jeudi 26 avril 2012

Guess where...



Into a gradual calm the breezes sink,
A blue rim borders all the lake's still brink;
There doth the twinkling aspen's foliage sleep,
And insects clothe, like dust, the glassy deep:
And now, on every side, the surface breaks
Into blue spots, and slowly lengthening streaks;
Here, plots of sparkling water tremble bright
With thousand thousand twinkling points of light;
There, waves that, hardly weltering, die away,
Tip their smooth ridges with a softer ray;
And now the whole wide lake in deep repose
Is hushed, and like a burnished mirror glows,
Save where, along the shady western marge,
Coasts, with industrious oar, the charcoal barge.


From An Evening Walk
William Wordsworth (1770-1850)

Et non ce n’était pas l’Ecosse, mais ce n’est pas bien loin. C’est Rosa qui avait la bonne réponse dès le départ (mais elle avait un indice, et puis elle est à moitié anglaise) puisqu’il s’agit de Derwent Water, l’un des 14 lacs du magnifique Parc national du Lake District, région de Cumbria, Grande Bretagne.

jeudi 12 avril 2012

Colomba di Pasqua


C’était un défi qui me tentait depuis des années : réussir la Colomba, la mythique brioche que l’on trouve partout en Italie à l’approche des fêtes de Pâques. Moins connue en France que ses cousins Panettone et Pandoro, elle est au moins aussi importante dans la tradition italienne que la buche de Noël l’est chez nous. Brioche au levain à double fermentation, cuite dans un moule en forme de colombe, elle est enrichie d’écorces d’orange confite et glacée d’un mélange d’amandes, de noisettes et de pignons liés au blanc d’œuf puis recouverte de sucre perlée et de sucre glace avant cuisson.

Il me fallait les moules, Cathy et Réquia me les ont trouvés, une commande spéciale sur My Sweet Boutique, merci les filles !

Il me fallait la recette, je l’ai trouvée en Italie, naturellement, chez Martina qui suivait elle-même celle de Papum, un pâtissier professionnel qui a eu la générosité de mettre sa recette à la disposition du public (j’ai vu depuis que Rosa avait utilisé la même recette en 2009, j’aurais pu chercher moins loin).

Et puis il me fallait du temps, beaucoup de temps, devant moi. La colomba se mérite mais le résultat est à la hauteur de la technicité et de l’attente. La mie est alvéolée, douce, odorante, le glaçage est une gourmandise à lui seul et je ne vous raconte pas l’odeur qui se répand lors de la cuisson…Insomma, comme l’écrit Martina, è da provare!

La legatura, l’incordatura, la mandorlatura, elle est bien plus belle, plus parlante écrite en italien cette recette. Je vais essayer de vous la traduire à ma façon. C’est long, ça peut sembler rébarbatif et technique, peut-être que ça n’intéresse que moi, mais allons-y quand même.

La farine : la recette italienne préconise d’utiliser de la farine manitoba (et encore pas n’importe quelle marque, il y a des discussions sur les blogs italiens à ce sujet) qui a un taux plus élevé de protéines et supporte mieux les longs temps de levée et l’ajout d’ingrédients tels les écorces d’orange confite. En France, on trouve la manitoba dans certains magasins bios (voir le joli billet d’Estérelle à ce sujet), mais je n’en avais plus. Marie-Claire utilise de la T65 pour ce type de recette, mais celle que j’utilise pour le pain est un peu trop corsée pour les brioches. J’ai donc opté pour de la T55 bio, additionnée d’un peu de gluten (en magasin bio) pour la renforcer. Au choix, si vous tentez cette recette, préférez une bonne T65 ou de la manitoba si vous en trouvez, vous obtiendrez de meilleurs résultats.

Le levain : pour réussir cette recette, il faut d’abord préparer un levain très actif et rafraichi de nombreuses fois à intervalles courts pour lui ôter son acidité. Le levain transalpin est plus solide que le levain humide que nous utilisons pour le pain, presque une pâte à pain. J’ai totalement raté mon premier essai et recommencé à zéro en suivant les indications de Marie-Claire pour sa recette de panettone, qui se sont avérées (sans surprise) efficaces.
Au passage, le levain chef se traduit en italien par « pasta madre », pâte mère, ce que je trouve bien plus parlant.

Colomba di Pasqua
(pour 4 moules de 300g)

Jour 1
18 :00 Rafraichir 50g de levain chef de 20g d’eau et 40g de farine (ici T55 additionnée d’1/4 cc de gluten), couvrir et laisser tripler de volume dans un endroit tiède.

