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jeudi 14 juin 2012

Elderflower jelly with summer fruits


Il suffirait d’un rayon de soleil, d’un soupçon de chaleur. On aurait subitement envie d’ombre, de fraicheur, de saveurs délicates et de ces beaux fruits fragiles de début d’été.
En attendant, les sureaux fleurissent le long des haies, les fraises des bois parsèment le jardin et les groseilles rosissent tant bien que mal. J’ai profité d’une accalmie pour une cueillette printanière – Lilo dit qu’il ne faut pas cueillir sous la pluie – en vue de faire ce dessert très british qui me tentait depuis fort longtemps.
C’est frais, délicat, une saveur végétale indéfinissable. Un goût de fleur, dit mon fils. 

C’est une recette tirée de british food, de Mark Hix. Il préconisait d’utiliser du Sauternes, mais je n’allais pas déboucher une bouteille de Château Yquem pour en faire bouillir quelques centilitres (ils sont fous ces chefs anglais). J’ai trouvé dans le cellier une bouteille de Bergerac moelleux qui s’ennuyait, elle a fait l’affaire ma foi.

Gelée de fleurs de sureau aux fruits d’été
  • (pour 4 coupes)
  • 150 ml de vin blanc moelleux
  • 400 ml d’eau
  • Jus d’1/2 citron
  • 200g de sucre en poudre
  • 6 fleurs de sureau fraichement cueillies (ou 3 cs de sirop de sureau)
  • 5 feuilles de gélatine
  • 150g de fruits rouges mélangés (ici groseilles, framboises, fraises, fraises des bois et myrtilles)

La veille : dans une casserole à fond épais, porter à ébullition le vin, l’eau et le jus de citron. Ajouter le sucre et mélanger jusqu’à complète dissolution. Porter de nouveau à ébullition puis retirer du feu.
Rincer et sécher les fleurs de sureau, les ajouter au sirop chaud et laisser infuser toute une nuit.
Le lendemain : Porter de nouveau le sirop à ébullition puis le filtrer au travers d’un passoire fine dans un bol. Laisser tremper les feuilles de gélatines quelques instants dans un bol d’eau froide jusqu’à ce qu’elles ramollissent. Les essorer et les ajouter une par une dans le sirop en touillant jusqu’à ce qu’elles soient dissoutes. Si on utilise du sirop de sureau à la place des fleurs, l'ajouter à ce moment là. Laisser refroidir la gelée (sans toutefois la laisser prendre).
Mélanger les fruits et en disposer la moitié au fond de 4 verres. Les couvrir de gelée et laisser prendre 1 heure au frigo. Ajouter alors l’autre moitié des fruits, les recouvrir de gelée et laisser de nouveau prendre au frais jusqu’au moment de servir.
Bonus : au cas où ça vous intéresse, une petite interview de bibi sur Larousse Cuisine.


vendredi 20 janvier 2012

La poutargue de Mayalen Zubillaga ou la Méditerranée dans l’assiette


Il faut un peu d’accoutumance, ou bien être tombé dedans tout petit, pour bien l’apprécier, cette poutargue ou boutargue, poche d’œufs de mulet salée puis séchée. Un goût puissamment marin qui n’est pas sans rappeler la pâte de crevette, la sauce de poisson ou les copeaux de bonite utilisés dans les cuisines asiatiques. Une texture proche d’une viande longuement séchée. Une saveur sauvage gainée d’innocente paraffine. Etrange ingrédient que Mayalen Zubillaga a choisi d’apprivoiser pour nous dans son livre la poutargue : dix façons de la préparer, sorti à l’Epure.

Mayalen est passionnément méditerranéenne - et bigourdane par ailleurs, ce qui ne gâche rien – ses goûts et sa façon de cuisiner embrassent tout le bassin. Il y a de la vivacité et du piquant dans son choix de recettes autour de la poutargue. L’ail, l’oignon, l’huile d’olive et le citron comme une trame. Les petits artichauts violets, le fenouil, la roquette, la menthe et le basilic pour la fraicheur. Coriandre et cumin rappellent l’autre rive du bassin. Mangue et sésame nous emmènent en orient. Un concentré de Méditerranée avec une petite touche d’exotisme.Un très joli livre, encore une fois, de l’Epure. 

A s’offrir ou à offrir, accompagné d’une poutargue, à tout amoureux de saveurs franches et iodées.




J’ai hésité entre plusieurs recettes (tout en me faisant des tartines de lamelles de poutargue sur du pain au levain beurré – je suis une hérétique), la salade de haricots cocos à la poutargue, la pizza roquette poutargue et la salade de bœuf à la poutargue me tentant également. La saison des oranges sanguines venant de commencer, le choix s’est imposé d’évidence. Je ne l’ai pas regretté.



Salade d’orange à la poutargue
  • 80g de poutargue (couche de paraffine ôtée)
  • 4 oranges
  • 1 petit oignon frais
  • 8 grandes feuilles de basilic (j’ai utilisé de la coriandre, c’était parfait aussi)
  • 1 poignée d’olives noires picholines
  • 4 cs d’huile d’olive douce (la mienne venait des Collines Pontines)
  • Poivre
Hacher finement  l’oignon. Dénoyauter les olives et les couper en lamelles. Peler les oranges à vif. Les couper en quatre dans la hauteur puis en morceaux. Râper 30g de poutargue et tailler le reste en copeaux. Hacher grossièrement les feuilles de basilic.
Dans un plat, mélanger les oranges, les olives, l’oignon, l’huile d’olive et la poutargue râpée. Poivrer. Parsemer de copeaux de poutargue et de feuilles de basilic. Servir immédiatement.

vendredi 30 décembre 2011

Le parfait Parfait d’Hélène Darroze


Quand j’entends la voix d’Hélène Darroze, je pense immédiatement à une amie chère, qui a conservé elle aussi ce joli accent du sud-ouest. De même, sa cuisine, aussi sophistiquée soit-elle, m’est étrangement familière. Les produits utilisés me parlent : la ventrèche, les haricots blancs, l’agneau de lait du Pays Basque, les cèpes, le porc de la vallée des Aldudes, les piments, les palombes, l’ail rose de Lautrec, je pourrais continuer la liste longtemps.

