lundi 29 mai 2006

Un départ



O. était parti depuis deux mois. Deux longs mois d'hiver Parisien, gris, lugubres. Je m'étais perdue dans les couloirs gris-jaunes fissurés de la Salpêtrière, à attendre des nouvelles de mon père. J'avais rencontré un prêtre à la recherche d'âmes en peine. Je m'étais enfuie.
Mais c'était fini, mon père allait mieux.

Souvent j'appelais O.
"Alors, c'est comment?"
"C'est beau ici, lumineux, tu verras. Tiens, on a fait un plat qui te plairait: des pâtes aux artichauts, à l'ail, huile d'olive et piments. Avec ça on boit un petit vin blanc des Castelli Romani, c'est bon."
"Tu mets de l'ail? Je croyais que tu n'aimais pas l'ail?"
"Oui, mais ici c'est bon."

Des artichauts, de l'ail, de l'huile d'olive, du piment et du vin blanc...il était temps que je le rejoigne à Rome.


Spaghetti aux artichauts (pour 2/3 personnes)

  • 1 botte d' artichauts poivrades (5-6 environ)
  • 300 g de spaghetti
  • 3 piments de cayenne séchés
  • 3 gousses d'ail pelées, dégermées
  • 1 dl d'huile d'olive
  • sel, poivre
  • 1 petit verre de vin blanc sec

Préparer un grand bol d'eau citronnée. Oter les feuilles extérieures les plus dures des artichauts, et couper la queue à 3 cm. Peler la queue. Couper la pointe des artichauts et les couper en deux. Oter le foin et les plonger dans l'eau citronnée pour éviter qu'ils ne noircissent.
Mettre un grande casserole d'eau à bouillir.
Mettre à chauffer l'huile d'olive dans une sauteuse. Eponger et émincer les artichauts un à un ( toujours pour éviter qu'ils ne noircissent) et les mettre à revenir dans l'huile, à feu moyen, avec l'ail coupé en morceaux et les piments entiers.
Une fois les artichauts un peu dorés et attendris, au bout de 10 minutes environ, saler, poivrer et ajouter le vin blanc. Baisser le feu et laisser mijoter environ 6 minutes, le temps de cuire les spaghetti (al dente, j'insiste). Ajouter si besoin un peu d'eau de cuisson des pâtes.
Appeler tout le monde à table.
Egoutter les pâtes, mélanger à la sauce aux artichauts et servir subito. Ne pas oublier le parmesan.

vendredi 19 mai 2006

Où Leeloo voulait nous faire manger des fleurs


Leeloo aime bien organiser des jeux. Je ne suis pas très joueuse, mais j’aimais bien l’idée d’expérimenter avec des fleurs. Et puis “L’imagination culinaire au pouvoir” c’est un joli nom de jeu, et en plus j’aime bien Leeloo. Je ne suis pas la seule, ce jeu a suscité de nombreuses jolies créations.

Bien sûr j’avais déjà mangé et cuisiné les fleurs de courgette, et mis des capucines dans la salade, mais pour les autres j’étais assez ignorante de leurs qualités gustatives. Je me suis donc mise à goûter les fleurs, pour voir. Les fleurs d’ajonc sur la lande en Bretagne, bof, pas terribles, les glycines, ça sent bon mais ce n’est pas bon, les fleurs d’acacia, j’ai cherché, mais il n’y en avait pas autour de moi. Je n’ai pas pensé à goûter les tulipes avant qu’elles ne fanent, pourtant Tarzile dit que c’est comestible. Les iris, les bleuets, non!

Et puis, un jour, j’ai goûté une fleur de romarin. Et qu’est-ce que c’était bon, piquant, poivré, un goût décidément puissant et très différent de celui des feuilles de romarin. A force de me creuser la tête, l’idée a fini par venir: j’allais les mettre dans une crème brûlée, que j’allais caraméliser au sucre d’érable. Si ce n’est pas une idée géniale ça! Sauf que, j’aurais dû réfléchir un peu, la création en desserts et moi, ça fait deux…

Je me mets donc à cueillir des fleurs de romarin, sous l’oeil amusé de mon homme, il en faut beaucoup, c’est long. “Tu comprends, c’est pour Leeloo, elle a organisé un jeu…”
A partir de là, plantage total: j’ai bien suivi la recette des crèmes et fait infuser le romarin au moins 15 minutes, mais j’en ai renversé une partie dans le liquide du bain-marie. Elles ont pris sans problème, mais le chalumeau que j’avais acheté pour caraméliser le sucre (là aussi, sourire goguenard de mon homme “mais je pouvais t’en prêter un de chalumeau!”) n’a jamais voulu fonctionner. Bon, j’ai fait autrement et on a goûté: ce n’était pas bon, trop gras, trop sucré et surtout aucune trace du goût des fleurs de romarin. Ca m’apprendra à vouloir faire la créative en cuisine!