22 :00 Rafraichir 50g du levain obtenu de 50g de farine et 23g d’eau (ma farine absorbant beaucoup l’eau, j’en ai mis un peu moins, environ 40g, il ne faut pas que le levain soit trop ferme).
Ensuite, et c’est là que ça devient fun, emballer le levain dans un sac en plastique type congélation, puis dans un linge et lier le tout (legatura) comme un saucisson pour éviter que le levain ne s’échappe. Il semble que ce procédé lui donne plus de force et moins d’acidité (voir la technique chez Marie-Claire et la vidéo de Martina). Laisser le levain emmailloté à température ambiante toute la nuit.


Jour 2
9 :00 Ouvrir le petit paquet, qui devrait être normalement tout rebondi et contenir un levain très aéré (surprise…). Prélever 25g au cœur de ce levain.
Faire le 1er rafraichi comme suit :
  • 25g de levain chef
  • 50g de farine *
  • 25g d’eau minérale
* Là encore j’ai utilisé la T55 additionnée d’1/2 cc de gluten et j’en ai mis environ 45g, il faut que la pâte s’agrège en boule autour de la cuillère, mais elle ne doit pas être trop dure pour autant.
Pétrir cette pâte au laminoir (degré 0) ou au rouleau, comme pour les pâtes fraiches, une dizaine de fois, jusqu’à obtenir une pâte souple et homogène. Former une boule, la déposer dans un saladier, l’inciser en croix, couvrir et laisser lever environ 4 heures au chaud, jusqu’à ce qu’elle double de volume.
13 :00 (environ) procéder de la même façon pour le 2ème rafraichi en utilisant les proportions suivantes :
  • 50g de levain chef
  • 75g de farine *
  • 37,5g d’eau
* Là encore, adapter les proportions et enrichir éventuellement de gluten.

Laisser doubler de volume environ 4 heures.

17 :00 (environ) Procéder au 3ème rafraichi en utilisant les proportions suivantes :
  • 100g de levain chef
  • 100g de farine (pour moi environ 85g)
  • 45/50g d’eau
Laisser doubler de volume au chaud.

Vers 21-22h00 (enfin !)
Premier pétrissage
  • 135g de levain chef
  • 390g de farine (additionnée d’11 cc de gluten pour moi)
  • 155g de beurre mou
  • 105g de sucre
  • 3 jaunes d’œuf
  • 150g d’eau minérale
  • 50g d’eau minérale pour la finition
Faire dissoudre les 105g de sucre dans 150g d’eau.
Mélanger le levain chef avec les jaunes d’œufs et pétrir pendant 5 minutes. Ajouter l’eau sucrée et mélanger, puis ajouter la farine. Pétrir jusqu’à obtenir un mélange homogène. Ajouter le beurre mou et pétrir longuement jusqu’à ce que la pâte se détache des parois du bol, devienne brillante et très élastique et s’étire jusqu’à transparence sans se déchirer. C’est ce que les italiens nomment l’incordatura, la pâte forme une corde et s’enroule autour du crochet. Le test de la transparence, ou de la vitre, est illustré ici par Marie-Claire.

En pratique, j’ai pétri à vitesse 1 pendant environ 30 minutes (je ne sais pas ce que ça donne à la main, je n’ai pas l’intention d’essayer, d’autant plus que cette pâte est très collante).
A ce stade, ajouter petit à petit les 50g d’eau restante, mais seulement si la pâte les absorbe. Arrêter dès que la pâte ne semble plus absorber l’eau.
Verser la pâte dans un grand saladier, couvrir d’un linge et laisser lever toute la nuit (environ 12 heures) dans un endroit tiède (par exemple contre un radiateur et bien à l’abri des courants d’air). La pâte devrait tripler de volume.

Jour 3

2ème pétrissage.
  • Pâte obtenue du 1er pétrissage
  • 85g de farine
  • 15g de miel
  • 4g de sel
  • 30g de sucre
  • 3 jaunes d’œufs
  • 30g de beurre fondu
  • 2cc d’extrait de vanille
  • zeste d’une orange (au goût)
  • 300g d’écorces d’oranges confites coupées en dés *
* je n’en avais que 150g, orange et citron mélangés et je trouve que c’est suffisant. A vous de voir.

Pétrir le premier pâton avec le sucre le miel et le sel à vitesse minimum jusqu’à ce que la pâte forme une boule et que les ingrédients soient bien incorporés. Ajouter ensuite la farine et bien l’incorporer. Ajouter ensuite les jaunes d’œuf légèrement battus, 2 cc à la fois en mélangeant bien entre chaque ajout. Puis ajouter le beurre fondu (mais pas chaud) en trois fois, le zeste d’orange et la vanille et pétrir de nouveau jusqu’à ce que la pâte fasse la corde (environ 20-25 minutes). A ce stade, ajouter les dés d’orange confite et mélanger brièvement jusqu’à ce qu’ils soient bien incorporés.
Couvrir la pâte et laisser reposer une heure.