Un matin, levée longtemps avant tout le monde, j’ai repris son livre, un peu poussiéreux, rangé là-haut sur l’étagère parce qu’il ne rentre dans aucun rayonnage. Personne ne me volera ce que j’ai dansé est un livre atypique, et pas seulement par sa taille et son poids. C’est le carnet de recette romancé d’une grande cuisinière amoureuse de la vie et de l’amour de sa vie. Les textes, les photos, les recettes, tout est beau, grand, passionné, ambitieux. Il se lit par petits bouts, au gré des recettes ou des atmosphères recherchées. Ce n’est pas un livre que l’on emporte facilement quelque part. Je sens que j’y trouverai encore des trésors dans des années (merci Alex et Valérie de me l’avoir offert un jour).



Ce matin là, j’y ai trouvé mon dessert de Noël, au chapitre fidélité et liberté : Parfait Glacé au Grand Marnier, comme le faisait Jean Darroze. Un dessert familial, un peu désuet, qu’elle avait retiré de la carte du restaurant et que ses anciens clients lui réclamaient, toujours. Un dessert d’une simplicité enfantine, qu’elle accompagne d’un sirop de badiane mais que j’ai préféré servir tel quel, simplement décoré de tranches d’oranges pelées à vif.

Mes photos prises rapidement en cette fin d’après-midi de Noël ne lui rendent pas hommage. Mais c’est si bon, vraiment, je voulais vous en donner la recette avant le Nouvel An. Je vous souhaite de bonnes fêtes, dans la joie et la bonne humeur. A l’An prochain.


Parfait glacé au Grand Marnier
  • 5 jaunes d’œufs
  • 50 cl de crème fleurette montée en chantilly
  • 180g de sucre en poudre
  • 4 cl de Grand Marnier
  • 1 gousse de vanille de la Réunion
  • 1 orange
Battre les jaunes d’œufs et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Puis ajouter le Grand Marnier et gratter par-dessus, pour récupérer les graines, la gousse de vanille taillée en deux dans le sens de la longueur. Dans un bol refroidi, monter la crème très froide en chantilly. L’incorporer au mélange précédent. Verser la préparation dans un moule en métal chemisé de film étirable et laisser prendre au congélateur pendant au moins 6 heures.
Au moment de servir, tailler une orange à vif, récupérer les suprêmes (oui je sais, c’est un peu snob comme mot). Démouler le parfait sur un plat, décorer à votre goût et servir de suite, ça fond assez vite.

Je peux vous assurer que vos invités les plus gourmands en prendront une deuxième tranche.

mardi 13 décembre 2011

Brutti ma buoni


Rome, Le Latium, Sperlonga, la Campanie, Les Dolomites, la Côte Amalfitaine, Gaeta, la Toscane, les Colli Albani, Naples (dans le désordre). Edda, au travers de ses recettes, nous parle d’Italie. Avec ce léger accent, chantant, que gardent les expatriés de longue date, et cette grande nostalgie amoureuse d’un pays béni des dieux.

Un déjeuner de soleil en Italie, très joli prolongement de son blog, est un livre très personnel sur la cuisine simple et généreuse de son pays.
Il y a les recettes bien sûr, et elles sont belles et variées, « dall’antipasto al caffè ». Une introduction très gourmande aux produits italiens aussi, qu’elle aime, et ça se sent. Des trucs et des astuces de cuisinière italienne, qui font toute la différence dans la réalisation d’une sauce tomate ou d’une focaccia maison. Enfin des menus, liés aux lieux et aux saisons.

Mais avant tout, il s’agit d’une vision un peu idéalisée, nimbée de lumière, comme le serait le souvenir d’un lieu aimé, de sa cuisine d’Italie.

J’ai déjà publié plusieurs recettes d’Edda, j’aime sa cuisine, et surtout ses gâteaux traditionnels, riches de fruits secs et confits, dont elle donne toujours des versions simples à réaliser. En feuilletant le livre, j’ai su immédiatement quelle recette j’allais essayer en premier: celle des brutti ma buoni, littéralement « moches mais bon », ces irrésistibles petits gâteaux croquants aux noisettes, très proches des macarons mais avec le truc en plus qui fait le goût italien, et qui accompagnent si bien un café (quelque part, sur une terrasse, dans la lumière transparente d’un après-midi italien).


Brutti ma buoni
(pour une trentaine de pièces)
  • 150g de sucre
  • 100g de noisettes décortiquées
  • 50g de poudre de noisette
  • 2 blancs d’œufs
Préchauffer le four à 120ºC.
Faire torréfier les noisettes entières pendant une dizaine de minutes. Oter les peaux qui s’en vont facilement en les frottant dans un linge. Les mixer par à-coups avec 50g de sucre pendant 5 minutes. On obtient une poudre grossière. Ajouter à cette poudre la poudre de noisette et 50 g de sucre.
Augmenter la température du four à 150 ºC.
Fouetter les blancs en neige en ajoutant le sucre restant (50g) en deux fois, jusqu’à obtenir des blancs brillants. Incorporer délicatement le mélange précédent aux blancs montés, à la maryse, en soulevant la masse du bas vers le haut.
Verser ce mélange dans une casserole à fond épais et la faire sécher à feu très doux pendant une dizaine de minutes environ. La pâte doit se détacher des parois.
Sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé, former de petits tas à l’aide d’une cuillère à café. Enfourner pendant une vingtaine de minutes, jusqu’à ce que la surface devienne sèche et luisante. Les biscuits seront encore légèrement moelleux chauds mais durciront par la suite. Laisser refroidir sur une grille. Ils se conservent bien une semaine dans une boite hermétique.


jeudi 10 novembre 2011

J’ai testé pour vous : Jamie en 30 minutes


Je ne sais pas ce qui m’a pris ce jour là, j’ai acheté un livre de Jamie Oliver. Je suis pourtant complètement insensible aux charmes du beau gosse de la cuisine anglaise. En fait, je n’ai jamais compris l’engouement de certaines pour ce cuisinier très doué en marketing, qui ne faisait à mon avis que de la vulgarisation de la cuisine italienne à l’usage du public british. Depuis, il s’est diversifié dans tous les sens : les menus des cantines, la cuisine de voyage, le magazine Jamie, les restos Jamie, Jamie dans son jardin, les batteries de casseroles, les épices et même les fours à bois estampillés Jamie. Bref, il m’énerve.

C’est le « concept révolutionnaire » (sic) qui m’a fait acheter ce livre : « 50 menus, entrée, plat dessert réalisables en 30 minutes seulement ! ». Pour quelqu’un comme moi qui ne sait cuisiner que lentement, mais qui prépare quand même tous les soirs après le boulot des repas pour quatre personnes, c’était assez parlant.


