mardi 15 août 2006

Le Vexin vu du ciel

Ce soir sur France 3, à 20h50, l'émission La Carte aux Trésors survole ma région. On pense ce qu'on veut de ce programme, d'ordinaire ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Mais pour ce que j'ai pu en voir cet été, les prises de vues sont belles, et les intervenants sur l'histoire des régions filmées quelquefois intéressants.

Comme ils sont passés en hélicoptère plusieurs fois au dessus de ma maison, et que je leur ai fait coucou - et oui, quelquefois ça m'arrive de dire bonjour aux hélicos - je vais regarder. Vous, vous faites ce que vous voulez, c'était juste pour dire.


Dans l'attente de l'émission, et juste pour vous faire profiter du rayon de soleil de ce midi, dégustez donc avec nous ces brochettes du Vexin.

Du Vexin elles n'ont que le nom, elles sont faites ici, avec les tomates, le thym, le laurier et le romarin du jardin, mais sont fortement inspirées des recettes d'Elvira, mon inspiratice attitrée en recettes pour barbecue.

Pour 2 personnes (gourmandes, sans enfants)
  • 500 g de boeuf (ici, de la tranche)
  • 1 oignon coupé en quartiers et blanchi 2 minutes
  • tomates cerises du jardin
  • feuilles de laurier
  • tranches de chorizo
Marinade
  • jus d'1/2 citron
  • 2 cs de sauce soja Kikkoman (moins salée)
  • 1 cs d'huile d'olive
  • piment en poudre
  • ail en poudre
  • poivre
  • thym frais, effeuillé
Légumes
  • 1 courgette
  • 1 poivron rouge
  • 2 gousses d'ail
  • 1 tranche de gingembre émincée
  • thym, romarin
  • sel, poivre, piment d'espelette
  • riz blanc
Préparer la marinade. Couper le boeuf en gros cubes et faire mariner 1 heure. Puis préparer les brochettes en alternant oignon, tranche de chorizo, tomate cerise, feuille de laurier et morceau de boeuf.

Couper la courgette et le poivron en lamelles. Faire revenir dans 1 cs d'huile d'olive avec thym, romarin, gingembre et ail, jusqu'à ce que les légumes soient dorés mais encore croquants.

Faire cuire le riz blanc sans sel (les légumes et la viande sont assez salés).

Faire cuire les brochettes au barbecue par le Chef et servir accompagné de riz blanc et du mélange de légume.

Se régaler!

samedi 12 août 2006

Bye Bye Belle Ile



Il faut bien partir un jour. A moins de décider de rester, d’oublier les banlieues et leurs trains tout gris, les Parisiens à la triste figure. Faire une escale définitive au pays des vacances, ouvrir un restaurant sur le port, acheter le poisson directement aux pêcheurs, ralentir le rythme, et l’hiver….Ah oui, l’hiver, c’est long l’hiver sur une île de Bretagne, c’est froid et humide et gris aussi, il faut être solide.

Bon, rentrons à Paris. Après tout la ville est si belle et calme en août quand tous les habitants sont partis et que ceux qui restent ont encore le sourire des vacances. Et puis les aller-retours quotidiens du Gisors-Paris c’est plutôt sympa, c’est le café du commerce ambulant, la campagne qui transhume vers Paris, et un formidable salon de lecture aussi.

Autrefois, à chaque fois que je quittais l’île je pleurais. J’ai un peu plus confiance maintenant, je sais que je reviendrai.

Avant de partir, attablons nous devant un carrelet rôti sur son lit de petits légumes de Belle Ile.




Le carrelet est un poisson un peu boudé, probablement parce qu’il ne se conserve pas très bien et prend vite un goût d’ammoniaque. D’ailleurs, je ne l’achète jamais qu’au bord de la mer. Mais frais, c’est un poisson délicat, à la chair blanche, fine et moelleuse. Par contre, la peau n’est pas bonne. Mais une fois le poisson cuit, elle s’ôte facilement.

