jeudi 31 juillet 2008

J'ai pas résisté

Mais qui aurait résisté ?

Je passais tranquillement sur le port, un sachet de croissants à la main. Des croissants de chez Pétrel, encore chauds, fleurant bon le beurre salé.

J’ai jeté un coup d’œil vite fait vers l’étal d’Armelle. Quelques petites soles, des tacauds, des maquereaux, rien de très inspirant. J’allais passer mon chemin quand j’ai vu du coin de l’œil le pêcheur débarquer une caisse de ces petites langoustines toutes frétillantes.
Ma gourmandise préférée des bords de mer. J’ai stoppé net.


Au retour du marché, jeter tout simplement dans une marmite d’eau bouillante salée (2 bonnes poignées de gros sel de Guérande). Couvrir pour faire reprendre l’ébullition, et selon la taille des langoustines égoutter à la reprise de l’ébullition, ou laisser un poil plus longtemps. Pour les petites, pas plus de 3 minutes en tout dans l’eau. C’est difficile d’être précis, ça se fait au jugé, l’essentiel étant de rester à côté de la marmite et de surveiller. Mais vous savez tout ça déjà, non ?

Avec ça ? Un belle mayo maison bien sûr!

mercredi 9 juillet 2008

Un p’tit Thaï pour la route ?



Les premiers jours d’été me donnent immanquablement des envies d’ailleurs. De trains, d’avions, de bateaux. De couleurs trop vives et d’odeurs trop capiteuses. De chaleur moite et de ventilateurs. De la vie bruissante des rizières dans la nuit étouffante. De plats qui réveillent et rafraichissent tout à la fois. De ce petit boui-boui derrière la gare où le poulet grillé était juteux et craquant. D’une bouteille de bière couverte de buée.

Allez j’arrête. Cap sur la Bretagne, vers d’autres plaisirs. Depuis plusieurs jours déjà, j’ai des mouettes dans la tête.

Un salut et un bel été à vous tous.

En attendant, un p’tit Thaï pour la route ?


salade de papaye verte.
Poulet grillé Thaï
Gai Yang

4 cuisses de poulet
2 cs d’ail écrasé
2 cs de racines ou tiges de coriandre hachées
1 cc de poivre noir moulu
1 cc de sel
2 cs de sauce de soja douce
3 cs de miel
2 cc de gingembre râpé fin
1 cs de sauce d’huitres

Préparer la pâte d’ail : piler ensemble l’ail écrasé, les tiges de coriandre et le poivre dans un mortier jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène.

Couper chaque cuisse de poulet en deux. Les piquer de toutes parts avec une brochette.

Préparer une marinade avec le sel, la sauce de soja, le miel, le gingembre râpé et la sauce d’huitre. Enrober les morceaux de poulet cette marinade, couvrir et laisser reposer au frais au moins deux heures (au mieux toute une nuit).

Préchauffer le four à 180°C (cuisson combinée). Poser les morceaux de poulet sur une grille, et enfourner avec une lèchefrite remplie d’eau au dessous pour recueillir le jus. Cuire pendant environ 30 minutes. Retourner à mi-cuisson et recouvrir de marinade. Sortir les morceaux du four quand ils sont bien dorés et servir avec du riz blanc et de la salade de chou aigre-douce, ou de papaye verte, plus pimentée.

On peut egalement les faire cuire au barbecue.

Salade de chou aigre-douce
Som Tum

1 grosse gousse d’ail hachée
2 petits piments Thai hachés
ou ½ cs de piment en poudre
2 carottes râpées
100g de chou blanc émincé finement
2-3 haricots verts effilés
2 tomates coupées en morceaux
1 ½ cs de nam pla (sauce de poisson/nioc nam)
3 cs de jus de citron
2 cs de sucre de palme (ou sucre roux)
1 cs de crevettes séchées, hachées fin
2 cs de cacahouètes grillées et broyées

Broyer l’ail et les piments dans un mortier. Transférer ce mélange dans un saladier. Ajouter les autres ingrédients et bien mélanger. Servir sur un lit de feuilles de laitue.

Ces deux recettes sont adaptées du livre Thaïlande de chez Gründ. Le poulet est un délice. La salade est suffisamment douce pour les palais occidentaux. Si vous voulez une salade plus piquante et parfumées, préférez la
Un petit bonus, pour la route?


mardi 8 juillet 2008

Vous connaissez Stockholm, vous?

