lundi 19 mai 2008

OGM



Monsieur le Président,

L’adoption d’une motion de procédure à l’Assemblée nationale (question préalable de Mr A Chassaigne) ayant entraîné le rejet du projet de loi relatif aux OGM, le Premier ministre, François Fillon, a décidé mardi de convoquer la Commission mixte paritaire afin d’arrêter le texte relatif aux organismes génétiquement modifiés qui sera soumis au vote des deux Chambres du Parlement.

Les associations signataires ont mené pendant les mois précédents un travail important en direction des ministères concernés et des parlementaires pour que ce projet garantisse la liberté et le droit de produire et de consommer sans OGM, et respecte l’esprit et la lettre des conclusions du Grenelle de l’Environnement sur ce sujet.

Les signataires considèrent également que le projet soumis en seconde lecture au Sénat et à l’Assemblée Nationale n’apporte pas ces garanties car, d’une part le « sans OGM » n’y est pas explicitement reconnu par le non dépassement du seuil de détection à l’analyse, seul critère technique adapté, et d’autre part, des lacunes persistent dans la mise en oeuvre des responsabilités au regard des diverses formes de contamination par les OGM des filières de production et de commercialisation.

Elles considèrent également que le texte ne répond en rien à l’esprit de la Directive européenne considérant l’absence totale de contamination OGM comme la règle, la contamination comme l’accident. Elles insistent sur les marges de manoeuvre en termes de règles de coexistence laissées par les textes européens, et prennent pour exemples les réglementations nationales ou régionales prises dans certains Etats membres, comme l’Autriche et l’Italie, et dernièrement la Wallonie.

Le recours à la Commission mixte paritaire par le gouvernement tend à clore un débat qui ne l’est pas alors que le choix de la présentation d’un nouveau projet, en application du règlement de l’Assemblée Nationale, le permet.

Lire la lettre en entier

Quelles que soient nos positions ou nos connaissances sur ce sujet, il me semble que ça mérite réflexion, et discussion. La loi doit repasser devant l’Assemblée Nationale demain. C’est le moment ou jamais de manifester votre opinion.

jeudi 15 mai 2008

Du groove dans la marmite



A la suite du succès blogosphérique autant qu’inattendu de notre cassoulet de l’hiver dernier, l’ami Estèbe et moi-même avons décidé de récidiver.

Cette fois-ci, votre mission, si vous l’acceptez, sera de cuisiner en musique. Peu importe quelle musique, ou quel plat, pourvu qu’ils aillent bien ensemble. L’accord parfait met-zique. Casher, hallal, végétarien et Schubert sont les bienvenus, évidemment. Vous pouvez aussi la jouer musique et vin, l’essentiel étant de participer à la fête.
Facile non ?

Et tout ça pour quand ? le 21 juin évidemment, date de la première Fête de la musique sur la Blogomiam.

Alors, à vos cassettes ! Ou MP3, vidéos, tout ce que vous voulez, mais faites chanter vos blogs.



mercredi 14 mai 2008

Salade de patates Belliloise

Conversation entre deux blogueuses:

moi: Pffff, je ne sais vraiment pas quoi leur faire à manger. Je tiens une de ces flemmes en ce moment, pas un poil d'inspiration. Je crois que je vais ouvrir une boite de sardines, comme toi.

Brigitte: C'est le changement de saison, sûrement. Tu n'as qu'à leur faire une salade de patates, ça en fera une de plus pour la collec de Cathy.

Moi: Ah oui, c'est une idée ça!


Salade de pommes de terre aux maquereaux, curry et amandes

Ingrédients:

800g de petites pommes de terre nouvelles type Noirmoutier
2 boites de filets de maquereau au curry la belle-iloise
200g de tomates cerises
1 dé de gingembre frais
1 filet de jus de citron
sel, poivre
ciboulette fraiche
coriandre fraiche

Nettoyer les pommes de terre et les faire cuire environ 10 minutes dans de l'eau bouillante salée. Egoutter.
Peler et émincer le dé de gingembre, le réduire en pâte avec un peu de sel dans un mortier.
Couper les pommes de terre en tranches épaisses sans les peler. Les disposer dans un saladier avec les tomates coupées en deux.
Réserver les filets de maquereau et verser la sauce au curry des boites sur la salade. Ajouter la pâte de gingembre, le filet de citron, un peu de sel et la ciboulette ciselée. Bien mélanger.
Laisser refroidir, disposer sur la salade les filets de maquereau et les feuilles de coriandre et servir.

mardi 13 mai 2008

Guernika 3D

C’est Malou qui me l’a montré. J’ai aimé. Je voulais le partager avec vous.


vendredi 9 mai 2008

Une île

Pourquoi une île ? D’où vient ce besoin d’y retourner toujours, comme on rentre au port ?