Il faut avouer qu’il est efficace le Jamie : ce livre est bourré d’idées, une cuisine moderne, world food, très colorée, des viandes, des poissons des pâtes, des repas végétariens, beaucoup de légumes et de fruits, il y en a pour tout le monde. Mais il lui faut une grande cuisine, des ingrédients préparés (les épinards en sachet) et une véritable débauche de vaisselle, il n’a certainement pas compté le temps de rangement dans les 30 minutes chrono. Le résultat est plutôt bon, j’ai préparés deux repas, ce poulet au four, pommes de terre écrasées, épinards à la crème et une tourte au poulet, petits pois à la française. Il m’a fallu plus de 30 minutes, mais je lave mes légumes moi-même, je rajoute quelques ingrédients, j’ai une petite cuisine et je fais la vaisselle. Et puis, je fais des pauses…

Au final, faut-il l’acheter ? Oui, si vous êtes en manque d’idées pour vos repas familiaux, ou si vous ne savez pas du tout faire la cuisine, ça peut donner une méthode. Sinon, à mon avis, empruntez le plutôt à une copine fan de Jamie.

Jamie Oliver - 30 minutes chrono - hachette cuisine

mardi 11 octobre 2011

The last of Spice


J’aimais, tous les trimestres, recevoir Spice dans ma boite aux lettres.
De ce magazine west australien, il ne me manque que les deux premiers numéros, on en est au 23ème, jolie collection. Anthony, son rédacteur en chef, m’avait abonnée en échange de quelques magazines culinaires français.

Tout me plaisait dans ce magazine. Le design, le format inhabituel, le papier épais, la grande discrétion de la publicité, les photos et les recettes bien sûr, mais surtout l’esprit. L’accent mis sur les produits naturels et locaux, et sur l’humain. Les portraits de ceux qui cultivent et qui élèvent, qui pêchent, qui vinifient ou qui brassent. C’était une fenêtre ouverte sur ce pays que je ne connais pas, et j’adorais recevoir l’édition d’hiver en plein été chez nous, comme un rappel de l’immensité du monde.

Spice s’arrête avec ce dernier « Winter 11 ». Il va me manquer. Reste le site, et ma collection d’anciens numéros. Un grand merci à Anthony de m’en avoir fait profiter toutes ces années.

J’avais depuis longtemps envie d’essayer une recette du dernier numéro, d’un article intitulé « Bean cuisine » :  Borlotti bean bruschetta with chili and garlic oil. J’ai utilisé des cocos de Paimpol frais et mon huile pimentée maison. C’était une merveille de simplicité. Les haricots cuits ainsi sont aussi fondants que des marrons glacés, de vrais petits bonbons.


Bruschette de cocos de Paimpol / huile pimentée à l’ail
  • 500g de cocos de paimpol frais
  • 2 oignons
  • 2 carottes
  • 2 branches de céleri
  • 1 gousse
  • 1 feuille de laurier
  • Thym et romarin frais
    huile d’olive
  • 1 verre de vin blanc sec
  • Bouillon de volaille
  • Sel/poivre
Huile pimentée maison ou:
  • 1 tasse d’huile d’olive
  • ½ tasse de piments, coupés en petits morceaux
  • ½ tasse d’ail coupé en morceaux
  • Poivre du moulin
Couper les oignons, les carottes, l’ail et le céleri en tout petits dés. Les mettre à revenir très doucement dans un fond d’huile d’olive avec la feuille de laurier, environ 20 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient transparents, mais pas dorés. Monter le feu et ajouter le vin blanc. Laisser bouillonner une minute et ajouter les haricots. Baisser le feu et mélanger intimement les haricots aux aromates. Couvrir de bouillon chaud. Saler, poivrer et laisser cuire doucement à couvert environ une heure trente, en rajoutant éventuellement du bouillon de temps en temps. Il faut que les haricots soient tendres, sur le point de se défaire, mais encore entiers. Réserver une nuit.

Mélanger les éléments de l’huile pimentée (attention, je n’ai pas expérimenté cette partie là de la recette, ça me parait assez fort).

Le lendemain, mélanger un peu d’huile d’olive aux haricots. Faire griller quelques tartines, disposer les haricots sur le dessus, et laisser chacun ajouter quelques gouttes d’huile pimentée à son goût.

vendredi 30 septembre 2011

Les bouquins des copines : L’appel gourmand de la forêt de Lilo


Vous allez me dire que je me spécialise dans la pub amicale. En fait, je n’ai qu’une poignée de copines qui écrivent, mais elles sont très douées, et très prolifiques. Quelques mois à peine après la sortie de son livre sur les tomates anciennes, Lilo nous régale d’un nouvel ouvrage sur les cueillettes de plantes sauvages sylvestres et leur utilisation en cuisine, L’Appel gourmand de la forêt.

Et celui-ci, je voulais vous en parler sans attendre, non seulement parce que j’ai été séduite dès la première lecture, mais aussi parce que c’est la saison des balades et des cueillettes en forêt et que ce livre regorge d’idées originales pour accommoder mûres, noix, noisettes, cynorrhodons, nèfles, châtaignes et champignons.

Evidemment, on pourrait penser qu’il s’adresse principalement aux ruraux et aux randonneurs qui sont familiers de ces plantes. Mais je crois que nous avons tous besoin de temps en temps de nous évader et d’ouvrir les yeux sur ce que la nature propose. Les belles photos de Lilo sont là pour nous y aider, tout comme son introduction sur les cueillettes durables et le respect des ressources, les fiches détaillant les propriétés des plantes, et bien sûr les recettes, quelquefois surprenantes. Evidemment, de nombreux gamins de la campagne ont déjà goûté aux cynorrhodons, dits aussi « gratte-culs », et la plupart des champignons cités ne sont pas inconnus même des citadins. Mais qui avait entendu parler de l’eau de bouleau, imaginé une tapenade de trompettes de la mort ou des croque-monsieurs aux feuilles de violettes ?

Alors à vos paniers, allez donc faire des « cueillettes buissonnières » comme le dit si joliment Lilo.



J’ai commencé par les mûres, solution de facilité puisque j’avais plusieurs pots de confiture de mûres ramassées sur les sentiers côtiers de Belle-Ile et transformées par Belle-Maman. Ces carrés croustifondants à la mûre, sorte de barres de céréales maison, me paraissaient parfaits pour le goûter des enfants. Finalement, les ingrédients bio et complets de la recette les ont un peu déroutés, ce n’est pas ma palette habituelle, et ce sont mes copains de train qui s’en sont régalés. Si vous aimez les goûts rustiques et prévoyez une longue balade en forêt, ces barres de céréales sont faites pour vous. Quant à moi, ce n’est certainement pas la dernière des recettes de ce livre que j’essaierai.

