mardi 30 décembre 2008

Special Thanks to...

A Hélène et Steve pour l’excellence de leur saumon fumé maison, tendre, moelleux, au vrai goût de saumon.


A Edith et Jacques pour les belles coquilles St Jacques de Belle-Ile, achetées au pêcheur et nettoyées avec amour par leurs soins.


A Gabriella pour ses tarbais si tendres, arrivés un jour de Toulouse par la poste, et parfaits compagnons d’un excellent gigot d’agneau du Pays Basque.


A Elvira et João pour le joli fromage de Terceira, Açores, encore un goût d’ailleurs sur notre table de Noël.


A Danièle pour les macarons maison, au simple goût d’amandes et de chocolat, mais ce sont ceux que je préfère je crois…


…et pour les chocolats de la même maison, tout aussi réussis.


A André pour le capiteux vin de Navarre qui s’accordait si bien avec l’agneau.

Sans parler du reste…

J’espère que chez vous aussi les fêtes ont été belles, et qu’elles le seront encore.

lundi 22 décembre 2008

Avent

Bon, on s’y est mis quand même, fallait bien. Les enfants, ils ont l’esprit de Noël bien ancré eux !


J’ai plongé dans les fruits confits


et patouillé dans la graisse de canard.

Les recettes seront pour plus tard, si le résultat est à la hauteur.

vendredi 19 décembre 2008

Fried rice


Moins d’une semaine avant les fêtes et tu n’arrives toujours pas à attraper l’esprit de Noël ?
Tu as ton entrée en tête, mais aucune inspiration pour le plat principal et 10 personnes à table pour le réveillon ?
Le dessert…quel dessert ?
Tu as trouvé les cadeaux des enfants, mais aucune idée pour celui de Tonton Pierre ?
Et pas encore installé le sapin ?

Même pas grave. Fais une pause.

T’as bien un reste de canard ou de porc laqué au frigo non ? Ou tout simplement de viande froide ? Quelques champi, des oignons, du gingembre, de la sauce soja ? Vite fait tu fais sauter tout ça ensemble, du rajoutes du riz et tu pars en Chine. Quelque part au sud, au bord d’une plage, la mer en face et la forêt tropicale au fond du tableau.


Découvrez Anna Guo!


Facile non ? En plus, l’avantage de manger avec des baguettes, c’est que ça te laisse l’autre main libre pour tenir ton bouquin.

Bonne pause !


Fried rice
(pour 4 personnes)

1 tasse de viande froide coupée finement*
1 oignon émincé fin
2 tasses de champignons frais émincés
1 gousse d’ail hachée
1 dé de gingembre frais émincé
1 carotte émincée
1 soupçon d’épices 5 parfums
Sel, poivre
Huile neutre
3 cs de sauce soja
3 tasses de riz blanc cuit et bien refroidi

* dans l’idéal un reste de canard laqué ou de travers de porc croustillant déjà bien parfumé. Sinon, ajouter un peu plus d’épices.

Faire chauffer le wok jusqu'à ce qu’il fume un peu et ajouter une cuillérée d’huile. Faire tourner pour bien répartir l’huile. Ajouter rapidement le gingembre, puis l’ail. Faire sauter rapidement et ajouter les oignons et la carotte. Faire sauter une ou deux minutes, jusqu'à ce qu’ils s’attendrissent un peu. Ajouter la viande, puis les champignons. Mélanger et continuer à cuire à feu vif une ou deux minutes, puis ajouter poivre, épices et soja (attention au sel, la sauce soja est déjà salée). Ajouter le riz progressivement. Baisser un peu le feu. Bien mélanger et continuer à faire revenir le tout en remuant, quelques minutes, jusqu’à ce que les saveurs soient intimement mêlées.
Servir chaud. Avec des baguettes.

mercredi 17 décembre 2008

Nous y sommes



Par Fred Vargas
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain

lundi 15 décembre 2008

Un tajine, pour réchauffer l’hiver


Ca cuit tout seul un tajine. Et à chaque fois c’est magique.

Je crois que je suis tombée amoureuse du plat lui-même, de son poids, de sa couleur, du vernissé de son couvercle conique.

Et de cette cuisson douce aussi, propre aux plats de terre cuite, qui vous fait des viandes et des légumes délicieusement confits.

Essayez celui-ci : de l’agneau – des morceaux avec os, pour la sauce; les légumes du moment, carottes, navets, pommes de terre et topinambours au goût délicat ; un peu de citron confit pour l’acidité, quelques olives vertes pour l’amertume.

Et des épices, pour réchauffer l’hiver.





