dimanche 29 avril 2007

Le magret qui tue



Véro cuisine exactement ce que j'ai envie de manger quand me vient une envie irrépressible de cuisine asiatique. De cette cuisine qu'on ne trouve pas ici, ou rarement, dans les restaurants asiatiques. La cuisine familiale et celle des petites cantines de marché, la cuisine des rues, qu'on mange avec les doigts. J'adorais les Food halls où, d'étals en étals, toutes les cuisines d'Asie étaient représentées, du Sukiyaki Japonais au Bo Bhun Vietnamien, en passant par les brochettes Satay indonésiennes et les soupes au boeuf pimenté chinoises. Le blog de Véro est un Food hall à lui tout seul.

Ca faisait longtemps que j'avais envie d'essayer sa recette de poulet qui tue. Mais il me manquait toujours un ingrédient ou un autre de la marinade, ou bien le poulet, ou bien le soleil pour mettre en route le barbecue.

Cette fois là j'avais tout ce qu'il faut pour la marinade, le soleil était là, mais pas de poulet. Alors va pour le magret qui tue. Longuement mariné et cuit à la perfection par le Chef, c'est délicieux évidemment. Avec ça du riz blanc et un wok de légumes à la chinoise, sauce d'huitre et sésame. Tout va bien.

Marinade (pour deux magrets)
3 cs de sauce de soja claire
1 cs de sucre en poudre,
1 dé de gingembre râpé
1 oignon et 2 gousses d'ail réduits en purée,
1 càs d'huile d'arachide

Entailler les magrets côté peau et côté chair, bien les enduire de la marinade et les laisser reposer deux heures.
Les cuire au barbecue sans flamme environ 25 minutes en les arrosant de marinade régulièrement (très approximatif, c'est vraiment au goût de chacun et de votre Chef barbecue). Les envelopper d'un papier aluminium et les laisser reposer une dizaine de minutes avant de les découper.

Wok de légumes
1/2 brocoli
1 poivron rouge
1 blanc de poireau
1 gousse d'ail
1 dé de gingembre
1 cs de graines de sésame

sauce
1 cs de sauce d'huitre
3 cs de sauce soja douce
1 cc de maizena
1 bol d'eau

Réunir les éléments de la sauce et bien mélanger.
Laver et émincer finement les légumes. Eplucher l'ail et le gingembre et les détaille en minces lamelles.

Faire chauffer le wok à vide jusqu'à ce qu'il fume puis rajouter un fond d'huile neutre et bien répartir. Ajouter en rapide succession l'ail, le gingembre et les légumes et faire sauter 2 minutes à feu vif, sans laisser noircir. Ajouter la sauce. Bien mélanger, baisser le feu et couvrir. Laisser cuire environ 5-10 minutes, il faut que les légumes restent croquants. Ajouter éventuellement un peu d'eau si la sauce devient trop dense. Ajouter les graines de sésame en fin de cuisson.

Pour le riz, je vous laisse faire, mais pas trop cuit surtout.

jeudi 26 avril 2007

Quatres livres...


Quand Alhya m’a envoyé ce questionnaire, je ne savais pas que j’aurais tant de mal à y répondre. Faire un choix parmi tous les livres qu’on a aimé est incroyablement difficile. Mais j’ai adoré répondre, et plus encore lire les réponses de tous ceux qui se sont pliés à l’exercice: j’y ai découvert une mine de livres à rajouter à ma liste, et dieu sait si j’aime avoir une pile de livres à lire d’avance.