Carrés croustifondants à la mûre
(pour un moule rectangulaire type moule à brownies)
  • 120g de purée d’amandes (ou de noisette)
  • 100g de sucre de canne complet
  • 125g de farine T80
  • 125g de farine de riz
  • 100g de flocons d’avoine
  • 1 cc de poudre à lever
  • 250g de confiture de mûres
Préchauffer le four à 170ºC.
Mélanger à la fourchette, dans un saladier, le sucre et la purée d’amande. Dans un autre saladier, mélanger les farines, les flocons d’avoine et la poudre à lever. Les ajouter au mélange précédent et travailler l’ensemble du bout des doigts comme pour un crumble.
Incorporer 90ml d’eau et pétrir la pâte sans former une boule.
Chemiser le moule de papier sulfurisé. Y étaler les deux tiers de la pâte en pressant fermement avec la paume de la main. Etaler la confiture de mûres par-dessus. Emietter le reste de la pâte sur la confiture et compléter éventuellement d’une poignée de flocons d’avoine.
Enfourner pour 45 minutes jusqu’à ce que la croûte soit bien dorée. Laisser tiédir puis découper en quartiers.

jeudi 25 août 2011

Les bouquins des copines: les Tisanes glacées d’Estérelle


Thé glacé de la Nouvelle Orléans. Un thé tout léger, tout frais, comme le nouveau bouquin d’Estérelle en somme. Tout un plateau de boissons aux noms poétiques et voyageurs. Des associations au parfum d’Orient (fleurs de jasmin, coriandre, cannelle) ou d’Asie (orge perlée, sarrasin, girofle, poivre et cardamome), de la couleur (hibiscus, mauve et violette), de la douceur (canneberges, fraises), une pleine étagère d’herboristerie.

A déguster à l’ombre, un jour de chaleur écrasante, doux bruit de fontaine en fond sonore de rigueur. Pour retenir l’été.

Il n’a qu’un seul défaut ton livre, Estérelle. Ces recettes lumineuses auraient mérité un plus joli support, des illustrations, de la couleur. Ici, seul l’intitulé invite à l’imagination. A nous de nous faire nos propres images.

Thé glacé de la Nouvelle-Orléans

Pour 1 litre de tisane glacée
(4 grands verres)
  • 3 pêches blanches
  • 1 citron bio
  • 2 cs du thé de votre choix
  • 1 étoile de badiane
  • 6 graines de coriandre
  • 1 litre d’eau
  • 60g de sucre de canne blond
Pelez les pêches blanches au dessus d’un bol et conservez soigneusement le jus qui s’écoule. Coupez-les en huit. Lavez le citron, puis découpez-le en petits morceaux. Mélangez le thé, la badiane et la coriandre dans un filtre à thé. Plongez-le dans l’eau froide, puis ajoutez les morceaux de pêche et de citron, ainsi que le jus recueilli et le sucre. Laissez macérer à température ambiante en fonction du thé utilisé : 1 heure pour du thé vert, 2 heures pour du thé noir, du rooïbos ou oolong, 3 heures pour du thé blanc. Retirez le thé et les épices, puis placez le tout au réfrigérateur pour 2 à 3 heures. Servez dans de grands verres, avec de la glace pilée.

Variante : n’hésitez pas à remplacer le sucre par 2 à 3 cuillérées à soupe de miel (j’ai utilisé du sucre de canne liquide).



vendredi 29 juillet 2011

Recette d'un jardin d'herbes - abricots, noisettes et lavande



Recipes from a french herb Garden – Recettes d’un jardin d’herbes français. C’est sans doute, parmi mes livres de cuisine, le plus poétique. Offert par des amis anglais il y a près de vingt ans, je le feuillette encore régulièrement, redécouvrant des associations de goûts ou de parfums qui ne m’avaient pas interpellée à première lecture.

Geraldene Holt écrit avec la tendresse particulière que peuvent avoir certains anglais pour la cuisine traditionnelle et les paysages de Provence. Passionnée par les « simples », elle nous fait redécouvrir d’un œil neuf leur utilisation dans notre propre cuisine, et les vertus aromatiques (ou médicinales) de certaines plantes oubliées.

Au-delà des quelques recettes que j’ai tirées de ce livre, comme cette pintade noyée dans le Côte du Rhône, il m’a surtout inspiré des associations de saveurs. Et je crois que je n’ai pas fini de le feuilleter.


Dans le livre, cette tarte était aux pêches et à l’hysope – il n’y a pas d’hysope dans notre jardin, ce n’est pas une plante de nos régions. Elle m’a donné l’idée de cette simple tarte aux abricots, acidulée, sur une pâte au léger goût de biscuit aux noisettes, et parfumée de l’odeur balsamique des fleurs de lavande fraiche.

Tarte aux abricots, lavande et noisette
(pour un petit moule de 22 cm)

Pâte
  • 115g de farine
  • 30g de sucre en poudre
  • 45g de noisettes en poudre
  • 75g de beurre (à moitié congelé)
  • 1 œuf, jaune et blanc séparés
  • Quelques goutes d’essence de vanille

Garniture
  • 1 kg d’abricots mûrs mais encore fermes
  • 115g de sucre en poudre
  • 150ml d’eau
  • 3 brins de lavande fraiche
  • 2 feuilles de gélatine (ou 1 cs d’arrow-root)

Tamiser ensemble la farine et les 30g de sucre dans un bol. Y ajouter les noisettes en poudre. Râper le beurre dans le mélange, ajouter le jaune d’œuf, le lait et l’essence de vanille. Pétrir rapidement en boule et laisser reposer 15 minutes.
Préchauffer le four à 180ºC. Etaler la pâte et garnir un moule beurré. Piquer avec une fourchette et cuire à blanc 15 minutes, jusqu’à ce que la pâte commence juste à brunir. Battre légèrement le blanc d’œuf. L’étaler au pinceau sur toute la surface de la pâte et remettre au four 5 minutes jusqu’à ce que la pâte soit dorée, et que le blanc d’œuf se soit transformé en glaçage.