Verser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné et diviser en 4 morceaux du même poids (j’avais un peu plus de 300g pour chaque moule). Diviser chaque pâton en deux et former les ailes et le corps de la colombe (voir le billet de Papum pour le façonnage en photos). Disposer dans les moules et laisser reposer, couvert d’un linge dans un endroit chaud, jusqu’à ce que la pâte arrive à 1 cm du haut du moule.
En théorie, ça devrait prendre environ 4 heures. En pratique, il ne faisait pas chaud ce jour là, ma pâte ne levait pas, je les ai finalement mis à lever dans le four thermostat minimum (40ºC fonction levée – on peut aussi préchauffer le four au mini et éteindre de suite, pour qu’il fasse fonction d’étuve). Je n’y croyais plus, mais ma pâte a levé très doucement pour arriver presque en haut du moule vers 21:00. Donc chez moi environ 8 heures de levée (Je suppose que ça tient autant à la chaleur qu’à la qualité de la farine).
Préchauffer le four à 180ºC

Préparer le glaçage (mandorlatura):
  • 30g d’amandes amères*
  • 30g de noisettes grillées
  • 55g d’amandes (avec la peau)
  • 10g de pignons
  • 225g de sucre
  • blancs d’œufs (environ 3)
  • Amandes mondées coupées en deux, sucre perlé et sucre glace pour la finition

* je n’en ai pas trouvé, je les ai remplacées par des amandes mondées.
Réduire en poudre les fruits secs. Bien mélanger avec le sucre. Ajouter petit à petit suffisamment de blanc d’œufs pour former une crème.

Répartir cette crème sur les colombes avec le dos d’une cuillère. Parsemer d’amandes mondées. Couvrir abondamment de sucre perlé puis de sucre glace.

Enfourner pour environ 30-35 minutes – la recette indique un temps de cuisson de 50 minutes pour les moules de 1kg et de 40 minutes pour les moules de 500g.

Normalement, si tout se passe comme prévu et que vous avez bien suivi la recette, vous devriez obtenir 4 colombes bien gonflées et couvertes d’une croûte délicieusement craquante et odorante. Elles se conservent en principe longtemps bien emballées. Dévorez-les, offrez-les, faites en ce que vous voulez.

jeudi 5 avril 2012

11 ans et quelques cupcakes plus tard…

Cette fois-ci, elle avait tout pris en main. La liste des invités comme la liste des courses, au nombre de bouteilles de champomy près. Le rangement de la maison. La décoration de la table et le gonflage des ballons. La confection des paquets de bonbons et l’emballage des petits cadeaux pour ses copines. Le programme des festivités aussi : chasse aux cadeaux, chamboultout, loto, danse, trampoline, épervier…un programme chargé.

Elle a tout mené comme une pro. Nous laissant étonnés qu’elle soit déjà si grande.

Je n’ai fait que les courses – au passage, j’ai trouvé mon bonheur en matière de déco éphémère sur le nouveau site de Réquia et Cathy : My Sweet Boutique. Vous ne me trouverez pas souvent de pub sur ce blog (et celle-ci est gratuite et amicale), mais j’ai été séduite par le choix de trouvailles adorables et originales que mes deux copines ont mis en ligne (attention, je vous préviens, c’est difficile de résister).



Elle m’a laissé le choix des gâteaux.

Victoria Sponge Cake

C’est la recette du petit livre de Pascale Weeks, Cookies, muffins & Co, que je ressors depuis des années. La version de Pascale est à la confiture de framboise et sans crème. Il semble plus sucré en version fraise, et les enfants n’ont pas vraiment aimé. Mais finalement, il était bien meilleur et plus moelleux le lendemain, le temps qu’il s’imprègne de parfums (j’avais aussi ajouté à la recette une gousse entière de vanille de Madagascar envoyée par une charmante lectrice – merci Bich Tram – et le parfum trop prégnant n’était pas du goût des enfants).
  • 225g de beurre mou
  • 225g de sucre
  • 225g de farine à levure incorporée
  • 1 cc de levure chimique
  • 4 œufs
  • 1cs de lait
  • 4 cs de confiture de fraise
  • 20cl de crème fleurette entière
  • Sucre glace pour le décor
Préchauffer le four à 180ºC. Beurrer 2 moules de 21cm et les réserver au frais.
Mélanger le beurre mou et le sucre jusqu’à obtention d’une consistance crémeuse. Ajouter les œufs un à un en mélangeant bien entre chaque ajout. Ajouter la farine, la levure et le lait puis mélanger.
Verser cette pâte dans les deux moules et enfourner pour 30 minutes environ. Les bords du gâteau doivent se détacher légèrement du moule et une pointe de couteau insérée au centre du gâteau doit ressortir sèche. Laisser refroidir 10 minutes puis démouler sur une grille.
Monter la crème fleurette en chantilly.
Lorsque les gâteaux sont complètement refroidis, étaler la confiture et la crème montée sur l’un des gâteaux. Recouvrir de l’autre gâteau et décorer de sucre glace.