Les 4 livres de mon enfance

Enfant, je lisais tout ce qui me tombait sous les yeux, des étiquettes de boite de camembert aux Clubs des Cinq et Clans des Sept, en passant par Pif Gadget, Spirou, Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Alix, et toute la collection des Contes et Légendes de tous les pays. Et puis Conan Doyle, Agatha Christie, les Rouletabille de Gaston Leroux, les Aventures d’Arsène Lupin, un grand nombre de Jules Verne et tout la série des Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas. Sans oublier la collection de revues Historia et la série des Histoires d’amour de l’histoire de France de ma grand-mère, et les bouquins de science-fiction, les Exbrayat et les San Antonio de mon père. Tout un programme…
Difficile d’en sélectionner quatre parmi tout ça. Essayons:

La guerre des boutons de Louis Pergaud
Cette histoire de bandes de gamins de deux villages qui jouaient à la guerre, faisaient les pires bêtises et construisaient des cabanes me parlait, évidemment, je l’imaginais dans mon propre village. J’adorais le passage dans lequel les enfants creusaient des pommes pour en faire des verres et boire la gnole piquée dans la cave d’un des parents. J’aimais le lire avec une pomme et un morceau de camembert à portée de main.


Le Capitaine Fracasse de Théophile Gauthier
Je l’avais reçu en prix de fin d’année de CM2. Je l’ai lu de nombreuses fois, il satisfaisait pleinement mon côté fleur-bleue, aventure, cape et épée, bravoure et histoire d’amour, tout y était.
J’ai lu à la même époque Le roman de la momie de Théophile Gauthier, excellent aussi pour stimuler une imagination enfantine en quête d’exotisme.


Pêcheurs d’Islande de Pierre Loti
Pas vraiment un livre pour enfant celui-là, une histoire d’hommes perdus en mer, de femmes qui attendent et de veuves résignées. Un histoire de mer, de ports et de départs. D’une tristesse infinie, mais très beau.

Le Petit Larousse illustré
Le vieux dico à la tranche jaunie, recouvert d’un épais papier vert, était posé sur l’étagère au dessus de mon lit. C’est à travers ses pages que j’ai déchiffré la mythologie grecque, l’histoire des Atrides et les travaux d’Hercule, sautant de définitions en définitions, de Clytemnestre à Agamemnon. Depuis j’aime les dictionnaires, tous les dictionnaires.

Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore

En tout premier lieu Tolkien, parce que c’est un fait, ça fait bien 25 ans que je lis et relis Le Seigneur des Anneaux, mais aussi Bilbo, le Silmarillion et les Unfinished Tales, sans me lasser, en y découvrant toujours autre chose. C’est dans ses livres que j’ai appris l’anglais. C’est toujours vers eux que je reviens quand j’ai besoin qu’on me raconte des histoires.

Marguerite Yourcenar, pour la beauté classique de son écriture et la profonde humanité de ses personnages. D’elle j’ai à peu près tout lu, relu, et je relirai encore.

John Irving, dont j’ai lu presque tous les livres, du Monde selon Garp à son dernier pavé Until I find you, et dont j’admire la virtuosité de conteur d’histoire, cette façon d’écrire avec un humour décapant les plus cruelles expériences de la vie.


Salman Rushdie, parce que c’est lui aussi un extraordinaire conteur d’histoires, qui sait écrire les goûts les odeurs et les couleurs de la vie. Parce que souvent j’exulte en lisant ses pages, devant la richesse de son vocabulaire et la juste utilisation des mots. J’ai eu beaucoup de mal à terminer le dernier, Shalimar the Clown, particulièrement dur et violent. Mais je sais qu’il fait partie des livres dont je me souviendrai.


Les 4 auteurs que je n’achèterai ou n’emprunterai probablement plus

C’est difficile. Il ne faut jamais dire jamais n’est-ce pas? Il y a des livres qu’on adore à certaines périodes de sa vie et qu’on ne peut plus lire à d’autres.
J’ai essayé de relire Proust, que j’avais tant aimé, je n’ai pas dépassé le premier chapitre de La recherche. Récemment je me suis relancée dans Les Misérables de Victor Hugo. J’ai réussi à aller au bout du premier tome, bien que la bataille de Waterloo m’ait parue particulièrement longue. Mais je ne suis pas certaine d’aller au bout du second.
Je n’ai jamais réussi à lire Céline.
Je ne supporte pas les livres d’Amélie Nothomb, qui déclenchent chez moi un ennui profond. Mais d’autres les aiment et les publient n’est-ce pas?

Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte

Là encore, j’ai beaucoup de mal à me limiter. Je crois que je serais vraiment très malheureuse sur une île déserte.
Alors, disons des pavés plutôt:

The Lord of the Rings de Tolkien, pour continuer à rêver, encore et encore.


L’Oeuvre au Noir de Marguerite Yourcenar, tant qu’à être coincée sur une île déserte, autant essayer d’atteindre la sagesse.


Les Fleurs du Mal de Baudelaire, parce que la poésie est essentielle.

Un Grand Atlas mondial, bien détaillé, pour continuer à voyager dans ma tête.

Mais aussi, si on m’en accorde quelques uns de plus, Belle du Seigneur de Cohen, Le Quatuor d’Alexandrie de Durrell, Alexis Zorba de Nikos Kazantsakis, Si c’est un homme de Primo Levi, les Oeuvres complètes de Li Po, et des cartons d’autres, et suffisamment de papier et de stylos pour pouvoir écrire longtemps.

Les 4 (x4) derniers mots d’un de mes livres préférés

He drew a deep breath. "Well I'm back," he said.
Tolkien, The Lord of the Rings

Les 4 premiers livres de ma liste de livres à (re)lire

The children of Hurin de Tolkien, une série de textes non publiés de son vivant et compilés par son fils Christopher. En commande, je l’attends avec impatience.


Silverthorn de Raymond E. Feist, le volume III de la série d’Heroic Fantasy A riftwar Saga (La guerre des Failles). Là c’est entièrement la faute de Stanislas, qui m’a aiguillée vers Feist. J’en ai pour un bout de temps, il en a publié quelques uns…

Alexis Zorba de Nikos Kazantzakis, un de mes livres préférés, celui qui m’a appris qu’il faut aimer chaque instant de la vie. Ca fait très longtemps que je ne l’ai pas relu. Patrick CdM me l’a remis en mémoire.

Le tome 7 de Harry Potter. Pas avant le 21 juillet, mais il est pré-commandé déjà depuis des mois.
Les 4 lecteurs dont j'aimerais connaitre les 4

4 qui j'en suis certaine aiment les livres autant que moi, Cathy, Anne, Snapulk et Maloud, qui n'a pas de blog, mais je lui prête mon blog si elle a envie d'y répondre. Maloud, même en Portugais, si ça te chante, on se débrouillera pourla traduction.

jeudi 12 avril 2007

Pour Aurélia


Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses

L'espace d'un matin.
Malherbe

vendredi 6 avril 2007

mercredi 4 avril 2007

Le cake à l’anglaise qu’elle aime


Elle, c’est Lilizen, la gastronomade. Je me suis toujours sentie à l’aise dans sa cuisine, en harmonie. Parce qu’elle cuisine avec les herbes du jardin, avec les fleurs, sans ostentation, naturellement. Parce qu’elle renouvelle par petites touches de saveurs, de parfums, la cuisine de tous les jours, les tartes salées des pique-niques et les gâteaux du goûter. Parce que l’ouverture de son restaurant ne l’a pas empêchée de continuer à partager avec nous ses trouvailles et sa gourmandise. Pour sa gaité aussi.

Lili est l’une des rares personnes qui me donne envie de faire des gâteaux, sans doute parce qu’elle en parle avec tant de gourmandise. Bizarrement, je n’en avais encore testé aucun. Mais celui-ci, quand j’ai lu la recette, j’ai su tout de suite qu’il était bon. Vous savez ces recettes qu’on lit et qui nous parlent, immédiatement.

Je l’ai fait pour ma famille, moi en général je n’aime pas beaucoup les fruits confits. Et bien c’est moi qui l’ai fini!

Comme j’ai remplacé les raisins secs par des canneberges séchées, et utilisé une proportion de fruits confits différente, je me permets, Lili, de reprendre ta recette. Mais c’est surtout pour la conserver, parce que je sais que je le referai ce gâteau. Avec sa petite touche de rhum, il est parfait!