Une île c’est l’horizon. La lumière dansante de la mer qui se reflète jusqu’au fond des vallons. Un refuge, une retraite, loin des soucis du monde. Peut-être.

Mais pas loin de ses plaisirs :


de la barbue scintillante,


de la pince du tourteau géant qui n’attendait que notre bon vouloir,


des langoustines frétillantes qui me criaient, sur le marché, de les prendre.

Elles n’ont pas besoin à mon sens d’apprêt, leur fraicheur se suffit à elle-même.


Et d’autres plaisirs encore : la balade sur les sentiers côtiers, le fracas de la vague en bas, l’air si pur qu’il semble te laver. La tartine de beurre salé au retour, riche, crémeux.


L’odeur vanillée des fleurs d’ajoncs sauvage sur la lande au printemps.

Tout cela, et plus encore. S’asseoir. Regarder. Se taire.


mercredi 7 mai 2008

There...and back again


The Road goes ever on and on
Down from the door where it began.
Now far ahead the Road has gone,
And I must follow, if I can,
Pursuing it with weary feet,
Until it joins some larger way,
Where many paths and errands meet.
And whither then? I cannot say.
In Tolkien - The Lord of the Rings



Quand on arrive au bout des terres, il y a tant de possibles...


jeudi 24 avril 2008

Vert Pandan


Les drôles d’idées de Marion : inventez moi un plat vert, qu’elle disait, comme si vous aviez du pandan, même si vous n’en avez pas.

Sauf que j’en avais, elle m’en avait donné, elle me l’avait fait respirer. Et ça sent l’Asie du Sud-Est, à plein nez. Ca sent même une de mes gourmandises préférées, ces petits gâteaux carrés emballés de cellophane, faits de farine de riz glutineux, de crème de soja et parfumés à la banane, ou aux feuilles de Bai Toey. Et le Bai Toey, c’est le pandan.

Alors je suis allée me promener dans la blogomiam de Singapour, qui a l’extrême avantage d’être écrite en anglais. Et j’en ai trouvé plein des gâteaux au pandan. C’est fou ce qu’ils aiment les gâteaux dans ce coin là du monde, mais pas les mêmes que nous. Ce qu’il apprécient surtout, il me semble, c’est la texture, la forme et la couleur. Ils ont des gelées et des gâteaux tout moelleux aux couleurs d’arc en ciel, des pains à la mie élastique colorés noir sésame, ou rose. Et des gâteaux de mariage en dentelle de sucre blanc, à l’anglaise.

Je me souvenais avec plaisir des gâteaux chinois à la vapeur servis dans les restaurants dim sum de Hong Kong, si moelleux, presque floconneux. Les Bolu Pandan, trouvés sur le blog de Yochana (une mine !) sont différents, un peu plus denses, mais la cuisson à la vapeur leur donne cette texture particulière, élastique, rebondissante. Le goût indéfinissable du pandan est bien là, la couleur aussi ! Je ne garantis pas que vous aimerez. En tout cas, ça fait voyager…



Bolu Pandan à la vapeur

Ingrédients
3 œufs
145g de sucre en poudre
1 pincée de sel
155g de farine T45
½ cc (1/2 paquet) de levure chimique
125ml de lait de coco
1cc d’extrait de pandan*

Battre ensemble les œufs, le sel et le sucre jusqu’à une consistance épaisse et crémeuse.
Incorporer alternativement la farine tamisée avec la levure, et le lait de coco.
Ajouter l’extrait de pandan. Bien mélanger.
Verser dans des moules huilés et cuire à la vapeur pendant 15 minutes à feu vif – prendre soin d’envelopper le couvercle du cuit-vapeur dans un linge propre pour éviter que les gouttes ne tombent sur les gâteaux.
Démouler et faire refroidir sur une grille.
* on trouve le pandan sous forme d’extrait dans les épiceries asiatiques. On le trouve aussi en feuilles, dont on extrait le jus de pandan – voir la méthode chez Rosa qui a fait un article très détaillé sur le sujet.
Vous ne pouvez pas vraiment le remplacer par autre chose, son goût n’a pas d’équivalent chez nous. Mais vous pouvez essayer les mêmes gâteaux à la vapeur, avec de l’extrait de vanille et du colorant vert Shreck, juste pour le fun.

mardi 22 avril 2008

Journée de la Terre 2008


La terre est bleue comme une orange...