Carrelet rôti sur son lit de petits légumes de saison (pour 4 personnes)
  • 1 beau carrelet d’1 kg
  • 3 petites courgettes jaunes
  • 4 pommes de terre moyennes
  • 1 poivron vert
  • 4 oignons nouveaux
  • 4 tomates
  • 3 gousses d’ail
  • 1 citron
  • thym, romarin, fenouil sauvage, 1 feuille de laurier
  • sel, poivre, piment d’espelette
  • 1 verre de muscadet
  • huile d’olive
Préchauffer le four à feu moyen, thermostat 7. Couper les pommes de terre, le poivron et les courgettes en tranches assez fines, émincer les oignons, couper les tomates en cubes et les gousses d’ail en petits morceaux. Huiler un plat à four. Y disposer les légumes et mélanger doucement. Ajouter les aromates, sel, poivre, piment d’espelette. Arroser du verre de vin et d’un bon filet d’huile d’olive. Ajouter des tranches de citron assez fines sur le dessus.
Enfourner et laisser confire les légumes pendant une vingtaine de minutes.
Nettoyer, laver et sécher le carrelet. Un fois les légumes un peu confits, disposer le poisson sur ce lit douillet, saler, poivrer, arroser d’un peu d’huile d’olive et laisser cuire encore environ 20 minutes (tout dépend de la taille du poisson et de la chaleur du four.
Pour servir, ôter la peau et détailler les filets. Si l’osmose a réussi, votre poisson devrait avoir pris un peu du goût du mélange de légumes, et les légumes devraient être parfumés du fumet du poisson. C’est une recette qui est parfaite aussi – et même encore meilleure je crois – avec la dorade.


mardi 8 août 2006

Souvenirs d'une autre île



Souvent l’été à Belle Ile me ramène à une autre île, un petit caillou de lave rouge posé dans la Méditerranée au large de Naples, pas très loin d’Ischia. Ces deux là n’ont rien à voir semble t’il, si loin l’une de l’autre, îles de deux mers différentes. Et pourtant, on y trouve le même fenouil sauvage au bord des chemins, la roquette sauvage aussi. J’ai vu dans certains jardins bellilois les mêmes fleurs et cactées, sans doute nées au bord de la méditerranée. Et puis c’est le bleu du ciel, peut-être, quand il s’éclaircit, les maisons de toutes les couleurs, l’air chargé de sel le long du sentier côtier et les cris des mouettes, qui parlent la même langue partout.

Alors ça me donne envie de cuisiner tout simple, la cuisine de bord de mer que l’on mange dans le restaurant du bord de la plage, celui qui est juste sous l’appartement, là-bas, dans cette autre île.



Des bruschette, de grandes tartines de pain grillées au feu de bois, puis simplement frottées à l’ail et couvertes de tomates en cubes, d’huile d’olive et de sel. A manger encore chaudes.



Et puis une belle tranche d’espadon, longuement marinée dans une émulsion de jus de citron, d’huile d’olive et d’ail écrasé. Rapidement grillée sur le feu, pas trop, l’espadon trop cuit est un peu sec, puis servi simplement arrosé de jus de citron, d’huile d’olive et de sel. Un vrai délice.

Comme disait Stéphane l’autre jour: “Avec des bons ingrédients, on peut aller tout près du bonheur!”.

dimanche 30 juillet 2006

Quelques adresses Belliloises


L’été incite à la paresse. Je ne suis pas en reste. Vous voudrez bien excuser mon manque d’assiduité, mais de l’avis général, notre vieil ordinateur portable est une brouette. Il est d’ailleurs squatté la plupart du temps par les enfants. Et puis la grasse matinée, la plage, la queue au marché et les apéros au port n’arrangent pas les choses. Merci à vous tous d’être passés me dire bonjour, vos commentaire m’ont fait très plaisir, comme autant de cartes postales.

Bref, en passant, voici quelques adresses Belliloises pour les visiteurs gourmands. Je ne prétends pas être une spécialiste, attention, mon savoir est limité. Et puis je ne suis pas, je ne serai jamais d’ici. On ne devient pas Bellilois, c’est tout simplement hors de question.

