arroser pour qu’elle dore uniformément. Ne pas hésiter à rajouter un peu de vin blanc pour allonger la sauce.

Une fois le rôti doré, éteindre le four et laisser reposer porte entrouverte environ 10 minutes avant de servir. 
Servir éventuellement avec des cocos de Paimpol en sauce tomate et des haricots verts. Et le jus de cuisson.

Note : 1 :30 de cuisson paraitront peut-être un peu trop aux amateurs de viande rosée. Mais c’était une belle épaule, roulée donc la cuisson prend plus longtemps, et le résultat était extrêmement tendre, presque confit. Un vrai régal.


vendredi 8 mars 2013

Lasagnes vertes, veau et sauge


Un plat de lasagne, c’est un plat de fête. Un des ces plats qui prennent des heures à fabriquer, à mijoter, à gratiner. Et dont on reprend une part de plus, toujours.

La sauce, il faut la faire la veille, tu fais revenir les aromates, longtemps, très doucement. Puis tu rajoutes le veau, les tomates. Tu parfumes de feuilles de sauge fraiches, et tu l’oublie, deux ou trois heures sur feu très doux. Faut pas la brusquer.

La pasta, le mieux, c’est de la faire maison. Une pasta fraiche, c’est incomparable. Aux épinards, pourquoi pas ? Ca prend un peu de temps il est vrai, il y a de la farine plein la cuisine, et des anxieux autour qui se demandent à quelle heure ils vont bien pouvoir déjeuner.

Et puis la sauce blanche, bien lisse, c’est elle qui donnera le moelleux, la douceur, le côté coussin.

Plein de parmesan pour gratiner et puis au four. Rien que de regarder le plat buller, ça rend tout joyeux. Tu le poses sur la table et c’est riche, moelleux, plein de promesses.

Et les promesses, elles les tiennent ces lasagnes. Ca valait bien un peu de patience non ?

P.S. Les histoires de lasagnes au poney entendues ces jour-ci m’ont donné envie de ressortir de mes archives cette recette, publiée à l’occasion d’un « Lasagne Day » organisé il y a des lustres.

Il m’est arrivé, honte sur moi, d’acheter des lasagnes surgelées pour dépanner. L’ajout de viande de cheval m’indiffère totalement, c’est le manque de transparence dans la composition qui est scandaleux dans cette affaire. Et surtout, ce n’est pas bon.

Si vous voulez vraiment manger un plat de lasagne, faites les vous-mêmes, vous saurez ce qu’il contient. La pasta, vous pouvez l’acheter, c’est bon aussi, et faire une version rapide comme Manue, ou un ragù longuement mijoté comme Edda. Et si vous cherchez des idées de lasagnes différentes, vous pouvez jeter un coup d’œil à toutes les recettes compilées à l’époque par Marion, Dorian et moi-même (c’est drôle comme les photos étaient moins léchées à l’époque, mais les recettes n’en demeurent pas moins bonnes).


Lasagnes vertes, sauce veau et sauge / Lasagne verde al ragù di vitello e salvia

Sauce de veau à la sauge
  • 60g de pancetta
  • 1 petite carotte
  • 1 côte de céleri
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 30g de beurre
  • 600g de viande de veau hachée
  • 10 cl de vin rouge
  • 1 boite de tomates pelées concassées
  • 2 cs de concentré de tomates
  • Quelques cèpes séchés
  • Sel, poivre, muscade
  • Thym, laurier, romarin
  • 10 feuilles de sauge émincées
Réhydrater les cèpes dans un peu d’eau tiède. Hacher finement l’oignon, les carottes, le céleri, l’ail. Couper la pancetta en dés. Faire revenir le tout à feu doux dans un peu de beurre et d’huile pendant environ ¼ d’heure. Ajouter la viande et faire dorer le tout. Déglacer avec le vin rouge. Ajouter les tomates, le concentré, les cèpes, les épices et les aromates. Ajouter un peu d'eau pour que la sauce ne soit pas trop épaisse. Laisser cuire à feu doux et à couvert pendant environ 2 heures. La sauce doit être dense mais encore liquide. Rajouter un peu d'eau au fur et à mesure de la cuisson si besoin.
Sauce blanche
  • 75 cl de lait entier
  • 100g de beurre
  • 60g de farine
  • ½ cc de sel
Faire chauffer le lait sur feu moyen. Poser une casserole à fond épais sur feu moyen et faire fondre le beurre. Ajouter la farine et faire cuire 2 ou 3 minutes en remuant sans cesse, jusqu’à l’obtention d’un roux. Ne pas laisser brunir. Retirer la casserole du feu et verser le lait chaud en filet, sans cesser de remuer, au fouet. Ajouter le sel et remettre la casserole sur feu moyen pendant 1 minute en fouettant, jusqu’à ce que la sauce soit suffisamment épaisse et onctueuse pour napper une cuillère. Laisser refroidir.