Tajine d’agneau aux topinambours

800g d’agneau (tranches de gigot avec os, collier)
2 oignons
1 gousse d’ail
3 carottes
1 botte de petits navets
5 petites pommes de terre à chair ferme
5 topinambours
Coriandre fraiche
1 cc de curcuma
1 cc de cumin
1 cc de ras el hanout
½ cc de cannelle
20 grains de coriandre
½ citron confit
10 olives vertes

Eplucher, nettoyer les légumes. Dans une sauteuse, faire dorer la viande dans une cuillérée à soupe d’huile d’olive. Saler, poivrer, réserver dans un plat.
Dans le plat à tajine, sur feu moyen, faire fondre jusqu’à transparence les oignons émincés. Ajouter l’ail haché et les graines de coriandre légèrement écrasées. Laisser revenir une minute. Ajouter le curcuma, le cumin, le ras el hanout et la cannelle. Laisser revenir une minute.Disposer la viande dans le plat, les légumes au dessus, les olives et le citron confit coupé en petits dés. Ajouter de l’eau à hauteur, baisser le feu et couvrir. Laisser cuire jusqu'à ce que la viande et les légumes soient tendres, environ une heure, en enfonçant les légumes dans la sauce au bout de quelques temps pour qu’ils s’en imprègnent. Ajouter un peu d’eau en cours de cuisson si besoin. Parsemer de coriandre fraiche avant de servir.

jeudi 11 décembre 2008

Lasagne Day: la compil

Alors voilà un bout de compil, les autres sont chez Marion et Dorian. Heureusement qu'on s'y est mis à trois pour organiser ce Lasagne Day, parce que même à trois, avec toutes nos vies remplies et débordées, on a eu du mal à vous les sortir le même jour ces compils.

Vous nous avez fait plaisir, vos lasagnes sont généreuses et chaleureuses à souhait. Et j'espère, surtout, que vous vous êtes fait plaisir à les faire.


Arnaud nous cuisine des lasagnes bolognaises aux feuilles vertes et jaunes et pecorino.


Bienvenue dans ma cuisine se régale de lasagnes végétariennes tomates-épinards


Chez Flo Bretzel on trouve des lasagnes de Popeye, pour faire manger des épinards aux enfants.


Bergeou, je ne peux pas te dire à quel point ça nous a fait plaisir que tu participes, avec tes lasagnes d'épeautre aux poireaux et bacon


Réquia nous fait le coup de la femme pressée et réussit ses lasagnes expresses.


Chez Cuisine Framboise, là-bas, dans les îles, on trouve des lasagnes de fête aux foie gras, girolles et huile de truffe.


Mes amis à moi, Des nouvelles fraiches de Montréal, m'on fait le plaisir de participer avec des lasagnes épinards, poivron, aubergines, féta. On sent comme une envie de soleil par là-bas.


Dey nous offre de jolies lasagnes saumon-poireaux.


Des lasagnes aux épinards frais aussi chez Ephémeride...s


Marion, ma co-G.O., que l'on ne présente plus, avait lancé le jeu avec des lasagnes épinards-manchego-chèvre-paprika.


J'en reprendrai bien un bout a joué avec la pâte maison et fait des lasagnes au boeuf et à la courge toutes moelleuses.


Lamiacucina nous offre de très beaux vincisgrassi, en allemand dans le texte.


La valse des Milles Plats regarde vers la mer, avec ses lasagnes de scampi et dernières tomates du jardin.


Ma pote Anso a régalé ses "monstros" de lasagnes agneau-aubergines.


Chez Manon, on a fait ses délices de lasagnes poulet rôti, épinards et chèvre frais.


Moune retombe en enfance et fait les lasagnes de sa maman.



Chez Natacha on cuisine des lasagnes sans gluten, courgettes-tomates-ricotta


Dorian, mon autre co-G.O. en chef, avait initié le jeu avec ses lasagnes expresses, toute en fraicheur et en herbes.


Des lasagnes de la mer chez Mirliton, saumon et brocolis parfumés d'aneth et de citron.



Chez Olala, les lasagnes sont nées de la composition du panier bio de la semaine, blettes et 4 fromages.


Passion...Gourmandise nous fait de très esthétiques lasagnes au potimarron.


Tiuscha comme d'habitude, nous surprend avec d'intrigantes lasagnes cresson/coriandre, crème de chèvre au wasabi.


Chez Tomaten Quiche, on la fait multi-culturel, lasagnes italo-grecques à la moussaka.


Flo essaie de convertir les carnivores avec un beau plat de lasagnes de légumes de son AMAP.