Excellent le lendemain et les deux jours suivants avec un thé, pour les petites faims de milieu de matinée.

Cupcakes au chocolat

Oui, je sais faire des petits gâteaux girly moi aussi, au besoin. Il n’y a rien de plus facile à faire qu’un cupcake. Là encore, j’ai utilisé le livre de Pascale.

Les enfants ont aimé le fond de chocolat et boudé le glaçage rose. Ils ont raison, c’est bon en petite quantité, mais vraiment trop sucré.

(quantité pour 20 cupcakes / j’avais divisé par deux))
  • 175g de chocolat
  • 225g de beurre mou
  • 225g de sucre
  • 4 œufs
  • 250g de farine à levure incorporée
  • 25cl de lait
Glacage (je n’avais pas divisé le glaçage par deux, pour être certaine d’en avoir suffisamment – j’en ai peut-être trop mis)
  • 200g de beurre mou
  • 400g de sucre glace
  • 3 cs de lait
  • Quelques gouttes de colorant alimentaire
Préchauffer le four à 180ºC. Faire fondre le chocolat au bain-marie et laisser refroidir.
Mélanger le beurre mou avec le sucre jusqu’à obtenir une consistance crémeuse. Ajouter les œufs un à un en mélangeant bien entre chaque ajout. Ajouter le chocolat fondu et mélanger. Ajouter la farine petit à petit en alternant avec le lait et mélanger. Remplir les moules à muffins à mi-hauteur. Enfourner et laisser cuire pendant 15 à 20 minutes jusqu’à ce que les gâteaux soient gonflés et dorés. Une pointe de couteau insérée au milieu doit ressortir sèche. Laisser refroidir complètement.

Glacage : travailler le beurre mou à l’aide d’une cuillère ou du robot jusqu’à ce qu’il soit bien souple. Ajouter le sucre glace et mélanger. Ajouter le lait et mélanger jusqu’à l’obtention d’un mélange bien crémeux et assez épais pour être étalé sur les cupcakes. Etaler avec le dos de la cuillère sur chaque cupcake, ou bien à la poche à douille. Réserver dans un endroit frais avant de servir.

mardi 3 avril 2012

Paroles de lecteur : le pain au lait de Jean-Michel


Ecrire une recette, c’est toujours un pari. Comment parvenir à ce que le lecteur, quand il la lira, réussisse le plat que vous lui proposez. Parce que, comme le notait si justement Estérelle l’autre jour, « écrire une recette, après tout, ça n’a l’air de rien. Ma foi, c’est une liste d’ingrédients, et un mode opératoire, on se dit que ce n’est pas plus difficile à écrire qu’une liste de courses. Et puis les ennuis arrivent dès qu’on se soucie de ses lecteurs… »

Aussi, quand ça fonctionne, quand le lecteur anonyme vous renvoie la balle, photos de ses réalisations à l’appui, que la recette se traduit par un beau pain dans la cuisine d’un inconnu, c’est toujours un plaisir (rare, qui plus est).

Je vous livre donc les impressions et les photos de Jean-Michel, qui font vivre cette recette voyageuse de pain au lait:

C'est à Marie-Antoinette, me semble-t-il, que l'on attribue cette réplique :
«Que demandent-ils? Du pain! Qu'ils mangent de la brioche!»
Et ce pain s'apparente plus à la brioche qu'au pain.

Le ‘‘Bébé’’ vient de sortir du four. Si le goût, le moelleux, la texture sont à la hauteur de sa tenue sur la grille, je devrais être satisfait de ce premier pain au lait façon Tang Zhong et m’en régaler.
Pour un premier essai, j’ai respecté votre recette. Je suis quand même allé visiter quelques instants les sites que vous citez. J’y retournerai sans doute pour les connaître un peu mieux.

Toutefois, dans la réalisation de ce pain, une petite erreur de ma part est à éviter : lors de la confection des ‘‘rouleaux’’, il vaut mieux sortir le moule du placard pour en avoir la largeur bien en vue. Mes rouleaux étaient, bien sûr, trop larges. J’ai donc dû me résoudre à les couper en deux… Ce qui en fait 8… Mais 8 rouleaux dans un moule de 21 cm, c’est plus serré qu’une mêlée au rugby…
Il n’empêche, l’apprêt s’est fort bien déroulé, quand bien même certains rouleaux ont joué les compresseurs.