La pasta aux épinards frais
  • 300g d’épinards frais
  • 400g de farine de blé
  • 3 gros œufs
Nettoyer les épinards en ôtant les côtes. Les laver soigneusement dans plusieurs eaux et les égoutter. Faire chauffer une sauteuse, ajouter les épinards et les laisser fondre en remuant de temps en temps jusqu’à ce qu’ils rendent toute leur eau. Les presser ensuite dans un linge afin d’exprimer le plus d’eau possible. Il doit en rester environ 100g.

Dans le bol du robot, mixer ensemble les œufs et les épinards jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Verser 325g de farine dans le bol du robot. Mixer jusqu’à obtention d’une pâte humide et grumeleuse : il faut compter environ 10 secondes. Si la pâte semble trop collante, ajouter un peu de la farine réservée, cuillerée après cuillérée, en mixant entre chaque ajout. Au bout de 30 secondes environ, la pâte doit former une boule au dessus de la lame. Lorsque vous la pincez, elle doit être légèrement humide sans être collante.

Choisir un plan de travail en bois ou plastique légèrement rugueux pour faciliter le pétrissage. Le fariner légèrement. Poser la boule de pâte au centre de la surface et commencer à pétrir. Avec la paume d’une main, repoussez la boule. Avec l’autre main, saisissez la par l’extrémité la plus éloignée de vous, repliez la vers vous, puis tournez la d’un quart de tour. Renouvelez l’opération en tournant à chaque fois la pâte d’un quart de tour. Arrêtez de pétrir lorsque la pâte est humide sans être collante et d’un vert uniforme. Cette opération de pétrissage prend 2 ou 3 minutes. Laissez reposer la pâte pendant 30 minutes.

Pétrissage et abaissage
Couper la pâte en 4 morceaux. Fariner un morceau et le passer au laminoir en le réglant au maximum d’écartement. Replier chaque morceau sur lui même et répéter cette opération 8 à 10 fois en farinant la pâte entre chaque passage. Puis diminuer l’écartement et commencer d’abaisser la pâte, en la farinant légèrement entre chaque passage et en diminuant progressivement l’écartement. Elle sera prête quand elle atteindra environ 2 mm d’épaisseur (on doit voir sa main à travers).
Poser les bandes de pâte sur un plateau fariné et recommencer avec les pâtons restants.

Montage
Beurrer un plat à gratin. Verser un peu de sauce blanche au fond du plat, puis disposer progressivement une couche de pâte, une couche de sauce blanche, une couche de sauce à la viande et une couche de parmesan râpé. Recommencer l’opération jusqu’à épuisement en terminant par une couche de sauce blanche et une couche de parmesan. Si la sauce à la viande est suffisamment liquide, il n’est pas nécessaire de précuire la pâte.

Enfourner les lasagnes environ 40 minutes dans un four préchauffé à 190°C.

mercredi 13 juillet 2011

Rôti de veau farci aux herbes du jardin


Je ne vous referai pas le coup du rôti de veau « du jardin », même si c’est un peu ça. Il n’y a pas encore de veau dans le jardin. Des herbes oui, par contre, c’est la pleine saison. Je crois que si je devais retourner vivre en ville, c’est ce qui me manquerait le plus (entre autres), de pouvoir cueillir directement les herbes, au fur et a mesure des besoins, des envies. Ou alors il me faudrait une terrasse, des bacs sur un bout de balcon…croyez moi, je réalise à quel point c’est un luxe.