Pour les crêpes, la meilleure adresse, depuis de nombreuses années, c’est « Chez Renée » à Bangor. Les galettes et les crêpes y sont fines et craquantes, la garniture parfaite, les meilleures que j’ai jamais goûtées, sans conteste. Ils viennent d’introduire des nouveautés à la carte, la galette andouille-compote de pomme était un délice. En dessert, je prends toujours la crêpe banane-crème fraiche flambée au rhum, mais c’est à vous de voir….Réservation conseillée, mais si vous arrivez tôt, vers 19h30, vous avez une chance d’avoir une table dehors dans la petite cour-jardin, un vrai plaisir.

Crêperie Chez Renée
Bourg de Bangor
Tel : 02.97.31.52.87



Pour les croissants, les meilleurs, croustillants, au délicieux goût de beurre salé, sont chez Petrel à Palais. Ils ont aussi de délicieuses pâtisseries, et puis des œufs de mouettes prâlinés, des sardines en chocolats et des caramels au beurre salé pour les amateurs de sucre.

Pâtisserie Petrel
Place de l’hotel de ville
Le Palais


Les poissons, je les prends au marché de Palais, c’est facile, c’est en bas de chez nous. On peut les acheter aux pêcheurs, c’est moins cher mais le choix est plus limité et il faut être là au bon moment. Sinon je les prends chez Lanco, je les aime bien pour la fraîcheur du poisson et la gouaille du patron.

Poissonnerie Herlé Lanco
Rue Bramel
Le Palais
Tel : 02.97.31.83.66
Ou sur le marché tous les jours

Encore sur le marché, la charcuterie locale La Bien Nommée offre lard rôti, rillettes, saucissons, andouilles et andouillettes, ainsi que des biscuits, gâteaux bretons et caramels au beurre salé délicieux. Un peu cher mais ça vaut le coup.

Les fromages de chèvre locaux, de chez Amouroux à Sauzon, sont aussi en vente au marché du Palais. Ils sont délicieux, essayez les.

Et puis les légumes de l’île, pommes de terre, tomates, poivrons, melons, courgettes jaunes et vertes, aubergines, oignons, ail, échalottes et fines herbes : les meilleurs que j’ai goûtés sont ceux de Joël Clément, qui a un point de vente à Kerspern, à la sortie de Palais en direction de Bangor, un peu après le supermarché Casino sur la droite. La patronne, sympa et épuisée, adore parler de ses légumes.

Pour les restos, je ne suis pas une spécialiste, mais j’aime bien aller déguster une entrecôte de l’île au feu de bois au Pub Le Goéland, à Palais. Plusieurs personnes, dont Lilo de Cuisine Campagne et une de mes lectrices, qui se reconnaîtra, m’ont également recommandé La Cale, à Sauzon.

Si vous avez d’autres adresses, n’hésitez pas à les rajouter dans les commentaires, elles seront bien sûr les bienvenues.

Sur ce, à vous qui n’êtes pas encore partis, je souhaite de bonnes vacances, et bon courage à ceux qui s’en retournent vers des activités normales.

vendredi 21 juillet 2006

Je ne sais pas où vous êtes vous...?



Nous on est à Belle-Ile, Morbihan, Bretagne. On va boire des kyrs au port, à la Frégate, et on regarde les bateaux embarquer, débarquer, largue avant, largue arrière.
Pas envie de faire la cuisine, il fait trop chaud, rarement eu aussi chaud à Belle-Ile d’ailleurs. C’est magnifique la Bretagne quand il fait chaud comme ça.

Juste envie de croquer dans les tomates de l’île, mûres, sucrées, enfin des vraies tomates. Envie de petit-déjeuner à la rillette locale, et au petit chèvre de l’île, mûr lui aussi, acide et rond. Envie de lard rôti à l’apéro. Des croquantes courgettes jaunes du producteur du coin, douces, presque sucrées. Envie de ces jolies langoustines, justes plongées dans l’eau bouillante au retour du marché, et dégustées avec une bonne mayonnaise maison. D’entendre craquer la carapace du tourteau cueilli sous les rochers par Yann, de goûter le superbe bar pêché par Jacques, simplement parfumé du fenouil des falaises.