Et Whisper's Cook nous parle des lasagnes de saumon de sa maman, parfumées d'herbes de Provence.

mercredi 10 décembre 2008

Petites douceurs pimentées



Non, en fait j’exagère, pas pimentées, juste fruitées de pulpe de piment d’Espelette. Très chocolatées, peu sucrées, bien moelleuses. De quoi satisfaire les pires chocoholics, les accros, ceux qui ne peuvent pas aller se coucher sans déguster un carré de chocolat noir à l’orange, ou qui sont obligés de sortir du bureau pour aller en acheter, même sous la pluie, parce que le manque est trop intense. Si, si, j’en connais.

Au passage, un grand merci a mon amie Véro pour cette purée de piment maison – dont je voulais faire autre chose, mais ça viendra. Onctueuse, fruitée, non salée surtout, elle était parfaite avec le chocolat.

Puisque vous êtes là, que je vous tiens en haleine – enfin, peut-être – avec le récit de mes gourmandises, je vais en profiter pour vous glisser en douceur quelques unes de mes réflexions du moment.

Je crois, avant tout, au partage, et à l’amitié. Mon podium de blogs préférés, je me le fais moi-même. Il y a là ceux dont j’aime les recettes – parce que je les lis, je les refais, je connais le goût de leur cuisine, et je m’en régale. J’aime les photos gourmandes, mais il me faut aussi de beaux textes pour les soutenir, de l’humour, de la générosité. En bref, de l’humanité.

Je ne crois en aucun classement, j’ai toujours détesté la compétition. Il se trouve que je suis citée dans celui de Elle/Wikio. Je n’ai pas demandé à y figurer. Evidemment, ça m’a fait plaisir, on a tous nos vanités. Et ça a attiré quelques lecteurs supplémentaires, qui resteront, peut-être, si la cuisine leur plait.

Mais je sais que ce classement n’a aucune valeur, qu’il est basé sur des critères totalement fantaisistes, le nombre et la valeur des liens de blogs à blogs, et non pas le nombre de lecteurs. Il y a en moyenne 500 lecteurs uniques sur ce blog par jour. J’en suis très fière, c’est pour eux que j’écris. Mais bien évidemment, si ce classement de blog utilisait le critère du nombre de lecteurs, je ne serais pas dans les 10 premiers.

Ces classements sont avant tout un instrument pour les annonceurs. Ils leur permettent de sélectionner des porteurs d’affiche de pub potentiels. Je ne suis pas cliente.

Je n’ai pas l’habitude d’étaler le linge sale de la blogomiam sur mon blog. Ce qui me pousse à réagir, ce sont les attaques publiques dont font l’objet certaines parce qu’elles ont l’impudence d’être en haut du classement. S’il y a quelque chose que je déteste, c’est bien la stigmatisation, la dénonciation, la vindicte publique. C’est d’une grande violence. Autant qu’une cour d’école maternelle, mais en plus grand, à la taille de la toile. Quand on a autant de lecteurs, il me semble qu’on devrait les respecter un peu plus que ça.

Voilà, je n’en parlerai plus. Il me semble que vous étiez venus pour une recette au fait :

Truffes au chocolat amer à la pulpe de piment d’Espelette

200g de chocolat noir bien corsé
150 ml de crème fraiche
3 cs de purée e piment d’Espelette non salée
50g de sucre glace

Faire fondre le chocolat noir au bain-marie. Laisser refroidir. Battre la crème fraiche jusqu’à obtention d’une crème épaisse. Y verser le chocolat, bien mélanger puis ajouter la purée de piment et le sucre glace tamisé. Laisser refroidir au frigo pendant au moins 1 heure.
Façonner des truffes, les rouler dans le caco en poudre et conserver au réfrigérateur.

lundi 8 décembre 2008

Epices d’hiver, miel de fleurs et huile de noisettes

Je ne sais pas si je vous ai déjà dit à quel point j’aime le miel. Surtout quand sa douceur est associée aux amandes, dans les pâtisseries orientales, les nougats, les turrons.

On trouve du miel exceptionnel parfois. Celui-là sent le coin de montagne basque où il a été récolté, les fleurs, les prés sous le soleil d’été.

Un miel d’été en harmonie parfaite avec les épices d’hiver, l’écorce d’orange et l’huile de noisette de cette jolie recette d’Estérelle. Un pain d’épice au goût de Moyen-Age.

A déguster simplement en tranches grillées et beurrées au petit-déjeuner, ou, pour les amateurs, en pressé de pain d’épice au chèvre pimenté, en toasts au chèvre et piment d’Espelette ou bien encore en bouchées de foie gras panées au pain d’épice.