Donc ce dimanche là, j’avais un rôti de veau, parce qu’on ne peut pas se nourrir que de salades et de sorbets, et des envies d’herbes fraiches, de parfums ensoleillés. J’avais tout sous la main. 


Rôti de veau farci aux herbes fraiches
  •  1 rôti de veau dans l’épaule
  • 4 fines tranches de jambon cru italien
  • 1 cs d’huile d’olive
  • 6 feuilles de sauge fraiche
  • 2 branches de romarin frais
  • 4 branches de thym frais
  • Sel, poivre
  • Ficelle à rôti
  • 4 échalotes
  • 1 gousse d’ail nouveau
  • 1 feuille de laurier frais
  • 250g de champignons de Paris
  • 1 poignée de tomates cerise
  • 2 verres de vin rosé

Commencer par démailloter le rôti de veau, ôter la barde et l’ouvrir à plat sur le plan de travail. Oter les parties nerveuses si besoin.
Mixer ensemble le jambon cru, les herbes fraiches émincées, un peu de sel et de poivre avec l’huile d’olive, jusqu’à obtenir un pesto.
Etaler ce pesto sur toute la surface interne de la viande et rouler à nouveau le morceau en rôti. Ficeler soigneusement pour que le pesto ne s’échappe pas à la cuisson.
Dans une cocotte à fond épais, faire mousser un peu de beurre avec un filet d’huile d’olive et la feuille de laurier. Faire revenir le rôti sur toutes ses faces, saler, poivrer. Dans le même temps, ajouter au fur et à mesure les échalotes, la gousse d’ail en chemise. Puis les champignons, laisser dorer. Enfin les tomates cerises, laisser confire 5 minutes. Saler, poivrer. Déglacer avec le vin rosé. Couvrir et laisser cuire tranquillement une demi-heure.
Je le sers avec des pâtes (oui, je sais Enrico, en Italie on mange les pâtes avant, toutes seules), mais ce serait très bon aussi avec du riz, de la purée, et quelques feuilles de blettes cuites à l’étuvée.

Imprimer la recette.

mardi 15 décembre 2009

Un parfum de sauge



C’était la fin des années 70. Les filles brodaient des fleurs sur leurs jeans, la cafette du lycée était autogérée, les mégaphones sortaient à la moindre occasion et j’apprenais le grec ancien en cuisinant. Nous abandonnions de temps en temps Sophocle à ses tragédies pour aller festoyer dans la salle de cuisine attenante. Nos cours avaient un parfum de sauge. Celui des feuilles rapportées de Grèce par Françoise – on appelait alors nos profs par leurs prénoms, il arrivait même qu’on les tutoie – infusées et sucrées d’un miel épais du Péloponnèse, accompagnant des beignets au miel, des kadaïfis ou des baklavas.

J’ai adoré mes cours de grec.

J’en ai gardé le goût de la sauge.

Je l’ai retrouvée en Italie, dans les saltimbocca, dans la porchetta, dans la pasta, ou utilisée avec parcimonie dans certaines sauces, cette feuille au parfum puissant de garrigue.

De retour dans nos terres du Nord, il a fallu en planter, de peur de manquer de cette plante salvatrice, guérisseuse. Elle n’est plus jamais sortie de ma cuisine.



Rôti de porc au lait et à la sauge

800g de rôti de porc *
4 tranches de jambon de Parme
10 feuilles de sauge
10g d’ail
Sel, poivre
6 dl de lait entier
2 dl de crème fleurette

Hacher ensemble très finement le jambon, la sauge et l’ail. Ajouter du sel et du poivre. Percer le rôti tous les 2 cm à la pointe d’un couteau, et insérer un peu de hachis dans chaque incision. Dans une cocotte à fond épais, faire revenir le rôti sur toutes ses faces. Ajouter ensuite le restant de hachis et le laisser blondir une minute. Verser le lait et la crème fraiche. A ébullition, baisser le feu, couvrir et laisser mijoter à feu doux environ 45 minutes.
Sortir le rôti et réserver au chaud. Passer la sauce au mixer plongeant pour éliminer les grumeaux. La faire réduire un quinzaine de minutes à feu vif.
Servir la viande avec du riz ou des pates, nappée de sauce.