Envie de vivre, quoi !

dimanche 9 juillet 2006

Villa Pamphili - juillet 1990

Massimo s'engagea en marche arrière dans la Via di San Pancrazio. Il avait repéré une place au bout de la rue, impossible à atteindre avec ces foutus sens interdits qu'ils collaient partout. Le crime avait eu lieu dans un de ces appartements rupins avec terrasse qui donnaient sur les jardins de la Villa Pamphili. Il entra et monta l'escalier de marbre, il faisait frais après la chaleur écrasante de la rue.
L'appartement était immense et blanc, la terrasse ouvrait sur toute l'étendue du parc, bordé de pins parasols aux troncs tordus. Au dehors, la ville était étrangement silencieuse, on entendait parfois une rare voiture passer. Le match allait commencer...
La maîtresse de maison était aussi belle et glacée qu'une page de magazine de mode. Elle semblait calme, sans émotions, seuls ses doigts tremblèrent légèrement en lui tendant une tasse de café.
Le corps avait été emporté un peu plus tôt. Un français, premier secrétaire d'ambassade. Massimo était revenu interroger sa veuve, à chaud.
Au dehors, soudain, une clameur monta immense, de toute la ville, l'Italie avait marqué. Puis le calme retomba, presque inquiétant.
Dans l'appartement, pas de télévision, elle devait sans doute être cachée derrière les portes d'un de ces meubles design. Mais il entendait la ville scander les actions, tout en essayant de se concentrer sur son interrogatoire.
Puis de nouveau la clameur enfla, et monta de toute la ville, encore plus forte cette fois. Décidément, cette femme ne lui apprendrait rien. Il fallait qu'il rentre avant la mi-temps. Et puis Maria l'attendait, elle avait préparé une de ses spécialités Toscanes pour ce soir de match.

Poulet en sauce relevée
  • 1 poulet fermier coupé en morceaux
  • 20g de beurre
  • huile d'olive
  • 60g de carotte
  • 45g de céleri branche
  • 20g d'ail
  • 100g d'oignons
  • 1 dl de vin blanc sec
  • sel, poivre
  • 300g de sauce tomate
  • 1 cs de concentré de tomate
  • 5 dl de bouillon de volaille réduit à 2 dl de fond de volaille
  • 1 pincée de piments rouges concassés
  • 1 branche de romarin
  • 1 branche de thym
  • 1 feuille de laurier
  • 1 pincée d'origan
  • pain grillé aillé

Dans une poêle antiadhésive, faites revenir les morceaux de poulet dans 10g de beurre et 1 cs d'huile à feu vif. Oter le gras et réserver. Hachez les carottes, le céleri, l'ail et l'oignon. Ajouter 1 cs d'huile et 10g de beurre et faites revenir le hachis à feu doux, environ 10 minutes. Ajouter le vin et laissez évaporer 1 minute. Salez, poivrez. Ajouter la sauce tomate, le concentré de tomates, le fond de volaille, les piments concassés, les herbes, et attendez l'ébullition. Réduisez la chaleur au minimum. Couvrez. Laissez mijoter environ 3/4 d'heure. Servez ce plat accompagné de tranches de pain grillé aillé que vous disposerez sous les morceaux de poulet et que vous napperez de sauce (personnellement je le sers avec du riz blanc).

Recette tirée de Cuisine Toscane à Villa Gamberaia de Camilla Zalum - Ed. noêsis

mardi 27 juin 2006

Plaisir solitaire


Face à mon vin, je n’ai pas vu le crépuscule s’installer
Les fleurs en tombant ont rempli mes vêtements
Ivre, je me lève, je fais un pas vers la lune dans le ruisseau
Les oiseaux sont loin, les hommes aussi sont peu nombreux

Li Bai, dit la légende, s’est un jour noyé dans le reflet de la lune, au cours d’une promenade en barque, alors qu’il était ivre….