Un peu d’humilité ne me faisant pas de mal, je nous ai préparé cette salade de feuilles d’épinards ET fleurs de ciboulette:

Vinaigrette:
  • moutarde
  • vinaigre balsamique
  • huile d’olive
  • huile de noisette

Tartines:
  • Pain aux céréales maison légèrement toasté
  • fromage blanc battu
  • 1 cs d’huile d’olive
  • 2 cs de ciboulette ciselée
  • sel
  • poivre
  • tranches fines de Bresaola

Les fleurs de ciboulette se mangent, elles ont une saveur beaucoup plus piquante que la ciboulette elle-même, vous pouvez les émietter sur la salade, c’est délicieux. A consommer avec modération quand même, c’est fort.

dimanche 14 mai 2006

Essaouira - Novembre 2005



Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Je ne sais pas à quoi je m’attendais d’ailleurs. Quand je visite un nouveau pays, j’évite de lire beaucoup avant, j’aime les surprises. Donc là, la surprise était totale.

C’était un weekend de fin novembre, il faisait froid déjà sur Paris, menaces d’averses de neige sur la France. Et là, en descendant de l’avion, c’était une après-midi de fin d’été, une douceur de l’air bienfaisante, un léger vent dans les palmiers. Le café de l’aéroport était délicieux, c’était bon signe.

Et puis la route, Marrakech-Essaouira, toute droite vers le couchant au milieu d’un désert de cailloux et de poussière. Peu de voitures, des petits camions surchargés, quelques mobylettes, et des charrettes à âne, transportant des familles, des marchandises. Au bord de la route des gosses, partout, les petites filles avec leurs nattes et leurs gros cartables, les petits garçons avec leurs maillots de foot, qui revenaient de l’école. Mais où était l’école, où était la maison ? Mystère, rien que du désert aride.

Traversée de petites villes poussiéreuses, au coucher du soleil. Quelques ampoules électriques jaunâtres éclairaient les boutiques. Mais de quoi vivent les gens par ici ?

Nous sommes arrivés de nuit. La petite ville était calme. Ca sentait les épices, la mer, l’humidité et la pisse de chat. Derrière la massive porte en bois de l’hôtel, le calme total. Une grande maison ouverte sur sa cour intérieure, une fontaine au centre, le bruit de l’eau, une odeur de cire, de térébenthine.


Au port, c’était l’heure de l’arrivée des chalutiers. Du monde partout, des gosses, plein, qui aidaient au déchargement, odeurs d’essence et de poisson, cris des mouettes. C’était familier, mais je me suis soudain sentie très étrangère au milieu de toutes les femmes voilées.


La nuit fût calme, hors du monde. Le matin, réveillée par le chant des oiseaux dans la cour intérieure, j’ai gravi l’escalier jusqu’à la terrasse. La petite ville fortifiée s’étalait tout autour, la luminosité était insoutenable, au loin la mer scintillait. Le bonheur…



Après ? Rien que du plaisir. L’impression de se sentir chez soi dans ces rues si actives, l’envie d’acheter de ce poisson si frais au souk. Les vendeurs de pâtisseries qui passaient avec leurs plateaux remplis de douceurs. Toutes les odeurs des boutiques d’épices, le thé pris dans la boutique et les discussions avec les jeunes du coin. Tellement de jeunes gens…Les pieds nus dans la mer, en novembre ! Le poisson grillé au bord de la mer. Le massage à l’huile d’argan, un vrai délice.

Et puis, surtout, la végétation du sud mêlée à l’air, aux odeurs de l’atlantique, comme si la Bretagne s’était transportée plus au sud et qu’il y faisait soudain chaud.
Vous l’avez compris, nous retournerons au Maroc.