* Excellent aussi avec un rôti de veau.
Imprimer la recette
Recette tirée de cuisine Toscane a Villa Gamberaia, de Camilla Zalum, éditions Noêsis.

samedi 6 décembre 2008

Lasagne verde, sugo di vitello e salvia



Un plat de lasagne, c’est un plat de fête. Un des ces plats qui prennent des heures à fabriquer, à mijoter, à gratiner. Et dont on reprend une part de plus, toujours.

La sauce, il faut la faire la veille, tu fais revenir les aromates, longtemps, très doucement. Puis tu rajoutes le veau, les tomates. Tu parfumes de feuilles de sauge fraiches, et tu l’oublie, deux ou trois heures sur feu très doux. Faut pas la brusquer.

La pasta, le mieux, c’est de la faire maison. Une pasta fraiche, c’est incomparable. Aux épinards, pourquoi pas ? Ca prend un peu de temps il est vrai, il y a de la farine plein la cuisine, et des anxieux autour qui se demandent à quelle heure ils vont bien pouvoir déjeuner.

Et puis la sauce blanche, bien lisse, c’est elle qui donnera le moelleux, la douceur, le côté coussin.

Plein de parmesan pour gratiner et puis au four. Rien que de regarder le plat buller, ça rend tout joyeux. Tu le poses sur la table et c’est riche, moelleux, plein de promesses.

Et les promesses, elles les tiennent ces lasagnes. Ca valait bien un peu de patience non ?

Evidemment, celles-ci sont pour notre Lasagne Day à nous, Dorian, Marion et moi. Mais je les ai faites avant tout pour nous faire plaisir, à moi, et à ma famille. Vous nous en avez fait de belles vous aussi, j’en ai déjà vu un certain nombre et il y en aura encore plus ce soir. Merci d’avoir mis la main à la pâte avec autant d’enthousiasme.




Sauce de veau à la sauge

  • 60g de pancetta
  • 1 petite carotte
  • 1 côte de céleri
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 30g de beurre
  • 600g de viande de veau hachée
  • 10 cl de vin rouge
  • 1 boite de tomates pelées concassées
  • 2 cs de concentré de tomates
  • 1 cube de bouillon aux cèpes (ou mieux quelques cèpes séchés)
  • Sel, poivre, muscade
  • Thym, laurier, romarin
  • 10 feuilles de sauge émincées

Hacher finement l’oignon, les carottes, le céleri, l’ail. Couper la pancetta en dés. Faire revenir le tout à feu doux dans un peu de beurre et d’huile pendant environ ¼ d’heure. Ajouter la viande et faire dorer le tout. Déglacer avec le vin rouge. Ajouter les tomates, le concentré, le bouillon, les épices et les aromates. Ajouter un peu d'eau pour que la sauce ne soit pas trop épaisse. Laisser cuire à feu doux et à couvert pendant environ 2 heures. La sauce doit être dense mais encore liquide. Rajouter un peu d'eau au fur et à mesure de la cuisson si besoin.

Sauce blanche

  • 75 cl de lait entier
  • 100g de beurre
  • 60g de farine
  • ½ cc de sel

Faire chauffer le lait sur feu moyen. Poser une casserole à fond épais sur feu moyen et faire fondre le beurre. Ajouter la farine et faire cuire 2 ou 3 minutes en remuant sans cesse, jusqu’à l’obtention d’un roux. Ne pas laisser brunir. Retirer la casserole du feu et verser le lait chaud en filet, sans cesser de remuer, au fouet. Ajouter le sel et remettre la casserole sur feu moyen pendant 1 minute en fouettant, jusqu’à ce que la sauce soit suffisamment épaisse et onctueuse pour napper une cuillère. Laisser refroidir.