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.


Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.


Paul ELUARD, L'Amour la poésie (1929)

Journée de la Terre

jeudi 17 avril 2008

Le petit-salé maison et les lentilles façon Robuchon


Il parait que nous sommes au printemps. Mais en est-on bien sûr? Ce matin encore, une nappe de brouillard un rien givrante noyait ma campagne. Le thermomètre indiquait 4º, mais le givre sur le pare-brise attestait des gelées nocturnes.

Dans Paris, le décalage est évident. Les marronniers ont déjà déplié leurs feuilles vert tendre, alors que les nôtres sont encore tout nus. Les parisiens vivent dans un microclimat perpétuel. Ils ne s’en rendent même pas compte.

Mais chez moi il gèle. Juste retour de bâton, après avoir eu des envies de fraises et d’asperges en février, nous revoilà au petit salé aux lentilles en Avril.

JCP, notre collègue gourmand du 38ème parallèle, m’avait donné très envie il y a quelques semaines de m’attaquer au petit-salé maison. D’une simplicité enfantine : le morceau de viande est enfoui dans le gros sel, puis oublié au frigo pendant deux jours.
Les lentilles, quant à elles, sont un met de choix pour peu qu’on sache bien les préparer. Oubliées les lentilles de la cantine, surcuites et nageant dans un liquide brunâtre. Cuites à point dans un bouillon parfumé d’aromates, puis mêlées d’échalotes et d’une pointe d’ail, juste arrosées d’une louche ou deux du bouillon de cuisson de la viande, elles sont soyeuses et tendres. Quand je vous disais que ce bouquin m’avait appris à cuisiner les choses les plus simples…




Petit salé

  • 1 morceau de porc frais (poitrine, jarret ou palette)
  • 1 kg de gros sel de mer non raffiné
  • 1 oignon piqué d’un clou de girofle
  • 2 gousses d’ail
  • 5 grains de poivre noir
  • 1 carotte
  • 1 bouquet garni composé de laurier, thym, romarin et sauge frais, enroulés dans du vert de poireau et ficelés.

Dans un plat creux, enfouir la viande dans le gros sel. Couvrir d’un film plastique et laisser reposer dans le bas du réfrigérateur pendant deux jours.
Une fois prête, bien rincer la viande à l’eau courante.
Dans une grande cocotte, préparer un court-bouillon avec l’oignon, l’ail, la carotte épluchée, le poivre et le bouquet garni. A ébullition, ajouter la viande et laisser bouillonner tranquillement pendant 2 heures.

Les lentilles

  • 60g de lentilles vertes par personne
  • 5 fois leur volume d’eau
  • 1 oignon piqué d’un clou de girofle
  • 1 gousse d’ail
  • 5 grains de poivre noir
  • 1 carotte
  • 1 bouquet garni composé de laurier, thym, romarin et sauge frais, enroulés dans du vert de poireau et ficelés.
  • 2 échalotes
  • 2 fines tranches de lard fumé
  • Ciboulette (ou persil)

Peser et laver les lentilles. Les mettre dans une casserole avec 5 fois leur volume d’eau, l’oignon, l’ail, la carotte, le poivre et le bouquet garni. A ébullition, saler (peu), baisser le feu et laisser cuire à feu moyen environ 25-30 minutes (selon votre goût et la qualité des lentilles). Oter les aromates. Egoutter les lentilles.
Dans un faitout, faire mousser un peu de beurre salé et faire revenir 1 à 2 minutes les échalotes émincées et la poitrine coupée en fins lardons. Ajouter les lentilles, mélanger et arroser d’une ou deux louches du bouillon de cuisson de la viande. Rectifier éventuellement l’assaisonnement. Laisser chauffer à feu doux 5 minutes. Ajouter une pointe d’ail émincée et la ciboulette ciselée. Enjoy !