Dissoudre le sucre dans l’eau à feu doux, ajouter les brins de lavande et laisser mijoter doucement environ 4 minutes. Oter les brins de lavandes, les remplacer par les abricots coupés en deux et dénoyautés et laisser pocher doucement pendant 3-4 minutes, jusqu’à ce que les abricots soient tendres mais pas trop cuits. Les ôter doucement du sirop et bien les égoutter à plat (pas dans une passoire, sinon ils se transforment en compote). Faire tremper les feuilles de gélatine quelques minutes dans un bol d’eau et les ajouter au sirop. Bien mélanger et laisser refroidir.

Disposer les abricots bien égouttés sur le fond de tarte. Recouvrir de sirop gélifié et laisser prendre la gelée avant de servir.

mardi 5 juillet 2011

Les bouquins des copines: Tomates anciennes de Lilo


Lilo et les tomates, c’est une vieille histoire. Elle est tombée dedans quand elle était petite, elle a aimé apprendre à les cultiver avant d’aimer leur goût. Quel privilège que de découvrir le goût des tomates dans le potager familial, de cueillir les fruits gorgés de soleil, si odorants, et de croquer dedans immédiatement.

C’est elle qui m’avait fait découvrir il y a quelques années, en nous envoyant quelques graines de son jardin, les tomates poires jaunes, les prunes noires, les petites tomates cocktail jaunes et oranges, et surtout ces tomates ananas, juteuses et douces, joufflues, énormes. Cette année, plantées trop tard, nos tomates ne sont encore que des bébés. Alors impossible de résister à la tentation, aux magnifiques tomates ananas du maraicher, pour tester enfin une recette de son dernier livre, Tomates anciennes et gourmandes, qui attendait depuis deux mois que les tomates soient enfin là.


C’est le livre d’une passionnée, qui traite de tous les aspects de ce fruit merveilleux, de la culture aux desserts assez étonnants (smoothies et confitures), en passant par les conserves (coulis, ketchup, chutney) et les plats colorés mettant chacun en scène une tomate différente. Un petit livre simple, aux recettes rigoureuses (comme toujours) qui mêle, comme souvent chez Lilo, tradition bien comprise et modernité. Un livre qui donne envie, surtout, de cultiver soi-même ses tomates, pour retrouver leur goût, perdu en route dans les méandres de l’industrie agro-alimentaire.

Rentrée à la maison avec mes tomates ananas, j’ai ouvert le livre à la page tarte fine à la tomate ananas, poireau et camembert. Pas de poireau et de camembert ? Peu importe, j’avais des oignons rouges doux, du St Nectaire fermier, et de quoi préparer une pâte feuilletée. La déception, en l’occurrence, vint des tomates. Elles avaient l’aspect, la couleur, la texture des tomates ananas, mais ni le parfum ni le goût. C’étaient de fausses tomates anciennes. Dommage, cette tarte aurait pu être bien meilleure avec de vraies tomates. Raison de plus pour en planter l’an prochain.


Tarte fine à la tomate ananas, poireau et camembert
  • 1 petit poireau (ou 1 oignon rouge)
  • 1 belle tomate ananas (500g)
  • ½ camembert au lait cru (ou St Nectaire fermier)
  • 200g de pâte feuilletée artisanale (ou faite maison)
  • Farine
  • 1 noix de margarine
  • 1 petite cs de moutarde
  • Sel, poivre
  • 1 cc de thym frais

Préchauffer le four à 180ºC (190 pour moi). Couper le bout terreux et les parties abimées du poireau. Le fendre en quatre, le découper en tronçons de 1 cm. Laver abondamment et essuyer (alternativement, éplucher et émincer finement l’oignon rouge).
Laver la tomate ananas et la détailler en tranches fines. Les éponger avec du papier absorbant.
Emincer le camembert (ou le St Nectaire)
Etaler la pâte feuilletée sur le plan de travail fariné. Beurrer et fariner le moule. Abaisser la pâte dans le moule et retirer l’excédent.
Napper le fond de tarte avec la moutarde. Disposer les deux tiers du poireau (ou de l’oignon) émincé. Ajouter les tranches de tomate et de camembert (ou de St nectaire), en les alternant. Ajouter le reste du poireau émincé. Saler, poivrer et saupoudrer de thym.
Enfourner pour 35 minutes.

Imprimer la recette.


Linda Louis - Tomates anciennes et gourmandes - Editions La Plage

mercredi 22 juin 2011

Yaourts du jardin


C’est facile. Il suffit de sortir entre les averses, de cueillir délicatement quelques grappes de groseilles, quelques framboises si mûres qu’elles te tombent d’elles mêmes dans la paume des mains. Ressortir le joli livre d’Estérelle pour y reprendre les proportions de sucre, de fruits, que j’avais trouvées parfaitement à mon goût. Faire les yaourts. Et attendre qu’ils prennent.
Ils étaient parfaits, acidulés, pas trop sucrés, avec les petits grains des framboises et des groseilles craquant sous la dent. Un vrai luxe simple.


Yaourts framboises-groseilles
(pour 8 yaourts)
  • 1 yaourt nature
  • 80 cl de lait entier
  • 2 cs de sirop de sucre de canne liquide

Pour la compotée
  • 360g de groseilles et framboises fraiches
  • 4 cs de sucre blond de canne

Dans un bol, mélanger délicatement les fruits avec le sucre. Les faire cuire à couvert 1 à 2 minutes au micro-onde à pleine puissance (attention, il faut un bol à bord haut si vous ne voulez pas retrouver tout le jus au fond de votre micro-onde – expérience vécue. Vous pouvez aussi faire compoter les fruits à la casserole quelques minutes, il s’agit de les faire cuire un peu, sinon vos yaourts ne prendraient pas). Laisser refroidir.
Fouetter le yaourt avec le sucre de canne liquide dans un saladier ou un pichet à bec verseur. Ajouter le lait en filet, en mélangeant à l’aide d’une spatule en bois ou en silicone.
Répartir la compotée de fuits au fond de chaque pot. Verser la préparation par-dessus et faire prendre les yaourts en yaourtière, au four ou à l’autocuiseur (pour les techniques, voir le livre d’Estérelle).
Mettre les yaourts au frais au moins trois heures avant de les consommer.

Des groseilles, il en reste en abondance pour quelques pots de gelée.