Cake aux fruits confits et aux canneberges
125g de beurre bien mou
125g de sucre semoule
3 oeufs de taille normale
160g de farine
1/3 de sachet de levure chimique
1/2 càc de sel
150g de fruits confits mélangés taillés en petits dés
100g de de canneberges séchées
5 càs de rhum
3 càs de sucre pour le sirop

Préchauffer le four T°190. Plonger les canneberges dans un peu d'eau tiède + le rhum, veiller à bien les immerger (1 demi-heure d'immersion c'est bien). Couper les fruits confits en petits dés, de taille équivalente et les fariner. Dans un robot ou bien à la main fouetter le beurre bien mou avec le sucre et ajouter les oeufs un à un en amalgamant bien. Incorporer la farine et la levure en les tamisant. Ajouter le sel. Ajouter les canneberges égouttées (garder le liquide qui servira de base au sirop qui arrosera votre gâteau), essuyées et farinées ainsi que les fruits confits farinés. Versez cette préparation dans un moule à cake garni de papier sulfurisé. Mettre au four, baisser la température à 180° au bout de 10 minutes puis laisser cuire 35 minutes. Laisser refroidir à la sortie du four. Pendant le temps de refroidissement préparer le sirop : ajouter 2/3 cuillères à soupe de sucre semoule au rhum+eau récupéré et porter à ébullition dans une casserole. Verser sur le cake une fois totalement refroidi. Déguster le cake minimum 3 heures après.

Imprimer la recette.

samedi 31 mars 2007

Lettre à Sibylle

Source : Wikipedia

Tu te souviens, Sibylle, de cette fin d’été en Toscane ? Un an que nous en rêvions de ces vacances, toute une terminale. Nous voulions aller en Grèce, j’avais collé une carte de Grèce sur mon manuel de philo, et je rêvais les yeux perdus dans la mer Egée. L’épistémologie ne m’a laissé que peu de souvenirs.
Et puis, nos plans grecs étaient tombés à l’eau, alors ce fut la Toscane. J’apprenais l’italien pendant les cours d’anglais, la méthode Assimil dissimulée sous le bureau.

Nos premières vacances d’adulte, sac au dos et guide du routard à la main. Liberté totale. Le voyage en Italie, version classique. Une overdose de culture. Deux jours entiers aux Uffizi de Florence, Da Vinci, Botticelli, les croupes splendides des chevaux d’Ucello. Les graffitis de Leonardo sur les livres de la bibliothèque San Lorenzo. Les portes du Duomo, San Miniato al Monte, les glycines de Fiesole. Et puis David, LE David, au bout de sa gallerie d’esclaves s’arrachant du marbre. On avait 17 ans…

Tu avais décidé que je parlais l’italien, alors c’est moi qui achetais les billets de train, de bus. C’était parti pour Arezzo et les fresques de Piero della Francesca, les tours de San Gimigniano, et Sienne.

Sienne, fin du voyage. Nous avions ralenti le rythme, l’Italie nous imposait enfin le sien. Nous prenions le temps de nous asseoir sur les briques chauffées de soleil de la Piazza del Campo, la place coquillage. Les ragazzi te sifflaient, toi la belle blonde, Ciao Bella ! Nous étions passées insensiblement de la fringale culturelle à la douceur de vivre Toscane. A nous les balades sans but dans les rues tortueuses, les fontaines cachées, le caffè ristretto du matin et mon sandwich au boudin qui t’avait fait plisser le nez. Les gelatti, le panforte, les spaghetti caccio et peppe, si forts, si poivrés !

Et puis ce dernier soir, les lasagne al forno comme nous n’en avions jamais mangées, et nos premiers verres de Chianti. C’était la première fois que je t’entendais rire si fort.

Tu te souviens Sibylle, de cette fin d’été en Toscane ? Je n’ai jamais oublié.

Et maintenant, des lasagne al forno, je saurai t’en refaire :


C’est un travail de longue haleine. Si jamais ça vous tente, je vous conseille de préparer la sauce à la viande la veille, et de vous lever tôt pour préparer la pâte le lendemain.