La pasta aux épinards frais

  • 300g d’épinards frais
  • 400g de farine de blé
  • 3 gros œufs


Nettoyer les épinards en ôtant les côtes. Les laver soigneusement dans plusieurs eaux et les égoutter. Faire chauffer une sauteuse, ajouter les épinards et les laisser fondre en remuant de temps en temps jusqu’à ce qu’ils rendent toute leur eau. Les presser ensuite dans un linge afin d’exprimer le plus d’eau possible. Il doit en rester environ 100g.

Dans le bol du robot, mixer ensemble les œufs et les épinards jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Verser 325g de farine dans le bol du robot. Mixer jusqu’à obtention d’une pâte humide et grumeleuse : il faut compter environ 10 secondes. Si la pâte semble trop collante, ajouter un peu de la farine réservée, cuillerée après cuillérée, en mixant entre chaque ajout. Au bout de 30 secondes environ, la pâte doit former une boule au dessus de la lame. Lorsque vous la pincez, elle doit être légèrement humide sans être collante.

Choisir un plan de travail en bois ou plastique légèrement rugueux pour faciliter le pétrissage. Le fariner légèrement. Poser la boule de pâte au centre de la surface et commencer à pétrir. Avec la paume d’une main, repoussez la boule. Avec l’autre main, saisissez la par l’extrémité la plus éloignée de vous, repliez la vers vous, puis tournez la d’un quart de tour. Renouvelez l’opération en tournant à chaque fois la pâte d’un quart de tour. Arrêtez de pétrir lorsque la pâte est humide sans être collante et d’un vert uniforme. Cette opération de pétrissage prend 2 ou 3 minutes. Laissez reposer la pâte pendant 30 minutes.

Pétrissage et abaissage

Couper la pâte en 4 morceaux. Fariner un morceau et le passer au laminoir en le réglant au maximum d’écartement. Replier chaque morceau sur lui même et répéter cette opération 8 à 10 fois en farinant la pâte entre chaque passage. Puis diminuer l’écartement et commencer d’abaisser la pâte, en la farinant légèrement entre chaque passage et en diminuant progressivement l’écartement. Elle sera prête quand elle atteindra environ 2 mm d’épaisseur (on doit voir sa main à travers).
Poser les bandes de pâte sur un plateau fariné et recommencer avec les pâtons restants.

Montage

Beurrer un plat à gratin. Verser un peu de sauce blanche au fond du plat, puis disposer progressivement une couche de pâte, une couche de sauce blanche, une couche de sauce à la viande et une couche de parmesan râpé. Recommencer l’opération jusqu’à épuisement en terminant par une couche de sauce blanche et une couche de parmesan. Si la sauce à la viande est suffisamment liquide, il n’est pas nécessaire de précuire la pâte.

Enfourner les lasagnes environ 40 minutes dans un four préchauffé à 190°C.

lundi 29 septembre 2008

Coco de Paimpol à la Elvira

Il y a comme ça des correspondances. Quelquefois, Elvira, ses recettes, on dirait qu’elle les publie pour moi. Je les lis et je sens instantanément qu’elles vont intégrer ma cuisine, qu’elles y seront adoptées aussitôt comme recette de famille. Et depuis bientôt quatre ans de cette influence gourmande, je n’ai jamais été déçue. Entre l’Europe du Sud et l’Asie, nos envies sont les mêmes, avec quelques légers décalages qui rendent le dialogue passionnant.

Des recettes toutes en simplicité, aux goûts francs et évidents. Comme ces haricots à la sauge, moelleux, parfumés, en parfaite harmonie avec un filet mignon au goût de sud. Un bonheur simple.




Cocos de Paimpol à la sauge(pour 4 personnes)
  • 600g de haricots cocos frais, écossés
  • 1 feuille de laurier
  • 4 gousses d'ail avec la peau
  • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive + 1 filet
  • 1 oignon coupé en fines demi-lunes
  • 5 feuilles de sauge grossièrement hachées
  • 1 pincée de piment d’Espelette
  • 2 tomates mûres coupées en petits dés (sans peau ni graines)
  • 2 cs de coulis de tomate
  • sel, poivre
Mettre les haricots dans une grande casserole, avec les gousses d'ail et la feuille de laurier. Saler et couvrir d'eau froide. Porter à ébullition puis baisser le feu. Laisser frémir pendant environ 1h00, jusqu'à ce qu’ils soient tendres. Écumer la surface de temps en temps. Égoutter les haricots et réserver.