Et à part ça, il pleut toujours…

samedi 19 février 2011

Wild Horses





Nous avons tous une manière élémentaire, primordiale, de réagir aux pulsasions. Nous existons sur un rythme de soixante-douze battements par minute. Le train a certes transporté le blues du Delta jusqu'à Detroit, mais il est surtout devenu un élément crucial de l'inspiration des bluesmen, à cause du rythme créé par la machine et les rails - le train change de voie et le tempo change, mais le même écho résonne encore dans le corps humain. Dès qu'il y a une machine ou un bourdonnement soutenu dans les parages, une musique existe déjà en nous. L'organisme humain perçoit des rythmes même lorsqu'il n'y en a pas. Ecoutez "Mystery Train" d'Elvis Presley: un des plus grands thèmes de rock'n'roll de tous les temps et pas un instrument de percussion! C'est seulement suggéré, puisque le corps humain fournira lui-même le tempo. et c'est bien ça: le rythme doit être évoqué, pas imposé. C'est pour cette raison qu'on se goure quelque part quand on dit "rock": c'est le "roll" qui compte, pas le "rock".
Keith Richards - Life

Pas très bien écrit, ou pas très bien traduit (dommage), mais ce bouquin est quand même un grand morceau de l'histoire du rock&roll et de toute une époque, déjantée, sauvage, vécue de l'intérieur. Un livre qui donne envie d'écouter, ou de jouer, de la musique.

jeudi 14 octobre 2010

Le temps des pommes


Parce que d’autres en parlent mieux que je ne pourrais le faire :

« Pour bien apprécier l’essence sauvage et âcre de ces fruits d’octobre, il est nécessaire de respirer l’air aiguisé d’octobre ou de novembre. L’air et l’exercice dont profite le marcheur donnent un caractère différent à son palais et il désire un fruit que le sédentaire qualifierait d’agressif et de dénaturé. Ils doivent être mangés dans les champs, quand le corps est éveillé par l’exercice, quand le temps glacial vous mordille les doigts, quand le vent fait s’entrechoquer les branches nues ou bruisser les rares feuilles qui restent et quand alentour on entend le cri du geai. Ce qui est aigre à la maison, une marche tonifiante le rend sucré. Certaines de ces pommes devraient être ainsi étiquetées : « A manger au vent ».
[…]
Peintes par les frimas, certaines d’un jaune clair et éclatant, ou rouges, ou pourpres, comme si leur sphère entrainée par une rotation régulière, avait pu jouir des influences égales du soleil sur toute sa surface. Certaines se parent de la plus imperceptible touche de rose qu’on puisse imaginer, d’autres sont maculées de profondes trainées rouges comme la robe d’une vache, ou de centaines de vaisseaux sanguins réguliers rayonnant de la fossette de la tige à l’extrémité de la relique florale, comme des lignes méridiennes, sur un fond à la teinte de paille. D’autres arborent de fines touches de rouille verdâtre, ici et là, comme un subtil lichen, avec des marques cramoisies et des yeux plus ou moins convergents embrasés par l’humidité ; d’autre encore sont parsemées de nœuds, de taches de rousseurs et de pincées de poivre côté tige, avec de petites pointes pourpres sur fond blanc, échappées comme par accident du pinceau de Celui qui colore les feuilles d’automne. Il en est également qui sont parfois rouges à l’intérieur, comme imprégnées d’un beau feu, nourriture féerique, trop belles pour être mangées, pommes des Hespérides, pommes du soleil couchant ! Mais, comme les coquillages et les galets du rivage, elles doivent être vues scintillantes au milieu des feuilles flétries au fond d’un bois reculé, dans l’air d’automne, ou bien dormantes dans l’herbe humide, et non pas fanées, affadies à la maison. »
(un homme qui aimait les pommes – merci Patoumi)



Les pommes du jardin de mes parents ne sont pas complètement sauvages, mais pas entièrement domestiquées non plus, fermes, un peu âcres, une pointe d’amertume, et certainement cueillies dans le vent. Elles font merveille dans les gâteaux d’automne, comme celui-ci, un classique familial de ma maman dont la recette vient de la tante Renée. Simple, si simple, mais moelleux, caramélisé juste un soupçon, pratiquement que du fruit. J’ai tout juste rajouté une pointe de cannelle et de vanille à la recette originale, mais ce n’est pas indispensable, et remplacé le beurre doux par du ½ sel (et là c’est indispensable).


Gâteau aux pommes

Mélanger dans un saladier :
  • 7 cs de farine
  • 6 cs de sucre
  • 1 paquet de levure chimique
Mélanger dans un bol (par exemple un margrethe rouge cerise, merci Mingou):
  • 2 œufs entiers
  • 4 cs de lait
  • 3 cs d’huile
  • ¼ cc de cannelle moulue
  • ¼ cc de vanille liquide
Faire un puits dans la farine et y verser petit à petit le mélange du bol en fouettant pour obtenir une pâte semi-liquide. Peler les pommes, les couper en tranches fines et les incorporer petit à petit dans la pâte, jusqu’à saturation (environ 4 belles pommes).
Verser le mélange dans un moule beurré, et enfourner dans le four préchauffé à 210°C (thermostat 7).
Lorsque le gâteau est doré, après environ 20 minutes de cuisson, ajouter sur le dessus un mélange composé de :
  • 70g de beurre ½ sel fondu
  • 1 œuf
  • 4 cs de sucre
Remettre au four environ 15 à 20 minutes jusqu’à ce que le dessus soit bien doré et les bords légèrement caramélisés.

Imprimer la recette.

mardi 5 octobre 2010

Big Sky spare ribs


Big Sky cooking...j’aime bien les livres de cuisine qui viennent du bout du monde. Celui-ci m’est arrivé directement du Montana, the Big Sky Country, offert par un adorable couple d’américains originaires de cette région de montagnes et de forêts immenses.
De quoi nourrir le rêve, puisque c’en est un. Des photos de paysages et d’animaux sauvages, de chevaux et de cowboys en stetson, de rivières bondissantes et de tables bien mises devant des maisons de bois, sur fond de prairie et de forêts d’automne. Un monde enjolivé, presque légendaire, comme on en trouve souvent dans les livres de cuisine. Et quelques textes d’écrivains locaux – dont Jim Harrison himself – sur la chasse, la pêche, ou les chevaux. Les américains ont aussi leurs légendes.
Il parle d’une cuisine simple et rustique ce livre, faite de produits locaux, de jolis fruit pies, des gratins de légumes, des recettes tex-mex remontées jusque là, des viandes grillées. Rien de sophistiqué donc, tout peut être reproduit ici pratiquement, enfin, à part les burgers de bison et le pavé d’élan…
J’y ai trouvé une recette de marinade aigre douce pour travers de porc grillés tout ce qu’il y a de plus authentique, et étrangement pas trop sucrée au final malgré la quantité de sucre utilisée. Je sais qu’il y a aux Etats-Unis autant de recettes de marinade pour spare ribs que de cuisiniers, mais je crois que je vais adopter celle-ci.