Parce que moi non, pas du tout. Par contre je connais une étudiante qui a besoin de trouver un logement là-bas d’ici trois semaines. C’est Prawn qui lance un appel desespéré, un peu stressée à l’idée de dormir sous les ponts. C’est l’été là-bas aussi, mais quand même.

Alors on ne sait jamais, si un lecteur suédois passait par là…
Merci d’avance !

lundi 7 juillet 2008

Fast-food toi-même : le hot dog qui tue


Dans la série fast-food qui prend très longtemps à faire – ou fast-food toi-même, comme l’a si bien résumé Anaïk – après la pizza et le hamburger, j’ai nommé le hot-dog.

On aime ou pas ce symbole dégoulinant de sauce de la culture américaine, mais essayez donc de faire vos hot-dog buns vous-mêmes et vous allez changer d’avis. Ces petit pains, dont j’ai pris la recette dans le magnifique Pétrin de Sandra, sont moelleux, tendres, tout doux, avec une croûte fine. En un mot : parfaits.




Pour la garniture, improvisez. Ici de la laitue du jardin de mon père, des petits oignons du même jardin, frits, des saucisses, des tomates, du relish bio du Québec envoyé par mon amie Zab, ketchup, mayo.

Vous avez dit junk-food ? C’est vous qui voyez…

Hot dog buns
(pour 6 pains)

425g farine T65
2 cc levure sèche instantanée
1 cc sel
1 cs sucre
1 oeuf entier
15g beurre mou
125 ml lait
120 ml eau
1 blanc d'oeuf additionné d'1 cs d'eau, graines de pavot ou sésame pour le glaçage

Dans la cuve de la machine à pain, mettre l’eau, le lait, le sel, le sucre, l’œuf entier battu.
Ajouter ensuite la farine et la levure. Lancer le pétrissage. Quand la pâte forme une boule et commence à se détacher des parois, incorporer le beurre mou. Pétrir ensuite environ une dizaine de minutes, puis laisser la pâte lever dans la machine environ une heure. (Attention, certaines machines à pain chauffent pendant la levée. La mienne chauffe un peu trop pour les pâtes qui contiennent du beurre, elle a tendance à les cuire un peu, donc je l’éteins).

Verser doucement la pâte sur un plan de travail fariné, la diviser en 6 morceaux de même poids (environ 120g), couvrir d’un linge et laisser détendre 5 min. Façonner les morceaux en boudins et les allonger sur environ 10 à 12 cm.

Ici je reprends les explications de Sandra sur la façon de faire un boudin régulier :

Prendre un morceau de pâte, le retourner sur le plan de travail et l'aplatir de la main gentiment en lui donnant vaguement la forme d'un rectangle. Plier la partie supérieure au 1/3 et appuyer du bout des doigts pour souder et recommencer à plier 2 ou 3 fois jusqu'au bout en soudant bien l'extrémité (un peu comme si on roulait la pâte sur elle-même mais en soudant à chaque tour). Allonger le boudin en le roulant avec le bout des doigts pour former une mini-baguette.
Déposer les boudins sur la plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé en laissant suffisamment d'espace autour d'eux car ils gonflent pendant l'apprêt et pendant la cuisson Couvrir avec un torchon humide et laisser reposer environ 45 min à 1h selon la température ambiante.

Préchauffer le four Th6 (180°C).

Badigeonner les pains avec un peu de blanc d'oeuf allongé d'eau (éviter les coulures qui collent le pain sur le papier après cuisson!!) et saupoudrer de graines selon votre goût. Cuire environ 15 min jusqu'à obtenir une coloration blond doré. Refroidir sur une grille.

J’ai réduit et adapté la recette de Sandra à ma machine à pain et à ma paresse ;) Mais si vous voulez les pétrir à la main, allez voir les explications très claires de Sandra, vous ne risquez pas de les rater. Je les ai déjà faits plusieurs fois, ils sont vraiment excellents, et je crois que cette recette va remplacer la précédente pour faire les pains à hamburger.

vendredi 4 juillet 2008

Le sorbet à la pastèque avec des grains en chocolat dedans

J’étais remonté pour la structure même de l’édifice aux temps primitifs et fabuleux de Rome, aux temples ronds de l’Étrurie antique. J’avais voulu que ce sanctuaire de tous les Dieux reproduisît la forme du globe terrestre et de la sphère stellaire, du globe où se renferment toutes les semences du feu éternel, de la sphère creuse qui contient tout. C’était aussi la forme de ces huttes ancestrales où la fumée des plus anciens foyers humains s’échappait par un orifice situé au faîte. La coupole, construite d’une lave dure et légère, qui semblait participer encore au mouvement ascendant des flammes, communiquait avec le ciel par un grand trou alternativement noir et bleu. Ce temple ouvert et secret était conçu comme un cadran solaire. Les heures tournaient en rond sur ces caissons soigneusement polis par les artisans grecs ; le disque du jour y resterait suspendu comme un bouclier d’or ; la pluie formerait sur le pavement une flaque pure ; la prière s’échapperait comme une fumée vers ce vide où nous mettons les dieux.

(Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, 1951, Plon)

Le Panthéon, c’est le prétexte de la balade. Beau prétexte antique que ce temple de tous les dieux. Sous la voûte étonnante ouverte comme un œil sur le ciel, le maladroit déguisement chrétien demeure transparent. Le temple continue d'abriter tous les dieux de Rome, dans un silence opaque.

Au dehors, la lumière. La petite place, la fontaine, les terrasses des cafés étincellent de vie. Il fait chaud, c’est l’heure de se diriger tranquillement – on ne marche pas vite à Rome, sous le soleil – vers l’Antica Gelatteria Giolitti. Un salon de thé tout de marbre et de miroirs, où les petites tables rondes attendent sagement les clients.


Mais les clients ne sont pas sages. Ils se pressent à la caisse pour payer leur glace : il faut d’abord choisir la taille, le contenant, en pot ou en cornet, avec ou sans crème fouettée.

Puis, dans un joyeux désordre, ils vont se faire servir. Et là, c’est la merveille, la stupeur devant tous ces parfums, l’envie de les goûter tous, l’hésitation existentielle : melone, amarena, limone ? ou bien cioccolatto, crema, caffè ? Frutti del bosco, mela, lampone ?

Finalement, je ressors toujours avec un sorbet coccomero, ses petits grains de pastèque en chocolat comme autant de surprises délicieuses, sous son nuage de panna. A déguster tranquillement, cuillérée par cuillérée, en déambulant dans les ruelles, comme font les romains.



Sorbet à la pastèque et grains de chocolat

500g de pulpe de pastèque
100g de sucre en poudre
300 ml d'eau
le jus d'une moitié de citron
2 cs de pépites de chocolat
1/2 paquet d gélatine en poudre (1 cc)
1 blanc d'œuf

Dans une casserole, mettre l'eau et le sucre. Placer sur feu modéré et remuer fréquemment jusqu'à ce que le sucre soit bien fondu. Amener à ébullition et faire bouillir 5 à 8 minutes, jusqu'à obtention d'un sirop léger (env. 110°C). Oter du feu et laisser complètement refroidir.
Passer la pulpe de pastèque au blender, ou au presse purée. La mélanger avec le sirop refroidi, le 1/2 jus de citron et la gélatine dissoute dans 1cs d'eau froide.
Mettre le mélange au froid pendant deux bonnes heures.
Turbiner ensuite pendant 25 minute en ajoutant les pépites de chocolat, puis le blanc d'œuf quand le mélange commence à prendre, environ 10 minute avant la fin de la congélation. Servir immédiatement, ou placer 1 heure au congélateur si vous désirez un sorbet plus ferme.

* le blanc d'oeuf allège le mélange et l'empêche de se transformer en glace si on désire le conserver plus longtemps au congélateur.
La gélatine permet au sorbet de mieux se tenir et de ne pas se transformer en eau trop rapidement.

mardi 1 juillet 2008

Groovy Compilation

La voilà enfin, la compil tant attendue de vos exploits du 21 juin. Vous êtes venus nombreux mettre du Groove dans la Marmite avec Estèbe et moi. Il y en avait vraiment pour tous les goûts, et toutes les gourmandises. De la pop au flamenco, du crabe à l’antillaise au sorbet fraise-gingembre, la musique permet toutes les associations, qu’elles soient ethniques, chargées de souvenirs ou bien fantaisistes. L’une d’entre vous a même osé Frédéric François, c’est dire !

C’est pas tout ça, mais maintenant il faut ranger la cuisine. Heureusement qu’on s’y est mis à deux pour l’organiser cette fête. Nous nous sommes donc partagé la compil, dans un désordre absolu comme d’habitude. En voici la moitié, l’autre est à écouter chez Estèbe.

Anne Papilles et Pupilles , très internationale, se souvient de son séjour aux Etats-Unis, et cuisine une salade Caesar sur les Australiens d’INXS.