Chauffer les 2 cuillères à soupe d'huile d'olive à feu doux dans une sauteuse. Ajouter les demi-lunes d'oignon, la sauge hachée, le sel, le poivre et le piment d’Espelette. Faire revenir pendant 10 minutes, ou jusqu'à ce que l'oignon soit tendre et transparent, en remuant de temps en temps.

Éliminer la peau des gousses d'ail ayant cuit avec les haricots et les ajouter à la sauteuse, ainsi que la feuille de laurier. Laisser cuire pendant encore 1 minute, en remuant.

Ajouter les petits dés de tomates, le coulis de tomate et les haricots. Faire sauter pendant 3-5 minutes en remuant souvent jusqu'à ce que les haricots soient bien chauds et enrobés de sauce. Rectifier l'assaisonnement.
Transférer les haricots dans un plat de service et arroser avec 1 filet d'huile d'olive crue. Servir sans attendre.

lundi 11 août 2008

Poulet au beurre de sauge


Tout est parti d’un bouquet de sauge. Un bouquet d’herbes cueilli au jardin au petit matin, avant de partir pique-niquer aux Tuileries avec Marion. Le train de banlieue embaumait la sauge, la citronnelle, l’estragon et la lavande, un petit bout de jardin qui voyageait.

Tranquillement installées à l’ombre des tilleuls, autour d’un délicieux – et hautement recommandable – curry de pommes de terre, nous avions parlé de choses et d’autres, de vacances, d’envies de partir, et de la destination éventuelle du bouquet de sauge.

Plus tard, par curiosité, j’avais googlé « sauge poulet », puis « sage chicken » et trouvé un certain nombre de recettes dont une d’inspiration italienne sur le site de la BBC, du chef Mike Robinson, Chicken breasts stuffed with sage and mustard. C’est là que toutes les deux, complètement fascinées par la vidéo de Mike Robinson, qui parlait avec tant de gourmandise et de volupté du parfum de la sauce à la sauge s’échappant avec douceur de ce morceau de poulet moelleux, emballé dans des tranches de jambon croustillantes, nous n’avons pas résisté.

Nous l’avons faite chacune de notre côté, et c’était plutôt bon je dois dire. Simple, moelleux et croustillant à la fois, très aromatique. Encore une fois vive la gourmandise des chefs anglais pour la cuisine italienne, et les conversations gourmandes avec Marion.
Vive la gourmandise tout simplement.

P.S. Si la sauge vous parle, si vous voulez en savoir plus, allez donc lire le joli article écrit par Ségolène à son sujet.



Poulet au beurre de sauge et jambon cru

  • Beurre de sauge
  • 12 feuilles de sauge fraiche ciselées
  • 100g de beurre mou
  • 4 cc de moutarde à l’ancienne
  • Sel, poivre
  • Poulet
  • 4 blancs de poulet
  • 8 tranches fines de jambon cru italien
  • 1 cc d’huile d’olive
  • sauce
  • 2 verres de vin blanc sec*
  • 1 gousse d’ail en chemise
  • 1 feuille de sauge
  • Sel, poivre