Pour faire un peu comme là-bas :

Tajine de poulet au citron confit et aux olives

  • Un poulet de 1,5kg
  • 1 citron confit
  • 2 oignons émincés
  • 150g d’olives violettes
  • 2 /3 gousses d’ail écrasées
  • 3 carottes
  • 2 pommes de terre moyennes
  • 3 cs d’huile d’olive
  • 2 cs de Ras el Hanout*
  • 1 cs de cumin
  • Poivre
  • Huile d’argan
  • coriandre fraiche
Dans un plat à tajine, posé sur un diffuseur, faire revenir à l’huile d’olive le poulet. Ajouter les épices et le poivre. Ajouter ensuite les oignons et l’ail, faire revenir. Ajouter le citron confit coupé en morceaux et les olives. Mouiller à hauteur d’eau ou de bouillon de volaille. Couvrir et laisser cuire à feu doux environ 45 minutes. Ajouter les carottes et les pommes de terre coupées en morceaux et laisser cuire encore 30 minutes. Au bout de ce temps, le poulet doit être tendre et les légumes cuits mais encore fermes, la sauce dense. Sinon, laisser cuire un peu plus. Avant de servir, arroser d’un filet d’huile d’argan. Parsemer de coriandre. Servir directement dans le plat de cuisson.
Surtout, ne pas saler, les citrons confits et les olives étant en principe assez chargés en sel.
*J’ai utilisé un mélange d’épices pour poulet acheté à Essaouira, qui s’était un peu éventé je crois. C’est pour ça que j’ai rajouté du cumin. Alors attention en dosant le Ras el Hanout, il en faudra sûrement un peu moins que dans ma version.

Recette adaptée de "Le grand livre de la cuisine Marocaine" de Fatéma Hal, Ed. Hachette Pratique. La recette originale comportait du fenouil à la place des carottes et des pommes de terre, mais je n’en avais pas. Le mélange d’épices aussi était différent. J’ai rajouté de la coriandre.

dimanche 7 mai 2006

Chroniques du jardin Mai 2006


Ce billet est spécialement dédié à Tarzile, jardinière au Québec, et à jp, extraordinaire jardinier de l'Alentejo.

J'ai un cousin adorable, et adoré, jardinier des montagnes Basques, qui aime noter tous les jours, sur son carnet, les événements quotidiens: température, pluviométrie, nombre de palombes attrapées ou de truites pêchées, combien de kilos de cèpes récoltés, et toutes autres choses fort utiles à la mémoire collective. Ca ne sert à rien, mais tout jardinier, même les jardiniers amateurs que nous sommes, sait qu'il est passionnant de savoir si les fleurs de poirier sont ou non en retard par rapport à l'année précédente. Pour cela, j'ouvre ces chroniques de jardin, en souhaitant être encore ici l'année prochaine, pour comparer avec cette année l'état d'avancement de la végétation à la même époque. Salut Jeannot!

Aujourd'hui:
température minimale: 13,2 C
température maximale: 23,9 C
soleil voilé, averses passagères le matin
pas de truites, pas de palombes


Le romarin est en fleurs

Les abeilles commencent à s'intéresser à la glycine


Les tulipes sont sur un glorieux déclin


le thym a repris


l'estragon aussi


les bleuets sont en fleur


ainsi que les pervenches


les pissenlits en graines. Soufflez pour voir!


les encolies commencent tout juste à s'épanouir


les fraises des bois ne sont que futures


et la gerbe d'or flamboie

vendredi 5 mai 2006

Cat Blogging Friday!


Gala et nous sommes fiers de vous annoncer la naissance de nos derniers bébés. Ils sont cinq frères et soeurs nés hier, toute la famille se porte bien.

Si j'ai des lecteurs dans la région qui ont envie d'adopter des chatons, n'hésitez pas....

Madame l. and JMo, this one is for you.

dimanche 30 avril 2006

Aux bords de l’Erdre



Sucé sur Erdre, Loire Atlantique. Une maison claire aux bords de l’Erdre, stratégiquement bien placée sur la route de nos vacances, entre Paris et Belle-île, entre Belle-île et le Pays Basque, il y a toujours une raison de passer par là. C’est encore la Bretagne – non je ne cherche pas à rouvrir le débat de savoir si Nantes est en Bretagne – mais avec des accents du sud déjà, des bananiers dans le jardin, de la douceur dans l’air.