Evidemment, quelqu’un se devait de chanter Bobby Lapointe. C’est Cooking Out qui s’y colle, avec une verrine Avaniie et Framboises de toute beauté.

Top Slurp avec Estèbe aime la musique qui pique sur les plats piquants-acides, c’est le bien nommé Ramones Vindaloo.


Tiuscha nous la fait slave, balalaïka, Polka et soupe de cerises polonaise.



Mongoumango de La Bouche Pleine toute en nostalgie Hongkongaise, joue Paula Tsui sur la soupe au riz de Didi et Néné,

et continue sur le blues du quotidien, sa collec de lunchboxes et une complainte Monochrome de Dominique A et Yann Tiersen.



Pascale des Idées vagues fait flamber les foies de volaille et joue le bonheur de cuisiner à deux sur Tanita Tikaram.

La mélodie rêveuse de Strawberry Fieds accompagne les fraises des bois de Mijo.


Véro Cuisine Metisse nous raconte joliment un diner en amoureux sur les voix mythiques d’Ella Fitzgerald et Louis Amstrong.



De quoi j'm'emmele fait dans la légèreté du siècle passé : tarte à la tomate et petit vin blanc sur les bords de Marne.



Chez Hélène de Becky&Liz on déguste un melon vert à la tequila sur les rythmes endiablés de Ritchie Valens.



Requia revient vers le Maroc et prépare un thé à la menthe sur un morceau dépaysant de Nass el Ghiwane.

Chez Babeth's Cuisine - il y a du pain, du chocolat et Joe Dassin.

Douceur régressive chez Time4Tea -avec une tartine débordante de crème de carambar et Gotainer face au tableau noir.

~Marion~ de Tomaten Quiche nous a fait des muffins tricolores, histoire d’accompagner en rythme sa compil de raga.

Du groove dans le couscoussier de Paprikas sur un très beau classique arabo andalous.


Mamina a osé les Gondoles à Venise (et oui…) sur une assiette de vongole à la mode Vénitienne.

Les copains du Kibou nous passe une chanson pour maigrir sur un gâteau au chocolat mousseux et hypercalorique.


Estérelle fait l'avion sans ailes au chocolat et un joli billet d'anniversaire pour son petit bonhomme.



Des tubes, plein de choses à déguster, allons en boite sur le Blog-notes de Lolotte.



Dorian -se déhanche en rythme sur Sex Machine en cuisinant un coquelet qui pique.



Ca zouke sérieux chez Passion Culinaire sur les matoutou à l’antillaise.



Zappa met du groove dans le fromage chez Manu de Tout un fromage.


Chez Anecdotes et balbutiements – le beau classicisme de Grapelli sur un superbe risotto.



Anne-Cé du Ptit vermicel – a besoin de fraicheur et nous sert un OVNI au thon sur un ceviche.

Mes amis Zab et Eric Des nouvelles fraiches de Montreal finissent leur déménagement sur pizza, Corona et Paolo Conte.




Chai Dumè – finit la liste en beauté avec un carpaccio de thioff sur la petite fugue lanscinante de Catherine Leforestier.

Ouf, fini de ranger. Vous n’y êtes pas, on vous a oublié ? Allez d’abord voir l’autre moitié chez Estèbe. Si vous n’y êtes toujours pas, n’hésitez pas à nous taper sur les doigts.

dimanche 29 juin 2008

Ginger caprese

On partait en 4L, vers le sud, sur la via Pontina. Passées les dernières banlieues ocres, la vieille route romaine s'étirait toute droite, entre ses rangées d'arbres. Une campagne plate, écrasée de soleil, quelques pins parasols de loin en loin. La vieille 4L vibrait de partout, on n'entendait pas la musique, mais peu importe, elle roulait.

Passé Cisterna, on quittait la Pontina direction Sabaudia. Le ciel s'éclaircissait sur la mer. Là, pas la plage de luxe, non, pas de chaises longues ni de parasols, juste une longue et étroite bande de sable qui s'étirait à l'infini derrière les dunes. Et la Méditerranée.

L'endroit était pratiquement désert, à part la baraque du vendeur de boissons, de glaces et d'éternels sandwichs tomate-mozzarella. Comme ils me paraissaient fades au début, pas de sel, pas d'huile d'olive. C'était de la mozzarella di bufala, celle de la région, fraiche, moelleuse, suintant le lait. Elle se suffisait à elle même. On mangeait nos sandwichs, face à la mer.
.....