Ne croyez-vous pas que ce pain serait d’autant plus sublimé quand un levain en pleine maturité lui donnerait une saveur encore plus subtile ?
Ce sera mon prochain défi ! À votre avis, quelle proportion de levain ? Chhhuuuuttttt ! On nous écoute. Mais nous sommes bien d’accord sur 40% du poids de farine. C’est bon de partager !

Une dernière photo avant de croquer… Huuummmm, avec un carré de chocolat…

Merci Jean-Michel. Nous attendrons donc vos expérimentations avec le levain – pour les proportions, je dois avouer que c’est une colle. J’ai lu quelque part sur un blog de Hong-Kong la proportion de Tang Zhong à utiliser par rapport à la farine (laquelle n’est déjà pas la même que celle que nous utilisons), mais le levain rajoute une difficulté supplémentaire. Un beau défi !

vendredi 30 mars 2012

Bouncing back - 65º Tang Zhong 湯種


Il en va des idées et des trouvailles sur la toile comme des marées. Flux et reflux. Globaux.

Il y a quelques années, en balade dans la blogomiam d’Asie du Sud-Est à la recherche de recettes au pandan (préoccupation oh combien existentielle !), j’avais été intriguée par la méthode Tang Zhong qui consiste à ajouter au pain un mélange fait de farine et d’eau chauffés à  65ºC afin de donner plus d’humidité à la pâte et un supplément de moelleux au pain.

Je me souvenais des pains de mie asiatiques à la texture incroyable, moelleux comme des coussins, dont je n’ai jamais retrouvé l’équivalent dans nos contrées. J’ai essayé. Raté mon essai. Et abandonné l’idée.

Quelques années plus tard, l’idée revient à la surface via miss Paprika, qui l’avait trouvée chez Carole, laquelle l’avait découverte chez une blogueuse américaine, qui la tenait à son tour d’une blogueuse chinoise. Plus qu’à renvoyer vers l’Asie nos propres essais et la boucle est bouclée.

Parce que cette fois, c’est un succès, complet. Le pain est à ce point moelleux et élastique qu’il est très difficile, encore frais, à couper en tranches. Il se conserve sans problème plusieurs jours, enveloppé dans un linge. C’est LE pain pour les toasts du petit déjeuner.

Des essais, il y en aura d’autres…
Pain au lait méthode Tang Zhong

Tang zhong :
  • 25 g de farine T55 / ou farine T 45 de gruau
  • 125 g d’eau de source
Pâte:
  • 350 gr de farine T55 / ou farine T 45 de gruau
  • 50 gr de sucre
  • 1 cuillère à café de sel
  • 1 cuillère à soupe de lait en poudre
  • 15 gr de levure fraiche de boulanger
  • 1 oeuf
  • 125 g (12,5 cl) de lait
  • 100 gr de Tang Zhong
  • 30 gr de beurre mou
  • 1 œuf pour le glaçage
La veille – préparation du Tang Zhong
Mélanger dans une casserole, au fouet, 25g de farine et 125g d’eau. Laisser chauffer à feu moyen en fouettant constamment jusqu’à obtenir un mélange de la consistance d’un roux. En principe, il faut le faire chauffer jusqu’à 65ºC – en pratique, dès que le mélange épaissit (2-3 minutes), devient homogène, et que le fouet y laisse un sillage, il est prêt. Verser le Tang Zhong dans un bol, laisser refroidir, filmer au contact et réfrigérer pour au moins 6 heures.
Le lendemain, remettre le Tang Zhong au moins une demi-heure à température ambiante avant de l’utiliser.
Edit du 3/12/18 : on peut parfaitement préparer le tangzhong juste 2-3 heures a l'avance et le laisser refroidir à température ambiante. 

Le lendemain - la pâte :

Dans un grand bol, fouetter ensemble le lait, 100g de Tang Zhong et l’œuf.

Dans le bol du robot ou de la machine à pain, mélanger la farine, le sucre et le lait en poudre. Disposer au dessus la levure fraîche émiettée. Faire un puits, ajouter le mélange liquide et commencer à pétrir. Au bout de quelques minutes, ajouter le sel.

Pétrir longuement, pendant environ 15 minutes, jusqu’à ce que la pâte soit bien élastique et homogène. Ajouter ensuite le beurre mou et pétrir de nouveau jusqu’à ce que la pâte prenne du corps et se détache des parois du bol. C’est une pâte humide, très collante, il faut la pétrir longtemps pour parvenir à la consistance désirée. Chez moi, le pétrissage a duré en tout environ 30 minutes.
Edit du 2/12/18 : tout dépend de la farine utilisée, avec la T45 de gruau, qui absorbe plus l’humidité, ça prend environ 20 minutes en tout.