Préchauffer le four à 170°C.
Mélanger tous les ingrédients du beurre de sauge à la fourchette (je n’avais pas de moutarde à l’ancienne, j’ai remplacé par de la moutarde forte mélangée à des graines de moutarde et un peu de miel).
Faire une incision sur le côté de chaque blanc de poulet de façon à former une poche et farcir de beurre de sauge.
Sur une planche, déposer 2 fines tranches de jambon cru (chez moi c’était du jambon de Bayonne, qui a donné un petit goût ibérique à la recette) et en envelopper un blanc de poulet complètement en le roulant sur lui-même. De même avec les autres blancs.
Faire chauffer l’huile d’olive dans une poêle et saisir les blancs de poulet 2 minutes de chaque côté afin qu’ils soient bien dorés.
Enfourner pour 20 minutes (je vous conseillerais plutôt 15 minutes pour un blanc plus tendre).
Déglacer les sucs de la poêle avec le vin blanc. Ajouter l’ail en chemise écrasé et la feuille de sauge. Laisser réduire la sauce sur feu doux.
Pendant ce temps, faire cuire quelques petites pommes de terre à l’eau. Les peler et les remettre dans la casserole avec un peu de beurre demi-sel, et du poivre. Laisser à fau doux.
Une fois les blancs cuits, les sortir du four et laisser reposer au chaud pendant 10 minutes.
Ajouter les sucs de la plaque de cuisson dans la poêle. Rectifier l’assaisonnement. Pour le service, découper en diagonale et servir avec les petites pommes de terre toutes dorées.

* J’ai doublé la quantité de liquide par rapport à la recette originale, il n’y a jamais assez de sauce ;)

lundi 14 avril 2008

Le meilleur et le plus simple

Des livres de cuisine, j’en ai un certain nombre, des gros, des petits, en français, anglais ou italien, certains plus indispensables que d’autres. J’aime les livres.
Mais si je devais en choisir un parmi tous, un livre chouchou, comme nous le demande Anne, c’est celui là qui l’emporterait : Le meilleur et le plus simple de Robuchon, par Patricia Wells.




C’est ce livre qui m’a donné les bases du peu que je connaisse en cuisine. Il contient bien sûr quelques recettes un peu complexes, ou qui comprennent des ingrédients que je n’ai jamais eu le loisir de cuisiner. Le caviar ou la truffe ne font pas partie de mes menus habituels. Mais il m’a appris aussi à faire correctement un potage poireau-pommes de terre ou une purée, à prêter attention à la juste cuisson des légumes, celle qui va révéler au mieux leur saveur, et à les marier entre eux.

Si on veut un jour parler correctement une langue, il faut commencer par les bases, la grammaire. De la même façon en cuisine – en toute chose – et ce livre est truffé de petits conseils techniques qui permettent de progresser.

Patricia Wells a eu le grand talent de faire ressortir le côté humain et chaleureux de cette cuisine très classique, mais qui sublime au mieux le goût de chaque ingrédient.
Un des premiers plats que j’avais essayé dans ce livre, il y a plus de 15 ans, outre une mousse au chocolat amer, une tarte au chocolat absolument excellente, et un velouté de potiron parfait, était ce carré de porc aux oignons, tomates, carottes et sauge. Ce qui me semblait fastidieux à l’époque, faire caraméliser les légumes un à un avant de les assembler, me parait si simple et évident aujourd’hui. C’est un plat de ménage, du dimanche, généreux et simple. Il demande tout juste un peu de patience, mais le résultat, la viande parfumée, les petits légumes tout confits dans le jus, la justifient amplement. Je vous en donne ma version.


Carré de porc aux oignons, tomates, carottes et sauge
(pour 5 personnes)

1 carré de porc de 5 côtes (environ 1kg2)
4 gros oignons
5 belles carottes
8 tomates olivettes
4 gousses d’ail
1 petit bouquet de sauge
Thym et romarin frais
Sel, poivre, piment d’espelette
Beurre doux
Huile d’olive

Eplucher les oignons. Les couper en grosses tranches de 1cm d’épaisseur. Les faire revenir doucement sur un côté dans un peu de beurre et d’huile. Au bout d’environ 5 minutes, quand ils sont dorés, les retourner délicatement en les gardant entiers. Faire dorer l’autre face, saler et poivrer en fin de cuisson. Réserver.
Eplucher et épépiner les tomates. Les couper en deux. Les faire revenir dans un fond d’huile d’olive en secouant la poêle de temps en temps, pendant environ 10 minutes, jusqu’â ce qu’elles soient dorées. Saler et poivrer. Egoutter et réserver.

Eplucher les carottes. Les couper en rondelles de 1 cm. Les faire revenir dans un peu de beurre et d’huile pendant 10-15 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient dorées et tendres. Ajouter l’ail et faire revenir encore 2 minutes. Saler et poivre. Egoutter et réserver.