C'est fou comme même les saveurs fades peuvent vous manquer quelquefois. On trouve à Paris de la mozzarella di bufala artisanale, dans quelques crémeries italiennes dont le décor, la musique, le crémier qui s'adresse au client en italien, te font faire tout à coup un bond en arrière - cette impression d'être dans un film italien des années 60.
"Dopo, Signora? Basta cosi?"

Merci à Estérelle, géniale pourvoyeuse d'adresses parisiennes.

Cooperativa Latteria Cisternina
48 rue du Faubourg Poissonnières
75010 Paris

mon adresse:
Cooperativa Latteria Cisternina
37, Rue Godot de Mauroy
75009 Paris

Cette fois-ci, la mozzarella, j'ai voulu la préparer à l'huile d'olive parfumée au gingembre, sur une idée du livre de Philippe Delacourcelle, Cuisiner avec des épices. Encore un livre fourmillant d'idées, écrit par un chef au goût voyageur, et offert par Marion, ma complice gourmande du vendredi.
C'était bon, différent et pourtant à peine surprenant. Mais je crois que la prochaine fois, je retournerai à mes premières amours: rien ne va mieux à la mozzarella qu'un simple filet d'huile d'olive, juste parfumée d'olive.

La recette est sur la Fureur des Vivres...

lundi 23 juin 2008

Un carpaccio de canard et quelques pensées naïves


Laissez moi vous dire quelque chose : vous êtes des gens fantastiques. Vous avez, le temps d’une journée, transformé la blogomiam en juke-box gastronomique, comme ça, pour rien, juste parce qu’Estèbe et moi vous l’avions suggéré et pour le plaisir de donner à lire et à entendre.

Je n’ai pas encore eu le temps de déguster tous vos billets musicaux, trop occupée à jouer à la mitraillette à eau toute une journée dans la cour de l’école primaire, et à profiter de la douceur d’une après-midi d’été dans un jardin voisin, bercée par la langueur subtile du tango argentin. Mais je me réjouis d’avance de découvrir petit à petit le livre de cuisine musical que vous nous avez fabriqué. Le plaisir était au rendez-vous.

Et c’est pour ça que nous sommes là je crois, pour le plaisir. Nos blogs ne sont pas des livres de recettes précieuses, figées et sans âme, mais des compilations d’instants de vie, souvent joyeuses, puisqu’elles parlent de nourritures, et par conséquent de bonheur partagé.

Votre mission était de mettre un peu de gaieté et de douceur dans ce monde de brutes. Mission accomplie, merci et un grand bravo à toutes et à tous.

Avec Estèbe, on vous fera un billet groovy pour réunir vos recettes musicales. En attendant, je vous propose un carpaccio de canard aux parfums d’Indochine, à déguster avec des frites, sur la Fureur des Vivres.

samedi 21 juin 2008

The Pogues & onion rings



Et si…si seulement il y avait un pub « round the corner ». Un pub avec un beer garden pour profiter tranquillement de l’été. De la bonne bière locale, des petits trucs a grappiller et des groupes qui passent en soirée. Des copains aussi, des rires, des gamins qui jouent.

Vous connaissez une meilleure façon de célébrer le plus long jour de l’année, ou la nuit la plus courte ? Sauter au dessus d’un feu de joie ? S’habiller en druide et aller observer les premiers rayons de l’aube a Stonehenge ? Aller fêter Midsommer en Suède, ou les Santos Populares au Portugal ? Pourquoi pas, on a le choix des fêtes païennes qui se cachent tranquillement derière la St Jean.

Une autre année peut-être. En attendant, faites le plein de musique. A votre santé. Et tiens, passe moi le plat d’onion rings.





Onion rings à la Guinness

  • 2 tasses de farine (220g)
  • 1 cc de piment de Cayenne
  • 1 cc de levure
  • 2 cc de maïzena
  • 1/2 cc de sel
  • 1/2 cc de poivre moulu
  • 35 cl de Guinness à température ambiante
  • 1 gros oignon jaune, coupé en tranches


Dans un saladier, mélanger la farine, le sel, la maïzena, la levure et le poivre. Puis ajouter la Guinness peu à peu et battre jusqu'à une consistance homogène.
Mettre les tranches d'oignons dans le sac avec la farine et le piment et les recouvrir du mélange.
Faire chauffer l'huile dans la friteuse. Plonger les tranches d'oignon une à une dans la pâte puis dans l'huile. Faire frire 2-3 minutes jusqu'à ce qu'elles soient dorées. Egoutter sur du papier absorbant et servir de suite.