Lasagne al forno

Sauce bolognaise

  • 60g de pancetta
  • 2 petites carottes
  • 1 côte de céleri
  • 1 oignon jaune
  • 1 gousse d’ail
  • 30g de beurre
  • 500g de viande de bœuf hachée
  • 10 cl de vin rouge
  • 1 boite de tomates pelées concassées
  • 2 cs de concentré de tomates
  • 50 cl de bouillon de bœuf
  • Sel, poivre, muscade
  • Thym, laurier, romarin

Hacher finement l’oignon, les carottes, le céleri, l’ail. Couper la pancetta en dés. Faire revenir le tout à feu doux dans un peu de beurre et d’huile pendant environ ¼ d’heure. Ajouter la viande et faire dorer le tout. Déglacer avec le vin rouge. Ajouter les tomates, le concentré, le bouillon, les épices et les aromates. Laisser cuire à feu doux et à couvert pendant environ 2 heures. La sauce doit être dense mais encore liquide. Rajouter du bouillon au fur et à mesure de la cuisson si besoin.

Sauce blanche

  • 75 cl de lait entier
  • 100g de beurre
  • 60g de farine
  • ½ cc de sel

Faire chauffer le lait sur feu moyen. Poser une casserole à fond épais sur feu moyen et faire fondre le beurre. Ajouter la farine et faire cuire 2 ou 3 minutes en remuant sans cesse, jusqu’à l’obtention d’un roux. Ne pas laisser brunir. Retirer la casserole du feu et verser le lait chaud en filet, sans cesser de remuer. Ajouter le sel et remettre la casserole sur feu moyen pendant 1 minute sans cesser de remuer, jusqu’à ce que la sauce soit suffisamment épaisse et onctueuse pour napper une cuillère. Laisser refroidir.

La pasta a l’uovo

  • 400g de farine de blé
  • 4 gros œufs
  • 2 cc d’huile d’olive

Verser 325g de farine dans le bol du robot. Y casser les œufs puis ajouter l’huile d’olive. Mixer jusqu’à obtention d’une pâte humide et grumeleuse : il faut compter environ 10 secondes. Si la pâte semble trop collante, ajouter un peu de la farine réservée, cuillerée après cuillérée, en mixant entre chaque ajout. Au bout de 30 secondes environ, la pâte doit former une boule au dessus de la lame. Lorsque vous la pincez, elle doit être légèrement humide sans être collante.
Choisissez un plan de travail en bois ou plastique légèrement rugueux pour faciliter le pétrissage. Farinez le. Poser la boule de pâte au centre de la surface et commencez à pétrir. Avec la paume d’une main, repoussez la boule. Avec l’autre main, saisissez la par l’extrémité la plus éloignée de vous, repliez la vers vous, puis tournez la d’un quart de tour. Renouvelez l’opération en tournant à chaque fois la pâte d’un quart de tour. Arrêtez de pétrir lorsque la pâte est humide sans être collante et d’un jaune uniforme. Cette opération de pétrissage prend 2 ou 3 minutes. Laissez reposer la pâte pendant 30 minutes.


Pétrissage et abaissage

Couper la pâte en 4 morceaux. Fariner un morceau et le passer au laminoir en le réglant au maximum d’écartement. Replier chaque morceau sur lui même et répéter cette opération 8 à 10 fois en farinant la pâte entre chaque passage. Puis diminuer l’écartement et commencer d’abaisser la pâte, en la farinant légèrement entre chaque passage et en diminuant progressivement l’écartement. Elle sera prête quand elle atteindra environ 2 mm d’épaisseur (on doit voir sa main à travers).
Poser les bandes de pâte sur un plateau fariné et recommencer avec les pâtons restants.
Montage

Beurrer un plat à gratin. Verser un peu de sauce blanche au fond du plat, puis disposer progressivement une couche de pâte, une couche de sauce blanche, une couche de sauce à la viande et une couche de parmesan râpé. Recommencer l’opération jusqu’à épuisement en terminant par une couche de sauce blanche et une couche de parmesan. Si la sauce à la viande est suffisamment liquide, il n’est pas nécessaire de précuire la pâte.