Les lentilles préparées de cette façon sont également excellentes (avec ou sans lard) en accompagnement d’un filet de poisson – on peut aussi faire maigre en se faisant plaisir.
Robuchon, lui, les cuisine avec du foie gras frais poêlé…
Et d’autres les mangent avec appétit.


lundi 14 avril 2008

Le meilleur et le plus simple

Des livres de cuisine, j’en ai un certain nombre, des gros, des petits, en français, anglais ou italien, certains plus indispensables que d’autres. J’aime les livres.
Mais si je devais en choisir un parmi tous, un livre chouchou, comme nous le demande Anne, c’est celui là qui l’emporterait : Le meilleur et le plus simple de Robuchon, par Patricia Wells.




C’est ce livre qui m’a donné les bases du peu que je connaisse en cuisine. Il contient bien sûr quelques recettes un peu complexes, ou qui comprennent des ingrédients que je n’ai jamais eu le loisir de cuisiner. Le caviar ou la truffe ne font pas partie de mes menus habituels. Mais il m’a appris aussi à faire correctement un potage poireau-pommes de terre ou une purée, à prêter attention à la juste cuisson des légumes, celle qui va révéler au mieux leur saveur, et à les marier entre eux.

Si on veut un jour parler correctement une langue, il faut commencer par les bases, la grammaire. De la même façon en cuisine – en toute chose – et ce livre est truffé de petits conseils techniques qui permettent de progresser.

Patricia Wells a eu le grand talent de faire ressortir le côté humain et chaleureux de cette cuisine très classique, mais qui sublime au mieux le goût de chaque ingrédient.
Un des premiers plats que j’avais essayé dans ce livre, il y a plus de 15 ans, outre une mousse au chocolat amer, une tarte au chocolat absolument excellente, et un velouté de potiron parfait, était ce carré de porc aux oignons, tomates, carottes et sauge. Ce qui me semblait fastidieux à l’époque, faire caraméliser les légumes un à un avant de les assembler, me parait si simple et évident aujourd’hui. C’est un plat de ménage, du dimanche, généreux et simple. Il demande tout juste un peu de patience, mais le résultat, la viande parfumée, les petits légumes tout confits dans le jus, la justifient amplement. Je vous en donne ma version.


Carré de porc aux oignons, tomates, carottes et sauge
(pour 5 personnes)

1 carré de porc de 5 côtes (environ 1kg2)
4 gros oignons
5 belles carottes
8 tomates olivettes
4 gousses d’ail
1 petit bouquet de sauge
Thym et romarin frais
Sel, poivre, piment d’espelette
Beurre doux
Huile d’olive

Eplucher les oignons. Les couper en grosses tranches de 1cm d’épaisseur. Les faire revenir doucement sur un côté dans un peu de beurre et d’huile. Au bout d’environ 5 minutes, quand ils sont dorés, les retourner délicatement en les gardant entiers. Faire dorer l’autre face, saler et poivrer en fin de cuisson. Réserver.
Eplucher et épépiner les tomates. Les couper en deux. Les faire revenir dans un fond d’huile d’olive en secouant la poêle de temps en temps, pendant environ 10 minutes, jusqu’â ce qu’elles soient dorées. Saler et poivrer. Egoutter et réserver.

Eplucher les carottes. Les couper en rondelles de 1 cm. Les faire revenir dans un peu de beurre et d’huile pendant 10-15 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient dorées et tendres. Ajouter l’ail et faire revenir encore 2 minutes. Saler et poivre. Egoutter et réserver.

Préchauffer le four à 200ºC.

Saler, poivrer et espeletter largement le carré de porc (dans la recette originale, il est désossé, mais je préfère le garder entier, les os donnent du goût à la sauce). Introduire des feuilles de sauge dans les fentes entre les côtes. Parsemer de thym.
Dans un plat à four, alterner des rangées d’oignons, de tomates et de carottes. Parsemer de thym, de romarin et de sauge ciselée. Disposer la viande sur les légumes et enfourner pour une heure.
Au bout d’une heure, verser ½ tasse d’eau au fond du plat, couvrir d’un papier aluminium, et continuer la cuisson pendant 15 minutes.
Eteindre le four et laisser le plat reposer pendant encore 15 minutes, porte du four ouverte, afin de laisser la viande se détendre.