La table y est bonne, la cave bien remplie. Nos hôtes n’ont jamais dit non à nos désirs d’étape. Insensiblement, au fil des années, c’est devenu un arrêt indispensable, une transition, un sas entre le quotidien et les vacances.

On y va pour s’assoir à la table de pierre du jardin, laisser lentement le temps s’écouler, autour d’une bouteille bien fraiche de Muscadet local. Reprendre des conversations interrompues six mois auparavant, et les poursuivre tard dans la nuit, longtemps après que le soleil se soit couché sur l’Erdre.

On y va pour faire un tour au marché, réfléchir ensemble sur le menu de midi.
« Des huîtres, oui, bonne idée. Combien on en prend ? »
Quelques palourdes fraiches, au délicat goût d’amande. Un beau saumon, découpé en tranche pour nous par un poissonnier avenant.
« Qu’est-ce qu’on fait avec ça ? »
Des petites pommes de terre nouvelles, quelques tomates, du concombre, du pain bien craquant.


De retour à la maison, on met les tranches de saumon à mariner avec du jus de citron et de l’huile d’olive. Le maître de maison va le faire griller, parfaitement, sur une belle braise de laurier. Un peu d’aneth du jardin pour un beurre citronné à l’aneth, parfait sur les pommes de terre. Une salade de tomates, concombre et oignons, parfumée de vinaigre balsamique et d’huile d’olive à l’ail (maison), pour accompagner tout ça. On ouvre les huîtres avec le verre de Muscadet de rigueur. Tout va bien, l’après-midi peut couler tranquille, on verra plus tard pour retourner sur Paris.

mercredi 26 avril 2006

Herlin – 19 avril



Avec un bon pull, allongés sur le sable à l’abri du vent, on aurait presque chaud. Les ajoncs sont en fleur là-haut sur la lande, le printemps ne va pas tarder. Les enfants se sont baignés. Ils sont fous, ou alors ils ont des gènes Bretons.

Premières traces pieds nus sur le sable vierge, sitôt effacées par la vague. J’ai vu une anémone de mer, violette, dans un trou d’eau.

Ce matin au marché, j’ai acheté des palourdes. J’attends toujours avec impatience de revenir à Belle-Ile pour les palourdes, je les aime fraiches.
“Qu’est-ce qu’on mange à midi, maman?”
“Des spaghettis aux coquillages.”
“Ouais!!”
C’était bon!

Au café-snack-bar-épicerie Le Kervi, à Kervilahouen tout près du Grand Phare, la terrasse est au soleil. Au bar, le patron répète, indéfiniment, à l’accordéon, une chanson de marin mélancolique. “Mais je te dis que c’est un mi, c’est un mi là!”. Bizarrement, l’air s’accorde parfaitement avec les chaises en plastique de la terrasse, et la poubelle Miko jaune et rouge. Les enfants ont pris des glaces.

On n’est pas pressés. Pas de dîner à préparer, ce soir on va à la crêperie Chez Renée, à Bangor. Renée a pris sa retraite depuis des années, mais elle leur a bien transmis ses recettes, les galettes et les crêpes sont toujours aussi bonnes, fines, craquantes et pourtant moelleuses, comme je les aime. D’ailleurs je n’aime que celles-là. Je prendrai, comme d’habitude, une galette complète tomate et une crêpe banane crème fraiche flambée au rhum.


Spaghettis aux palourdes (pour 4)
Libre adaptation des spaghetti alle vongole
  • 400g de spaghettis
  • 1 kg de palourdes
  • 5 tomates
  • huile d’olive
  • 4 gousses d’ail
  • thym
  • romarin
  • sel, poivre
  • piment d’espelette
  • muscadet
Laver les palourdes. En principe, pas la peine de les faire dégorger, elles ne contiennent pas de sable (si vous prenez des coques, faites les dégorger par précaution).
Mettre à fondre à feu moyen dans de l’huile d’olive les tomates coupées en deux, avec leur peau (la peau donne du goût). Ajouter les gousses d’ail épluchées et dégermées, thym, romarin, sel, poivre, piment d’espelette. Retourner les tomates pour qu’elles fondent des deux côtés.
Dans le même temps, dans un grand fait-tout, faire chauffer un peu d’huile d’olive à feu vif, ajouter les palourdes, les faire sauter une minute. Ajouter un petit verre de muscadet, couvrir et secouer de temps en temps, jusqu’à ce que les coquillages s’ouvrent (2-3 minutes). Les égouter au dessus d’une casserole, récupérer le jus, le mettre à réduire à feu vif. Garder les coquillages au chaud.
Faire cuire encore la sauce 15 minutes en mouillant progressivement la compotée de tomates avec le jus en cours de réduction. La sauce doit être assez dense.
Dans le même temps, faire chauffer l’eau des pâtes et les faire cuire al dente.
Quand les pâtes sont presques cuites, remettre les coquillages dans la sauce à la tomate pour les réchauffer très vite. Bien mélanger. Egoutter les pâtes, les arroser d’un filet d’huile d’olive pour qu’elles ne collent pas, les verser dans un grand plat, verser les coquillages par dessus et manger immédiatement.