jeudi 19 juin 2008

The perfect strawberry-rhubarb pie



C’était un petit restaurant d’hôtel, quelque part dans Londres, je devais avoir 11 ans. Nappes blanches, petites fleurs sur les tables, premiers breakfasts et les inévitables tomato soup et shrimp cocktails. Mais aussi une tourte salée – sans doute un steak and kidney pie – à la pâte légère, presque feuilletée mais pas tout à fait, un peu sablée, craquante, une vraie pâte à pie. Et le moelleux à l’intérieur, un gâteau surprise.

Des années plus tard, je viens de la retrouver cette pâte, sur un des plus anciens foodblogs américains, celui d’Elise, Simply recipes. Quant au mélange rhubarbe-fraise-zeste d’orange, bien compoté dans son nid croustillant, acide et doux sur la langue, il fallait que je le partage avec vous avant la fin de la saison.

Sans doute le meilleur gâteau que j’aie jamais fait. Merci Elise !


Strawberry-rhubarb pie / tourte aux fraises et à la rhubarbe
(pour un moule d’environ 28 cm)

Pâte à pie

2 ½ tasses de farine (375g)
1cc de sucre
1 cc de sel
1 tasse (2 sticks) de beurre doux froid coupé en morceaux (220g)
4-6 cs d’eau glacée

Couper le beurre en cubes et le mettre au congélateur de 15 minutes à 1 heure. Il faut qu’il soit vraiment froid.
Mélanger la farine, le sucre et le sel dans le bol d’un robot. Ajouter le beurre et mixer, 6 à 8 fois, pour obtenir un mélange granuleux, avec des morceaux de beurre de la taille d’un petit pois. Ajouter l’eau glacée cuillérée par cuillérée, et mixer à chaque fois, jusqu’à ce que la pâte commence à s’agglomérer. Vérifier en la pinçant entre deux doigts qu’elle s’agglomère bien.
Verser le mélange granuleux sur un plan de travail fariné. Le séparer en deux et former deux disques, en pétrissant le moins possible, de façon à ce que les petits morceaux de beurre ne fondent pas et restent entiers dans la pâte.
Envelopper chaque disque dans du film plastique et laisser reposer au moins une heure au réfrigérateur. La pâte peut se conserver deux jours au frais. La faire ramollir quelques instants à température ambiante avant de l’abaisser.

Garnissage

3 tasses / 340 g de tiges de rhubarbe épluchée et coupée en morceaux d’1,5 cm
1 tasse / 125g de fraises nettoyées et coupées en tranches
1 tasse / 200g de sucre en poudre
3 cs de tapioca (j’ai utilisé de la maïzena - il faut en mettre 1 cs de plus)
1 pincée de sel
1 cc de zestes d’orange.
1 œuf pour la dorure

Sortir la pâte du réfrigérateur environ 10 minutes à l’avance.

Mélanger la rhubarbe et les fraises avec le sucre, le sel, la maïzena et les zestes d’orange. Réserver 10 minutes.

Préchauffer le four à 200 ºC.

Sur une feuille de papier sulfurisé légèrement farinée, étaler le premier disque de pâte finement. Elle est assez difficile à étaler, un peu de muscles sont nécessaires ;) Déposer dans le moule, avec la feuille de papier, en laissant dépasser environ 2 cm de pâte autour du moule.
Déposer le mélange fraise-rhubarbe dans la pâte.
Abaisser le deuxième disque. Le déposer au dessus du premier. Pincer les bords de la pâte avec celle du dessous, puis rouler de façon à fermer la tourte hermétiquement. Au moyen d’une carte de bristol roulée et enveloppée dans du papier aluminium, faire une petite cheminée sur le dessus du gâteau pour permettre à la vapeur de s’échapper.
Dorer à l’œuf battu avec une cc de lait.

Enfourner à 200 ºC, puis au bout de 20 minutes, baisser la température à 180 ºC et laisser cuire encore de 30 à 40 minutes. Démouler sur une grille et laisser complètement refroidir (plusieurs heures à température ambiante) avant de servir, afin que le jus épaississe.

Note : N’ayant pas de moule à pie, j’ai utilisé un plat à four carré, aux bords un peu évasés. Je me suis rendue compte la dernière fois que les moules à manqué traditionnels, aux bords droits, ne conviennent pas à ce type de gâteau.