Pain d’épice à l’huile de noisette

180 g de farine de seigle
100 g de farine de blé
60 g de sucre roux
2 cc de levure chimique
4 cuillères à café de mélange pour pain d’épices : cannelle, muscade, anis vert, gingembre, muscade, girofle…
Le zeste d’une orange
180 g de miel doux (acacia, toutes fleurs)
15 cl de lait entier tiède
4 cuillères à soupe d’huile de noisette

Tamiser ensemble les farines, le sucre, la levure chimique, les épices et le zeste d’orange finement râpé.
Dans une casserole, faire chauffer le lait avec le miel et l’huile. Quand le mélange est lisse, l’ajouter aux éléments secs et mélanger à l’aide d’une spatule en bois.
Huiler un moule à cake et le chemiser de papier sulfurisé. Verser la préparation, et bien la répartir.
Faire cuire 45 à 50 min à 150° (th.5).
Encore meilleur le lendemain. Se conserve plusieurs jours bien emballé dans du film plastique.

samedi 6 décembre 2008

Lasagne verde, sugo di vitello e salvia


Un plat de lasagne, c’est un plat de fête. Un des ces plats qui prennent des heures à fabriquer, à mijoter, à gratiner. Et dont on reprend une part de plus, toujours.

La sauce, il faut la faire la veille, tu fais revenir les aromates, longtemps, très doucement. Puis tu rajoutes le veau, les tomates. Tu parfumes de feuilles de sauge fraiches, et tu l’oublie, deux ou trois heures sur feu très doux. Faut pas la brusquer.

La pasta, le mieux, c’est de la faire maison. Une pasta fraiche, c’est incomparable. Aux épinards, pourquoi pas ? Ca prend un peu de temps il est vrai, il y a de la farine plein la cuisine, et des anxieux autour qui se demandent à quelle heure ils vont bien pouvoir déjeuner.

Et puis la sauce blanche, bien lisse, c’est elle qui donnera le moelleux, la douceur, le côté coussin.

Plein de parmesan pour gratiner et puis au four. Rien que de regarder le plat buller, ça rend tout joyeux. Tu le poses sur la table et c’est riche, moelleux, plein de promesses.

Et les promesses, elles les tiennent ces lasagnes. Ca valait bien un peu de patience non ?

Evidemment, celles-ci sont pour notre Lasagne Day à nous, Dorian, Marion et moi. Mais je les ai faites avant tout pour nous faire plaisir, à moi, et à ma famille. Vous nous en avez fait de belles vous aussi, j’en ai déjà vu un certain nombre et il y en aura encore plus ce soir. Merci d’avoir mis la main à la pâte avec autant d’enthousiasme.



Sauce de veau à la sauge

60g de pancetta
1 petite carotte
1 côte de céleri
1 oignon
2 gousses d’ail
30g de beurre
600g de viande de veau hachée
10 cl de vin rouge
1 boite de tomates pelées concassées
2 cs de concentré de tomates
1 cube de bouillon aux cèpes (ou mieux quelques cèpes séchés)
Sel, poivre, muscade
Thym, laurier, romarin
10 feuilles de sauge émincées

Hacher finement l’oignon, les carottes, le céleri, l’ail. Couper la pancetta en dés. Faire revenir le tout à feu doux dans un peu de beurre et d’huile pendant environ ¼ d’heure. Ajouter la viande et faire dorer le tout. Déglacer avec le vin rouge. Ajouter les tomates, le concentré, le bouillon, les épices et les aromates. Ajouter un peu d'eau pour que la sauce ne soit pas trop épaisse. Laisser cuire à feu doux et à couvert pendant environ 2 heures. La sauce doit être dense mais encore liquide. Rajouter un peu d'eau au fur et à mesure de la cuisson si besoin.

Sauce blanche

75 cl de lait entier
100g de beurre
60g de farine
½ cc de sel

Faire chauffer le lait sur feu moyen. Poser une casserole à fond épais sur feu moyen et faire fondre le beurre. Ajouter la farine et faire cuire 2 ou 3 minutes en remuant sans cesse, jusqu’à l’obtention d’un roux. Ne pas laisser brunir. Retirer la casserole du feu et verser le lait chaud en filet, sans cesser de remuer, au fouet. Ajouter le sel et remettre la casserole sur feu moyen pendant 1 minute en fouettant, jusqu’à ce que la sauce soit suffisamment épaisse et onctueuse pour napper une cuillère. Laisser refroidir.


La pasta aux épinards frais

300g d’épinards frais
400g de farine de blé
3 gros œufs

Nettoyer les épinards en ôtant les côtes. Les laver soigneusement dans plusieurs eaux et les égoutter. Faire chauffer une sauteuse, ajouter les épinards et les laisser fondre en remuant de temps en temps jusqu’à ce qu’ils rendent toute leur eau. Les presser ensuite dans un linge afin d’exprimer le plus d’eau possible. Il doit en rester environ 100g.