Enfourner les lasagnes environ 40 minutes dans un four préchauffé à 190°C.

Recette adapté de Pâtes et nouilles – Editions Fleurus

Ces lasagnes sont aussi dédiées à Thierry, le mari de Cathy, qui aimerait beaucoup qu'elle en fasse, et à mon amie Mijo, qui aime tant Sienne.

mercredi 28 mars 2007

Le vin

Patricia et Eglantine m’ont passé toutes les deux ce questionnaire. Pourquoi, j’ai donc une tête à aimer le vin?

Selon vous le vin est-il masculin ou féminin ?
Le vin est au delà de ces considérations. Nom masculin aux qualités féminines, boisson des dieux et des hommes, il est, tout simplement.

Etes-vous plutôt vin rouge, blanc ou rosé ?
Rouge, avec une préférence pour les vins capiteux, aromatiques, Gigondas, vins de Navarre, Chianti Classico, Barolo. Mais j’aime aussi les blancs de Sancerre et du Jura, les petits vins pétillants d’Italie et le Muscadet en Bretagne, tout dépend du contexte. Le rosé me donne mal à la tête, mais pas les vins gris du Maroc.

Etes-vous plutôt Champagne blanc ou rosé ?
Plutôt blanc, mais à choisir, un verre de vin rouge me convient mieux.

Quelle est votre "première fois" ?
La première fois dont je me souvienne, c’était dans un restaurant de Fiesole, au cours d’un voyage scolaire, en classe de seconde. Notre prof de Grec, très jeune et encore sans enfants, nous avait demandé si nous prenions du vin à table. La reponse fut oui, unanime et sans remords. C’était bon! Je m’en souviens encore.

Votre meilleur "souvenir émotionnel" avec un vin ?
Une carafe de Chianti accompagnant des lasagne al forno, quelques années plus tard, à Sienne. Ce n’était sans doute pas un très grand vin, nous n’avions pas les moyens, mais il avait le goût des rires, de la liberté, du plaisir.

Votre meilleure association mets-vin ?
Alors si un jour vous êtes dans le Jura, allez faire un tour à la fruitière, prenez un morceau de bon Comté fruité. Ajoutez à votre panier un sac de noix fraiches, puis allez faire une dégustation de ces excellents vins d'Arbois, dont Olif et Estèbe savent nous parler avec tant de poésie, en terminant par un vin Jaune évidemment. Un grand moment!

Votre prochaine dégustation (prévue ou fantasmée) ?
Aucune idée, celui qui se présentera sera bon. Il faudrait peut-être que j’aille faire un tour à la cave moi.

Qui choisit le vin dans votre foyer et qui "gère" la cave ?
Le vin, souvent, on nous l’offre à Noël. Et comme nous n’avons pas de cave, mais un cellier plein de courants d’air, il est à l’abri dans la cave de mon père. Ce qui fait qu’il se gère tout seul, loin des yeux et des tentations.

Combien de vins avez-vous en cave ?
Je n’en sais rien je dois dire, mais elle est pleine de trésors. Plus j’y réfléchis, plus je devrais y faire un tour.

Question subsidiaire : comment initierez-vous un jeune au vin ?
Initiation, c’est un bien grand mot, je n’ai pas la culture suffisante. Mais je l’emmènerais faire la route des Chianti en Toscane, s’asseoir à la terrasse du restaurant sur la petite place de Castellina in Chianti, déguster des crostini et des petits légumes farcis avec le vin qui leur convient le mieux, à l’ombre du parasol, puis faire la sieste au son des cigales avant de repartir découvrir d’autres lieux, d’autres goûts.