Préchauffer le four à 200ºC.

Saler, poivrer et espeletter largement le carré de porc (dans la recette originale, il est désossé, mais je préfère le garder entier, les os donnent du goût à la sauce). Introduire des feuilles de sauge dans les fentes entre les côtes. Parsemer de thym.
Dans un plat à four, alterner des rangées d’oignons, de tomates et de carottes. Parsemer de thym, de romarin et de sauge ciselée. Disposer la viande sur les légumes et enfourner pour une heure.
Au bout d’une heure, verser ½ tasse d’eau au fond du plat, couvrir d’un papier aluminium, et continuer la cuisson pendant 15 minutes.
Eteindre le four et laisser le plat reposer pendant encore 15 minutes, porte du four ouverte, afin de laisser la viande se détendre.


dimanche 18 juin 2006

Clin d'oeil



Massimo avait passé une nuit exécrable. Il faisait chaud cette nuit là, le ronronnement du ventilateur au plafond, qui ne remuait que de l’air chaud, l’avait empêché de dormir une partie de la nuit. Puis les voisins, qui s’engueulaient, comme d’habitude, le bébé hurlait. Il s’était assoupi au petit matin, pour être réveillé par le chat qui voulait sortir – mais pourquoi est-ce qu’on s’oblige à vivre avec ces bestioles ? – puis par les marchands qui commençaient à déballer à l’aube, installant les stands du marché aux puces de Porta Portese. Là encore, qu’est-ce qui avait bien pu le pousser à choisir un appartement situé au cœur du marché aux puces ? Sûrement, il avait dû le visiter un jour de semaine.

Et puis le téléphone, insistant. Le crime avait eu lieu dans un de ces appartements huppés, en terrasse, adossé aux pentes du Gianicolo. La police scientifique était déjà sur les lieux. De là haut, sûrement, on devait voir jusqu’à l’Aventin. Peut-être même jusqu’au petit jardin d’orangers à côté de Santa Sabina. Il devait faire bon là-bas, ce matin.

Mais pour Massimo le dimanche était foutu. Dire qu’il aurait pu être à Fregene, comme tout le monde, à écouter le match à la radio en regardant les filles se balader en se tenant par la main sur la plage. Non, il fallait y aller.

Dehors, sur le Viale Trastevere, tout le monde marchait d’un seul côté, à l’ombre des platanes immenses. Il passa à côté du petit restaurant de quartier, les tables sous la tonnelle désertes à cette heure matinale. Par la fenêtre, on apercevait la grande fresque du Vésuve en éruption, dans la salle. Le menu du jour annonçait des Saltimbocca a la romana, accompagnées d’un contorno d’épinards juste tombés à l’huile d’olive et aux échalottes. Il décida de repasser par là pour le déjeuner.

Saltimbocca a la Romana
(ou sautes-en-bouches à la Romaine)

  • 300g de médaillons de veau
  • 80g de jambon de Parme dégraissé (coupé en tranche très fines, ou « sottile », subtiles, comme disent les italiens, y a-t-il au monde une langue plus belle ?)
  • 24 feuilles de sauge
  • 20g de beurre
  • Huile d’olive
  • Sel
  • Poivre
  • Bâtonnets
  • 1 dl de marsala

Compter 6 tranches de veau très fines par personne et une tranche de jambon par saltimbocca. Découper les tranches de jambon à la taille des saltimbocca. Fariner les médaillons et les saisir rapidement de chaque côté, dans le beurre et l’huile. Poivrer. Disposer une feuille de sauge sur chaque tranche, puis une tranche de jambon, et maintenir à l’aide des bâtonnets.
Dans la même poêle, saisir de nouveau les saltimbocca de chaque côté 1 mn. Saler peu et ajouter le marsala. Laisser évaporer 1 mn et servir immédiatement les saltimbocca nappés de sauce.

Recette tirée de "Cuisine Toscana a Villa Gamberaia" de Camilla Zalum, Ed. Noêsis, un de mes bouquins préférés.