Former une boule (la pâte est collante mais ne pas rajouter de farine), la déposer dans un saladier, le recouvrir d’un torchon et laisser la pâte doubler de volume (environ 1 heure).

Reprendre la pâte, la verser sur un plan de travail légèrement fariné et la diviser en 4 parts égales. Bouler chaque morceau et laisser reposer environ 10 minutes.

Etaler chaque pâton au rouleau à pâtisserie pour former un ovale. Replier les deux bords les plus larges en portefeuille. Etaler à nouveau au rouleau puis rouler la pâte sur elle-même. Former ainsi 4 rouleaux.

Les déposer dans un moule à cake beurré ou chemisé de papier sulfurisé (le mien faisait 21 cm). Couvrir d’un linge et laisser reposer une heure environ, le temps que la pâte double de volume.

Préchauffer le four à 180°C.

Glacer le pain à l’œuf battu avec un peu de lait.

Enfourner. Laisser cuire pour environ 30 minutes.

lundi 26 mars 2012

Poulet grillé aux herbes


Des petits riens. Les portes et les fenêtres grandes ouvertes. Le vrombissement des premiers bourdons. Une coccinelle sur une feuille de laurier. Les taches de couleur des jonquilles, des primevères et des petites tulipes rouges. Des bourgeons en pagaille. Le soleil qui chauffe les épaules, enfin.

La table dans le jardin et l’odeur alléchante du premier barbecue de l’année. Le poulet mariné aux herbes embaume, les pommes de terre ont ce goût un peu confit de la cuisson dans les cendres, la crème est parfumée de l’ail sauvage qui pousse un peu partout en ce moment.

Quoi de mieux ?

Poulet grillé aux herbes
(pour 4 cuisses de poulet)

Marinade
  • 1 cc de gingembre râpé
  • 2 gousses d’ail
  • 1 cs d’ail sauvage ciselé
  • 1 cs de feuilles et tiges de coriandre ciselées
  • 1 cc de tige de citronnelle émincée
  • 2 cs d’huile d’olive
  • 1 cs de jus de citron vert
  • 1 cs de sauce soja
  • 1 cc de sucre de palme
  • Poivre et piment d’Espelette, au goût
Mixer ensemble tous les ingrédients de la marinade de manière homogène. Enduire les cuisses de poulet de cette pâte. Couvrir et laisser reposer au moins deux heures.

Pendant ce temps faire précuire à l’eau de grosses pommes de terre type Bintje ou Mona Lisa pendant 10-15 minutes, il faut qu’elles soient encore fermes. Les égoutter, les laisser sécher et les envelopper de deux bonnes couches de papier aluminium.
Préparer un peu de crème fraiche parfumée d’herbes ciselées, sel et poivre et un peu de cheddar râpé pour servir.

Faire cuire en même temps au bbq les cuisses de poulet, et les pommes de terre sur les braises au dessous pendant environ 30 minutes. Attention à la cuisson, le sucre de palme peut colorer très vite.

Servir le tout avec une belle salade et beaucoup de soleil.

jeudi 22 mars 2012

Vous avez dit gaufres?

De Liège ou de Bruxelles, c’est la question. D’habitude, je fais les bruxelloises, au blanc d’œufs en neige, légères et croustillantes, qui me rappellent les montagnes de gaufres abondamment garnies de fraises et de chantilly qu’on trouve à tous les coins des rues de Bruxelles (et jusque dans le métro). Sur place, je ne sais pas résister pas à ces gourmandises festives (pas plus qu’aux frites, aux moules ni aux croquettes de crevettes avec une belle Hoegaarden pression).

Mais Paprikas a su me tenter avec ses gaufres liégeoises rebondies et caramélisées trouvées chez Manue (une valeur sûre donc). J’imaginais déjà le craquant du sucre perlé pris dans la pâte, l’odeur de beurre et de sucre caramélisé, les doigts qui collent et les yeux qui brillent. Et bien c’est tout à fait ça. Evidemment, il y en avait une pour dire que c’était trop sucré et qu’elle préférait les gaufres « normales ». Mais peu importe, mes copains de train n’ont pas fait les difficiles, eux !