Je crois qu’il aurait aimé un bon plat de boeuf brocoli à la sauce d’huître, pour accompagner son vin:



  • 200g de boeuf, filet ou rumsteack
  • 500g de brocoli chinois
  • 4 cs d'huile d'arachide
  • 4 fines tranches de gingembre, pelées
  • 1/3 cc de sel
  • 1/3 cc de sucre
  • 2 gousses d'ail pelées, coupées en tranches fines
  • 2 oignons verts, coupés en morceaux de 2 cm, blanc et vert séparés
  • 1/2 cs de vin de Shaohsing

Marinade
  • 1/3 cc de sel
  • 1/3 cc de sucre
  • 1 cc de sauce soja douce (épaisse)
  • 4 tours de moulin à poivre
  • 1 cc de vin de Shaohsing
  • 1/2 cc de fécule de pomme de terre
  • 1 cs d'eau
  • 1 cc d'huile d'arachide

Sauce
  • 3/4 cc de fécule de pomme de terre
  • 5 cs d'eau
  • 1 1/2 cs de sauce d'huître
  • 1/2 cs de sauce soja douce
Couper le morceau de boeuf en tranches très fines, dans le sens contraire des fibres de la viande. Préparer la marinade avec tous les ingrédients sauf l'huile. Verser les tranches de viande dans la marinade et laisser reposer 30 minutes, puis ajouter l'huile et mélanger.

Couper le brocoli chinois en morceaux longs d'environ 5 cm, en diagonale.

Faire chauffer le wok. Quand il est chaud, ajouter 2 cs d'huile et faire tourner le wok pour bien la répartir. Ajouter le gingembre, touiller, puis les brocoli. Les saisir rapidement pendant 1 minute puis ajouter le sel et le sucre. Ajouter l'eau, baisser le feu, couvrir, puis laisser cuire pendant environ 10 minutes, jusqu'à ce que les brocoli soient tendres mais encore croquants. Les égoutter et les réserver au chaud.

Nettoyer le wok. Le faire de nouveau chauffer jusqu'à ce qu'il fume légèrement. Ajouter l'huile et la répartir en tournant. Ajouter l'ail, mélanger, puis le blanc de l'oignon. Ajouter le boeuf et et le faire sauter environ 30 secondes pour qu'il brunisse. Verser le vin sur le bord du wok et mélanger 30 secondes. Ajouter la sauce bien mélangée. Continuer à faire sauter en remuant jusqu'à ce que la sauce épaississe (environ 1 minute). Ajouter le vert de l'oignon et verser sur les brocoli réservés.

Servir immédiatement avec du riz blanc.

Recette tirée d'une bible de la cuisine chinoise, Yan Kit's Classic Chinese Cookbook, toujours édité et absolument indispensable (malheureusement pas traduit en français).

Je sais que ça parait un peu compliqué, mais en fait c'est très simple. Il faut préparer tous les ingrédients à l'avance, et bien lire la recette avant de se lancer, tout devant être fait en une succession très rapide (c'est assez difficile de faire de la cuisine chinoise le livre sous les yeux).

samedi 24 juin 2006

Des fois j'en ai marre!



Vous faites quoi vous le samedi soir, quand vous vous retrouvez seule à la maison avec les gosses, dont le fils des voisins partis à un festival punk (c'est moi qui l'ai proposé, et il est sympa le petit) et six chats dont cinq chatons qui font des bêtises, l'Homme parti vers ses activités associatives diverses et variées, le frigo vide pour cause de non-courses pour cause de kermesse de l'école toute la journée, les lessives à faire d'urgence pour préparer le départ du petit en stage de cheval, et le lendemain dimanche qui ne s'annonce pas mieux?