 Bar B Q spare ribs

  •  2 kgs de travers de porc pas trop gras
  • ½ tasse de ketchup
  • ½ tasse (bien tassée) de sucre brun
  • ¼ tasse d’huile d’olive
  • 1 gros oignon, tranché finement
  • 4 gousses d’ail émincées
  • 2 cs de jus de citron
  • 1 cs de moutarde en poudre (type Coleman’s)
  • 1 cs de sauce Worcestershire
  • Tabasco, au goût
  • Gros sel et poivre du moulin

bbq ribs

 Frotter la viande de sel et de poivre.
Dans un blender, mélanger tous les ingrédients de la marinade jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. Faire mariner la viande dans ce mélange pendant au moins deux heures.
Egoutter les morceaux. Les faire cuire au bbq ou sous le grill du four en les retournant souvent et en les badigeonnant régulièrement de marinade. Faire cuire environ ½ heure, jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés. Servir avec du coleslaw, des potatoes ou bien une salade, comme ici.

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mardi 29 juin 2010

Les bouquins des copines: les yaourts d’Estérelle


On dirait que je me spécialise en revues de presse amicales. Après les livres de mon amie Véro Chapacou, dont j’aime la cuisine ludique et inventive, et celui de Lilo, frais, saisonnier, raisonné, en voilà un d’Estérelle. Mais c’est qu’elles sont douées ces filles là, je le sais pour avoir maintes fois testé leurs recettes ces dernières années. Et j’éprouve une certaine fierté à voir leurs noms imprimés sur de si jolis objets. C’est la seule forme de pub que vous trouverez sur ce blog, gratuite et amicale.

Etonnante Estérelle, qui nous fait des articles à la pelle, trois bouquins et un bébé en même temps. L’énergie de certaines femmes me confond.

Cette fois-ci, c’est de yaourts et des façons de les réussir qu’il s’agit. Natures, sucrés, fruités, salés, épicés : en bref, métamorphosés. J’ai pris plaisir à tester ce joli bouquin bleu (bravo au photographe et à la styliste, au passage), tout plein de gourmandises onctueuses. Mon cœur balançait entre les yaourts au citron et à la framboise, ceux à l’abricot et aux fleurs de lavande et les yaourts salés aux poivrons et aux noix. La saison a choisi pour moi, il commence à y avoir des pêches sur les étals, les framboises du jardin sont mûres, allons y pour les yaourts Melba.

Une vraie réussite, mais je m’y attendais, délicatement parfumés de vanille, onctueux et acidulés à la fois, peu sucrés, avec le léger craquant des amandes, ces yaourts font un dessert très frais, idéal pour un jour de canicule. C’est pour ça que je l’aime bien Estérelle, elle cuisine les desserts que j’aime – et mes enfants aussi (pour une fois).

Yaourts
Estérelle Payany
Solar Editions



Yaourts Melba

Pour 8 yaourts
1 yaourt nature ou un sachet de ferments lactiques
80 cl de lait
2 à 6 cs de lait en poudre (facultatif)
1 gousse de vanille
2 cs de sucre en poudre

Pour la compotée
3 pêches blanches
2 cs de sucre en poudre

Pour la décoration
16 framboises
3 cs d’amandes effilées

Epluchez, dénoyautez et coupez les pêches en dés. Saupoudrez les de sucre et faites les cuire à couvert 3 minutes au micro-onde à pleine puissance. Laissez refroidir.
Prélevez les graines de la gousse de vanille. Faites chauffer le lait et faites-y infuser les graines de vanille. Laissez refroidir jusqu’à ce que le lait soit tiède (maximum 45°C) et filtrez.
Fouettez le yaourt avec le sucre dans un saladier ou un pichet à bec verseur. Ajoutez le lait en filet, en mélangeant à l’aide s’une spatule en bois ou en silicone. Si nécessaire, ajoutez le lait en poudre.
Déposez deux cuillérées à café de compotée de pêches au fond de chaque pot. Versez la préparation par-dessus et faites prendre les yaourts en yaourtière, au four ou à l’autocuiseur.
Fermez les yaourts avec leur couvercle et mettez les au frais pour au moins 3 heures.
Au moment de servir, décorez d’amandes effilées et de framboises.

Notes :
- j’ai utilisé des pêches jaunes, c’est tout ce que j’avais sous la main (ça marche tout aussi bien).
- je n’ai pas ajouté de lait en poudre, mais utilisé du lait entier, ce qui donne des yaourts assez denses et crémeux.

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vendredi 27 novembre 2009

Une tuerie jurassienne


Il y a des personnes discrètes et modestes qui recèlent des trésors d’inventivité. Véronique Chapacou est de ceux là, qui crée sans feux d’artifices. Qui passe avant tout le monde du dessert bleu azur à la panna cotta salée tout en jurant ses grands dieux – et avec l’accent de Bigorre – qu’elle n’a jamais rien inventé.

Militante depuis des années du mouvement Slow Food, elle s’est plongée cette fois-ci à corps perdu dans les fromages au lait cru, les pâtes molles ou filées, les croûtes lavées ou fleuries, les fromages frais et les «monastiques ».

De cette immersion dans le monde des fromages sont nés ses deux derniers livres, un petit bijou sur le St Nectaire aux Editions de l’Epure, et ces Variations inventives autour des fromages au lait cru chez Tana, qui nous emmènent avec brio et humour de l’apéritif au dessert. Par petites touches discrètes, elle nous invite à cuisiner et inventer autour de ces fromages au lait cru de France et d’Europe, mais aussi à les goûter et à les préserver, sans baisser les bras devant l’invasion de la monotonie pasteurisée.

Des cromesquis de banane au roquefort, à la glace à la figue et fourme d’Ambert, en passant par le sauté de porc à la bière du Gâtinais et au brie de Provins, il y en a pour tous les goûts et toutes les envies. Vous l’avez compris, Véro est une amie. Je suis très fière de ses deux nouveaux bébés.




J’avais envie de tout essayer. Je me serais bien lancée dans le Hoummous de tarbais aux mouillettes de Barousse, ou le flan de Gaztanbera et caramel de Sagarnoa, par affinité régionale, mais je n’avais pas les ingrédients sous la main.