Ringo, il te tente celui-ci?

mardi 27 mars 2007

Pâte de soja épicée

Lolie et Patrick me demandaient ce qu’était la pâte de soja épicée utilisée dans ma recette de porc cuit deux fois, et si on pouvait la remplacer par autre chose.
Alors, voilà l’ingrédient en question, utilisé aussi dans ma recette de Ma Po Tofu. C’est une pâte à base de haricots de soja fermentés, d’ail, de piment, d’huile et d’épices. Je ne pense pas qu’on puisse la remplacer par autre chose, à moins peut-être de faire fermenter soi-même des haricots de soja. Vous me direz si vous avez une idée à ce sujet…
C’est fort. Les proportions de ma recette donnent un plat épicé mais doux. Si vous aimez le piment, vous pouvez aisément mettre 2 cuillerées à soupe, voire plus. On la trouve assez facilement dans les épiceries asiatiques – enfin, j’ai eu un peu de mal à la trouver au milieu de tous les pots la dernière fois, heureusement que Marion était là – et elle se conserve très longtemps au réfrigérateur.

vendredi 23 mars 2007

Chang Jiang



Où en étais-je déjà? Ah oui, à Chongqing, au bas des marches, sur l’embarcadère des bateaux qui descendent le fleuve. Le Fleuve Bleu, Chang Jiang, Grand Fleuve en chinois, le Yangtzekiang du Jean Gabin d’Un singe en hiver. Pour l’heure, le fleuve était gris acier, sous un ciel plombé.

C’était parti pour cinq jours de voyage, entre Chongqing et Shanghai, au rythme tranquille de la navigation fluviale.

Des bateaux, j’en avais pris quelques uns déjà, dans ce pays. Celui qui part le soir du port tout illuminé de Hong Kong, et remonte la Rivière des Perles pour arriver au petit matin dans le port de Canton. Tous entassés dans une cabine commune, les couchettes à même le plancher, séparées seulement par des clayettes. Réveil obligatoire aux petites heures du jour, au son des hauts parleurs braillant de la pop chinoise. J’avais mangé sur ce bateau un des meilleurs petits-déjeuners de dim sum, en regardant le jour se lever rose sur Canton.

Il y en avait eu un autre encore, une sorte de péniche plate qui remontait la Xi Jiang. Un bout de voyage paresseux, ensoleillé, passé à boire des bières sur le pont pour échapper à la promiscuité de la cabine unique, au son strident des hauts parleurs. Mais je m’égare dans les méandres des fleuves.


Ce bateau là était blanc, doté de plusieurs ponts, les cabines comportaient deux couchettes, une porte, et pas de hauts parleurs. Le grand luxe quoi!

C’est étonnant comme les souvenirs sont fugaces. Je me souviens finalement très peu des détails de ce voyage. Je revois un ciel très sombre, le fleuve encaissé entre les montagnes, les poissons mis à sécher au vent le long des bastingages. J’ai l’image d’une escale dans une petite ville médiévale, fortifiée, hors du temps, des oranges et du chocolat achetés là pour changer de l’ordinaire du bateau. La nourriture était atroce, le riz gâté, jamais je n’ai si mal mangé en Chine. Je me revois avec mon bol et mes baguettes sur le pont, les autres passagers me regardant fixement. Les étrangers étaient encore très rares en Chine à l’époque. Après leur avoir dit que dans mon pays il était très impoli de fixer ainsi les gens quand ils mangent, ils s’étaient tous retounés, sans un mot. Je crois que c'est moi qui n'avait pas été très polie, à y bien réfléchir.
Malgrè la grisaille ambiante, j’ai aimé le fleuve pourtant, le rythme doux de ce voyage, les petites villes étape dont j’ai oublié le nom, avant d’arriver au grand port de Wuhan. C’est sans doute dans une de ces villes, au début du voyage, que j’ai goûté ce plat sichuanais, le “porc cuit deux fois”. C’est en tout cas les souvenirs qui me sont revenus quand je l’ai cuisiné l’autre jour. C’est étrange, de manger ses souvenirs, non?