Gaufres de Liège
  • 375 gr de farine
  • 135 gr de lait tiède (13,5 cl)
  • 35 gr de levure fraîche
  • 2 œufs battus
  • 1 pincée de sel
  • 1 CS de sucre vanillé
  • 200 gr de beurre (oui, 200g…)
  • 250 gr de sucre perlé
Faire chauffer le lait et le beurre dans une casserole jusqu'à ce que le beurre soit fondu. Réserver.
Diluer la levure dans un peu de lait tiède.
Dans un saladier, verser la farine, la pincée de sel, le sucre vanillé et la levure diluée. Ajouter les œufs battus puis le mélange lait-beurre.
Mélanger le tout et pétrir pendant 5 minutes (j’ai utilisé mon robot pour pétrir, ma pâte était très collante).
Incorporer le sucre perlé à la pâte de façon homogène.
Couvrir la pâte un torchon et laisser reposer 30 minutes à l'abri des courants d'air.
Faire préchauffer le gaufrier. Prélever directement dans le saladier des boulettes de pâte (*), les disposer dans le gaufrier et laisser cuire les gaufres environ 1,30 minutes de chaque côté (tout dépend du gaufrier, cette pâte additionnée de sucre a tendance à caraméliser très vite).

(*) Contrairement à celle de Paprikas, ma pâte était très collante et n’a pas formé une boule, certainement à cause de la grosseur des œufs ou de la farine utilisée (T45 ici). Si ça vous arrive, ne paniquez pas, prélevez simplement un grosse cuillérée à soupe de pâte dans le saladier et disposez la au centre de chaque empreinte à gaufre. Ca marche très bien aussi.

vendredi 16 mars 2012

Pain au sésame


On l’appelait Momo. Je ne sais pas d’où il venait, du Maroc, de Tunisie ou d’Algérie, en tout cas ce n’était pas un bellilois (c’est dur d’être un bellilois, il faut pas mal de générations avant d’y parvenir).

L’époque était encore au mauvais pain blanc bien mou, et c’était une fête en arrivant à Belle-Ile d’aller acheter du pain bio chez Momo, du vrai pain, bien rustique, avec un bon goût de four à bois, que l’on tartinait de vrai beurre et qui disparaissait avant même l’heure du repas.

Le matin, on guettait par la fenêtre la camionnette un peu déglinguée, qui n’arrivait jamais au marché de Palais à la même heure. Le pain c’est capricieux, on ne sait jamais quand il va sortir du four (le boulanger avait peut-être aussi un peu de mal à sortir du lit quelquefois). Son arrivée était le signal de la sortie, c’était l’heure du marché, des poissons frais, des petits chèvres locaux, de l’agitation de fin de matinée juste avant le kir au bar du port.

Un jour, Momo est parti, emporté par la vague en allant à la pêche aux pouces-pieds. Le bon pain est parti avec lui.

Mon préféré, c’était le pain au sésame.

Pain au levain au sésame
  • 75g de levain mûr
  • 250 g de farine de blé T65 bio
  • 160 g d'eau
  • 6 g de sel gris de mer
  • 2 cs de graines de sésame blond
La veille de la pétrissée, le soir, rafraichir le levain de 50g de farine T65 et de 50g d’eau. Le lendemain matin, faire un nouveau rafraichi de 50g de farine T65 et de 50g d’eau, et de nouveau la même quantité 5 heures après. Le levain rafraichi ainsi à intervalles rapprochés est beaucoup moins acide et plus actif.

Le lendemain soir : dans le bol du robot ou de la machine à pain, verser l’eau puis la farine. Pétrir une à deux minutes pour constituer une pâte. Laisser reposer pendant 30 minutes pour permettre à la farine de bien absorber l’eau (phase d’autolyse).

Ajouter ensuite le sel et le levain. Pétrir 10 minutes à vitesse 1. Pendant ce temps faire torréfier pendant 1 à 2 minutes les graines de sésame dans une poêle, sans matière grasse.  Les ajouter à la pate, puis pétrir environ 5 minutes à vitesse 2, jusqu’â ce que la pâte se détache complètement de la cuve. 

Renverser la pâte sur le plan de travail très peu fariné. Avec les mains farinées, aplatir légèrement la pâte en carré et la replier sur elle-même en étirant les coins et en les ramenant vers le centre, de manière à enfermer de l'air à l'intérieur. Faire cela 2 ou 3 fois, la pâte devient plus élastique et a plus de corps.

Le pointage : former une boule et la déposer dans un bol, soudure vers le bas. Couvrir de film culianire au contact et laisser reposer au frais toute la nuit.

Le lendemain matin, le façonnage : renverser de nouveau la pâte sur le plan de travail, faire une boule et laisser la pâte se détendre 10 minutes avant de la façonner en boule ou allongée, selon la forme souhaitée.