Le Mont d’Or par contre, rentre dans ma cuisine en automne et y reste tout l’hiver. On a du mal à se passer chez nous de ce fromage moelleux et fondant au goût de forêt. Terminer un repas sur ce fromage là est toujours une fête. J’ai donc choisi la recette la moins raisonnable qui soit pour inaugurer ce livre. Allez faire une grande randonnée en forêt avant, prévoyez une sieste digestive, mais essayez donc ça un jour…
J’ai juste modifié un peu la recette en remplaçant les champignons de Paris que je n’avais pas, par des morilles (en souvenir d’une glorieuse entrecôte aux morilles dévorée autrefois en Franche-Comté).



Côtes de veau en portefeuille jurassien(pour 4 personnes)

2 côtes de veau (de 3 cm d’épaisseur et chacune de 600g)
2 tranches de jambon fumé du jura
2 tranches de mont-d’or
1 noix de beurre
Huile d’olive
Sel, poivre

Pour la béchamel
20g de farine
20g de beurre + 1 noix
25 cl de lait
1 bouquet garni
150g de champignons de Paris
1 jaune d’œuf
50g de mont-d’or

Emincer les champignons et les faire cuire avec une noix de beurre. Porter le lait à ébullition avec le bouquet garni. Laisser infuser. Faire fondre les 20g de beurre sur feu doux dans une casserole, verser la farine et faire cuire 30 secondes en remuant. Hors du feu, ajouter le lait refroidi et fouetter vigoureusement jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Poursuivre la cuisson à feu doux pour faire épaissir, sans cesser de remuer avec un fouet. Hors du feu, incorporer le jaune d’œuf, le fromage et les champignons. Rectifier l’assaisonnement et réserver au chaud. Fendre les côtes en deux dans l’épaisseur pour former une poche. Fourrer l’intérieur avec les tranches de fromage enroulées dans le jambon et refermer la poche avec des piques en bois. Faire dorer les côtes dan une poêle avec une noix de beurre et un filet d’huile d’olive. Poursuivre la cuisson de la viande pendant une douzaine de minutes a feu moyen, saler et poivrer. Préchauffer le four à 200°C. Poser les côtes dans un plat à gratin. Recouvrir de béchamel aux champignons et faire gratiner au four. Servir aussitôt avec des légumes cuits à la vapeur.

vendredi 30 octobre 2009

Sarrasin, noisettes, amandes, myrtilles et quetsches


J’avais reçu au printemps un exemplaire du livre de Lilo, un chouette bouquin, à la fois rustique et inventif, en accord avec le rythme des saisons. Si joliment illustré, aussi, qu’il m’avait donné envie d’en essayer chaque recette. Un beau travail ce livre, mûrement réfléchi, exigeant, éco-citoyen ; je la reconnaissais bien dans ces pages.
Je me souvenais d’une recette de gâteau aux noisettes et à la confiture qui m’avait attirée, une recette du Trentino (Sud Tyrol) italien transmise par son amie Daniela.

Isabelle, mon amie du train Paris-Gisors, m’avait justement donné de belles noisettes du Poitou.

Loukoum, de sa lointaine Alsace, m’avait apporté un pot de confiture douce et acidulée, les myrtilles entières comme des petites pépites dans le moelleux des quetsches.



Il était temps de rouvrir le livre au chapitre Automne.

C’est un gâteau sérieux celui-là, bien rustique, il tient au corps. Un gâteau d’adulte. Les enfants n’ont pas aimé. Peut-être était-ce le goût du sarrasin ou le craquant des noisettes et des amandes qui ne leur plaisait pas. Il a fait le bonheur des copains de train et des collègues par contre, idéal pour le petit creux de 11 :00 ou le goûter dans le train du soir. Il est meilleur le lendemain, quand la confiture a eu le temps de bien parfumer l’intérieur.

Gâteau aux amandes et aux noisettes du Tyrol du Sud(pour 8 personnes)

250g de beurre pommade
250g de sucre en poudre
250g de farine de sarrasin
180g d’amandes entières
70g de noisettes
6 œufs
1 sachet de sucre vanillé
Confiture de mûres ou de myrtilles
Sucre glace

Préchauffer le four à 150°C. Faire torréfier les amandes et les noisettes pendant 10 minutes.
Clarifier les œufs et mettre les blancs de côté.
Travailler le beurre pommade avec 150g de sucre et les jaunes d’œufs de façon à obtenir un mélange homogène.
Sortir les amandes et les noisettes du four. Les laisser refroidir quelques instants et les mixer grossièrement. Augmenter la température du four a 170°C.
Ajouter au mélange de beurre et de jaunes d’œufs, la farine de sarrasin, la poudre d’amandes et de noisettes ainsi que le sucre vanillé.
Monter les blancs en neige. Lorsqu’ils commencent à mousser, ajouter progressivement les 100g de sucre restant. Les incorporer délicatement à la pâte, en deux fois (la première pour détendre l’appareil, la seconde pour l’alléger).
Verser dans un moule à gâteau (d’un diamètre de 26 à 28 cm) beurré et fariné. Enfourner et laisser cuire environ 50 minutes (la lame du couteau doit ressortir sèche).
Démouler le gâteau, le laisser refroidir sur une grille. Le trancher dans le sens se la longueur et napper l’intérieur de confiture. Reposer l’autre moitié dessus et saupoudrer de sucre glace.

La cuisine Campagne de Lilo – Editions Rustica



mardi 13 janvier 2009

Page 24, Ligne 5

Pour Tiuscha, qui voulait savoir ce qu’on lit à la ligne 5 (et les 5 suivantes), page 24, du bouquin que je suis en train de lire – et non, je ne trouve pas ça idiot, j’aime bien moi aussi lire par-dessus l’épaule des autres…

« No ! » said the Chaplain.
“I am afraid so, and I have the proof here.”
A ripple of excited apprehension ran round the Retiring Room as, under lord Asriel’s direction, two or three of the younger Scholars carried the wooden box to the front of the room.

Philip Pullmann - His dark materials – Book 1 – The Golden Compass

Et comme je suis arrivée ce matin aux dernières lignes de celui-ci, j’ouvre pour vous celui que je vais commencer tout à l’heure, page 24, ligne 5…

When the affair was over – and it was usually over quickly – Ted Cole would give the accumulated drawings to the young mother of the moment. And Ruth used to ask herself: If the young mothers were, generally, so unhappily married – or just plain unhappy – did the gift of art make them, at least momentarily, happier?
John Irving – A Widow for one year.

A mon tour, j’aimerais bien lire par dessus l’épaule de Camille, Delphine et Mijo. Vous voulez bien?