Moi je fais des pâtes aux saucisses:

  • 2 saucisses de Toulouse
  • 1 cs d'huile d'olive
  • 1 verre de vin blanc sec
  • 1 grand verre d'eau
  • poivre
  • 1 branche de thym
  • 1 peu de romarin
  • 1 feuille de laurier
  • 400g de spaghetti
  • 3 cs de concentré de tomates
  • parmesan rapé

Faire chauffer l'huile d'olive dans un faitout. Ouvrir les saucisses de Toulouse et récupérer la chair. La faire revenir à feu moyen dans l'huile jusqu'à ce qu'elle soit dorée. Mouiller avec le vin blanc, laisser évaporer 1 minute. Rajouter l'eau, le poivre, le concentré de tomates, le thym, le romarin, le laurier et laisser mijoter à feu doux une demi-heure. Si la sauce devient trop dense, ajouter un peu d'eau. Pendant ce temps, faire chauffer l'eau, cuire les spaghettis al dente et les mélanger à la sauce. Servir de suite avec du parmesan.

On peux rajouter du piment, mais là c'était pour les enfants.

Bon, après ça, ça va tout de suite mieux! Vous m'excuserez, pas de visite de blogs pour moi ce soir, je m'en vais me coucher avec "The Gastronomical me" de MFK Fisher, c'est excellent pour la santé!


jeudi 22 juin 2006

Meme Cuisine et Dépendances



Notre amie Leeloo a lancé il y a quelques temps ce questionnaire parfumé. J’ai eu un peu de mal, il fallait faire des choix..Enfin le voici, et je passe la suite à Hélène de Chez Becky & Liz, à Thalie, qui n’a plus de questionnaire en retard et à Lilo de Cuisine Campagne, joli blog déjà très parfumé.

CUISINE ET DEPENDANCES ... Parfum et cuisine sont liés :

1. Quel est votre parfum ou eau de toilette ?

Shalimar, depuis des années, j’aime bien les parfums capiteux (en petite quantité).

2. Quelle odeur de cuisine préfériez-vous quand vous étiez enfant ?

Sûrement l’odeur du poulet rôti du dimanche qui caramélisait doucement dans son plat. Un peu plus tard, l’odeur de la ventrèche frite dans la poêle avec des oeufs bien frais.

3. Quelle odeur évoque pour vous l'été ? Et l'hiver ? Et l'automne ? Et le printemps ?

L’été c’est l’odeur du foin tout juste coupé et ramassé en andins dans les montagnes basques, l’automne l’odeur de mousse et de terre de la récolte de cèpes étalée sur la table de la cuisine, l’hiver celle du feu de bois qui fume un peu dans la cheminée, le printemps, l’odeur de la mer et des embruns.

4. Si la blogosphère avait saveur et odeur ... Votre blog favori : quel(le) est selon vous son goût et/ou son odeur ?

Je ne sais pas faire de choix, tous les blogs ont une odeur, a fortiori les blog culinaires. Ils sentent tous très bons, certains sont plus caractéristiques que d’autres: chez Leeloo c’est la sauge sur le balcon, chez Christine l’odeur du thé au samovar, chez Elvira une odeur de pinèdes et de brochettes grillées au barbecue, chez Anne Papilles l’odeur du pain et des hortensias sur la terrasse, chez Dorian ça sent les épices, je me souviens encore de l’odeur qui a embaumé toute ma maison le jour où j’ai essayé sa salade de fruit au sirop d’épices, chez Tarzile la lavande bien sûr, chez Fleur de sel ça sent la mer, chez Cathy le clafouti, chez Véro Saveurs Sucrées les confitures et les liqueurs, chez Véro Cuisine Métisse encore, les épices, chez Lilizen les herbes aromatiques fraîches, chez Mijo le frais à l’ombre et les apéros dans le jardin (mais si ça a une odeur les apéros), chez JP les sauges, les orchidées, les bougainvilliers. Je pourrais continuer comme ça des heures, je vous le dis, ils ont tous une odeur, allez donc renifler l’écran pour voir.

5. Quelle est votre épice parfumée favorite ?

Mais pourquoi faut-il donc choisir? Bon d’accord, alors deux, celles que j’utilise le plus, le poivre (nottamment le poivre du sichuan) et le piment d’espelette, j’en mets partout.

6. Quelle est votre aromate parfumée favorite ?

Non, cette fois-ci je refuse de choisir. Je citerai ceux que j’utilise le plus et que nous avons plantés au jardin pour les avoir sous la main. D’abord le thym, le romarin et le laurier, puis l’estragon, la menthe, la sauge, le fenouil, le basilic, la coriandre, et la collection s’agrandit avec le thym citron et la citronnelle que j’ai reçus en cadeau.