C’est une recette qui demande un peu de dextérité et de concentration parce qu’il faut tout faire à la fois, tous les feux sont occupés, les éviers pleins de vaisselle, enfin vous voyez le tableau. Il m’a fallu plusieurs essais pour la maitriser, mais qu’est-ce que c’est bon! Prenez la précaution de mettre la table avant, ça se mange chaud.

dimanche 23 avril 2006

Dimanche de Pâques à Belle Ile


Dimanche de Pâques, fin de matinée. Nous nous sommes levés tard. Les enfants sont partis faire du vélo avec leur père. Profitons du calme, il ne durera pas.

Dans le four, l'épaule d'agneau cuit doucement, thermostat 5, depuis environ deux heures, méthode Clipoye. Je l'ai bien frottée d'ail, massée à l'huile d'olive, parsemée de thym, de romarin, sel, poivre, piment d'espelette, puis laissée reposer environ une heure avant de l'enfourner, entourée de gousses d'ail en chemise. De temps en temps je lui remets une rasade de Muscadet et je l'arrose de sauce. La sauce vient bien.

L'épaule, c'est de l'agneau de l'île, acheté à la boucherie Charles Le Port, sur le port justement. L'agneau d'ici est délicieux, tendre et moelleux, il n'a brouté que du bon.

Avec ça je vais servir un peu de flageolets juste réchauffés dans leur jus avec de l'ail et des herbes. Et puis des petites pommes de terre rattes bouillies puis rôties dans du beurre salé et de l'huile d'olive, avec du romarin subtilisé dans un jardin voisin. Ca ne se verra pas, ils en ont tellement de ce romarin. Il est en fleur en ce moment, la végétation est bien en avance par rapport à chez nous.

Ils ne vont pas tarder à rentrer, je prépare l'apéro. Un peu de lard rôti du pays, coupé en lardons, les verres, le Muscadet, la crème de cassis.


Tiens, les infos régionales FR3 Bretagne Sud, en Breton. Pause Kyr. J'adore regarder les infos en Breton, comme j'adore regarder Eskual Televista au Pays Basque. Toujours en me disant que je devrais apprendre. Mais mes compagnons voyageurs du Gisors-Paris me trouvent déjà originale avec mes pavés en anglais écrits tout petit, qu'est-ce qu'ils diraient s'ils me voyaient avec la méthode Assimil de Breton et le casque sur les oreilles? De toutes façons, il faut d'abord que je révise l'Italien.

Dehors, le ciel se dégage, il y du bleu. Suffisamment pour tailler une culotte à un marin, comme dirait mon amie S., dont la famille m'a fait découvrir Belle-Ile pour la première fois, à quinze ans. Le bonheur que c'était, les grandes tablées familiales, les tartines de pain bio et de beurre de la ferme d'à côté, les grandes balades au clair de lune sur nos vélos bricolés...

C'est bientôt prêt. La viande est fondante à point, on pourrait la manger à la petite cuillère. La sauce est caramelisée, bien parfumée d'ail. Hop, encore un peu de Muscadet (dans la sauce). Je crois qu'on va se régaler.

Demain matin, on va faire la chasse aux oeufs. C'est bien les vacances!

jeudi 13 avril 2006

Poulet massalé ou comment faire voyager ses papilles


Vous connaissez la Réunion? Elle s’appelait autrefois l’ile Bourbon, du nom de la famille royale française – d’où la vanille Bourbon. Imaginez une ile splendide, montagneuse, luxuriante, couverte de forêts. Une population très mélangée, arrivée dans cette ile inhabitée au gré des colonisations, des malgaches, des africains, des indiens, des chinois, des métropolitains, bref des Réunionais. Et une cuisine aussi colorée que cette population de toutes origines, les épices de l’Inde et de l’Afrique se mélangeant en une explosion de saveurs.