Porc cuit deux fois

  • 450g de porc (poitrine ou échine)
  • 1 poireau
  • 2-3 gousses d'ail, pelée et finement émincées
  • 3 cs d'huile


Sauce

  • 1/, 1/2 cs de pâte de soja épicée
  • 1 cs de sauce soja douce
  • 1/4 cc de sel
  • 1 cc de sucre
  • 1 cs de vin de Shaohsing


Mettre à bouillir la viande pendant 20-25 minutes. Réserver et laisser refroidir pendant 2 heures afin qu'elle se raffermisse. Couper la viande en tranches très fines. Laver le poireau, le sécher et le couper en quatre en longueur puis en diagonale en sections d'environ 1 cm.
Préparer la sauce. Mélanger la pâte de soja, la sauce soja, le sel, le sucre et le vin dans un bol et réserver.
Faire chauffer le wok jusqu'à ce que de la fumée se dégage. Ajouter 1 cs d'huile et bien répartir. Ajouter les poireaux et faire frire pendant environ deux minutes. Saler et réserver dans un plat chaud.
Sécher le wok et le remettre sur le feu. Ajouter de l'huile et bien répartir. Ajouter l'ail, et dès qu'il commence à colorer, ajouter le porc. Mélanger et laisser frire jusqu'à ce que le gras devienne transparent. Baisser le feu si nécessaire.
Ajouter la sauce et mélanger. Ajouter les poireaux et mélanger jusqu'à ce que la sauce soit presque complètement absorbée. Verser dans un plat préchauffé.
Servir avec du riz blanc.
Enjoy!!

mercredi 21 mars 2007

Et si j’étais…

Gettyimages
Elliflo, Tiusha et Zaza voulaient savoir comment je pousse, et quel goût je pouvais bien avoir. Voilà bien des questions que je ne m’étais jamais posées. Comme les deux questionnaires étaient similaires, je les ai combinés, j’ai même rajouté une question comme si ce n’était pas assez long :)

Si j’étais un arbre…
Je serais un hêtre, bien enraciné dans une forêt des montagnes Basques, tout flamboyant l’automne et gardant mes feuilles au coeur de l’hiver.

Si j’étais un arbuste…
Je serais un noisetier dans une haie au bord des champs, repaire d’écureuils et de mésanges, porteur de belles branches souples idéales pour les arcs et les flèches des enfants.

Si j’étais une fleur…
Des glycines retombant doucement du haut d’un mur de pierre, sur un chemin de Toscane.



Un plante aromatique?
Un beau buisson de romarin en fleur, diffusant mes effluves au moindre souffle de vent.


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Une épice?
Du piment d’espelette, pas d’hésitation.


Getty Images

Une herbe sauvage?
Le fenouil qui pousse au bord des falaises de Belle-Ile, dont on cueille des bouquets pour le poisson du soir – ou simplement pour le plaisir de le froisser entre les doigts.

Une plante aquatique?
Le bambou dans le regard du peintre qui l’observe, le pinceau immobile au dessus du rouleau de parchemin, de l’autre côté de la rivière.


Un fruit?
Une pêche, mure et juteuse, sur un étal de fruits du Campo dei Fiori, au coeur de Rome.

Un animal du jardin?
Une coccinelle, éternelle insecticide.

Getty Images

Une saison?
Un mois de Juin à Belle-Ile, un ciel lumineux au dessus de la lande fleurie et des soirées infinies.

Un légume?
Une pomme de terre, adaptable à toutes les sauces.

Un plat?
Des oeufs de la ferme, bien jaunes, et du lard frit dans la poêle, avec une bonne poêlée de cèpes qui grésille à côté.

Un dessert?
Une tarte au citron meringuée.


Un bonbon?
Je ne sais pas pour vous, mais je ne me vois pas en bonbon…

Un chocolat?
Bien noir, pourtant suave, parfumé d’orange.

Une confiture?
Une marmelade d’orange amère, sur un toast au beurre salé.


Une cuisine?
Toutes!

Un couvert?
Des baguettes, le plus pratique pour manger tout en bouquinant.

Une boisson alcoolisée?
Du vin rouge, puissant, fruité.



Une boisson sans alcool?
Mon ginger fizz que j’aime, jus de gingembre, citron vert et sucre de canne.

Propriétaire d’un restaurant?
Ouh là, vous êtes fous?

Annie, tu en fais ce que tu veux.