7. Bientôt plus de pétrole pour nos voitures ... rouler au colza et sentir la frite ? Vous, vous préféreriez rouler à quel carburant et laisser quelles effluves parfumées ?

On pourrait essayer les huiles essentielles, ça me dirait bien une voiture parfumée à la bergamote. En fait non, je préférerais que ça ne sente rien du tout.

8. Quelle est pour vous l'odeur de rêve d'une maison ?

L’encaustique, l’odeur enivrante du bois fraîchement ciré.

9. Quelle odeur de bois aimez-vous ?

Le cèdre.

10. Que ne pouvez-vous pas sentir ?

L’odeur des tuyaux d’évacuation.

dimanche 18 juin 2006

Clin d'oeil



Massimo avait passé une nuit exécrable. Il faisait chaud cette nuit là, le ronronnement du ventilateur au plafond, qui ne remuait que de l’air chaud, l’avait empêché de dormir une partie de la nuit. Puis les voisins, qui s’engueulaient, comme d’habitude, le bébé hurlait. Il s’était assoupi au petit matin, pour être réveillé par le chat qui voulait sortir – mais pourquoi est-ce qu’on s’oblige à vivre avec ces bestioles ? – puis par les marchands qui commençaient à déballer à l’aube, installant les stands du marché aux puces de Porta Portese. Là encore, qu’est-ce qui avait bien pu le pousser à choisir un appartement situé au cœur du marché aux puces ? Sûrement, il avait dû le visiter un jour de semaine.

Et puis le téléphone, insistant. Le crime avait eu lieu dans un de ces appartements huppés, en terrasse, adossé aux pentes du Gianicolo. La police scientifique était déjà sur les lieux. De là haut, sûrement, on devait voir jusqu’à l’Aventin. Peut-être même jusqu’au petit jardin d’orangers à côté de Santa Sabina. Il devait faire bon là-bas, ce matin.

Mais pour Massimo le dimanche était foutu. Dire qu’il aurait pu être à Fregene, comme tout le monde, à écouter le match à la radio en regardant les filles se balader en se tenant par la main sur la plage. Non, il fallait y aller.

Dehors, sur le Viale Trastevere, tout le monde marchait d’un seul côté, à l’ombre des platanes immenses. Il passa à côté du petit restaurant de quartier, les tables sous la tonnelle désertes à cette heure matinale. Par la fenêtre, on apercevait la grande fresque du Vésuve en éruption, dans la salle. Le menu du jour annonçait des Saltimbocca a la romana, accompagnées d’un contorno d’épinards juste tombés à l’huile d’olive et aux échalottes. Il décida de repasser par là pour le déjeuner.

Saltimbocca a la Romana
(ou sautes-en-bouches à la Romaine)

  • 300g de médaillons de veau
  • 80g de jambon de Parme dégraissé (coupé en tranche très fines, ou « sottile », subtiles, comme disent les italiens, y a-t-il au monde une langue plus belle ?)
  • 24 feuilles de sauge
  • 20g de beurre
  • Huile d’olive
  • Sel
  • Poivre
  • Bâtonnets
  • 1 dl de marsala

Compter 6 tranches de veau très fines par personne et une tranche de jambon par saltimbocca. Découper les tranches de jambon à la taille des saltimbocca. Fariner les médaillons et les saisir rapidement de chaque côté, dans le beurre et l’huile. Poivrer. Disposer une feuille de sauge sur chaque tranche, puis une tranche de jambon, et maintenir à l’aide des bâtonnets.
Dans la même poêle, saisir de nouveau les saltimbocca de chaque côté 1 mn. Saler peu et ajouter le marsala. Laisser évaporer 1 mn et servir immédiatement les saltimbocca nappés de sauce.

Recette tirée de "Cuisine Toscana a Villa Gamberaia" de Camilla Zalum, Ed. Noêsis, un de mes bouquins préférés.