Et bien moi non plus, je n’y suis jamais allée. J’irai un jour, c’est sûr. Mais ça fait près de vingt ans que je mange régulièrement dans un petit restaurant Réunionais du XIVe arrondissement de Paris, un de ces petits restaurants de quartier où l’on retourne toujours manger la même chose en famille, parce que c’est bon, chaleureux, et parce que le patron vous serre la main en arrivant. Pensez, depuis le temps!

L’autre jour, je tombe sur le dossier spécial Réunion du magazine Régal d’avril. Juste pour moi ce numéro. Le temps de racheter du massalé parce que le mien s’était éventé, et voilà le petit poulet massalé du weekend:

Poulet massalé
  • 1 poulet fermier
  • 2 gros oignons
  • 2 tomates mures (ou ½ boite de tomates en conserve)
  • 5 gousses d’ail
  • 20 g de gingembre frais
  • 10 grains de poivre noir
  • 4 clous de girofle
  • 1 botte de coriandre
  • 1 branche de thym
  • 1 cc de curcuma
  • 5 cs de massalé
  • noix de muscade
  • 2 cs d’huile d’olive
  • bouillon de volaille
  • sel
Découper le poulet en gros morceaux.
Emincer les oignons, couper les tomates en petits dés.
Dans un mortier, piler l’ail, le gingembre et le poivre avec une pincer de sel. Ajouter la moitié du bouquet de coriandre haché. Réserver.
Dans une cocotte en fonte, faire revenir les morceaux de poulet dans l’huile pendant 10 minutes avec le thym et les clous de girofle. Saler, poivrer.
Lorsqu’ils sont bien dorés, ajouter le mélange d’ail et gingembre, les oignons et le curcuma. Faites dorer à nouveau 5 minutes puis ajouter les tomates. Laisser cuire à couvert à feu moyen 5 minutes en remuant de temps en temps.
Lorsque les tomates ont réduit, ajouter 15 cl de bouillon de volaille. Couvrir et laisser cuire environ 30 minutes ou jusqu’a ce que le poulet soit tendre. La sauce doit avoir réduit.
Saupoudrer la préparation de massalé, ajouter un peu de muscade rapée. Laisser cuire encore 5 minutes.

Avant de servir, parsemer le plat de coriandre hachée. Servir accompagné d’un riz blanc, de haricots rouges (juste réchauffés avec un peu de curcuma et égouttés) et d’achards de légumes.

Je vais vous dire: un vrai régal, on s’y croirait à la Réunion. Bon je vous quitte, je m’en vais en vacances dans une ile. Bonne fêtes de Pâques à tous.

Un petit condiment épicé



Les achards de légumes, sont un condiment réunionais parfait en accompagnement des massalés, rougails et autres caris. Vous pouvez les acheter tout faits en bocaux, ceux d’Albert Ménès que l’on trouve en grande distribution sont bons.
Mais ils sont meilleurs fait maison. Voici une recette de Samania, que je fais et refais depuis qu’elle l’a publiée. Il y a des amateurs chez moi!

Achards de légumes
100g de carottes
100g de haricots verts
100g de chou blanc
1cc de curcuma
1 cm de racine de gingembre, pelé, émincé finement
3 gousses d’ail
3 piments thai rouges, frais
1 cc de sel
2 cc de vinaigre blanc
3 cs d’huile de tournesol

Tailler tous les légumes en julienne. Les faire blanchir 3 minutes à l’eau bouillante et égoutter.
Tailler les piments en lanières, oter éventuellement les graines (c’est moins fort).
Dans un mortier, piler ensemble le sel, l’ail émincé et les piments jusqu’à obtenir une pâte.
Dans une poêle, faire revenir dans l’huile le gingembre avec le curcuma pendant environ 1 minute. Ajouter les légumes et faire revenir rapidement 1-2 minutes, il faut qu’il restent croquants. Ajouter la pâte de piment, bien mélanger, puis enfin le vinaigre et arrêter le feu. Réserver jusqu’à refroidissement.

Servir frais en entrée ou en accompagnement comme condiment.