L’apprêt : Déposer le pâton, soudure vers le haut, dans un banneton recouvert d’un torchon bien fariné. Recouvrir d’un linge propre et laisser reposer pendant quatre heures dans un endroit tiède et à l’abri des courants d’air. S’il fait froid, un four légèrement préchauffé puis éteint convient très bien.

La cuisson : 45 minutes à 1 heure avant la fin de la levée, préchauffer le four à 250ºC sans la chaleur tournante, la lèchefrite sur le gradin le plus bas du four et plaque de cuisson juste au dessus. J’utilise une pierre à pizza qui permet de créer un choc thermique plus important, ce qui facilite la levée, mais si vous n’en avez pas, une plaque de cuisson convient très bien.

Au moment d’enfourner, saupoudrer le pâton de farine et de semoule fine et le renverser sur une planche lisse. Faire des incisions avec une lame de rasoir ou une lame de couteau très aiguisée, pour permettre au pain de bien se développer à la cuisson. Préparer un grand bol d’eau à côté du four. Ouvrir le four et faire glisser rapidement le pâton sur la plaque, verser l’eau dans la lèchefrite et refermer immédiatement (attention aux brulures, et à la vapeur chaude, il vaut mieux utiliser des gants). La vapeur dégagée va aider à la formation d’une belle croûte.

Laisser cuire à 250ºC environ 15 minutes, puis baisser la température à 230ºC et laisser encore cuire environ 25-30 minutes. Tout dépend des fours, vous trouverez vous-même votre temps de cuisson. Il faut que le pain sonne creux quand on tape sur le dessous.  Une fois cuit, le débarrasser sur une grille et le laisser refroidir.


Edit: pour Gab, la pêche des pouces-pieds a Belle-Ile.






mardi 13 mars 2012

Si loin, si proche

Je voulais leur faire goûter ça. Leur faire comprendre que la nourriture japonaise ne se limite pas aux sushi et aux sashimi – qu’ils n’aiment pas, sans doute faute d’en avoir goûté de bons. Leur faire comprendre qu’au delà des mers qui nous séparent ce peuple énigmatique est plus proche de nous qu’on ne le croit.

Les yakitori de poulet pané, ils les aimaient déjà. La salade de pommes de terre a la japonaise, douce, un peu sucrée, relevée de ciboule crue émincée, je savais d’avance qu’elle allait leur plaire (évidemment, des pommes de terre, de la mayonnaise…).

Quant aux aubergines (je sais, ce n’est pas la saison…), si moelleuses, laquées au soja et au mirin, parfumées de sésame et de gingembre, c’était à la fois une envie personnelle et un pari. Pari tenu. Ils ont aimé.

Salade de pommes de terre japonaise
Potato sarada ポテトサラダ
  • 2 grosses pommes de terre (type Mona Lisa)
  • 1 carotte, épluchée
  • 1 ciboule émincée très finement
  • 1 œuf
  • Mayonnaise de Dijon
  • 1 cc de moutarde douce
Faire cuire les pommes de terre avec leur peau. Faire cuire dans la même eau la carotte jusqu'à ce qu’elle soit tendre et l’œuf dur.
Peler les pommes de terre et les réduire en purée à la fourchette ou au presse-purée en laissant des morceaux. Ajouter à la purée la ciboule émincée, puis la carotte et l’œuf dur taillés en petits dés. Assaisonner avec de la mayonnaise jusqu'à obtenir une consistance onctueuse. Ajouter la cuillerée de moutarde douce. Saler, poivre et bien mélanger.
Conserver au frais environ deux heures avant de servir. Servir en boules à la japonaise, au moyen d’une cuillère à glace.

Recette adaptée de o-cha to wagashi. Comme elle j’ai utilisé de la mayonnaise de Dijon additionnée d’un peu de moutarde douce à la place de la mayonnaise Kyupi japonaise, et franchement le résultat est très proche de la salade que j’ai pu goûter chez les restaurateurs japonais.
Aubergines laquées à la japonaise

La recette vient de chez Mingou, dont le donburi d’aubergines me faisait envie depuis bien longtemps. Je n’ai évidemment pas été déçue. Elles sont délicieusement fondantes.
  • 1 belle aubergine
  • 2 cs de fécule de pomme de terre
  • 2 cs de sauce soja
  • 4 ces de mirin
  • 2 lamelles de gingembre frais
  • Graines de sésame
Couper l’aubergine en lamelles et les passer dans la fécule. Dans une poêle, faire chauffer de l’huile et faire dorer les aubergines des deux côtés. Les faire égoutter sur un papier absorbant. Dans la même poêle, faire chauffer a feu doux la sauce soja, le mirin et le gingembre jusqu'à consistance sirupeuse. Ajouter les rondelles d’aubergine à la sauce et les enrober délicatement. Parsemer de graines de sésame avant de servir.