Dans le bol du robot, mixer ensemble les œufs et les épinards jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Verser 325g de farine dans le bol du robot. Mixer jusqu’à obtention d’une pâte humide et grumeleuse : il faut compter environ 10 secondes. Si la pâte semble trop collante, ajouter un peu de la farine réservée, cuillerée après cuillérée, en mixant entre chaque ajout. Au bout de 30 secondes environ, la pâte doit former une boule au dessus de la lame. Lorsque vous la pincez, elle doit être légèrement humide sans être collante.

Choisir un plan de travail en bois ou plastique légèrement rugueux pour faciliter le pétrissage. Le fariner légèrement. Poser la boule de pâte au centre de la surface et commencer à pétrir. Avec la paume d’une main, repoussez la boule. Avec l’autre main, saisissez la par l’extrémité la plus éloignée de vous, repliez la vers vous, puis tournez la d’un quart de tour. Renouvelez l’opération en tournant à chaque fois la pâte d’un quart de tour. Arrêtez de pétrir lorsque la pâte est humide sans être collante et d’un vert uniforme. Cette opération de pétrissage prend 2 ou 3 minutes. Laissez reposer la pâte pendant 30 minutes.

Pétrissage et abaissage

Couper la pâte en 4 morceaux. Fariner un morceau et le passer au laminoir en le réglant au maximum d’écartement. Replier chaque morceau sur lui même et répéter cette opération 8 à 10 fois en farinant la pâte entre chaque passage. Puis diminuer l’écartement et commencer d’abaisser la pâte, en la farinant légèrement entre chaque passage et en diminuant progressivement l’écartement. Elle sera prête quand elle atteindra environ 2 mm d’épaisseur (on doit voir sa main à travers).
Poser les bandes de pâte sur un plateau fariné et recommencer avec les pâtons restants.

Montage

Beurrer un plat à gratin. Verser un peu de sauce blanche au fond du plat, puis disposer progressivement une couche de pâte, une couche de sauce blanche, une couche de sauce à la viande et une couche de parmesan râpé. Recommencer l’opération jusqu’à épuisement en terminant par une couche de sauce blanche et une couche de parmesan. Si la sauce à la viande est suffisamment liquide, il n’est pas nécessaire de précuire la pâte.

Enfourner les lasagnes environ 40 minutes dans un four préchauffé à 190°C.

mercredi 3 décembre 2008

Sablés apéro au pesto de pistache

Troisième jour de décembre. Il pleut. Sur les routes de campagne, des gerbes d’eau splashent sous les roues des voitures.

Sur France inter, j’entends que l’aéroport de Bangkok est toujours bloqué ; quelque part, j’aimerais bien être bloquée à Bangkok.

Ma voisine de train est absorbée dans son roman, insensible aux cahots, aux conversations.
Je lis :

Je suis pauvre, il ne me reste que mes rêves.
Je les déroule sous tes pas.
Marche doucement, car tu marches sur mes rêves.

Yeats (*)

Je repars dans mes rêves.

Une des meilleures nouvelles de la saison, me disait l’autre jour une amie, c’est qu’en hiver l’heure de l’apéro tombe plus tôt.



Sablés apéro au pesto de pistache

Improvisés avec le reste du pesto de pistache façon Betterave Urbaine.

100g de farine T55
50g de beurre ½ sel froid
80g de pesto de pistache

Dans un saladier, sabler entre les doigts la farine, le beurre coupé en petits morceaux et le pesto. Ramasser en une boule homogène.
Couper la pâte en deux. Sur un plan de travail légèrement fariné, faire rouler chaque morceau avec la paume des mains, jusqu'à obtenir deux boudins. Les envelopper dans un film plastique et réserver au réfrigérateur au moins une heure (ou ½ heure au congélateur).
Préchauffez le four à 180°C (th 6). Coupez le boudin en tranches d’à peu près 1 cm d’épaisseur. Disposez les tranches sur une plaque de cuisson antiadhésive en les espaçant, car les biscuits vont un peu s’étaler.
Faites cuire de 10 à 15 minutes jusqu’à ce que les bords commencent à dorer.
Laisser refroidir sur une grille (attention ils sont très friables quand ils sortent du four).

(*) He Wishes for the Cloths of Heaven

Had I the heaven's embroidered cloths,
Enwrought with golden and silver light,
The blue and the dim and the dark cloths
Of night and light and the half-light,

I would spread the cloths under your feet:
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.

William Butler Yeats